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05.03.2010

Les geeks commencent à casser les urnes

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Ils se loggent, bloggent, chattent, parfois twittent, à l’instar du commun des mortels internautes. Mais, soyons francs un instant, ils ne sont pas comme nous. On ne nous la fait pas. Que les politiques soient en campagne sur la toile, en investissant les réseaux sociaux à grands coups de LOL, de RT PLS et de PTDR, ça passe aussi peu inaperçu qu’un buzz à base de casiers judiciaires excavés ou de « tronches pas trop catholiques ». Et si ces régionales ne sont pas les élections les plus capitales pour la sauvegarde du patrimoine fromager local, encore moins celles qui rempliront le caddie ou règleront vos problèmes d’alcool, elles marqueront un tournant dans la manière de faire de la politique en France. Aujourd’hui, les geeks ne sont plus seulement les boutonneux qui arnaquent les partis politiques en leur vendant des sites de campagne faits à l’arrache. Ils sont la tranche d’électorat que chaque candidat rêve de glisser dans sa musette.

Sabordage de pirates

Conscients du phénomène, certains d’entre eux se sont organisés, comme le Parti pirate français. Un temps en lice pour le scrutin, il ne présentera finalement pas de liste les 14 et 21 mars. Pas assez de candidats pour espérer faire la nique aux vieux briscards d’Ile-de-France et de Rhône-Alpes, nous dit-on. Qu’importe, le travail a été fait. Présents sur tous les fronts du Web, de Facebook, avec tout de même 2 200 membres ralliés à la cause technophile, à Twitter et son pendant libre Identi.ca, les « geeks-citoyens » font aussi de la politique Creative commons.

En tout, neuf propositions mises à la totale disposition de la concurrence, de l’avant-gauche à l’arrière-droite politique. Et ce n’est que le commencement. « On est seulement en train de prendre conscience des possibilités qu’offre Internet en politique », explique Valentin Villenave, le trésorier des pirates. Sa prise de conscience à lui, c’était par un beau soir de l’an 2005, le 29 mai, jour du referendum sur la constitution européenne. Retour en arrière, à la sortie de l’isoloir : « Durant toute la campagne, les médias traditionnels relayaient le oui, alors que les nonistes étaient extrêmement actifs sur Internet. Le rôle de la toile a été déterminant. C’est là que je me suis dit, les choses ne seront plus pareilles. »

Il a suffi de trois semaines de web-campagne pour que Geek’10, qui n’était alors qu’un regroupement de jeunes entrepreneurs alsaciens en Technologies d’information et de communication, devienne une liste écoutée. Mais en montrant leurs trognes de geeks au premier tour des élections, l’initiative citoyenne risquait de se voir étiqueter comme les autres politiques. Fatal error, et retour au SAV garantis. Ce que ne voulait surtout pas Jean-Bruno Guerra, candidat Geek’10 dans le Haut-Rhin : « C’est une autre façon de faire de la politique, en dehors des partis On est une liste avec des propositions copier/coller pour les autres listes.» Grâce à une campagne pensée par et pour le web, le buzz enfle rapidement. Et la liste suspendue, le travail de lobbying de Geek’10 devrait continuer après le scrutin.

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C’est l’heure de l’apéritweet

Côté politique, rares sont les candidats à ne pas avoir leur espace Twitter. Michel Py, maire de Leucate, tête de liste UMP dans l’Aude, n’y fait pas exception. Sa petite touche perso à lui, c’est l’« apéritweet », un apéro de campagne auquel les followers du politicien et ses fans Facebook sont invités. Partir de la toile pour s’adresser aux internautes In Real Life, l’idée pourrait faire son chemin.

Bien utilisé, un compte Twitter, pour les médias, ou Facebook, pour l’électorat, est un tremplin indéniable vers le monde extérieur. Idéal pour les petits hommes politiques et les collectifs qu’on ne risque pas de voir truster les plateaux TV. Le must, selon Geoffrey La Rocca, journaliste et consultant en stratégie Internet, étant d’être « repris dans les médias traditionnels ». La page dans un hebdo de news reste le graal. Mais elle est bientôt prête à se tourner.

 

 

Romain Gouloumès


En politique, il y en a pour tous les goodies

C’est aussi la Fashion Week dans les partis politiques ! En attendant les élections, petite sélection des produits dérivés ou « goodies » inattendus pour faire avec humour la promo du parti que vous soutenez.

UMP - Le parti de Xavier Bertrand propose un large choix de produits promotionnels originaux : bouteilles d’eau, tongs ou encore freesbee. En plein tournoi des 6 Nations, préférez le polo de rugby UMP, du même rouge qu’un verre de vin. 22€ (www.lemouvementpopulaire.fr)


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PS - Les socialistes ajoutent une touche d’humour aux gilets jaunes obligatoires depuis deux ans, en imprimant la phrase « Je roule à droite par convention, je vote à gauche par conviction » sur le dos. 7 € (www.laboutiquedups.com). Mais ce n’est pas parce que le slogan est drôle et que Lagerfeld en a fait la promo que c’est chic de le porter par-dessus son smoking.

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MoDem - Le camp centriste ne fait pas de goodies. En revanche il a mis en place sur son site le jeu « Pimp my candidate ». Le principe est le même que dans la célèbre émission sur MTV, mais ici on relooke l’affiche de campagne des candidats du parti orange. Avis aux aspirants publicitaires. (http://regionsdemocrates.fr)

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FN - Jean-Marie Le Pen voit les choses en grands en proposant le plus gros produit dérivé tout partis confondus : la tente front national aux couleurs de la France et décorée de la fameuse flamme FN. « Dimensionnée pour 4 personnes, idéale pour 3, royale pour 2 ! » Pas certain pour autant que vous ferez fureur au camping. 50,90 € (http://www.boutique-fn.net).

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PCF - Les communistes ont laissé parler leur imagination en créant un passe Navi-Go factice pour faire la promo d’une unique zone de transport en île-de-France, en imitant des timbres contre la privatisation de la Poste, et des faux jeux à gratter de la « française des gueux ». Tous ces produits sont gratuits et disponibles au Secteur Communication, 2, place du Colonel Fabien 75019 Paris.

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DLR - Nicolas Dupont-Aignan dirigeant du parti républicain prend soin des citoyens en les mettant à l’abri des intempéries : écharpes et parapluies estampillés Debout la République sont disponibles sur leur site (www.debout-la-republique.fr). Le kit parfait pour ne pas prendre l’eau dans les urnes ?

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Les Verts, le NPA, France en Action et Lutte Ouvrière ne proposent aucun goodies et ça c’est bad.

 

 

Hermine Prunier

 

 

 

0503-MAG-SHO-BONGRAND.jpgMichel Bongrand, Pape du marketing politique

Quand est né le marketing politique de goodies en France ?

En 1958, je conseillais le Général De Gaulle lorsque l’on a commencé à vendre des affiches, des portes-clés avec la croix de Lorraine et des badges. C’était un peu pour faire comme les américains même si De Gaulle n’aimait pas trop ça. A l’époque, ça nous servait un peu pour récolter des fonds.

Les produits dérivés peuvent-ils influencer un scrutin ?

Pas du tout ! Cela reste de l’ordre du gadget. D’ailleurs, ces babioles ne sont des outils que pour motiver et fidéliser les militants. Les électeurs ne sont pas la cible. C’est juste du carburant mobiliser les réseaux et leur donner un maximum de confiance pour répandre leur bonne parole.

La politique est donc un marché comme les autres ?

Effectivement, les produits dérivés doivent rapporter plus qu’ils ne coûtent voilà pourquoi ils sont pour la plupart vendus et non donnés. Mais tout ça reste de l’ordre de l’anecdotique question finance des partis.



Cédric Couvez

 
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