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12/02/2009

L’orgasme, on s’en fout

Rencontre : Sophie Bramly, productrice, auteur de « L’orgasme, on s’en fout », ed. Fetjaine

« Si on n’a pas de sex toy, on est quasiment coupable ! »

En 2008, vous avez lancé les films  « X-plicit », du porno féminin, sur Canal+ . Quels ont été les retours ?
Les réactions des femmes ont été fabuleuses. Ces films les ont amenés à des échanges,  des questionnements majeurs. Chez les hommes, la réponse était plus prévisible. Souvent, ils aimaient ce qui se rapprochait du porno classique. Ou, inversement, étaient rassurés par des films plein de pudeur, des femmes « à leur place ».
Quelle est la philosophie de l’X-plicit ?
Le film porno tel qu’on le connaît est fait par des hommes pour des hommes. Il est centré sur la violence, le goût du pouvoir, la domination, Où sont les préliminaires ? Le plaisir féminin ? Le porno a un impact considérable sur la sexualité, notamment chez les ados. Quels modèles sont véhiculés à travers des situations codées, des sexes épilés, l’obsession de la performance ? Je n’ai pas envie de censure, d’une posture réactionnaire. J’explore une autre voie.
Des films qui font autour de 13 minutes, durée moyenne pour parvenir à un orgasme chez la femme.
C’est un clin d’œil, mais cela a aussi du sens. Ces films sont des courts métrages qui prennent le temps. Le temps de la montée du désir, de la narration. Nous tournons une deuxième collection X-plicit, avec Tonie Marshall, Zoe Cassavettes…. Des regards intéressants et des films qui vont plus loin, qui entrent dans le vif du sujet, si j’ose dire !
Vous semblez très attachée au langage…
Quand j’ai lancé mon site, secondsexe.com, j’ai relu et sélectionné des textes érotiques anciens. La sophistication du vocabulaire donne une force infinie à l’action, stimule la créativité. Aujourd’hui, à part « bite, chatte, couille », on ne va pas bien loin.
Votre livre parle d’un « vacarme sexuel » sur Internet, à la télé
C’est formidable d’en parler, heureusement on a fait un sacré parcours en 50 ans. Mais on est aussi passé du vide au trop plein. Aujourd’hui, si on n’a pas de sex toy, on est quasiment coupable. Il y a une imposition de normes, l’injonction pour la femme d’être jouissive. Mais si une femme est heureuse dans l’abstinence, pourquoi la forcer ? Relisons Simone de Beauvoir ! Dans le Deuxième Sexe, elle montre que lorsque la femme aura  acquis son indépendance économique, le désir sera modifié. L’indépendance économique a été menée à bien. Aujourd’hui, nous sommes au cœur de la question du désir.


Recueilli par Anne Kerloc’h
www.secondsexe.com

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