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15/05/2009

Attrape Francis si tu peux...

Quand j’ai reçu la mission de traquer Francis Ford Coppola au Festival de Cannes, j’ai mis dix minutes à éteindre l’incendie provoqué par l’autodestruction du magnétophone, puis j’ai attrapé mon sac et je suis partie en bon petit soldat du cinéma. Résolue à rapporter une bouteille de vin, produite et commercialisée par le cinéaste, à la rédaction.

 

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7h30 : Je quitte l’hôtel avec des biscuits et de l’eau. Je sens un peu la fumée.
7h32 : J’ai tout mangé et tout bu.
7h38 : Je manque de me faire écraser par Cédric Couvez qui rentre de soirée. Il ne me reconnaît pas.
8h00 : J’arrive devant le Palais Stéphanie où ont lieu les projections de la Quinzaine des Réalisateurs. Des cinéphiles sont déjà là bien que le début de la projection ne soit prévu que pour 10 heures. « Je veux voir Coppola en vrai », me dit un tout jeune homme. Il n’a pas l’air bien conscient qu’on va aussi lui montrer un film.
9h00 : Les journalistes commencent à arriver. Certains retrouvent de vieux amis ce qui leur permet de carotter des places dans la file. Ils se font injurier dans diverses langues. Je m’instruis. J’apprends que Quentin Tarantino est attendu.
9h35 : Je suis assise dans la salle où c’est la foire d’empoigne. Non loin de moi, le jeune cinéphile a sorti son carnet d’autographe et son stylo.
10h01 : Olivier Père annonce l’ouverture de la Quinzaine et la présence de Coppola après le film. Le jeune cinéphile range carnet et stylo. Pas plus de Tarantino que de beurre à la cantine.
10h03 : Tetro commence. Je me laisse happer. Ce film indépendant réserve de vrais moments de fulgurance.
12h06 : Coppola, sa femme, son fils Roman et ses acteurs montent sur scène. Applaudissements. Coppola s’étonne de l’absence de Vincent Gallo, acteur principal du film. On l’informe qu’il ne viendra que le soir (avec Tarantino ?).
12h07 : « Rien de ce que vous avez vu dans le film n’est vrai, mais tout est arrivé », explique le malicieux Francis, vêtu d’une superbe chemise jaune. Il est vrai que Tetro, histoire d’une famille italienne aux rapports plutôt difficiles, a un côté autobiographique évident. « Il y a moins d’étranglements, de coups de poignard et d’attaque à la mitraillette que dans Le Parrain », plaisante le cinéaste, décidément de bonne humeur.
12h35 : Comme le reste de l’équipe joue les potiches, Olivier Père se fend d’une question aux acteurs. Maribel Verdu et Alden Ehrenreich, émus, disent qu’ils sont contents d’être là. Le public, content pour eux, les applaudit.
13h00 : Francis Ford Coppola signe des autographes. Un monsieur, les larmes aux yeux, me dit que c’est son plus beau souvenir de Cannes depuis dix ans.
13h05 : Avant que j’ai pu foncer sur Coppola pour lui demander ma bouteille, des gardes du corps l’emmènent. Notre homme doit déjeuner puis rencontrer la presse internationale.
13h06 : Je ne peux pas le suivre car j’ai rendez-vous avec Park Chan-Wook, réalisateur coréen qui ne possède pas de vignoble. Je n’ai pas pu demander à Francis Ford Coppola s’il compte monter une fois les Marches, histoire de montrer à la Sélection officielle qu’ils restent bons amis.
14h14 : Il se passe un truc que je ne peux pas raconter.
17h17 : Coppola met fin aux interviews et aux tables rondes avec la presse internationale et part se pomponner à son hotel.
17h42 : Je ne parviens pas à m’introduire dans sa suite. Pourtant, le coup de se cacher sous la table du room-service me semblait une idée futée.
17h 58 : Je quitte l’hôtel un peu honteuse.
18h59 : Qu’est-ce que c’est que cette histoire de carton d’invitation ?
19h00 : Impossible d’entrer à la soirée de gala du Coppola.
19h02 : « Ecoutez Madame… Si vous êtes une amie de Monsieur Tarantino, tant mieux pour vous, mais moi je ne vous laisse pas entrer, et c’est inutile de menacer ma famille. »
19h10 : Je me reporte sur la projection du film de Park Chan-wook.
23h00 : Epuisée, après la séance et l’écriture des articles (dont celui-ci), je commande une bouteille de vin sur le site Internet de Coppola (note pour plus tard : « pensez à faire une note de frais »). J’ai encore dix jours pour apprendre à imiter sa signature et arriver triomphante à la rédaction avec mon flacon dédicacé. Mon honneur est sauf. Soyez sympas, ne me caftez pas !

 

 

Par Caroline Vié

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