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18/03/2010

Hot Savoie : Chamonix ne laisse pas de glace

Si Chamonix évoque plus pour vous les gâteaux à l’orange que les pistes enneigées, cet itinéraire est fait pour vous. On ne vous demandera ici ni efforts, ni tenue de dragueur sur télésiège. Commencez par la visite du Musée alpin, installé dans l’ancien Chamonix Palace construit au début du siècle dernier. Pas d’écrans tactiles interactifs, pas de vitrine high-tech, mais de grandes salles un peu solennelles, avec de nombreuses gravures, objets, et souvenirs pour évoquer l’histoire du massif du Mont-Blanc.

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Marcher dans une grotte

Gageons que cela vous aura donné envie de sommets. On vous a trouvé une solution pas trop fatigante avec l’ascension de la mer de Glace, le plus grand glacier français, par le train à crémaillère du Montenvers. A deux pas de la gare d’arrivée, au 1er étage du Grand Hôtel du Montenvers (construit en 1880), un musée évoque le site, la construction du train, et ses visiteurs illustres : Goethe, Byron, Hugo... Juste après, d’anciennes écuries accueillent le musée de la Faune alpine, qui présente de nombreuses espèces d’animaux naturalisés, qu’on observe de part et d’autre de la passerelle.

Après cet intermède intello, on vogue vers la Mer de Glace en télécabine. Un paysage superbe, impressionnant, même si le glacier se rétracte et qu’il y a beaucoup de monde. Le spectacle le plus fascinant se situe de toute façon au cœur de la glace. Chaque année, une grotte est taillée dans le glacier,  un peu plus profondément que la précédente, et il faut désormais 400 marches après la descente du téléphérique pour y accéder. Juste assez éprouvant pour s’enfiler une bonne raclette sans trop de remords.


Bonnes adresses


Hôtel des Crêtes blanches Etablissement à l’architecture typique du début du XXe siècle avec jolie terrasse et véranda à l’ancienne dans la courette. Déco différente dans les chambres, qui ont toutes vue sur le Mont-Blanc.
Doubles 58-120 € selon confort et saison. Wi-fi. 16, impasse du Génépy.
Tél. : 04 50 53 05 62.

Le Bistrot des Sports Une adresse indissociable de l’histoire de Chamonix. Un bistrot à l’ancienne bien vivant, du p’tit noir le matin au comptoir en bois, en passant par les soirées-concerts. On y mange simple, mais bon. Wi-fi. Menus à 13,50 € (le midi en sem.), puis 18-22 €.
182, rue Joseph-Vallot.
Tél. : 04 50 53 00 46.

Pour boire un verre, on vous conseille la Microbrasserie de Chamonix, à deux pas de la gare, au 365, route du Bouchet. Déco de bric et de broc, ambiance débridée et bonne bière brassée sur place. Egalement en plein centre, une institution locale, façon pub, le Choucas (208, rue du Docteur-Paccard).


A lire Le Guide du Routard Alpes 2010.

 


La rédaction du Routard

« pour La bière chaude, à chacun sa recette »

Hervé Marziou, Biérologue du groupe Heineken, il a transformé nos chopes en pintes d’épices

1903-MAG-P17-cuisineFischer.JPGFélicitations ! Vous êtes le papa de la bière chaude, le carton de cet hiver. Comment s’est passée la naissance ?

En fait, je n’ai pas inventé la bière chaude. En Alsace, par exemple, on connaît les bières qu’on tempère. On disposait sur un poêle un plateau avec des verres d’eau, dans lesquels on réchauffait sa bière au bain-marie. On trouve aussi des instruments hermétiques qui contenaient de l’eau chaude et qu’on plongeait dans sa pinte.

C’est donc en Alsace que vous avez trouvé l’inspiration ?

Plutôt en Angleterre, où la tradition veut que les bières soient servies à température de cave, c’est-à-dire tiède. Là-bas, on boit en hiver une version chaude avec des épices. C’est un peu l’alternative au vin chaud que nous connaissons en France.

Ne me dites pas que vous avez volé la recette aux Anglais...

Non, car eux font bouillir la bière, ce qui l’altère. Nous, nous avons travaillé avec des barmen pour maintenir les propriétés de la boisson tout en la chauffant.

Quel est le secret ?

On fait d’abord un sirop de sucre, en faisant bouillir de l’eau, du sucre et toutes les épices de Noël. Puis on ajoute cette mixture à la bière, ce qui la réchauffe. Et ça change tout. C’est assez plaisant de se dire qu’on peut encore inventer des choses autour de la bière au XXIe siècle

On l’achète où, ce sirop ?

Nulle part. Chacun peut le faire, en glissant ses propres épices, des écorces d’orange, de la cannelle, pourquoi pas de l’anis vert… Comme pour le vin chaud, tout le monde a sa recette, qu’il trouve meilleure que celle des autres. Mon souhait, c’est que les barmen s’approprient la bière chaude et vendent la leur. Mais l’amateur peut également le faire très facilement depuis chez lui.

Et la bière, on la choisit de quel type ?

L’idéal, c’est l’ale anglaise [des bières de fermentation haute] et surtout toutes les ambrées. Pour les épices, vous pouvez choisir toutes celles qui servent aux pâtisseries de Noël.

Et pour la température ?

Je n’ai jamais sorti le thermomètre, mais promis, je le ferai ce soir. Le compromis parfait, c’est d’avoir une bière qui dégage de la fumée, pour créer son petit effet, et une boisson qui ne brûle pas pour que cela reste agréable. J’imagine que la température idéale doit se situer entre 35 et 40 °C.



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Pour récupérer dard dard

Non, ce n’est pas le tire-fesses qui faiblit, c’est bien vous qui prenez du poids. Et comme un jour il faudra que vous la posiez, votre combinaison cache bourrelets, autant chercher dès maintenant un moyen d’éliminer les raclettes de l’hiver.

L’essence de frelon ne vous promet pas une taille de guêpe, mais elle ambitionne de purifier votre corps. Vendue en canette ultra-design (2,50 € l’unité), cette boisson est enrichie en secret de frelon. Et c’est quoi, le secret du frelon ? Le même que celui du teufeur : les acides. Ceux de la bestiole sont aminés, et de nombreux chercheurs ont collaboré pour les recréer et en faire une mixture énergisante et détoxifiante. A la différence du « Taureau Rouge », qui se marie de préférence à la vodka et aux discussions brouillonnes sur la piste de danse, l’Essence de Frelon, elle, se consomme entre deux siestes. C’est sain, ça vient de l’essaim ! 



C’est pas du flan


On se lève tous pour voter


La France n’aura peut-être pas la crème des footeux, cet été au Mondial en Afrique du Sud. Mais elle aura de la crème dessert. Danette, partenaire de l’équipe de France de pousse-baballe, organise jusqu’au 30 avril un scrutin en ligne (www.danette.fr). Objectif : élire la saveur de LA Danette des Bleus. On élimine tout de suite le parfum de la défaite. Nous avons donc droit à une triangulaire : reste en lice le lait (notre préféré, si jamais ça intéresse quelqu’un), chocolat-menthe et chocolat-coco. Le goût vainqueur sera communiqué le 2 mai et aura droit de siéger dans les linéaires de supermarchés. Les crèmes perdantes seront, elles, fouettées en place publique. Avis aux Bleus.

 


Laurent Bainier

Sonate pour violon dite de "La chute du flocon sur couche de neige poudreuse"

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Les edelweiss fanent déjà, les pistes blanches se brunissent d’un marron terreux, les vacanciers laissent des emballages de barres énergétiques derrière eux. Les stations de ski ferment. A Annecy pourtant, un évènement culturel atypique vient de lancer sa nouvelle édition, Le Bruit de la Neige. « Ce nom résume notre philosophie, explique Philippe Blanchard, compositeur et directeur du festival. Le silence, ça n’existe pas. Il y a toujours quelque chose à écouter même quand on pense qu’il n’y a rien à écouter. » Le festival met en avant les créations de musique contemporaine dite concrète, c’est-à-dire créer avec des bruits de notre environnement. « On a un peu du mal à avoir du public, concède Philippe Blanchard. Pourtant quand on fait des ateliers pédagogiques, les gens apprécient l’expérience. On les invite à faire de la musique avec de la neige, de la glace frottée, pilée ou découpée. » Le grand Debussy lui-même n’a-t-il pas composé une pièce intitulée Des pas sur la neige ? « C’est différent, note Cyril Béros, directeur de l’action culturelle à l’Ircam (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique). L’enjeu pour Debussy n’est pas d’imiter la nature. » Petit rappel historique : « Il y a eu, dans la musique contemporaine, deux grandes écoles. L’une utilise des sons de l’environnement, c’est l’école concrète. Une autre use de la synthèse sonore, des sons créés ex nihilo. Aujourd’hui, ces deux écoles convergent. » Mmmh, rien ne vaut un exemple. « Une prise de son a été réalisée dans le silence d’un paysage enneigé. Ces sons de pas dans la neige, de craquements de la glace qui fond et plusieurs petits bruits infinitésimaux ont été mis dans un ordinateur. Un logiciel, développé par l’Ircam, propose alors une orchestration avec instruments traditionnels qui s’approche de ce son cible. » Malin, le logiciel ose les pratiques instrumentales incongrues, comme mettre du coton sur les cordes du violon. « Le logiciel invente des partitions qu’un compositeur n’aurait pas pu imaginer. », s’enthousiasme Cyril Béros. Philippe Blanchard cite Edgar Varèse en conclusion : « On est musicien quand on est capable d’entendre la nature qui nous entoure. Il faut écouter la neige tomber. »

 

 

Benjamin Chapon

 

La playlist enneigée

 

1. Fleet Foxes : White Winter Hymnal

2.Beach House : Norway

3. The Horrors : New Ice Age

4. Roots Manuva : Too Cold (demo version)

5. Para One : Ski Lesson Blues

6. Database : A french winter

7. Armand Van Halden : Ski Hard

8. 50 Cent : Ski Mask Way

9. John Frusciante : This Cold

10. Belle and Sebastian : The Fox in the snow


 

Boris Bastide

Les caméras assurent le show sur la snow

Entre 3 et 4,3 millions de spectateurs ont frissonné devant les JO de Vancouver chaque soir sur France 2 et France 3, entre le 12 et le 28 février. Une petite partie d’entre eux jouera les prolongations devant les Jeux paralympiques* et les dernières compétitions de sports d’hiver. Mais pour retenir le téléspectateur devant un écran floconneux, il faut offrir plus qu’une simple retransmission de descente alpine ou de sauts. Faire ressentir un déhanché dans un virage ou le crissement sur la neige. Quand les champions (bronzés ou pas) font du ski, les réalisateurs ont intérêt à s’échauffer.

Un matériel allumé jour et nuit pour éviter les chocs thermiques

« Le placement des caméras est primordial, assure Stéphane Bouclier, réalisateur régulier pour Eurosport. Il faut imaginer par où va passer le skieur, là où il est susceptible de se casser la gueule. Moi, je ne prends pas de risque. Je me fais conseiller par des entraîneurs, des directeurs de course… » Une quinzaine de caméras Betacam sont nécessaires pour jalonner les parcours des compétitions, l’équivalent logistique d’une bonne affiche de match de football de Ligue 1.

Les caméras aussi ont droit à un entraînement particulier : il s’agit souvent des mêmes que pour les reportages du JT. La différence  : les équipes les laissent allumées en continu, même de nuit, afin d’éviter les chocs thermiques.

Pour le show, il faut ensuite jouer d’astuces. «  Dans une pente, explique Christophe Dechalat, cadreur qui a couvert les championnats du monde de ski de Val-d’Isère en 2009 pour France Télé, nous penchons un peu plus la caméra pour accentuer la vitesse du skieur, la sensation de danger. » Placées aux spots stratégiques – bosse, virage serré… – les caméras Loupe et les nouvelles Super Loupe permettent de réaliser les fameux ralentis, avec de 75 à 500 images par seconde.

Seuls les caprices de la météo peuvent gâcher le spectacle. Les nuages et les flocons empêchant de bien distinguer le relief. Et là, rien à faire, selon Stéphane Bouclier. A part compter sur les ingénieurs vision du car régie pour accentuer un peu plus les contrastes. Flocons tombés, vue brouillée !

*Jeux paralympiques, tous les jours à 13 h sur France 4, 20 h 05 et 22 h 35 sur France 3. Lundi à 4 h 30, cérémonie de clôture sur France 3.



Images en stock

Que fait la télé quand la neige tombe trop dru ? « Nous stockons tous les jours des images pour faire face aux coups durs, explique Daniel Bilalian, patron des sports de France Télé. Il faut aussi faire un peu de teasing pour empêcher les spectateurs de zapper. »


Florence Le Méhauté

12/03/2010

La vraie gourmandise n'a pas de prix

1203-2.0-CUISINE.jpgVache maigre Jean-Pierre Coffe revient avec un ouvrage consacré à la bonne bouffe à bas coût

Quel bonheur de recevoir à dîner… à condition de ne pas dégonfler le porte-monnaie. Après Le Plaisir à petit prix (Plon), best-seller vendu à 400 000 exemplaires qui invitait à cuisiner pour moins de 9 € par jour, Jean-Pierre Coffe remet le couvert avec Recevoir vos amis à petit prix (toujours chez Plon). Un ouvrage où sont développées deux cents recettes conviviales, accompagnées d'une liste de vins ne dépassant pas 5 €. « C'est encore un livre opportuniste, bien sûr », admet l'animateur télé qui avoue profiter de la crise. « Mais ces livres ont une vocation sociale : se retrouver autour d'un bon plat. »

« Hors saison, faites des boîtes ! »
La plupart des recettes sont les siennes. Sauf celles des desserts, où il a puisé son inspiration « dans les livres de restrictions parus pendant la guerre ». Avec cet ouvrage, on découvre un nouveau Coffe. L'homme est plus calme, parle posément. Il est loin, le temps où c'était « de la merde », le jambon polyphosphaté qu’il exhibait sur les plateaux de télé. « J'ai gueulé pendant des années. On me disait “vous mentez”, mais j'ai fini par convaincre des industriels de développer des produits naturels, et même du bio. Pas cher. » Aujourd'hui, il défend les produits de proximité et les légumes de saison. Exemple: « En ce moment, vous avez des choux magnifiques, et des poireaux de gros calibres. Faites donc des poireaux au jambon, c'est délicieux et ça ne coûte pas cher. » Et si ce n'est pas la saison ? « Faites des boîtes ! lance-t-il. Il vaut mieux une bonne conserve qu'un produit sans goût acheté hors saison. » Et de conclure en ascète: « La première économie serait sans doute de moins manger. Car aujourd'hui, de toute façon, on mange trop. »



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Le plat pas cher qui donne du rouge aux joues

Invitez trois couples d'amis et vérifiez si les joues de bœuf à la languedocienne de Jean-Pierre Coffe tiennent leurs promesses. Pour obtenir la photo ci-dessus, faites sauter 1,8 kg de viande à l'huile d'olive avec des gousses d'ail hachées. Ajoutez 1 kg de tomates, du sucre, du gros sel, du poivre, une branche de romarin et une bouteille de vin. Laissez cuire longtemps à feu doux. Ajoutez du persil et servez. C'est délicieux ! On a juste réduit la sauce, trop liquide, et rajouté du sucre pour casser l'acidité. Et le prix ? 28 € pour huit. Ce n'est pas cher, mais quand même 5 € de plus qu'annoncé, avec des joues à 10 € le kilo (au lieu de 8,50 €), des tomates à 2,30 € (et non 1,80 €), et un madiran pour la sauce à 4,50 € (plutôt que 3 €). Mais on a fait nos courses à Paris, et non à Châteaudun (28) comme l’auteur.

 

 

Stéphane Leblanc

Murdoc Le boss de Gorillaz se la raconte sur « Plastic Beach »

« Notre seul plan prédéfini est la domination mondiale »


Vous aviez disparu depuis trois ans. Vous étiez en cure de désintox ?

Rehab? No! No! No! Je devais juste purger mon âme de Gorillaz. J’étais écœuré par le goût et l’odeur que dégageait le groupe. J’avais besoin d’un long week-end loin de tout. Et je me suis débrouillé pour qu’il dure trois ans.

Trois ans de paresse ?

J’ai investi dans des stupides compagnies de téléphone et sur des projets de construction de pyramides avec un certain Bernard Madoff. Après, je me suis lancé dans la vente d’armes. C’était sympa ! Mais un groupe de pirates, Les Nuages noirs, veut ma mort parce que je leur ai vendu de la camelote. J’essayais juste de contribuer à la paix mondiale en vendant des armes qui ne fonctionnent pas… Je me suis caché dans un endroit isolé où même Google ne peut pas me trouver. J’ai aussi mis en vente nos studios, Kong, sur www.immensestudiohantéhorsdusageaumilieudenullepart.com, mais je n’ai pas trouvé preneur. Alors j’y ai mis le feu et j’ai touché l’assurance. Mouahahaha !

Que sont devenus les autres membres du groupe ?

Noodle a disparu. Tout comme Russel, qui a des problèmes de santé mentale. 2D est toujours là. Je n’arrive pas à m’en débarrasser, il est pire que l’herpès.


Quand avez-vous recommencé à faire de la musique ?

En mai 2007. Mes poches étaient vides, j’avais une inflammation du foie, mais ma tête était pleine de grands projets pour une nouvelle charge de Gorillaz.


Quels genres musicaux vouliez-vous explorer ?

Subcore, bluegrime, electrowazzle, grind grass… Bon, je plaisante. Il n’y a jamais de plan prédéfini au début d’un album de Gorillaz. Je veux dire, à part accomplir une domination mondiale.

Vous avez piraté des radios pour la promo de l’album…

Ouais ! J’ai toujours aimé la vie de pirate. Rhum, sodomie et abordages ! Rien à jeter là-dedans.


Plastic Beach est-il le dernier album de Gorillaz ?

Disons que oui. Ne venez pas chialer après ça. Mais ce n’est pas le chapitre final des aventures de Murdoc Nicalls


Quelle est votre vraie nature ?

C’est une question un peu trop métaphysique pour un mec qui vient de commencer sa journée avec un rhum cassis. Notre vraie nature est… le mouvement. Nous sommes comme la mer qui s’étend autour de notre paradis de plastique : en mutation permanente, inexorables et inéluctables. Nous sommes i-né-luc-ta-bles. W


La possibilité d’Une île

Gorillaz, délire hip-pop cartoonesque de Damon Albarn (Blur), livre son troisième et ultime album. Exilés sur leur Plastic Beach, une île formée de déchets plastiques, Murdoc (l’avatar de Damon Albarn) et sa bande réalisent le mariage heureux entre hip-hop, pop, rock, funk et diverses mélopées orientales. Dansante et planante à la fois, leur musique est le symbole d’une décennie qui a aboli les frontières entre les genres.

 

Recueilli par le Service Rock

11/03/2010

SOIF DE POUVOIR

Une petite envie d’annexer le reste de l’Europe ? « Napoleon : Total War » (env. 40 € sur PC), jeu de stratégie qui propose de refaire les campagnes militaires du général, dont la bataille immortalisée par Abba. Historien et fan de la série chez Sega, Dimitri Casali* raconte pourquoi il apporte sa caution au jeu.

Napoléon était très envieux ?

Dimitri Casali : Il avait tellement confiance en lui qu’il n’était pas envieux de ses contemporains. Mais c’est le personnage le plus ambitieux de l’histoire de l’humanité. C’est d’ailleurs ce qui fascine aujourd’hui. Il est même plus populaire à l’étranger qu’en France, où il y a un malaise par rapport à lui. Les Anglo-Saxons le voient comme un self-made-man. Et en Europe de l’Est, c’est quand même amusant d’entendre les footballeurs polonais chanter à la gloire de Napoléon, dans leur hymne, La mazurka de Dabrowski.

Quelqu’un de très ambitieux, donc.
Oui, depuis sa petite enfance. Ce qui épate le monde entier, c’est l’ascension formidable d’un petit nobliau corse d’origine immigrée. A 10 ans et demi, il arrive en France et il ne parle pas un mot de la langue, mais et s’exprime en corse et en italien. On peut dire qu’il incarne aussi la diversité et le métissage français.

Mais c’est aussi un grand stratège…
Oui, Napoléon a connu plus de victoires que César, Alexandre et Hannibal réunis, dont il voulait égaler la gloire, voire la dépasser. A 27 ans, il comptait déjà douze victoires pour douze batailles. A 40 ans, il est maître de l’Europe. Mais cette soif de pouvoir démesurée et insatiable a tourné à la mégalomanie. Elle l’a amené à commettre des erreurs, comme la conquête de la Russie, un empire immense. D’ailleurs, une fois devant Moscou en flammes, il a eu cette phrase: « Et si on allait en Inde ? »

Que pensez-vous du jeu ?
C’est formidable, car il arrive à un moment où certaines grandes figures historiques sont écartés des programmes et que les jeunes Français sont fâchés avec l’histoire. Ce type de jeu peut les réconcilier avec cette discipline. Grâce au tableau blanc interactif, on peut même imaginer inclure ses cinématiques du jeu dans le cours.

Ce qui vous plaît le plus ?

Des petits paramètres, comme celui de « l’usure des armées » : quand l’armée entre dans le désert, des soldats désertent ou tombent malades. Ou le souci d’exactitude dans le jeu, comme le minutage de 55 secondes pour recharger le fusil dit « de 1777 » ou la portée de canon de 750 m pour l’artillerie Gribeauval.

Si Napoléon avait possédé ce jeu…
Il aurait été fou de ce jeu de stratégie. Déjà, c’était un adepte du jeu d’échecs.
* Auteur du Larousse de Napoléon
(éditions Larousse).

 

Recueilli par Joël Métreau

 
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