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29/01/2009

Cahier 2.0 du 30 janvier 2009: le sommaire

Cette semaine, le 2.0 part dans l'inconnu le plus complet : nous allons à la rencontre des vieux.

En une: Les vieux sont les nouveaux jeunes


unevieux.jpg Shopping: Goldenhook, les gros bonnets de la laine

Ne piquez plus le sac des grands-mères, volez leurs fringues

De l'antiquité en toc

Des cartes nasty pour pervers pépères


Culture: Les mangas expliqués aux seniors

Le polar Blog de Bastien Bonnefous

Jeux vidéo: Reportage dans un centre de loisirs pour retraités où l'on teste la wii.


People: Star Clash entre papys fringants, Lou Reed VS Iggy Pop

TV-médias: Où sont les vieux ? Pas à la télé en tout cas

La chronique d'Anne Kerloc'h

Aldente habille la crise en t-shirts

L'ovni de la semaine, "Mon chien ou moi"

 

Week-end : Le Routard nous emmène voir de vrais vieux, à Cannes

 

>>> Pour retrouver les anciens numéros, cliquez ici.

La chronique d'Anne Kerloc'h: En toute franchise

Disons le franchement, même si cela doit déplaire, faisons fi des pressions, osons. Osons exposer avec crudité cette vérité qui dérange : Laurence Ferrari est un être d’exception. Certes, elle a, comme tout le monde, pas mal de défauts : elle s’intéresse aux causes humanitaires, le travail « ne lui fait pas peur », elle est « incisive » ; « en quête d’absolu », « stoïque », « habile et tenace ». Pardonnez nous également cette confession gênante, voire dérangeante : « sa diction est parfaite » .

C’est du moins ce que nous apprend la biographie « Une femme à la Une », aux Editions Alcina. Avec sa cohorte de compliments, l’auteur voulait sans doute insuffler à la présentatrice du JT de TF1 la tiédeur inconstante de l’humanité, elle à qui les médias ont reproche un certaine distance, voire de la froideur. Montrer que la femme-tronc avait des jambes et des convictions. Bref, qu’elle était douée de vie. Le résultat est magnifique. En lieu et place d’un portrait en creux et bosses, où la lumière pourrait jouer, on nous livre un splendide moulage prêt pour le musée Grévin. Et pas une goutte de cire n’a coulé.

Anne kerloc'h

L'ovni cathodique de la semaine : c'est moi ou le chien

« C'est le chien ou moi ». Pas de divorce en vue mais un nouveau programme sur Discovery Real Time pour les familles en proie au terrorisme à poil ras (ou long d’ailleurs). Ils sont désobéissants, envahissants, dévorent chaussures, ou, crime odieux, la télécommande ! Heureusement, Shazam, shazam, voici super nanny spécial dog, Victoria Stilwell.

Cette spécialiste du comportement animal depuis dix ans, se déplace à domicile pour les interventions d’urgence. Fini les repas à table ou les nuits dans le lit conjugal, Victoria, qui se fait obéir au geste et surtout à l’oil, livre ses leçons d'autorité : un ton de voix ferme, un regard sévère, tourner le dos au cabot trop exubérant... un langage du corps universel pour « parler le chien » et se faire respecter. Parfois, les solutions de Victoria sont radicales. Quand l'accouplement de labradors tourne à l'obsession sexuelle, c'est la castration en vue. Dur, la vie de clebs.

A partir du 2 février, tous les lundis à 21h40.

Léa Baron

Al dente cuisine la crise

La crise, « tu l’aimes ou tu la quittes », « pour que la crise reste, tapez 1, sinon tapez 2 », « Vous avez ce que vous méritez, signé K. Marx »… Depuis décembre, un brainstorming 2.0 est à l’œuvre sur le site aldentelacrise.com. Une site où l’on s’essaye à la devise de crise, lancé par l’agence de création et publicité innovante Al dente. «Ces derniers mois, le téléphone sonnait moins à l’agence, les clients se faisaient rares, c’était la crise ! lance Patrizo Miceli, un des cofondateurs, du coup, en décembre on a commencé à faire des stickers déclalés sur le thème de la crise. Cela a tellement fait marrer les gens qu’on a créé une collection de tee-shirt, vendus chez Colette».

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Le buzz fonctionne, le téléphone se met à resonner… Désormais l’agence envisage une déclinaison américaine, une projection des slogans sur la bourse du commerce. Jusqu’au 13 février le site a lancé un grand concours de slogans de crise. Les gains « astronomiques » précise le site sont de 50 euros et un tee-shirt « ainsi que la fierté de voir son propre slogan figurer sur une série de tee shirts et/ou stickers distribués dans différents points de vente ».  Un peu léger pour du droit d’auteur ? Ben oui, c’est la crise…

Anne Kerloc’h

Au pays de la ménagère de moins de cinquante ans, le senior est banni

 

Les programmes consacrés aux seniors, "ça n'intéresse pas les jeunes et ça fait flipper les vieux". Gilles Galud sait de quoi il parle. Il a produit, pour Canal+, "Les Interminables". Série, qui, cas rarissime, met en scène des centenaires fringants et à la libido débridée. Résultat, un bide. "Les gens n'ont pas envie de voir cela. Pourtant, Canal programme aussi, "une des dernières émissions de télé où l"on voit des vieux", dixit Benoît Delépine. Mais pour un Groland, combien de "fictions où l'on retrouve le retraité grognon, la gentille grand-mère, s'interroge Jean-Paul Tréguer, fondateur de Senioragency. Soit les seniors sont ridiculisés, soit invisibles. Car plus notre monde vieillit, plus les producteurs, directeurs de programmes souffrent d’un jeunisme hystérique". D’ailleurs la figure sacrée du paf est la ménagère de....moins de cinquante ans! "Tout est dit, poursuit Jean-Paul Tréguer. C'est "à" mais aussi "devant" l'écran que les chaînes ne veulent pas de seniors. Elles ne parlent que rajeunissement de l"audience". Et pourtant, sur ce front, comme sur d'autres,cela bouge.

"J'ai de plus en plus de demandes de comédiens" note Sylvie Fabregon, de l'Agence Masters, spécialisée dans les acteurs seniors. Et plus seulement pour des pubs sur l'incontinence!". Cela tombe bien car "les acteurs de 80 ans ont une super patate et ne demandent qu'à sortir des rôles sclérosants dans lesquels on les enferme", notre Vincent Primault. Parmi la série de sketchs qu'il a réalisés pour "Pitch-Story" sur TPS Star, figure "La Haine Vermeille », sur des seniors du 9-3 « qui ont la haine ». Sa comédienne, Paulette Franz, 78 ans, en appelle "à tous les ieuv, on a la haine, la haine, la haine Vermeille !". « elle m’a même dit que je n’allais pas assez loin dans le rap s’amuse-t-il, qu’il fallait parler de shit, aussi… ». On est, néanmoins, encore loin des Etats-Unis, "où les présentateurs vedette sont presque tous âgés, souligne Serge Guérin, auteur de La société des seniors (Ed. Michalon). Et ils sont dans les fictions." Idem en Allemagne. En 2007, la chaîne ZDF a diffusé un téléfilm d'anticipation intitulé "La révolte des vieux". Un immense succès. Et la productrice française, Simone Harari, qui avait déjà produit pour France 2 "A nos 100 ans!", vient de signer un contrat avec la chaîne pour réaliser une adaptation française.

 

Goldenhook, les gros bonnets du tricot

 

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C’est un projet qui a pris forme maille après maille. Au cours de l’hiver 2006, Jérémy Emsellem se met au tricot, et se voit vite couvert de demandes grâce au bouche à oreille. En parallèle de ses études, il décide donc de créer Golden Hook, une marque de bonnets confectionnés par des mamies. Pour trouver ses capitaines crochet, il dépose des annonces dans toute la région parisienne. Chaque grand-mère doit d’abord faire ses preuves en tricotant deux bonnets tests, jugés par le fondateur de la marque. Sarah, Colette, Simone… Au total, six reines de la pelote embarquent ainsi dans l’aventure. Et se mettent à produire des bonnets hyper tendance. « J’ai découvert le concept dans un bar où la plupart des gens en portaient un, confirme Aurélien, 26 ans, client de la première heure. Le soir même, j’étais sur le site Internet pour commander le mien ! »


Zouk au Palm Beach

La fabrication du bonnet se fait en plusieurs étapes. Tout d’abord, on choisit la forme du bonnet, long, simple, à pompon ou péruvien, puis la couleur parmi 73 coloris, et enfin, la matière (laine, alpaga, cachemire ou angora). Le tout pour une somme comprise entre 45 et 85 €. Ensuite vient le moment le plus drôle : choisir la grand-mère qui fabriquera la pièce (en une à trois semaines), via leurs biographies : Simone est fan de son micro-ondes et de son MP4, Elizabeth danse le zouk au Palm Beach et Sarah adore tricoter devant « La roue de la fortune ». « Lorsque j’ai dû choisir ma mamie tricoteuse, j’ai tout de suite accroché avec Sarah, qui me rappelait ma grand-mère », ajoute Aurélien. « En plus, vous faites une bonne action, assure le créateur. Vous aidez des grands-mères qui, pour la plupart, ne touchent que le minimum vieillesse. »
Une fois les aiguilles lancées, on peut écrire à sa tricoteuse et entamer une belle histoire d’amitié ou lui reprocher une maille ratée. Les bonnets made in mémé ont le vent en poupe. Le fondateur envisage de recruter prochainement trois tricoteuses de plus. Apparemment, il y a de la maille à se faire.

Sophie Colombani

La fripe des fripés

 

Quand vous aviez 10 ans, vous piquiez dans leur porte-monnaie. Aujourd’hui, c’est dans leur penderie que vous allez vous servir. « Chiner dans l’armoire de nos grands-parents, c’est le premier shopping à faire. On y trouve toujours des perles », assure Aurélie Goaer, styliste pour le blogzine BangBang Industrie.

Les pièces uniques de grand-mère

3001-MAG-shopHAT.jpgVous avez encore 10/10 à chaque œil ? Bonne vue ou pas, cette saison, il faut porter des lunettes. Misez sur les montures en écaille ou les verres XXL de chez www.urbanoutfitters.co.uk (comptez une vingtaine d’euros pour une paire), ou virez les verres loupes de celles qui traînent dans le buffet de mémé, ça fera l’affaire. Quand Kenza, blogueuse mode, « tape dans le dressing de [s]es mamies, [elle] va droit aux accessoires ! Vieux sacs en cuir, pochettes, foulards, ceintures, chapeaux, bijoux… Ce sont des valeurs sûres et surtout des pièces uniques. » Mais parfois, la chasse aux trésors s’arrête là, selon elle. « J’adorerais pouvoir leur piquer leurs sublimes robes d’inspiration 1950, très couture. Les finitions et les doublures en dentelles sont le must de la sophistication, mais le problème est que nous ne rentrons pas dedans ! Nos grands-mères étaient bien plus petites que nous ! » Pour compléter votre look rétro, pensez au jacquard, version pull ou cardigan, vous le trouverez à peu près partout cette saison.

 

Du chapeau aux chaussures chez grand-père3001-MAG-shopNAVYWHITE.jpg

La mode troisième âge est à son apogée chez les messieurs, selon les filles de BangBang Industrie : « La meilleure pièce à piquer à son grand-père, c’est son nœud pap géant avec des motifs rétro, puis le gilet de son costume trois pièces motif pied-de-poule, ainsi que tous ses accessoires : borsalino, bretelles, ceintures, grosses lunettes (on enlève les verres) et même sa pipe. » Enfin, les chaussures : en fouillant dans le placard de pépé, vous trouverez à coup sûr une paire de mocassins. Américain, bateau, driver ou italien, le soulier est de nouveau à la mode, et se porte négligemment avec un jean à bretelles, une chemise en tartan et une casquette bombée.

Sophie Colombani

 
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