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11/12/2008

Quand le minitel rivalisait avec les musées

Ne pas se fier aux apparences! Célèbre pour ses performances corporelles déjantées, faisant souvent appel à la chirurgie esthétique, Orlan a toujours été une pionnière. Après avoir vendu ses jambes et ses bras en carton sur les marchés en 1976, monnayé ses baisers aux passants devant le Grand Palais en 1977, s’être transformée en madone lascive bien avant Madonna, elle est parmi les premières à avoir compris qu’une révolution était en marche lors de l’apparition du Minitel. En 1982, âgée alors de 35 ans, elle sent que cette petite boîte marron et moche «va ouvrir les robinets chez les gens». Elle lance alors un appel aux artistes: faire de ce nouvel outil un enjeu d’expression novateur. Toute l’avant-garde artistique est mobilisée: Plus de soixante plasticiens et poètes relèvent le défi. Avec l’écrivain Frédéric Develay, et le soutien de France Télécom, elle crée une improbable revue télématique, baptisée «Art Accès», la seule à avoir jamais existé sur la ligne.

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«Avec ce nouvel outil informatique, je savais qu’on allait pouvoir le détourner de sa fonction d’annuaire», se souvient-elle. Pas gagné d’avance ! Comment créer, comment s’exprimer, avec un écran ridicule et des lignes blanchâtres et tremblantes qui pouvaient mettre plus de cinq minutes à s’afficher? «Le Minitel, c’était des gros carrés et huit dégradés de gris. On s’est donc adressé à des artistes qui ne se souciaient pas de l’esthétisme.» Un support balbutiant. «J’ai imaginé un petit personnage qui se battait contre des moulins à vent propulsant des lettres…», raconte le plasticien Joël Hubaut, connu aujourd’hui pour ses installations monochromes. Des poètes sonores jouent même du célèbre «Hiiiiiiiiiiii! Scriiiiiiiiiiiiiiiiiitch! Schrooooooooooonch!» pour créer des compositions contemporaines. Même Buren, l’homme à la rayure, est parti à l’assaut des carrés! Avec succès. A Reims, pendant une semaine, il a équipé les bus de Minitels laissant apparaître progressivement ses célébrissimes rayures noires et blanches, pixel après pixel. «Cette expérience a marqué un tournant dans son travail», s’amuse Orlan: Passer de la rayure fixe à la rayure animée… Et puis, aux oubliettes le Minitel et disparu tout ce travail! L’Abbaye de Maubuisson (Val d’Oise) accueille Orlan en septembre 2009, l’occasion de découvrir ses nouveaux délires créatifs.

Alexia Guggémos

>> Retrouvez toute l’actu de l’art et du design sur le blog d'Alexia Guggémos, Delire de l'art

Commentaires

comment acceder svp sur le net aux "bons plans du Week end " du 20' Bordeaux?
merci

Écrit par : florence | 12/12/2008

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