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29.10.2009

Voir Cabourg, ça fait rajeunir peu ou Proust

Back to Balbec… Balbec, c’est le nom que donna l’écrivain Marcel Proust à Cabourg, où il venait régulièrement puiser son inspiration. On ne connaît pas mieux que les promenades le long de la plage de cette magnifique station balnéaire normande pour retomber en  enfance. Cabourg, c’est LA madeleine de Proust. Des bornes émaillées reprennent d’ailleurs des passages entiers de la Recherche du Temps perdu et forment une sorte de circuit dédié au génial auteur.

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Kite-surf et char à voile
Vous aurez d’autant moins de mal à vous replonger dans le passé, que le centre-ville, avec ses magnifiques villas, est resté presque intact depuis l’époque où Cabourg était une destination mondaine pour les jeunes filles en fleurs. La ville a été construite selon un plan en éventail. Toutes les rues mènent à la grande place dominée par le casino et le Grand Hôtel, fiers représentants de la Belle Epoque. Les parterres floraux, la promenade piétonne Marcel-Proust qui longe la mer et la belle plage accentuent encore le coté rétro de la ville.
Mais n’ayez crainte, comme toute bonne station balnéaire digne de ce nom, Cabourg propose toutes sortes d’activités. Quitte à être au bord de la mer et à disposer d’une grande plage de sable, profitez en pour faire du char à voile. Il y a même des stages pour les enfants. Quant à ceux qui veulent prendre de la hauteur, le kite surf est fait pour eux. Sensations fortes garanties, à condition de décoller ! Mais à notre avis, le must reste encore une balade à cheval sur la plage tôt le matin ou au coucher du soleil le soir…formidablement romantique !

Charles Aznavour au casino
Et pour la baignade nous direz-vous ? Compte tenu de la saison, on vous con­seille de vous cantonner à la piscine municipale couverte et chauffée, sur la plage, face au casino. Evidemment c’est moins iodé, et il n’y a pas le bruit des vagues. Enfin, pour finir en beauté, un petit tour au casino s’impose. Le premier érigé à Cabourg en 1854 était en bois mais celui-ci date du début du XIXe siècle. Dans les années 1960, alors que Bruno Coquatrix, directeur de l’Olympia, était maire de Cabourg, de nombreux artistes s’y produisirent comme Edith Piaf, Gilbert Bécaud ou Charles Aznavour. Aujourd’hui, c’est à vous d’y tenter votre chance. Si vous ne vous assurez pas un futur de rentier à Cabourg, vous y retrouverez au moins un passé doré.

La rédaction du Routard

 

David Guetta: "j'aurais adoré avoir DJ Hero quand j'avais 13 ans"

David Guetta, est l'un des ambassadeurs de « DJ Hero ».

3010-MAG-SHO-GUETTA.jpgQu’aimez-vous dans « DJ Hero» ?
D’abord le choix des artistes. Ensuite, c’est cette culture de mélange entre le hip-hop et l’électro. Puis, au niveau du ressenti, le « rush » qu’on peut obtenir comme en vrai.  Il y a des gens qui vont juste être contents parce que c’est un jeu amusant, et d’autres qui vont avoir envie d’aller plus loin. Je pense que « DJ Hero » va susciter des vocations.

Que pensez-vous de la platine ?
Evidemment, ce n’est pas pareil que le matériel que j’utilise. Mais j’aurais adoré avoir quelque chose de similaire quand j’avais 13 ans et que je n’arrivais même pas à acheter de platines.


Quelles qualités requiert le DJing ?

D’avoir le sens du rythme. Et ça, c’est quelque chose qui s’apprend avec « DJ Hero ». Et puis après, le fait de choisir des combinaisons de morceaux qui respectent des  tonalités et des règles d’harmonie musicale. Dans ce jeu, c’est déjà préparé d’avance.

Il n’y pas un titre à vous dans le jeu...
Non, mais trois morceaux de mon album vont être disponibles sous forme de contenu téléchargeable.

A quel stade vous débrouillez-vous sans problème ?
J’y arrive au niveau moyen, mais au niveau difficile, c’est vraiment difficile.

 

Recueilli par J. M.

"DJ Hero", des tours de vinyle et puis scratch

Le crépitement du vinyle est mort, vive le vinyle. Les plus vieux se rappellent encore de leurs premières boums à mange-disques orange. Deux spots de couleur, les rideaux tirés, les meubles qu’on pousse… Désormais les logiciels Traktor et Serato font des partys une activité de geek, la tête dans le lap-top. Aussi  « DJ Hero », grâce à son périphérique en forme de platine, vient à point nommé rappeler que l’art du mix est né sur des disques gondolants à la chaleur. Un jeu vidéo ? « N’importe quelle personne qui peut jouer un air simple au piano et sait faire fonctionner une Game Boy peut devenir DJ», écrivait dans les années 1990, Gavin Hills, journaliste à The Face. Autant dire qu’Activision, éditeur du jeu et des bankable « Guitar Hero », l’a pris au mot.

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Rock, hip-hop ou dance
Mixer, c’est d’abord l’art d’accoupler les morceaux. Plus que l’avènement des DJ-stars, « DJ Hero » scelle la reconnaissance du « mash-up », le fait de fondre deux titres musicaux en un. Un genre déjà popularisé en 2002 avec l’album As Heard On Radio Soulwax Vol. 2. Le jeu, qui sort aujourd’hui, contient en effet plus de 90 morceaux inédits, des rencontres parfois improbables (Rihanna vs. The Killers, Eminem vs. Beck), qu’on prend plaisir à débloquer en progressant. Annoncé en début d’année, « DJ Hero » avait suscité un immense buzz grâce à ses collaborateurs prestigieux : Grand MasterFlash, DJ Shadow, Daft Punk… puis, David Guetta comme « ambassadeur ». Cette diversité d’artistes reflètent bien le mélange de styles musicaux : du rock au hip-hop en passant par l’électro et la dance. Mais pour le gameplay, pas de surprise, on reste dans le domaine de « Guitar Hero ». Pendant qu’une partition défile à l’écran, il faut appuyer sur les boutons correspondants, faire tourner le plateau pour des effets de scratchs et jongler avec le cross-fader afin de mélanger les pistes.
Petit conseil, éviter de poser le périphérique sur les genoux, mais plutôt sur un support stable, table basse ou chaise. Car avec sa difficulté croissante, les amateurs de challenge auront besoin d’être bien calés.

Joël Métreau


Sur Wii, PS2, PS3 et Xbox 360, environ 110 €. Edition collector (un double CD avec des titres de Jay-Z et Eminem, un flightcase, un support pour le périphérique...), 200 €.

Shigeru Myamoto: "Mario, c'est mon double virtuel"

Plus d’un quart de siècle que Mario et ses potos traversent les écrans. Devenu une icône du jeu vidéo, le plombier moustachu en fait même de l’ombre à son créateur, le Japonais Shigeru Miyamoto, 57 ans, producteur et game designer chez Nintendo.

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Luigi, Bowser, Wario, Princesse Peach... Vous avez inventé tous les personnages de l’univers Mario ?
Jusqu’à l’apparition de Luigi, c’est moi qui les ai tous inventés. Aujourd’hui, même si ce n’est plus moi qui crée les personnages, je vérifie tout. Cela dit, on n’invente pas des nouveaux personnages pour inventer des nouveaux personnages. Il faut que ce soit pertinent en termes de jouabilité et de plaisir de jeu.

Dans « New Super Mario Bros Wii », on jouera avec Mario, Luigi et les Toads. Pourquoi eux et pas d’autres ?
Je ne voulais pas utiliser Wario et Waluigi. Parce que ce sont pour moi des personnages de jeux distincts. En plus, si on met Wario, on va être obligés de lui faire faire des pets, des choses comme ça. Ensuite, le but, c’était de trouver des personnages qui font la même taille que Mario et peuvent réaliser les mêmes actions que lui.
Les champignons, c’est un objet très symbolique chez Mario. Pourquoi ?
Quand j’ai réalisé le premier « Super Mario », il se déroulait dans un univers de fantaisie. Il nous fallait un objet qui produise des effets spéciaux quand on le mange. Je me suis dit qu’un champignon, c’est très bien.

Vous mangez des champignons ?

Oui, j’aime beaucoup, c’est très bon les champignons.

Le personnage de Mario rappelle l’enfance. Il peut évoquer aussi une certaine nostalgie, non ?
Ce n’est pas quelque chose dont j’ai forcément conscience. Pour moi, Mario, c’est mon double virtuel qui fait tout ce que j’ai toujours voulu faire. Il réalise toujours des actions qu’on peut ressentir avec tout le corps : Mario, il saute, il attrape des objets, il les balance, il écrase des trucs. Il fait toujours des choses qui font appel à des sensations très primaires du corps humain.

La moustache de Mario  sera-t-elle un jour blanche ou restera-t-il jeune ?
Il aura toujours entre 24 et 26 ans, même si dernièrement, il a plutôt un design qui ferait penser à quelqu’un de 40 ans.

D’ailleurs, il prend un peu de ventre...
Oui, c’est vrai, mais il ne change pas.

Sonic et Mario étaient rivaux dans les années 1990. Ça vous fait quoi de les voir jouer ensemble ?
Au départ, je ne les imaginais pas trop ensemble parce que Sonic court beaucoup plus vite que Mario. Mais à mon grand étonnement, je suis très content parce que « Mario et Sonic au JO d’hiver » fonctionne bien et que les deux se complètent naturellement.

Vous n’êtes jamais fatigué de Mario ? Ce n’est pas un fardeau ?
Je ne me dis pas : « Il faut faire un nouveau Mario ». Je pars d’une idée de jeu, et quand le concept est bien établi, je me demande quel personnage va en être le héros. Je ne me lasse pas de Mario, puisque je ne travaille pas pour Mario. J’utilise Mario pour illustrer mes jeux d’action.

Vous travaillez sur «  Super Mario Galaxy 2 » (Wii), qui sortirait en 2010 ?
C’est sur ce jeu que je suis le plus occupé actuellement. On en est à peine aux réglage des premiers niveaux.

recueilli par Joël Métreau

Les recettes de mamie dans votre vanity

Adieu acide hyaluronique, rebonjour masque à l’avocat écrasé de grand-mère. La nostalgie est branchée dans les salles de bains. Editeurs et blogueurs l’ont compris. Michèle Nicoué-Paschoud est docteur en pharmacie, cosmétologue et auteur de Mes Cosmétiques naturels faits maison (éd. Michel Lafon), guide pratique pour laborantines novices. A l’intérieur, une cinquantaine de recettes qu’elle a elle-même inventées, en s’appuyant sur des valeurs sûres remises à jour. « Il n’y a pas de scoop dans ce livre, seulement nous n’avons plus autant de temps que nos grands-mères. J’ai voulu adapter leur savoir-faire aux femmes modernes. » A vous le sérum anti-âge fabriqué en quinze minutes ou le baume relaxant naturel, sans le  masseur malheureusement.


Marie-Laure Babelon est, elle aussi, passionnée de bien-être. Assistante de projet dans la vraie vie, elle est blogueuse assidue et sur blog.cryslor.com, elle vous livre ses secrets. Comment entretenir la jeunesse de votre peau avec l’orchidée ou comment gommer votre corps avec du marc de café. « C’est  facile et bien mieux que les produits synthétiques. Et puis c’est économique », explique-t-elle. Le mot d’ordre est donné, c’est mamie qui va être contente.

Faustine Mauerhan

Des fringues pour les ex-collégiens frustrés

Les frustrés des cours de récréation se divisent en deux grandes catégories. Ceux qui pensent que la vengeance se mange chaud et dévastent leur collège façon Virginia Tech. Et les plus sages, qui attendent de grandir pour pouvoir s’offrir tout ce que leur adolescence acnéique leur a refusé : amour, succès professionnel, doudoune logotée. C’est sur cette catégorie que misent actuellement les poids lourds du textile.
Chevignon, légendaire sponsor des beaux gosses du bahut dans les années 1990, par exemple, a profité de cette vague pour sortir du désert. Sa doudoune Togs (1), avec son empiècement cuir et son canard dans le dos, est le must have de la rentrée. Vendue 450 € dans les boutiques branchées, elle se porte avec ou sans manches. Et sans capuche. Pour affronter la pluie (ou se protéger des projections dans l’hypothèse Virginia Tech), le mieux c’est encore le K-Way (2), qui a fait son retour au printemps dernier et demeure l’arme anti-automne la plus tendance. Comptez 100 à 130 €, selon que vous optiez pour la discrétion unie ou les imprimés funky.

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Au pied, on a le choix. Soit on la joue écolier sage et on chausse les Kickers Legend (3) qu’on refusait de porter en taille 26 et qu’on s’arrache aujourd’hui en 42 pour 109 €. Soit on mise sur le cool seventies et on fonce chez Adidas (4). La marque  aux trois bandes ressort la SL72 (80 €), plus célèbre pour avoir chaussé Starsky et Hutch que pour ses exploits aux JO de 1972. Il ne reste plus qu’à changer sa photo de profil Facebook et à aller « poker » ses bourreaux d’antan. Alors, qui est cool aujourd’hui ? Hein, qui est cool ?

Laurent Bainier

Starclash de Barracuda : Mr T. vs Quentin "Rampage" Jackson

Les Barracudas sortent du bocal. Le personnage culte de la série Agence Tous Risques revient hanter une nouvelle génération de kids. Exit l’imposant Mr. T et place à Quinton «Rampage» Jackson, une superstar de l’Ultimate Fighting. Lequel des deux barracudas préférez-vous ? C’est à vous de nous le dire en commentant ce starclash exclusif.

 

 

 

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Mr. T

 

Passé

Cadet d’une famille de douze enfants, Laurence Tureaud de son vrai nom voit le jour en 1952 à Chicago. Plus doué pour le sport que pour les maths, Mr. T se lance à fond dans le catch. Ses biscottos en acier font très vite de lui un excellent videur de boîte de nuit puis un très couru garde du corps. Parmi ses clients, on retient Michael Jackson, Diana Ross ou encore Mohamed Ali. En 1980, Sylverster Stallone le repère et lui offre le rôle de son adversaire dans Rocky III. La carrière de Mr. T est définitivement lancée. Trois ans plus tard, la brute décroche le rôle de Barracuda dans l’Agence Tous Risques. La série qui narre les exploits d’une bande de mercenaires au grand cœur cartonne des deux côtés de l’Atlantique. A la fin des quatre saisons, M. Muscle gagne 80.000 dollars par semaine et jouit d’une belle côte de popularité…

 

Futur

Malheureusement pour notre homme, les années 1990 n’auront pas été franchement florissantes. Sa carrière patine dans la semoule et le lutteur n’apparaît plus sur les écrans que dans son propre rôle. Si on l’a aperçu à côté de Busta Rhymes, P. Diddy et Pharell Williams dans le clip « Pass The Courvoisier », la plupart de ses apparitions se font dans des publicités pouraves. Récemment, le molosse a même présenté un télé-achat spécialisé dans les fours micro-ondes. On ne peut donc que lui souhaiter de rencontrer Quentin Tarantino, le seul cinéaste qui a le don de remettre à la mode les has-been…

 

 

Quentin « Rampage » Jackson

 

Passé

Né en 1978 à Memphis dans le Tennessee, Quentin Jackson use ses fonds de culottes dans une école… de catch. Mais à l’adolescence, l’athlète découvre les arts martiaux. Fini le chiqué, place aux coups portés ! Après un round d’observation aux Etats-Unis, celui que l’on surnomme « Rampage » prend son envol au pays du soleil levant en 2001. Il participe à la « Pride », un tournoi de free fight réputé pour sa férocité. Dans la catégorie des poids moyens, il terrorise ses adversaires et rafle les titres. En 2006, il rejoint le Ultimate Fighting Championship. Quentin gagne deux titres et puis s’en va. Cet été, la brute épaisse rend ses gants et décide de tout miser sur le grand écran.

 

Futur

Lorsqu’il n’est pas occupé à prier Jésus Christ (« Rampage " est devenu un reborn chrétien il y quatre ans) ni pouponné ses quatre rejetons, Quentin Jackson part à l’assaut des casting. Avec son mètre quatre-ving cinq et ses 93 kg, le beau bébé a tout pour briller dans les superproductions d’action. Jusqu’ici, le lutteur a surtout enchaîné les nanars qui échouent la plupart du temps directement en vidéo : Confessions of a Pit Fighter, Bad Guys ou encore Duel of Legends ne l’ont pas encore élevé au rang de star du septième art. Avec l’adaption cinématographique de l’Agence Tous Risques, « Rampage » joue donc gros en reprenant le rôle de Barracuda. Un vedette du cinoche testostéroné peut donc naître… ou pas.  Réponse en juin 2010, date à laquelle le film sortira sur les écrans du monde entier.

22.10.2009

Trainez vos basques au musée Guggenheim

Si la Fiac  ne vous a pas rassasié d’art moderne, vous pouvez toujours faire un saut au pays basque espagnol pour aller découvrir le musée Guggenheim* à Bilbao. Contrairement à son grand frère new yorkais, pas besoin de passeport et de toutes les tracasseries administratives pour aller découvrir son homologue espagnol. Et en plus on évite le jet lag ! Rien qu’à l’extérieur, le bâtiment construit par l’équipe de l’architecte californien Frank O. Gehry est une merveille. Cet artichaut de titane, cette demi-sirène qui ondule fièrement sur les bords du Nervión (faites autochtone et dites « la ría ») a bénéficié, lors de sa conception, des derniers progrès en matière d’imagerie aéronautique. Pour que le musée se marie avec l’université de Deusto, sur l’autre rive, on a sélectionné un calcaire blond des environs de Grenade tandis que l’on optait pour de fines écailles de titane posées sans fixations sur les flancs du monstre. Extrait aux États-Unis, laminé en France et découpé en Italie en de fines feuilles de 0,38 mm d’épaisseur, ce métal rappelle le passé industriel de la ville.

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A l‘intérieur toutes les salles d’expo sont éclairées par la lumière naturelle grâce à de grandes verrières. La pièce la plus impressionnante est sans aucun doute la longue salle qui s’étend sous le pont Principes de España : 130 m de long et pas un seul pilier ! Pour l’accrochage, on vous l’avoue de go, difficile de décrire un musée aussi évanescent que le Guggenheim, où tout change tout le temps. Sachez quand même que quand on parle de collection permanente, il s’agit d’une partie seulement des oeuvres de toute la collection Guggenheim, et non de la collection du Guggenheim-Bilbao. Les tableaux tournent entre Venise, New York, Berlin et Abu Dhabi ou sont même gardés en réserve !  
Cerise sur le gâteau,  la cafétéria du musée a été confiée à Martín Berasategui, l’un des plus grands chefs du Pays basque. À certaines périodes, il est même recommandé de réserver la veille pour y manger, pire que pour le musée ! Et pour cause, c’est sans doute un des meilleur rapport qualité-prix de Bilbao (menu du jour à 18 €). Voilà de quoi combler tous vos sens !

La Rédaction du routard

*Musée Guhemheim : tel : 944-35-90-90. M. : Moyua. Ouvert mardi -dimanche 10 h-20 h ; entrée 11-13 €, audio guide en français inclus.

Grosse pression sur la commission

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« Bon, les nouveaux, par ici, que je vous explique comment on va procéder. » Un groupe d’une vingtaine de personnes s’agglutine autour d’Olivier Kaeppelin, délégué aux arts plastiques. Après quelques minutes, il se dissout dans les travées de la Fiac… Visiteurs privilégiés, ils passent avec un jour d’avance sur les plus grands collectionneurs du monde. Il faut dire que leur commanditaire n’est pas n’importe qui : l’état français.

Trois fois par an, dont une lors de la Fiac, ce groupe se réunit pour dépenser au mieux une enveloppe dévolue à l’achat d’œuvres d’art contemporain. On l’appelle : la commission d’acquisition. S’ils se baladent plutôt incognito, ses membres sont vite repérés par les galeristes. Certains font un peu de retape : « Là par exemple, on est dans l’objet de vitrine, suffisamment puissant pour être autonome par rapport au contexte. » Mais la plupart joue plutôt la connivence discrète : « Tu as vu la dernière série de Michel ? C’est formidable. Et je ne dis pas ça parce que c’est un de mes artistes, hein. » Dans la commission, on a des directeurs d’institutions en régions, collectionneurs, critiques, artistes… Et tout ce petit monde se connaît bien. Quatorze œuvres sur les vingt acquises cette année proviennent de galeries françaises. Le dirigeant d’une galerie new-yorkaise s’en amuse : « Le monde de l’art français est microscopique. C’est ça qui fait son charme. » Dur.

Pendant ce temps-là, nos acheteurs négocient certains prix avec les galeries. « Être acheté par l’état donne un certain prestige à l’artiste qui consent parfois à baisser ses prix », souffle un membre de la commission, sous couvert d’anonymat, bien sûr. Pour cette Fiac 2009, ils ont 400 000 euros en poche. « C’est à la fois beaucoup et très peu, constate Richard Lagrange, directeur de Centre National des Arts Plastiques. Cela nous impose d’aller chercher de jeunes artistes, des œuvres inattendues. » In fine, c’est le CNAP qui a la charge des œuvres acquises, rassemblées au Fonds National d’Art Contemporain. Certaines sont mises en dépôt, d’autres sont prêtés pour des expositions partout en France, et enfin, une minorité égayera les murs gris des administrations, de l’Elysée au Conseil général de la Vienne.

Benjamin Chapon

Sur la toile, c'est le bazar contemporain

N’est pas François Pinault qui veut. Si, niveau budget, vous êtes plus Fnac que Fiac, misez sur les boutiques en ligne de musée et leurs produits dérivés pour vous inventer une vie de mécène. En la matière, les Français brillent moins par le service que par les produits proposés. Sur le site du centre Pompidou par exemple, on regarde, mais on n’achète pas. Pour vous procurer le papier peint « Augmentation et réduction » de Claude Closky (69,90 €) ou le support de bureau « Petit arrangement avec le désordre ambiant » de Matali Crasset (24,90 €) , il vous faudra vous rendre à Beaubourg. 
Le Palais de Tokyo fait mieux. On peut y faire ses e-emplettes via le site de Blackblock, la boutique abritée par le musée. On y trouve forcément son bonheur, que ce soit avec le vase char d’assaut de Thierry d’Istria (Tank U Vase, 140 €) ou les art toys du graffeur André, taulier du lieu (Bearbrick André 400%, 110 €). Le catalogue est sur le web mais l’achat, lui, se fait par mail. Un poil rétro.
Mais un vrai collectionneur d’art ne fait pas ses courses chez le galériste du quartier. Il parcourt la planète à la recherche des plus belles oeuvres. Allez donc surfer outre-Manche, sur le site de la Tate Modern. Ne vous jetez pas comme le premier touriste venu sur les mugs tête de chenille ou les coussins « je t’aime ». Privilégiez les produits locaux, comme le sac Tracey Emin (32 €) ou le bavoir Julian Opie (9 €). Stars sur les bords de la Tamise, ces deux artistes sont suffisamment méconnus en France pour impressionner votre bambin quand vous lui donnerez son petit pot.
Quand il n’aura plus l’âge de manger liquide, vous pourrez également lui offrir la version Lego de la fondation Guggenheim de New York en vente 27 € sur le site du musée du même nom. L’adresse n’est pas la meilleure du web mais vous y trouverez, quand même, des cuillères à café Jean Nouvel (et pourquoi pas?) à 30 €  et le service en porcelaine Robert Mapplethorpe (47 €) qui les accompagnera avec goût.

Plus du cochon que de l’art
Terminez vos courses en beauté sur le site du MoMA. On y achète tout et n’importe quoi en se disant que c’est un peu de l’art. « Un peu » seulement, quand on craque pour un presse-livre éléphant à 20 € ou un plat « Tête de cochon » à 13 €. Beaucoup plus, quand on s’offre la rape à fromage Presto (3,30 €) ou le sublime jeu d’échec Bauhaus (153 €), répliques exactes de pièces figurant dans les collections du Moma. Et voilà... Il ne vous reste plus qu’à trouver un petit palais à Venise pour exposer vos emplettes. Mais ça, c’est l’enfance de l’art.

Laurent Bainier

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