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05/02/2009

Ses robots vont conquérir les toiles

Il aurait pu la passer sur le dancefloor ou en soirées étudiantes. Mais sa vingtième année, comme les deux précédentes, Vincent Thiberville la consacrera à son sixième bébé, Handibot, dont la naissance est prévue en juin. En 2007, encore lycéen, ce jeune Francilien échange quelques mails avec Francis Simon, un artiste gersois atteint de polyarthrite. Sur un forum consacré à la robotique, il découvre l’appel de Francis Simon, frustré de ne pouvoir continuer à peindre à cause de sa pathologie. Comme il se doit, entre un fan de nouvelles technos et un peintre, le contact passe d’abord par la Toile. « A l’époque, je faisais des robots pour mon plaisir et quand les gens me demandaient à quoi ça servait, je leur répondais "A rien"», se souvient Vincent.

Manette pour Manet

En un été, il invente quatre engins, les Thiberpaint, capable de se promener sur une surface en la constellant de peinture de leurs bras automatisés. « Ils se déplaçaient de manière aléatoire. En étudiant leur fonctionnement, Francis a pu prédire leurs mouvements et produire des œuvres abstraites. »

Mais très vite, l’artiste veut revenir au figuratif et Vincent retourne à son bureau. Cette fois, il imagine une bête capable de répondre au poil de pinceau près aux demandes de son utilisateur. « Il fallait une télécommande simplifiée, pour que Francis puisse s’en servir malgré son handicap. J’ai inventé quelque chose qui ressemblait à une manette de Wii et permettait de contrôler ce cinquième robot. » Pour leur première rencontre, Vincent se déplace pour présenter sa créature au peintre, emballé. « Pendant plus d’un an, nous n’avions communiqué que par mail. J’avais envoyé les robots par la poste. C’était émouvant de pouvoir enfin le voir. » Mais le sage étudiant en école d’ingénieur a déjà l’esprit ailleurs. Conscient que ses machines pourraient aider n’importe quel handicapé à s’exprimer par la peinture, il décide de passer à la phase industrielle. « Au début, je me suis lancé par passion des robots. Mais très vite, c’est le partage avec les handicapés qui est devenu le plus important. On fait beaucoup de choses pour qu’ils survivent. Moi, je veux développer un robot qui leur donne envie de vivre, de se lever le matin avec le sourire parce qu’ils savent qu’ils vont peindre. »

Une première bourse offerte par le site communautaire Dreamshake.com lui permet de lancer la réalisation du prototype et de rencontrer des partenaires. Designers, mécanos, informaticiens... En tout sept personnes embarquent dans l’aventure. Prochaine étape : lever 35 000 € pour finaliser le proto et lancer la production en série. Puis démarcher les centres pour handicapés dans toute la France, avant de conquérir le monde ou d’inventer d’autres robots. « J’ai déjà plein d’autres projets en tête ». On s’en doutait.

Laurent Bainier

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