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11/06/2009

Faire la fête au bord du Tage, c’est bon pour les Saints Populaires

On rêvait de citer Pessoa. Finalement, on paraphrasera Clarisse, 23 ans, touriste française de passage à Lisbonne : « Juin, c’est le mois de la fête, dans la capitale de la fête. » C’est moins poétique, mais c’est plus judicieux. Au tournant entre printemps et été, Lisbonne, la turbulente voisine du Tage, se met en effet à pétiller comme du vinho verde. On y chante, on y danse, on y boit... Comme d’hab’ ? Peut-être, mais cette fois l’orgie se fait avec la bénédiction des saints patrons de la ville. Pendant deux grosses semaines, la ville honore ses « Santos populares »

 

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Week-end très saint

Les Festas, ce sont des concerts, des pièces de théâtre, des spectacles en plein air dans toute la ville. Mais ce sont aussi et surtout des défilés à la gloire des canonisés de la région. Si le patron de la capitale est Vincent, le saint des saints pour les Alfacinhas (le surnom des habitants), c’est Antoine de Padoue. D’ailleurs, au pays du fado, on l’appelle Antoine de Lisbonne en hommage à ses origines lisboètes. Ce soir, touristes et autochtones se presseront avenue de la liberté pour admirer un défilé folklorique, qu’on annonce comme chaque année plus beau que le précédent. Et au petit matin, une fois la cohorte de danseurs couchée, l’avenida da liberdade, antre du luxe, ne sera balayée que par le vent du large et par les équipes de nettoyage. Dolce Gabanna, Zegna ou Vuitton garderont leur rideau de fer baissé. « Saint Antoine n’aimerait pas qu’on travaille le 13. C’est le jour de sa fête, assure Antonio Melles, chauffeur de taxi revenu au pays après des années à Paris. Les Lisboètes sont fiers de leur passé. Mais dès que les festas sont terminées, on se remet à rêver du futur », ajoute-t-il, coincé derrière un camion de travaux.

Depuis maintenant près de 15 ans, la ville est en chantier. On commença par préparer l’expo universelle de 1998, puis on se mit à préparer l’avenir. Que ce soit pour réparer la calçada (les trottoirs pavés qui font la réputation de la ville), construire un hôtel grand luxe ou élever un immeuble pour les nombreux nouveaux arrivants, les échafaudages fleurissent dans la ville comme jadis les oeillets

Epouser les traditions

« Avec l’entrée dans l’Europe, notre économie a décollé, commente Joao, au bar du Lux, le club branché de la ville. Demain, d’autres pays avec plus de besoins prendront nos subventions. Alors c’est maintenant qu’il faut faire des efforts. » Au nom de la « politique européenne de cohésion », le Portugal est assuré de recevoir de généreuses aides européennes au moins jusqu’en 2013. L’objectif : faire converger le niveau de vie local avec celui des autres pays européens. Plus d’argent certes, mais pas moins de traditions. Lisbonne n’entend pas perdre ses racines.

Ce n’est pas Joao, qui a choisi le week-end de la Saint Antoine pour se marier cette année, qui nous contredira : « A Lisbonne, c’est LA date pour se marier. Quand j’étais plus jeune, je trouvais que c’était ringard, mais aujourd’hui j’aime bien le symbole. » Sans doute ira-t-il quelques jours plus tard fêter son propre saint, Jean, le 24 juin, dans l’Alfama. C’est l’autre point chaud de ces Festas. « Traditionnellement, c’est à Porto qu’on fait les plus grosses fêtes de la saint-Jean, avoue-t-il. Mais ici, c’est tout le mois de juin qui est consacré aux fêtes patronales, alors ça ne sert à rien d’aller jusqu’à Porto. » Un dicton portugais dit que Porto travaille, Coimbra chante, Braga prie et Lisbonne s’amuse. A vous de voir ce que vous préférez faire ce week-end.


Par Laurent Bainier

 

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