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13/11/2008

Itinéraire d'un enfant graffé

Les marques se l’arrachent et chacune de ses expos cartonne. À 28 ans, Manuel Angot promène sa bonne humeur dans l’underground parisien depuis une bonne dizaine d’années. C’est d’ailleurs dans le métro que la carrière de ce pionnier français du « custom » a vraiment débuté: « Il y a 6 ans, j’étais dans une session graffiti quand mon marqueur s’est explosé sur ma paire neuve d’Air Force One blanche. J’étais dégoûté à cause des tâches sur le cuir. J’ai donc décidé de pousser le délire en les graffants jusqu’au bout. Une fois le dessin fini, j’ai filé les chaussures à un magasin de street-wear à Châtelet pour qu’ils les mettent en expo. Deux heures plus tard, ils m’ont appelé pour me dire qu’un client venait des les acheter 300 euros. Ils m’en ont commandé 30 paires dans la foulée !»

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Initié au skate, au hip-hop et aux sneakers par ses deux oncles, ce gamin d’Evreux multiplie dès 1988 les allers-retours dans la capitale. Il y découvre une culture en pleine effervescence : le graffiti. Plus occupé à noircir ses feuilles de cours de tags qu’à rendre ses devoirs à l’heure, il abandonne vite ses études pour s’installer à Paris. En roulant avec son BMX dans la rue, il rencontre son futur crew, les « O.M.T ». Ensemble, ils « défoncent les rames de métro » et repeignent les murs grisâtres pendant près de deux ans. Pour payer le loyer de son studio, Manuel enchaîne les petits boulots. Assistant booker dans une agence de mannequin, vigile… L’homme est volontaire mais rêve de faire fructifier son don pour le dessin. Ses créations sur les baskets étonnent et les parutions de la presse spécialisée commencent à tomber. « On m’a longtemps appelé Manu Custom. C’est un pseudo trouvé par Nico, le boss du magazine Shoes-Up, mais j’ai vite détesté ce nom trop segmentant ! »En  2003, tout s’accélère.

Manu crée sa S.A.R.L, son site internet art-force-one.com et découvre New York, son jardin d’Eden. De retour à Paris, le graffeur repousse les limites de la personnalisation. Il fait appel à différentes techniques en déstructurant les chaussures. Nike l’invite à exposer, les autres marques emboîtent le pas illico. Booba et Vincent Cassel lui commande des paires. Le buzz est lancé. Mais Manu voit plus loin : «J’ai commencé à me diversifier et à customiser des consoles de jeux vidéos, des téléphones portables, des vélos…» Été 2007, c’est la consécration. Atmos, une boutique hype d’Harlem lui commande 25 paires pour fêter ses 2 ans. La marchandise à 500 dollars l’unité s’écoule en moins de deux heures. De quoi donner des ailes à ce voyageur-né qui rêve de poursuivre son art de ce côté de l’Atlantique ou en Asie « en créant une marque de textile si possible… » En janvier prochain, Manuel Angot exposera ses œuvre chez Wesc : «Le thème ? c’est Gloire à Satan ! Je ne suis pas gothique mais je kiffe les défis.» Un beau pied de nez pour cet artiste qui avait sonné le retour du fluo bien avant que les kids de la feu Nu-Rave ne s’en emparent

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