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22/10/2009

Grosse pression sur la commission

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« Bon, les nouveaux, par ici, que je vous explique comment on va procéder. » Un groupe d’une vingtaine de personnes s’agglutine autour d’Olivier Kaeppelin, délégué aux arts plastiques. Après quelques minutes, il se dissout dans les travées de la Fiac… Visiteurs privilégiés, ils passent avec un jour d’avance sur les plus grands collectionneurs du monde. Il faut dire que leur commanditaire n’est pas n’importe qui : l’état français.

Trois fois par an, dont une lors de la Fiac, ce groupe se réunit pour dépenser au mieux une enveloppe dévolue à l’achat d’œuvres d’art contemporain. On l’appelle : la commission d’acquisition. S’ils se baladent plutôt incognito, ses membres sont vite repérés par les galeristes. Certains font un peu de retape : « Là par exemple, on est dans l’objet de vitrine, suffisamment puissant pour être autonome par rapport au contexte. » Mais la plupart joue plutôt la connivence discrète : « Tu as vu la dernière série de Michel ? C’est formidable. Et je ne dis pas ça parce que c’est un de mes artistes, hein. » Dans la commission, on a des directeurs d’institutions en régions, collectionneurs, critiques, artistes… Et tout ce petit monde se connaît bien. Quatorze œuvres sur les vingt acquises cette année proviennent de galeries françaises. Le dirigeant d’une galerie new-yorkaise s’en amuse : « Le monde de l’art français est microscopique. C’est ça qui fait son charme. » Dur.

Pendant ce temps-là, nos acheteurs négocient certains prix avec les galeries. « Être acheté par l’état donne un certain prestige à l’artiste qui consent parfois à baisser ses prix », souffle un membre de la commission, sous couvert d’anonymat, bien sûr. Pour cette Fiac 2009, ils ont 400 000 euros en poche. « C’est à la fois beaucoup et très peu, constate Richard Lagrange, directeur de Centre National des Arts Plastiques. Cela nous impose d’aller chercher de jeunes artistes, des œuvres inattendues. » In fine, c’est le CNAP qui a la charge des œuvres acquises, rassemblées au Fonds National d’Art Contemporain. Certaines sont mises en dépôt, d’autres sont prêtés pour des expositions partout en France, et enfin, une minorité égayera les murs gris des administrations, de l’Elysée au Conseil général de la Vienne.

Benjamin Chapon

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