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12/02/2009

Paul Ackermann


1302-MAG-CUL1.jpgPaul Ackermann (pour lire son blog cliquez ici) a fouillé la pop culture et les travaux de spécialistes pour déshabiller l’homme moderne. Libéré de la culpabilité post-1968 et fier d’exhiber sa virilité, ce nouveau mâle serait aussi un super coup.

L’homme moderne est-il meilleur amant que son père ou que son grand-père?

Sans doute, oui. Les mecs de notre génération n’ont plus honte de leur virilité. Comme il n’y a plus de différence entre hommes et femmes au travail, ils cherchent à la montrer autrement. C’est le retour de la moustache, de la cravate... Et cette masculinité affirmée améliore leur fonctionnement sexuel.

Plus virils, mais
moins à l’écoute?


Pas forcément. Ils ne renient pas leur part féminine, découverte par la génération « métrosexuelle ». Mais ils sont moins torturés. Pour reprendre les paroles du sexologue Sylvain Mimoun, quand l’homme moderne a une panne, il prend du Viagra plutôt que d’en débattre des heures avec sa femme.

Les femmes aiment-elles
ce changement?

Beaucoup d’entre elles en avaient marre de jouer le mâle, elles voulaient de vrais mecs. Après l’émancipation des femmes depuis 1968, c’est au tour des hommes de se libérer, de s’affirmer. Le couple moderne fonctionne sur la différenciation. Les sexologues s’accordent sur ce point : plus d’altérité, plus de différences dans le jeu sexuel font que ça marche mieux.

Auteur de Masculins
singuliers (éd. Robert Laffont)
et responsable du participatif
à 20minutes.fr

Recueilli par L. B.

À pigalle, Le chaud continue

Il y a peu, on l’appelait le Petit Hardeur de Pigalle, du nom du livre qu’il a publié (Editions Ragage). Aujourd’hui, il pourrait être le Petit Fan de Pigalle. Mais c’est son nouveau surnom de « Monsieur Pigalle » qui plaît le plus à Philippe Cochinard. Acteur dans les théâtres érotiques du quartier rouge pendant quinze ans, il s’est ensuite chargé de la communication d’un énorme sex-shop parisien. « J’ai fini par me dire que c’était la com du quartier tout entier que je voulais faire. » Ainsi est née tvpigalle.com.  A travers des fictions sexy et rigolotes et des reportages tous publics, sa Web TV donnera, dès début mars, un aperçu fidèle de ce quartier.

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Vers 19 h, deux mondes se croisent
« Vous pouvez aller au fin fond du Texas, vous trouverez des gens qui connaissent Pigalle. Mais beaucoup en ont une idée fausse. Ils se disent que c’est dangereux, qu’on s’y fait voler son portable. Pour moi, Pigalle est un club échangiste, où toutes les catégories sociales se rencontrent. On peut y aller un vendredi soir et s’amuser comme jamais, puis y retourner le vendredi d’après et s’y ennuyer ferme, voire même s’y faire piquer sa femme. » Philippe Cochinard, lui, ne s’y ennuie jamais. Il a rencontré les 500 commerçants qui y travaillent pour les référencer. « Il y a plus de 4 000 personnes qui y bossent. Perdez-vous dans le quartier à 19 h. Vous verrez le monde du jour qui plie boutique et celui de la nuit qui prend vie. Si Pigalle, c’est Vegas, un endroit qui ne dort jamais, c’est grâce à tous ces travailleurs. » Et si demain, ils font le tour du Web, ce sera grâce à ­TV Pigalle et aux investisseurs qui pourront aider « le Petit Hardeur » à pérenniser ce site. « J’ai besoin de 10 000 € pour continuer l’aventure. » Avis aux amoureux du quartier de l’amour.



L’Embuscade
« Une vraie rhumerie du Cap-Vert en plein Pigalle. Surprenant ! »
47, rue de La Rochefoucauld.

La Fourmi « Un bar où le quartier d’Abbesses rencontre Pigalle.
On y croise aussi bien des artistes que
des ouvriers ou des stripteaseuses. »
74, rue des Martyrs.

Le Moon City « Ce sauna échangiste, c’est Bollywood en plein Paris. Le patron a apporté des tonnes de décors indiens. »
34, boulevard de Clichy.

Le musée de l’Erotisme « Ses 2 500 objets autour du sexe valent le détour. C’est fou que l’Etat ne subventionne pas ce haut lieu du patrimoine.»
72, boulevard de Clichy.

Retrouvez toutes les adresses du quartier sur TV Pigalle.

Laurent Bainier

Sexlection de cadeaux pour la saint-valentin

Right position to have power off function.jpgSi vous êtes plus du genre cupide que Cupidon, la perspective de vous saigner pour offrir demain un joli cadeau de Saint-Valentin vous effraie sans doute. Heureusement, le 2.0 et toute l’industrie du loisir pour adultes pensent à vous. Cette année, offrez un cadeau sexy à votre moitié : c’est pas cher et ça fait toujours plaisir

Vous alliez lui passer une bague au doigt ? Pourquoi ne pas lui glisser plutôt un anneau sur le sexe. Le Sex Counter (14,90 €, passagedudesir.fr) s’enfile comme un cockring et enregistre le nombre d’allers et venues pendant le coït. Les bons comptes font souvent les bons amants.

En 2008, vous lui aviez payé un verre dans un bar branché ? Cette année, restez chez vous et profitez des Happy Hour, un pack de préservatifs aux parfums subtilement markétés : milkshake banane, diabolo menthe, grenadine ou chocolat frappé (Manix, 7,50 €). Et si vous avez encore le gosier sec, enchaînez avec le lubrifiant Pina Colada (Durex, 7,40  €).

Vous comptiez errer en boîte à la recherche de l’âme soeur, histoire de préparer la Saint-Valentin 2010 ? Optez pour un Tenga, un boîtier masturbateur pour homme high-tech (14,90 € sur passagedudesir.fr) ou pour Sasi, le premier vibromasseur intelligent. Il apprend à connaître votre corps de femme pour mieux le combler. Votre nouvel amant coûte 119 € mais à la prochaine Saint-Valentin, vous pourrez vous contenter de lui offrir des piles. Alors, heureuse ?

L.B.

05/02/2009

Un vanity branché

Avant de partir en week-end, vous avez le droit d’oublier votre après-solaire ou votre grand-mère, mais surtout pas vos piles. Mieux vaut être au courant, la tendance actuelle dans le monde des cosmétos est à l’électrique. Fin 2008, Givenchy, Lancôme et Dior avaient mis sur le marché leurs mascaras vibrants. C’est à présent aux disques nettoyants de kiffer la vibe.

Une batterie d’outils

Neutrogena a sorti cette semaine le Wave (14,50 €), un nettoyant visage vibrant. Sa coque girly cache un petit moteur qui transforme les disques nettoyants en ponceuse de derme ultra-douce. La tremblante du coton pourrait s’abattre sur le troupeau des branchées qui ont déjà adopté avec enthousiasme toute la gamme des appareils électriques pour salle de bain. Brosse à dent, sauna facial, recourbeur de cil chauffant, nettoie-pores... De quoi faire le bonheur d’EDF et trouver un usage féminin à la prise miroir de la salle de bain.

Mais en matière de truc qu’on plug, qui fait mal et dont on ne peut se passer, le must reste l’épilateur. Le mois prochain, Calor sortira le nouveau Fresh Extreme Platinium (99,49 €). « Un flux d’air frais deux fois plus puissant pour un apaisement renforcé et instantané », promet la plaquette. En gros, ça mange les poils et ça souffle sur les bobos. Pour encore plus de plaisir, vous pouvez enfin vous tourner vers le rouge à lèvre (8,55 €) ou le blush (13,20 € chez le discounteur sexyprive.com) vibrants. Inutile pour se repoudrer le nez mais quand même très bon pour le teint.

Laurent Bainier

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Ses robots vont conquérir les toiles

Il aurait pu la passer sur le dancefloor ou en soirées étudiantes. Mais sa vingtième année, comme les deux précédentes, Vincent Thiberville la consacrera à son sixième bébé, Handibot, dont la naissance est prévue en juin. En 2007, encore lycéen, ce jeune Francilien échange quelques mails avec Francis Simon, un artiste gersois atteint de polyarthrite. Sur un forum consacré à la robotique, il découvre l’appel de Francis Simon, frustré de ne pouvoir continuer à peindre à cause de sa pathologie. Comme il se doit, entre un fan de nouvelles technos et un peintre, le contact passe d’abord par la Toile. « A l’époque, je faisais des robots pour mon plaisir et quand les gens me demandaient à quoi ça servait, je leur répondais "A rien"», se souvient Vincent.

Manette pour Manet

En un été, il invente quatre engins, les Thiberpaint, capable de se promener sur une surface en la constellant de peinture de leurs bras automatisés. « Ils se déplaçaient de manière aléatoire. En étudiant leur fonctionnement, Francis a pu prédire leurs mouvements et produire des œuvres abstraites. »

Mais très vite, l’artiste veut revenir au figuratif et Vincent retourne à son bureau. Cette fois, il imagine une bête capable de répondre au poil de pinceau près aux demandes de son utilisateur. « Il fallait une télécommande simplifiée, pour que Francis puisse s’en servir malgré son handicap. J’ai inventé quelque chose qui ressemblait à une manette de Wii et permettait de contrôler ce cinquième robot. » Pour leur première rencontre, Vincent se déplace pour présenter sa créature au peintre, emballé. « Pendant plus d’un an, nous n’avions communiqué que par mail. J’avais envoyé les robots par la poste. C’était émouvant de pouvoir enfin le voir. » Mais le sage étudiant en école d’ingénieur a déjà l’esprit ailleurs. Conscient que ses machines pourraient aider n’importe quel handicapé à s’exprimer par la peinture, il décide de passer à la phase industrielle. « Au début, je me suis lancé par passion des robots. Mais très vite, c’est le partage avec les handicapés qui est devenu le plus important. On fait beaucoup de choses pour qu’ils survivent. Moi, je veux développer un robot qui leur donne envie de vivre, de se lever le matin avec le sourire parce qu’ils savent qu’ils vont peindre. »

Une première bourse offerte par le site communautaire Dreamshake.com lui permet de lancer la réalisation du prototype et de rencontrer des partenaires. Designers, mécanos, informaticiens... En tout sept personnes embarquent dans l’aventure. Prochaine étape : lever 35 000 € pour finaliser le proto et lancer la production en série. Puis démarcher les centres pour handicapés dans toute la France, avant de conquérir le monde ou d’inventer d’autres robots. « J’ai déjà plein d’autres projets en tête ». On s’en doutait.

Laurent Bainier

29/01/2009

Les vieux sont les nouveaux jeunes

Qui joue à la Wii, drague comme un cochon sur Internet, milite dans des assoces écolos et parcourt le monde en camping-car ? Un jeune dreadu ? Non, un vieux. Oubliez les farandoles de déambulateurs et les parties de bingo avec Derrick en bruit de fond. En 2009, les seniors sont les nouveaux cool. Après avoir enjambé les barricades, connu les trente glorieuses et pris quelques cheveux gris pendant la crise, les 60-74 ans ont inventé la « papy boum ».

« Cette génération qui a connu Mai 68, se réconcilie avec la société de consommation, commente Yohan Gicquel, professeur à Sup de Pub et auteur du Marketing des Seniors (éd. Le génie du glacier). Ils ont toutes leurs facultés physiques et veulent se faire plaisir. En marketing, on les appelle les “libérés” ».

 

Papy nouveau

Les marques, qui ont compris que les mamies à sac étaient aussi des mamies à porte-monnaie, ont commencé à leur faire de l’œil au début des années 2000. Et tout le monde leur a emboîté le pas. « Ils disposent d’une chose magique : le temps », rappelle Liliane Capelle, adjointe au maire de Paris chargée des 420 000 seniors de la capitale. Sous son impulsion, la délégation aux personnes âgées a pris un coup de jeune. « On a dépoussiéré les clubs. On continue à faire du crochet, parce que certains nous en demandent, mais on a développé de nouvelles activités, comme le jeu vidéo. » De quoi dérider les plus âgés et changer le regard des jeunes. « Arrêtons de penser que les seniors ont juste des besoins, continue-t-elle. Ils ont aussi beaucoup à donner. Il faut casser le côté « compassion » dans notre façon de les voir ».

Et surtout, ne jamais leur dire qu’ils sont vieux. « Quand Nintendo a sorti son Programme d’entraînement cérébral du Dr Kawashima, la cible senior était visée. Mais le discours devait s’adapter. On ne leur proposait pas de lutter contre la perte de leurs facultés, mais plutôt de les développer grâce aux jeux », assure Yohan Gicquel. Et l’argument a fait mouche. La DS et, plus tard la Wii, ont séduit les « libérés », qui veulent partager un peu plus avec leurs petits-enfants que des discours d’ex-bab. « Mon petit-fils et moi, on est fans de films d’horreur, témoigne Jean-Clau­de, 66 ans. Quand on regarde un Romero tous les deux, je n’ai pas l’impression qu’il me voit comme un papy ! »

 

Pour ces sexagénaires, qui sont passés du statut de vieux travailleurs à celui de jeunes retraités en un pot de départ, la vieillesse est une nouvelle adolescence. « L’individu n’est pas un yaourt, il n’y a pas de date de péremption, assène Serge Guérin, sociologue auteur de Vive les vieux et de La Société des séniors aux éditions Michalon. Les boobos, ces boomers bohème qui ont connu l’explosion démographique et la libéralisation des mœurs, abordent leur retraite comme le temps des possibles. Ils vivent une nouvelle vie. Ce n’est pas un hasard si le taux de divorcialité des seniors a été multiplié par deux en dix ans. » Les boobos eux-mêmes devraient se multiplier, sous l’effet des courbes démographiques. « Les futurs vieux auront été marqués par 68. Mais ils auront peut-être moins de revenus, notamment car ils ont connu des périodes de chômage pendant les crises. » Si en plus d’être cool, les nouveaux vieux sont fauchés, ils n’auront plus rien à envier aux jeunes.

Laurent Bainier

22/01/2009

Barcelone cool le reste de l'Europe

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Mercredi, 13 heures. Le mois de janvier a semé sa grisaille sur toute l'Europe, mais à Barcelone des hordes de modeux se grisent dans les travées du Fira, le centre d'expo géant situé en plein coeur de la ville. Le Bread and Butter (BB), le salon international du streetwear, débute sous un ciel de rêve.  Les nuages ont été refoulés à l'entrée. N'ont été admis que quelques milliers d'acteurs du monde de la mode, hyper sapés et tout sourire. Le secret des radieux ? Ils passent cette journée dans l'une des villes les plus cool du vieux continent. Il y a encore trois ans, le BB se tenait à Berlin. Depuis 2005, il a élu domicile au pays des tapas et beaucoup voient dans ce déménagement une des raisons de sa popularité. "C'est le meilleur endroit pour faire un salon, explique Lindsey Purple, responsable des ventes de la marque anglaise Cyberdog. Il y a du soleil et la ville est super agréable."
Il y a peu Londres, Paris ou Berlin regardaient la capitale catalane comme une  cousine un rien péquenot mais sympa. Les Barcelonais, connus pour leur coupe mulet tectonik, la nuque longue plongeant sur un t-shirt ultra-moulant, n'attiraient alors guère que les fans de foot, de l'art nouveau ou du soleil sur plage bétonnée. La donne a changé au début des années 2000. Le boom immobilier et économique qui a suivi l'obtention des jeux olympiques de 1992 a doté Barcelone d'infrastructures de première catégorie. Les hôtels grand luxe et design ont fleuri maintenant une politique de prix raisonnable et la clientèle d'affaires a accouru. Les nouveaux touristes n'ont pas traîné, eux non plus, drainés par les compagnies low-cost. Et les Barcelonais d'adoption ont dû apprendre à partager leurs places ensoleillées. "C'était plus sympa avant, on était entre nous, assure Tristan, Français exilé dans la ville de Gaudi depuis douze ans. Mais il y a eu l'Auberge espagnol (le film  de Cédric Klapisch qui se déroule à Barcelone) et tous les jeunes se sont dit que c'était un bon coin pour venir passer un an ou deux." "On va à Berlin pour faire la fête, à Londres pour faire du shopping, à Amsterdam pour se défoncer... On va à Barcelone, pour faire tout ça, d'un coup", renchérit Léa, une jeune Belge de passage pour la semaine.
Si les prix pratiqués dans les boutiques de la ville n'ont plus grand'chose à envier à ceux de nos shops, la fiesta barcelonaise, elle, reste une exception culturelle. Des party qui ne décollent vraiment qu' à trois heures, des boîtes où l'on rentre comme dans un moulin de la Mancha et un sens de la fête solidement ancré dans le corps bronzé des autochtones... La décontraction est le seul vrai dress-code à respecter.  "Vous connaissez beaucoup de coins où peut encore fumer dans une boîte", demande Léa, en grillant sa clope sur le dancefloor du Shoko, l'un des clubs à la mode du front de mer. Sur la terrasse, face à la Méditerranée, les moins frileux débattent en t-shirt du départ probable du BB vers d'autres cieux. Mais avec ou sans Bread and Butter, Barcelone a de beaux jours devant elle. Et ici, les beaux jours commencent en janvier.


Laurent Bainier

 
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