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28/01/2010

« Il faut être musicien et businessman »

Sean Carter, jeune enfant élevé seul par sa mère à Brooklyn, est devenu depuis le milieu des années 1990, un des rappeurs les plus en vue de la planète. Sa fortune est estimée par la magazine Forbes à 1,3 milliards de dollars. Rencontre quelques mois après le succès de son dernier disque The Blueprint 3.

Numéro Z oblige, d’où vous vient ce nom de scène Jay-Z ?2901-MAG-JAYZ.jpg

Enfant, je me tenais comme un grand dans la rue. Les gens du quartier disaient : « C’est le petit jazzy », qui voulait dire cool en argot. En grandissant, je m’en suis lassé. C’était trop flamboyant. Alors je l’ai transformé en Jay-Z.

Depuis onze de vos albums ont été numéro un des ventes aux Etats-Unis. Un de plus qu’Elvis Presley…

C’est quelque chose dont je suis très fier. Surtout en faisant du rap où les carrières ne sont pas si longues. Pour nous, une année en vaut sept.

Multimillionnaire, marié à Beyoncé… Quand on a tout réussi, qu’est-ce qui pousse à continuer ?


Je fais de la musique de manière très égoïste. J’ai besoin de me mettre au défi. Quand je compose, j’essaie de faire la meilleure musique possible, en essayant d’être fidèle à ce que je suis.

En 2003, vous aviez pourtant annoncé votre retraite…

J’étais à bout. Je n’en pouvais plus. Je pensais vraiment ne plus faire de disques. Puis deux années plus tard, j’ai senti une douleur en moi. Il fallait que j’y retourne.

Vous aimez collaborer avec des artistes de tout horizon (Rihanna, Linkin Park, Empire of the Sun...). Votre ambition aujourd’hui dépasse largement le rap ?

Le rap n’est qu’une musique parmi les autres, faite de mots, de mélodies. Je ne veux pas me limiter. J’ai grandi en écoutant tout un tas de musiques. Pour moi, ce n’est pas un souci. J’apprécie aussi bien Old Dirty Bastard, que les Kings of Leon.

Mais aujourd’hui, il est plus facile de mélanger les genres ?

Oui, et c’est une bonne chose. J’espère d’ailleurs avoir aidé à ouvrir les esprits.

Vous avez toujours été intéressé par le côté business de la musique. Dès 1996, vous fondiez votre propre label…

Ce n’était pas un coup de génie. Aucun label ne voulait me signer. Aujourd’hui, il faut être à la fois musicien et businessman pour s’en sortir. Très peu touchent de vrais bénéfices avec la crise du disque. Une ou deux erreurs, et ta carrière peut se retrouver à la poubelle. Surtout, pour les jeunes artistes.

Travailler avec de grosses maisons de disque ne doit pas être facile ?

Il faut se créer son espace de liberté. La position idéale, c’est bien sûr de ne pas avoir besoin de l’argent des autres. Placés dans une situation difficile, certains vont abandonner ce en quoi ils croient. Se conformer à certaines formules qui ont du succès en espérant en avoir aussi. L’art finit sacrifié.

Dans vos chansons vous critiquez les morceaux faits pour être des sonneries de mobile, l’auto-tune (logiciel retravaillant la voix)…

C’est un peu compliqué à aborder parce que je vais continuer à en vendre, des sonneries. Mais j’en parle dans mes disques au nom de mon amour pour la musique. Si tout le monde fait la même chose, pourquoi acheter plus d’un album de rap. L’art véritable s’apprécie sur le long terme. Même si tu ne vends pas tout de suite, d’autres vont se nourrir de ce que tu as fait.

Certains affirment aujourd’hui que l’âge d’or du rap est terminé…

Le genre est encore jeune, et c’est vrai qu’il fait face à un mur. Il faut réfléchir à la musique que l’on veut faire. Kanye West, Drake ouvrent déjà de nouvelles pistes. On est arrivé au bout de la formule gangsta. Il faut essayer quelque chose de différent.

 

 

Boris Bastide

Commentaires

super post continuez !

Écrit par : film xxl 18 | 01/06/2010

On est arrivé au bout de la formule gangsta. Il faut essayer quelque chose de différent.

Écrit par : mp4 to avi | 03/06/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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