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11/06/2009

Dans l'Alfama, c'est la foire à la voleuse

Alfama, al-hamma en arabe, « les sources » en français. C’est dans ce quartier où flotte l’esprit du Lisbonne des origines que Francisca Matteoli a promené son âme de chineuse. L’écrivain-voyageuse chilienne, auteur de Marchés aux puces dans le monde s’est piquée d’amour pour la « Foire à la voleuse », la Feira da ladre. Au Moyen-âge, les receleurs écoulaient quelques produits volés sur les étals de ce marché aux puces.

Les « fourgues » ont passé la main aux marchands patentés, qui chaque mardi et samedi installent leurs stands de bon matin campo Santa Clara. Mais l’esprit frondeur du lieu est resté. « Les marchés aux puces se tiennent souvent dans des quartiers populaires, explique Francisca Matteoli. C’est le cas ici. Avec son linge pendu aux fenêtres et ses façades craquelées, l’Alfama est à l’image de Lisbonne : une ville qui fait la navette entre le passé et le présent, qui oscille entre l’ultra-moderne et le sépia. Pour prendre des photos, c’est l’idéal.»

Francisca ne s’est pas contentée de shooter la Voleuse. Elle en a profité pour ramener quelques azulejos, les faïences bleutées qui font la réputation du Portugal depuis des siècles. Car la Feira est une sorte de concept-store dédié au Lisbonne d’antan. On y trouve les perles de l’artisanat local et quelques objets vintage échappés des années Salazar, le tout sur fond de fado. Dans ce quartier aux portes de Graça, le berceau de ce genre musical, le « blues portugais » résonne à chaque coin de rue. « Il y a une vraie nostalgie dans cette ville, commente l’écrivain. Ça me rappelle l’Amérique du Sud, où j’ai passé une bonne partie de ma vie de voyageuse. »

Nous l'avons rencontrée pour évoquer avec elle ses souvenirs de chineuse à travers son livre Marché aux puces dans le monde...

Propos recueillis par Laurent Bainier

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Pourquoi ce livre sur les marchés aux puces?

J’aime commencer mes voyages par un tour aux puces. C’est un excellent premier contact avec un pays. Je regarde la manière dont les gens dealent, j’observe ce qu’ils vendent. Et j’en profite pour visiter : en principe, les marchés se tiennent dans des lieux historiques. Je voulais raconter tout ça.

Les puces, c’est ringard ?

Leur image vieillote est injuste. On n’y trouve pas que des vieilleries. On peut aussi bien chiner des vieux vêtements que des vynyles rares. Quand les Stones passaient à Genève, ils ne rataient pas le marché, notamment pour acheter des fringues vintage. Les puces, c’est rock !

Et vous, qu’avez vous ramené d’insolite de vos voyages ?

Des cages d’oiseaux en Asie, des azulejos au Portugal, des photos noir et blanc à New York... Beaucoup de choses en fait. Mais la chose la plus folle que j’ai ramenée vient du Brésil. A Rio, j’avais défilé pour le carnaval, déguisée en cactus. Le costume était gigantesque et ne tenait dans aucune valise. Je l’ai glissé dans la soute de l’avion. A Paris, c’était l’hiver. Et quand il est apparu sur le tapis de l’aéroport devant tous les autres passagers, il n’est pas passé inaperçu.

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