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09/04/2010

une visite du nord pelée

 

0904-MAG-ROUTARD2-PLAGE.jpgS’aventurer au nord de la Martinique, c’est pénétrer un royaume aux côtes déchirées, aux îlets déserts, aux falaises rocailleuses plongeant dans des eaux limpides, tout cela  dans la végétation tropicale luxuriante et mystérieuse. Partez de Sainte-Marie, sur la côte est : c’est l’occasion de s’approvisionner dans l’une des plus fameuses rhumeries de l’île (la rhumerie Saint-James), de découvrir des objets muséographiques inattendus -le musée de la Banane existe, nous l’avons visité-, de plonger dans l’océan à partir de plages de sable noir. A Basse-Pointe, paradoxalement presqu’à l’extrémité boréale de l’île, on peut se promener dans des buggys ouverts à tous vents à travers les plantations de palmiers et de cannes à sucre, ou pour les plus sportifs faire du canyoning. Emotions garanties!

La route qui mène à Grand-Rivière se fraie un chemin au milieu d’une forêt profonde composée d’arbres gigantesques et de fantastiques bouquets de bambous, plonge dans les ravines puis remonte, abrupte, pour offrir quelques vues magnifiques sur la mer étincelante...  Mais à Grand-Rivière, elle s’arrête. Pour rejoindre le village le plus proche, sur la côte nord-caraïbe, il va falloir enfiler vos chaussures de marche pour parcourir un des plus beaux sentiers de randonnée de l’île. On peut aussi monter dans les yoles multicolores des pêcheurs: la côte vue de la mer est absolument magnifique, et vous vous offrez une heure de sensation forte! Et tant qu’à faire, allez observer les dauphins à partir du Prêcheur…

0904-MAG-ROUTARD-NORDMARTINIQUE.jpgEn redescendant vers la Montagne Pelée,  on pénètre au cœur de l’île, dans un autre monde. La route bordée de bambous, de fougères arborescentes, d’arbres chargés de broméliacées et d’orchidées conduit jusqu’au Morne-Rouge, point de départ vers le volcan -si dénudé sur certains flancs qu’on s’imaginerait transporté en Auvergne. Il sait pourtant se faire craindre de la population: l’éruption de 1902 a laissé de terribles souvenirs dans la mémoire collective. Il a même donné son nom à un type d’éruption volcanique -dit péléenne– imprévisible et dévastatrice! À Saint-Pierre, le musée vulcanologique Franck Perret expose des vestiges saisissants de la catastrophe.  Mieux encore, le beau Centre de découverte des sciences de la terre, logé dans un bâtiment parasismique aux allures futuristes et intrigantes, propose des expositions scientifiques sur les colères de Dame Nature.

Fatigués de si austères beautés ? Jetez-vous à l’eau pour un petit coup de snorkling voire de plongée sous-marine –les épaves sont légion dans la baie de Saint-Pierre. Car la Martinique recèle un autre univers à explorer: celui de ses royaumes océaniques…

 

Les bonnes adresses du Routard

Gîte du Hameau du Morne des Cadets, Chez Léon Tisgra : Perché à flanc de colline, ce gîte avec vue sur la montagne Pelée ne manque ni d’air ni de perspective. Bungalows en bois de style créole très agréables, grande terrasse commune pour les repas. Les bons produits de Tonton Léon, qui possède une exploitation maraîchère biologique, se retrouvent sur la table d’hôtes... Une très belle adresse à l’écart des sentiers battus. 280-350 €/sem pour 2-3 pers. A Morne-des-Cadets. 05-96-55-83-30.

Les Maisonnettes du Volcan : Des maisonnettes traditionnelles en bois au milieu d’un superbe parc plein de manguiers, de canneliers... Calme garanti et vue panoramique époustouflante sur la montagne Pelée et la plaine de la distillerie Depaz… Idéal à l’heure du ti-punch ! Bungalows de charme 535-650 €/sem pour 4-5 pers. A Saint-Pierre, quartier Saint-James. 05-96-78-21-66.

Le Colibri Parfumé : maison réputée pour sa savoureuse cuisine couleur locale, comme le pigeon farci au nid ou le blaff d’oursins. Terrasse avec une belle vue sur l’océan. Plats 10-23 €. Au Morne-des-Esses. 05-96-69-91-95.

Le Guérin : Toutes les ressources de ce bout d’île sont utilisées ici, à commencer par les fruits du marché, les légumes superbes qui accompagnent des plats un peu oubliés, comme le ragoût de cochon au rhum vieux et au thym… Menu du marché 15 €. A Saint-Pierre, dans le marché. 05-96-78-17-22.

Le 1643 : Un endroit cosy à l’entrée d’un des plus beaux jardins de Martinique, à l’ombre de magnifiques tamariniers et manguiers. Spécialités françaises et plats typiques de la côte caraïbe. Carte 25-30 €. Anse Latouche, à la sortie de Saint-Pierre. 05-96-78-17-81.

A lire: Guide du routard Martinique 2010

 

 

Le guide du routard

La cuisine créole met du soleil dans l'assiette

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Les bananes, litchis, mangues ou kiwis, on peut s’en débrouiller. Mais les kakis, caramboles, mangoustans, pitayas et autres ramboutans qu’on trouve désormais dans les rayons exotiques des hypermarchés, tous ces fruits et légumes magnifiques « j’en fais quoi ? ». Cette question figure en sous-titre du Babette Book (Albin Michel), le dernier livre de Babette de Rozières, chef guadeloupéenne qui officie sur France 5 en attendant d’ouvrir, très bientôt, une table d’hôte dans les Yvelines.

Un féroce sur lit de concombre

Dans son livre, Babette est intarissable sur les bienfaits de la figue, « fruit des sportifs et des randonneurs », les vertus cosmétiques de la citronnelle « qui atténue la cellulite », ou l’efficacité aphrodisiaques du bois bandé ou du simple noyau d’avocat « qui augmente la libido du mari, hé oui ! ». Sa cuisine est traditionnelle. Mais revisitée. Ainsi, Babette sert sur un lit de concombre le féroce d’avocat, plat de morue séchée, de farine de manioc et d’avocat qu’on donne aux pêcheurs avant leur sortie en mer. Et le poulet boucané, ce plat simple et convivial, où la volaille est non pas grillée au barbecue comme chez nous, mais fumée à couvert, Babette le laisse mariner deux jours dans un mélange d’épices avant de le cuire sur une pierre réfractaire (dans un four à pizza). Plus pratique que dans un bidon sur la plage, comme c’est l’usage an Guadeloupe ou en Martinique. Au fait, Babette, y a-t-il une différence entre les cuisines des deux îles ? « Aucune ! s’exclame-t-elle. C’est juste une question d’intitulé. Ainsi ce délicieux risotto de crabe, bien relevé, qu’on appelle « matete de crabe » en Guadeloupe prend le doux nom de « matoutou de crabe » en Martinique.

 

Un nectar de passion pour aciduler le poulet

Plus simple qu’un poulet boucané, Babette propose un poulet au nectar de fruit de la passion. Pour obtenir 50 cl de ce breuvage, il faut mixer 800 g de pulpe pour 20 cl d’eau. Puis passer le tout au tamis pour se débarrasser des graines. La veille, faites mariner quatre cuisses de poulet dans le jus d’un citron vert et une gousse d’ail hachée. Le lendemain, hachez deux échalotes, une gousse d’ail, 8 brins de ciboulette et un brin de persil, ajoutez une brindille de thym et deux feuilles de laurier. Dans une cocotte, faites chauffer 3 cuillères à soupe d’huile d’arachide et une de sucre, caramélisez, plongez les cuisses et leur marinade, faites dorer, ajoutez les herbes hachées, arrosez d’eau. Dix minutes plus tard, ajoutez le nectar de fruit de la passion et laissez compoter 15 minutes à feu doux. Servez et… régalé zot’ ! S.L.

 

Le rhum vieux, c’est goûteux, le rhum blanc c’est excellent !

Blanc ou ambré, le rhum ? Le choix est une question d’usage. Pour Babette de Rozières, le rhum blanc ou « agricole » sert surtout aux cocktails, comme le ti’ punch ou le punch passion : 40 cl de nectar de fruit de la passion (recette ci-dessus) auquel on ajoute 20 cl de rhum, 4 cuillères à soupe de sirop de sucre de canne et quelques glaçons. Pour les pâtisseries, on utilise plutôt du rhum ambré, ou mieux, du rhum vieux, « autrement plus goûteux ».

Mandarine et citron vert

Il imbibera parfaitement un baba au rhum, même si cette spécialité n’a rien d’antillais : le « baba », qui signifie « vieille femme » en polonais, a été introduit auprès de Louis XV par le pâtissier de son beau-père, le roi Stanislas, qui l’arrosait d’eau de fleur d’oranger. Le rhum n’est arrivé que plus tard, des Antilles où la banane flambait depuis des lustres. Babette apporte à cette banane traditionnelle une touche acidulée fort bienvenue, en versant dans la poêle un jus de mandarines et un zeste de citron vert. À feu moyen, elle fait fondre 20 g de beurre avec 80 g de sucre en poudre pour obtenir un caramel léger. Elle ajoute quatre bananes bien mûres, un bâton de cannelle, un zeste de citron vert. Elle laisse caraméliser quelques minutes, mouille avec le jus de quatre mandarines et laisse cuire dix minutes à feu doux. Elle incorpore alors le rhum vieux hors du feu, flambe le tout dans la poêle et sert immédiatement avec le jus.

 

 

S.L.

Les anti-UV la jouent ultra-variés

Enfin du nouveau au soleil. Pour éviter les rougeurs de l’été, l’indice de protection est le seul indicateur valable. Pourtant, chaque été on compte sur les plages plus de coups de soleil que de coups de foudre. Afin de convaincre les têtes brûlées de se mettre à l’anti-UV, les marques rivalisent de créativité. Alors, ne soyez pas le pigeon du badigeon: suivez nos conseils.

 

L’innovant

0904-MAG-BIENETRE-loreal.jpgN’importe quelle sardine vous le dira, l’huile c’est bien plus agréable que la crème. Jusqu’ici pourtant, seuls les suicidaires osaient se promener au soleil oints comme une olive grecque. L’Oréal bouscule cette année nos habitudes en développant une gamme d’huile haute protection allant jusqu’à l’indice 30 (11,90 €). Parfait pour se faire dorer la frite.

 

 

Le tricheur

0904-MAG-BIENETREaustralian.jpgQuand on a la peau toute blanche sur une plage bondée, on s’expose certes aux méchants UV mais aussi aux quolibets. Les Australiens, qui en connaissent un rayon question soleil, ont la solution. Le gel en spray Australian Gold (20,90 €) combine protection (indice 30) et autobronzant. De quoi hâler en paix.

 

 

L’écolo

0904-MAG-BIENETREangevine.jpgMieux vaut prévenir qu’acheter de la Biafine. Avec son fluide précurseur (26,50 €), Douces Angevines prépare la peau aux morsures estivales en l’hydratant en profondeur. On l’utilise à l’ombre (il ne protège pas des UV) mais sans se cacher parce qu’il est bio. Et ça c’est beau.

 

 

Le doux

0904-MAG-BIENETREsephora.jpgMaudite soit la nature qui a doté votre compagnon de serviette de deux rapes à gruyère à la place des mimines. A chaque fois qu’il vous enduit le dos, il vous offre le gommage. Pour lui, il n’existe qu’une solution: le pinceau solaire haute protection indice 50 (15 €) de Sephora. Avec ça, vous n’aurez plus aucune raison pour ne pas l’épousseter.

 

 

Le coquet

0904-MAG-BIENETREgloss.jpgEt la bouche dans tout ça ? La question ne vous brûle peut-être pas les lèvres mais le soleil, si. EyesLips Face à la protection adaptée à votre sourire de braise. Son gloss super brillant indice 15 est sucré et délicat. A 1 € le tube, ça ne vaut pas le coup de flamber.

 

 

Chercher l’indice

A chaque peau sa protection. Mais pour éviter les brûlures, mieux vaut privilégier les indices élevés. «Commencez par un indice 50 pour les peaux très claires à claires, explique Marie–Hélène Gaudinat, directrice de la communication scientifique internationale L’Oréal Paris. Après une semaine, en fonction du hale et de la sensibilité de la peau vis à vis du soleil mais aussi des conditions climatiques, un indice un peu plus bas (pas au dessous de 30) pourra être envisageable.»

07/04/2010

Starclash : Doc Gynéco vs. Lord Kossity

 

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Leurs mères sont nées là-bas, leurs pères sont nés là-bas, eux, ils sont nés ici, dans la misère et le gris. Doc Gynéco vs. Lord Kossity, c’est le Starclash créole qui oppose la Guadeloupe à la Martinique… Lequel des deux rappeurs préférez-vous ? C’est à vous de nous le dire en commentant ce match inédit...

 

Doc Gynéco

 

Origines

Né en 1974 à Clichy-la-Garenne de parents guadeloupéens, Bruno Beausir passe sa jeunesse dans une tour de la porte de la Chapelle dans le 18ème arrondissement à Paris. Ado, il rencontre Stomy Bugsy et Passi. S’ensuit de nombreux allers-retours à Sarcelles où ses deux copains sévissent. Gynéco fait vite ses classes et se voit proposer un contrat par Virgin en 1996. Son premier opus, « Première consultation », fait un véritable carton. Le Doc truste les charts jusqu’en 2004, date à laquelle sa maison de disque le vire.

 

Récoltes

Depuis un quinquennat, Doc Gynéco pédale un peu dans la semoule. Entre ses albums écoulés à très peu d’exemplaires (seulement deux mille copies vendues pour « Peace Maker », son dernier opus produit par Pierre Sarkozy), ses apparitions dans des émissions de tv-realité et son soutient politique controversé à Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle, le Doc ne réussit plus à faire grimper sa côte de popularité. En février dernier, Gynéco a même reconnu s’être inscrit au Pôle Emploi, expliquant sur Europe 1 qu’il avait « besoin d’argent, comme tout le monde. »

 

Lord Kossity

 

Origines

Thierry Moutoussamy voit le jour en 1973 dans le 9ème arrondissement de Paris. Ses parents viennent de la Martinique, c’est d’ailleurs là-bas qu’il usera ses fonds de culottes et taillera sa voix d’ogre à grands coups de litrons de rhum vieux. Au début des années 1990, il fait ses débuts derrière le micro sur « l’île aux fleurs »  au sein du groupe Contrast et du collectif Dance-hall Party. De retour à Paris en 1995, Lord Kossity rencontre JoeyStarr et enregistre « Ma Benz » pour NTM… Une star est née.

 

Récoltes

En 1999, il sort son premier opus solo « Versastyle », très vite suivi du second « Everlord » qui contient le tube culte « Morenas ». LordKo devient alors une référence et enchaîne les projets. En 2004, il signe chez Universal Music et pond « Hey Sexy Wow », un carton dance-hall qui tourne en boucle sur MTV. Toujours très prolifique, LordKo puise son inspiration lors de ses déplacements à Los Angeles et en Jamaïque. Le 12 avril prochain, le colosse sortira simultanément deux opus «Fully Loaded» orienté ragga et «Koss 02» tourné vers le rap.

 

Cédric Couvez

 

Lequel des deux rappeurs préférez-vous ? C’est à vous de nous le dire en commentant ce match inédit...

 

02/04/2010

voyants au vert pour la ville rouge

bon le couscous chaud !

0204-MAG-UNE-1.jpgEn bonne place dans le Top 10 des villes les plus visitées au monde, Marrakech ne compte pourtant pas se reposer sur ses acquis pour attirer en son sein de nouveaux touristes. Preuve en est, l'Office national marocain du tourisme vient de lancer le projet Red By Marrakech. «Nous souhaitons capitaliser sur la notoriété et l'ADN de la ville tout en apportant de nouveaux éclairages», lance Salima Haddour, directrice de l'antenne française. «Pour cela, nous privilégions des axes de développement économique et social dans l'air du temps. Marrakech est la ville de tous les prétextes. On peut s'y relaxer en toute quiétude dans la palmeraie, vivre un week-end trépidant dans la médina ou encore profiter d'une expérience culturelle à travers les nombreux événements que nous organisons", précise-t-elle. Malgré la crise économique mondiale, la ville rouge est en perpétuelle extension. «ça pousse de partout et certains quartiers comme Agdal se développent à vitesse grand V avec des installations hôtelières de luxe. Marrakech est une ville en chantier continu», affirme Abdou, guide touristique depuis plus de seize ans.

C'est pas Luxor mais luxe et or

0204-MAG-UNE-4.jpgParmi les projets pharaoniques sortant de terre, le Mandarin Oriental fait figure de pyramide. Tel un oasis planté en pleine palmeraie, ce palace est en travaux depuis plus de trois ans. Se déployant sur 53 hectares sur la route de Fès, le complexe compte 161 chambres. Si la date d'ouverture de l'hôtel est imminente, la suite royale mesurant 950 m2 a déjà été squattée par quatre habitantes très connues. Une partie du second volet de « Sex and the City » y a été tournée cet hiver. Pour vivre une nuit dans ce décor inouï, il vous faudra débourser la modique somme de 10 000 €. Mélange d'exotisme oriental et de finesse marocaine, la décoration des chambres et suites plus abordables est elle aussi à couper le souffle. Et pour ne pas rester le ventre vide et le gosier à sec, les trois restaurants et les quatre bars à thèmes offrent le maximum de choix aux clients fortunés: «Nous sommes soucieux d'apporter une qualité de service exemplaire. Un séjour chez nous doit être une expérience sensorielle globale !», s'enorgueille la responsable de la communication. Moins démesuré, le Kenzi Menara Palace tourne, lui, depuis déjà un an. 45 % de ses 236 chambres sont occupées par des touristes d'affaires. Chic et pas trop cher, l'hôtel appartient à un fonds d'investissement libyen. A quelques dizaines de mètres de là, un resort Raffles, prépare son inauguration pour jouer les trouble-fêtes.

L'art d'y vivre

0204-MAG-UNE-2.jpgEn plus du luxe, d'autres projets hôteliers misent sur la culture et l'éthique. Parmi les plus innovants, Ithaque une ferme chic fondée sur des valeurs de croissance responsable. Créée par un collectif d'amis parisiens chaperonné par Redha Moali, ancien trader star qui a fait fortune à la City de Londres, Ithaque met un point d'honneur à contribuer au développement du voisinage: «On fait bosser les paysans qui entourent notre hôtel. Nous sommes dans un modèle communautaire où le profit n'est pas le cœur de nos préoccupations. Le prix des chambres, c'est un peu à la tête du client. Les riches paient plus que les pauvres», aime rappeler l'ancien banquier. Et pour enfoncer le clou, l'hôtel va ouvrir une résidence d'artistes parrainée par Jack Lang. Les amateurs d'art contemporain trouveront eux leur bonheur au Dar Sabra. Cet hôtel à l'architecture cubiste et futuriste regorge d'œuvres tant dans les suites que dans les immenses jardins. Et se baigner sous le regard d'une héroïne d'Erro, c'est quand même mieux que d'être saoulé par un G.O. en pleine session d'aquagym.

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Laurent Bainier et Cédric Couvez

Au maroc, un esprit soins dans un corps sain

A Marrakech, il n'y a pas de plages de sable fin, mais il y a des spas. Capitale nord-africaine du massage, les centre de soins et de bien-être pullulent dans la ville rouge comme les mobylettes dans la médina. Petit tour d'horizon des immanquables pour chouchouter votre corps et reposer votre esprit.

Les Bains de Marrakech

C'est sans doute l'un des spas les plus réputés du pays. Perdu aux portes de la médina, on arrive aux Bains de Marrakech comme dans un palais des mille et une nuits. La déco typique éclairée par des centaines de bougies est juste splendide, le personnel est aussi adorable que compétent et les senteurs enivrantes.

Spacieux, le centre propose une large gamme de massages et de soins. Il faut compter 15€ pour 45 minutes de hammam et un gommage traditionnel au savon noir avec le gant de kessa pour récurer votre peau abîmée par la pollution. Pour les plus douillets et fortunés, optez pour le massage synchronisé à quatre mains d'une heure (70€). Petit conseil, pensez à réserver avant votre séjour. Le carnet de rendez-vous de ce spa est plein à craquer.

Le Spa By Terraké

Situé face aux remparts des jardins royaux de l'Agdal, le Spa By Terraké jouxte le Kenzi Menara Palace. Résolument moderne, l'établissement propose des «rituels» prompts à répondre à tous vos besoins. Pour les fashionistas en quête d'une taille de guêpe, le rituel «minceur de liane» est un enveloppement végétal épicé qui sculpte et affine la silhouette. Ces messieurs un poil stressés préféreront le rituel «Terra Magica», où un massage aux pierres chaudes prend le relais d'un gommage. L'établissement est également équipé d'un complexe de balnéothérapie à la pointe de la technologie.

Les hammams traditionnels

Les plus roots d'entre vous ne peuvent pas faire l'impasse sur les hammams traditionnels. Trois salles d'eau successives aux températures progressives pour finir nu comme un ver à se faire frotter les fesses par un gros moustachu, ça vaut le détour. Cette cure bat tous les records question rapport qualité-prix (5 €). Demandez aux locaux de vous indiquer les meilleures adresses proches de votre lieu de résidence.

senteurs d'orient

Rien de tel qu'une petite visite au souk pour chiner les meilleurs herboristes qui vous permettront  de recréer les senteurs diffusées dans les spas. Pour son parfum puissant et terreux, optez pour le  patchouli. Pour les libidineux, mélangez l'ambre et le musc et vous obtiendrez un philtre d'amour ancestral. Et pour varier les plaisirs, n'hésitez pas à alterner avec le jasmin qui symbolise également l'amour.
Au printemps, la floraison des orangers envahit les jardins. Invitation au repos, la fleur d'oranger est offerte au Maroc en signe d'hospitalité. Choukran bezef, comme on dit là-bas.

 

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Une pette balnéothérapie au Spa By Terraké après le rituel de la « minceur de liane »

Cédric Couvez

«LES LEGUMES DU MAROC FAÇON MOLECULAIRE»

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De l'émulation dans le monde des émulsions.

Les membres du bouillonnant projet de ferme chic et culturelle Ithaque (lire aussi la une de notre dossier) s'apprêtent à lancer dans quelques semaines Démocrite, le premier restaurant moléculaire* de Marrakech. Rencontre, en pleine pré-ouverture, avec  Bruno Viala, le chef qui crée la carte du restaurant.

 

Comment un chef français reconnu, consultant à succès, se retrouve
dans une ferme marocaine
à ouvrir un restaurant?

Brunio Viala: Avec Olivier [Dechaise, le chef exécutif du Démocrite], on se connaît depuis l'école. Quand on nous a parlé du projet Ithaque, on a tout de suite été séduits. Ici, on fait plus qu'ouvrir un nouveau restaurant. C'est un concept hors du temps, loin de tout ce que j'ai pu connaître avant. A Ithaque, on met en avant le bien-être, l'éducation, la culture. Par exemple, tous les membres du personnel auront sur leur temps de travail une heure pour se cultiver dans la bibliothèque sur un autre thème que la cuisine. Ils passeront régulièrement des examens dans ce domaine qui conditionneront leurs augmentations. Ici, ils travailleront au milieu des artistes, pourront s'ouvrir à plein de choses.

 

Vous allez aussi leur apprendre
la cuisine moléculaire?

Oui, c'est la première fois qu'on préparera ce type de cuisine ici. Ça va nous permettre de former les gens et de susciter l'envie. Pour l'instant, il nous manque encore du matériel, qu'on va faire venir de France. Mais petit à petit la carte se met au point.

 

Une carte très parisienne?

Absolument pas. Bien au contraire. D'abord, on va s'appuyer sur les saveurs marocaines, les épices notamment, mais aussi certaines plantes aromatiques, qui donnent à la cuisine d'ici sa saveur. On utilisera également le pain, qui est d'une qualité extraordinaire dans ce pays. Mais surtout, on n'utilisera que des produits qui poussent à moins de 200 kilomètres du resto. Tomates, poivrons, navets, fleurs d'artichaut... Ce sont les fruits et les légumes du Maroc qu'on va cuisiner, avec une approche moléculaire. Pour les obtenir, on a salarié les paysans qui travaillent autour du site, pour qu'ils vivent de leurs terres et qu'on ralentisse l'exode rural. Leurs productions nous serviront à cuisiner. L'excédent sera donné aux voisins. Idem pour l'eau, qui sera redistribuée à ceux qui en ont besoin, tout autour d'Ithaque. Démocrite, c'est plus qu'un resto. C'est un rayon de soleil.

 

 


tous fous de couscous

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«On s'en régale depuis des lustres et sa popularité ne faiblit pas: cette pâte émiettée arrosée d'un bouillon reste le deuxième plat préféré des Français après... la blanquette de veau !» La journaliste gastronomique Sophie Brissaud, auteur de Tout couscous (éd. Minerva), entraîne son lecteur loin de Marrakech, foyer de cuisine aristocratique où les légumes sont disposés bien droit autour d'une semoule mouillée par le jus de la viande. Son couscous, elle le préfère «plus populaire et convivial, comme on le trouve du Maghreb au Proche-Orient, en passant par le Sahel, la Sicile ou la France». De tous, le plus surprenant est sans doute celui que prépare Frédérick Grasser-Hermé, ex-femme du célèbre pâtissier Hermé et cuisinière arty connue pour cuire ses aliments au lave-vaisselle ou concocter des plats au Coca-Cola. La semoule est remplacée par de la mie de pain séchée finement mixée, aspergée d'huile d'olive via un atomiseur et cuite à la vapeur. Versée dans un plat et beurrée en mélangeant pour l'alléger, cette semoule de mie de pain s'accompagne, par exemple, d'un bouillon et d'un poulet rôti au citron confit. Sophie Brissaud le trouve «étonnamment doux, tendre et moelleux», mais quitte à sortir des sentiers battus, elle lui préfère le couscous d'orge, «plus ferme» et très populaire dans le Sud marocain.

 

Stéphane Leblanc

 

 

 
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