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12/03/2009

Super-groupes: le rockeur du XXIème sera mobile ou ne sera pas.

 

 

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Le super-groupe n’est pas forcément un groupe super ni un groupe avec le mot « super » dedans. Par exemple, Supertramp n’est pas du tout un super-groupe. Mongrel si, à tous les sens du terme. Jugez plutôt : Jon McClure (leader de Reverend and the Makers) à la baguette épaulé par la section originelle des Artic Monkeys. En prime, un cortège de rappeuses farouches et de rappeurs inspirés dont l’excellent Lowkey, d’origine irakienne. Pour son premier album, Better Than Heavy, la belle équipée musarde du rock au hip hop, empruntant les passerelles électro, pop ou même dancehall, sur des titres engagés et enragés, furieusement dansants. Super-groupe de l’année, Mongrel (« bâtard » en français) synthétise le meilleur de chacun de ses groupes.

 

Super pouvoirs et super vilains

Effet de la crise ou pas, le groupe de rock à l’ancienne (du genre : la bande de potes du lycée soudés à la vie à la mort) semble avoir vécu. Alors bien sûr, le concept de super-groupe ne date pas d’hier, mais depuis l’avènement du Gorillaz de Damon Albarn (voir ci-dessous), il a sérieusement été remis au goût du jour. On doit par exemple à The Last Shadow Puppets l’un des meilleurs albums de l’année dernière. Or, les membres du duo, Alex Turner et Miles Kane, étaient en réalité en cavale de leurs groupes respectifs, Artic Monkeys et The Rascals. Revenus dans leurs pénates, ils y ont livré des prestations décevantes. De fait, la naissance des super-groupes obéit souvent à l’envi pour un leader mégalo ou un side-man ombrageux d’aller voir ailleurs si le son n’est pas un peu plus rock. Sans jamais vraiment splitter, The Strokes a vu chacun de ses membres s’échapper de la maison-mère pour des projets parallèles. Même ostracisme passager pour deux membres de Franz Ferdinand. Pour expliquer son infidélité, le guitariste, Nick McCarthy explique : « Le son d’un groupe résulte de l’alchimie de ses composants. Si tu changes un élément, tout change et c’est passionnant d’expérimenter d’autres mélanges, ailleurs. »

 

Y a pas que le rock bordel

Les jazzmen ont coutume de jouer les uns avec les autres. Normal, la notion même de groupe de jazz n’existe pas vraiment et la hiérarchie entre le leader qui choisit ses sidemen est souvent très forte. Même chose en électro ou les DJ star s’entoure de chanteurs ou musiciens en fonction de leurs envies. Sous ses apparences de sport d’équipe, le rap cultive le featuring one-shot plutôt que les vrais super-groupes réunissant plusieurs stars du flow.

 

Benjamin Chapon

 

18:33 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, chapon

05/02/2009

Par delà le boulon et le mal

0602-MAG-CUL-robotlivre.jpgLa collection Robot, initiée par l’artiste Range Murata, compile des histoires à suivre d’un volume à l’autre. Deux tomes luxueux sont parus chez nous (Glénat), et déjà dix au Japon. Forcément inégales, les planches ont le mérite de donner un écrin à la hauteur de leur talent à des mangakas habituellement confinés dans les petits formats noir et blanc : Mami Itou, Yu Kinutani, Makoto Kobayashi… Pour être franc, de Robot (le thème « obligé ») il n’est question que de manière très détournée. La crème des créateurs graphiques japonais tourne le dos aux androïdes tout de boulons et de ferraille. Les robots, comme vous et moi, sont des êtres de chair et de sang (de synthèse) qui ont des doutes, des désirs et des monstres intersidéraux à combattre. Que la nature robotique ne soit plus un sujet en soi ancre la théorie chère à Mamoru Oshii et Philip K. Dick : les humains sont des robots comme tout le monde. À partir de là, des auteurs, comme Shin Nagasawa, utilisent les robots pour revivifier des contes fantastiques traditionnels. D’autres pour épicer leurs récits coquins. Robots multi-fonctions.

Benjamin Chapon

29/01/2009

La BD pour mémé

 

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S’il reste bien un domaine dans lequel nos chers ancêtres (les gaulois) ne sont définitivement pas à la page, c’est bien la bande dessinée. Mamy continue à voir en Tintin le gendre idéal et Papy fantasme sur la Schtroumpfette. Bon, les aïeuls… Pas de panique, le 2.0 cause votre langage et établit une correspondance entre vos héros d’hier (et d’avant-hier) et ceux de vos petits-enfants.

Première chose : aux yeux des plus jeunes, la BD franco-belge est morte. Seuls comptent les mangas. Star parmi les stars, Naruto est le nouveau Bibi Fricotin. Ninja en herbe, le petit rouquin tatanne les méchants à tout va pour devenir le héros de son village. L’espiègle Bibi, lui, accroche des casseroles à la queue des chiens et met des pétards dans les crottes de chien. En 2009, pour attirer l’attention, Ninja wanabe, ça le fait mieux que la méthode petit con. Bibi Fricotin a quand même pour lui d’avoir joué la carte diversité 80 ans avant Barack puisque son fidèle bras droit, Razibus Zouzou, est originaire du Congo : garanti sans clichés…3001-MAG-NARUTO.jpg

Autre best-seller du moment, Sakura ringardise Bécassine. La magicienne jeune et sexy est aussi maline et fashionista que la bonne Bretonne est sotte et mal fagotée. Même si les ayants-droits de Bécassine (et Chantal Goya) ont essayé de nous faire croire que cette pathétique parodie de la vie en Province était branchée. Après, si vous ne pouvez pas vous passer de beurre salé…

Mais le héros de manga le plus passionnant de ces dernières années est sans doute Light Yagami, personnage central de la série Death Note. A l’instar, du jeune Benoît Brisefer, cet ado est un faux gentil que sa condition de super-héros-malgré-lui condamne à la solitude, l’aigreur puis la méchanceté. Light Yagami peut (et doit, c’est un peu long à expliquer…) donner la mort à qui il veut en inscrivant son nom sur un carnet magique. Benoît Brisefer, benêt écolo-responsable et amoureux des animaux, maîtrise mal sa force surhumaine et passe son temps à casser les jouets des enfants avec qui il veut s’amuser, par maladresse. Mauvais karma, Benoît.

Pour en finir, on peut conseiller aux adeptes du Sapeur Camember, flic débile, de délaisser la préhistoire du 9ème art et d’essayer la série Bleach. Ou encore, aux fans des Pieds Nickelés d’expérimenter une autre bande de loustics en marge de la société, 20th Century Boys. Les périls millénaristes (sectes, dérèglements biologiques, désespoir…) remplacent la critique des maux giscardiens (ringardise généralisée, élites ,

Benjamin Chapon (featuring Ulla Majoube et Olivier Mimran)

09/01/2009

Les résignations du Résolu

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Tout juste remis (ou pas) de la fatidique triplette de janvier, cuite-gastro-rhume, le Résolu 2009 jette enfin un œil circonspect à ses cadeaux de noël. Il se réjouit d’avoir maintenant en triple exemplaire l’intégral Millenium et le dernier Le Clézio (« Oui Mamie, moi aussi j’avais entendu parler de L’élégance du hérisson, c’est gentil. ») Il se félicite de devoir ranger les encombrants CD de musiques qu’il connaît depuis des lustres, de Moriarty à Alain Souchon (« Tonton, je vais te montrer un truc, ça s’appelle Deezer. ») Il ne sait même plus où il a fichu le DVD de Bienvenue chez les Ch’tis. (« Mais non Maman, je fais pas mon intello… Allez, ressert moi donc un peu de dinde. »)
Le Résolu n’a donc rien de neuf à se mettre sous les yeux ni dans les oreilles. Heureusement, 2.0 lui a concocté une sélection de baumes apaisants pour ses neurones endoloris.


Livres. Attention, la lecture fait mal à la tête. Ce n’est pas le moment de vous mettre au dernier Thomas Pynchon qui traîne sur votre table de nuit depuis deux mois. Par contre, le faux guide de voyage Viva San Sombrero (successeur de l’hilarant Molvanie) vous guérira pour longtemps de votre envie de soleil prématurée en alignant avec une mauvaise foi irrésistible les clichés les plus éculés sur l’Amérique centrale . Sinon, il y aussi les bon petits polars. (voir ci-dessous)


•    Disques. On évitera à tout pris le rock tsigane du turbulent Goran Bregovic. Mais attention à ne pas tomber non plus dans le lounge déprimant. Seul un bon vieux blues convient à ses heures poisseuses où l’on traîne sa misère en robe de chambre. Et là, miracle, un petit Français sort du bois : Sammy Decoster. Une voix râpeuse à souhait, des textes plus cradingues qu’un lendemain de réveillon…


•    DVD. La comédie que tout le monde a raté à sa sortie est éditée en DVD, hourra. On doit La personne aux deux personnes aux créateurs des mythiques Messages à Caractère Informatif (diffusés sur Canal+). Côté séries, les intégrales total anxiogène de 24 ou de Lost sont à proscrire. Mieux vaut suivre les modérément trépidantes enquêtes de Jessica Fletcher dans la saison 9 d’Arabesque, géniale série disparue des écrans (à l’exception notable de TV Breizh). À savourer en trempant son spéculoos dans une tisane de thym tiède.

 

Benjamin Chapon

04/12/2008

De la musique Caen même

Orel San ne le sait pas encore, mais il vient d’inventer quelque chose de grand, un rap qui lorgne sans faux-semblants sur le malheur, la crasse et le malaise. Une grosse torgnole là où ça fait mal, dans l’ego, pas dans les couilles mais dans les souvenirs merdeux refoulés. Le jeune caennais de 26 ans sort son premier album dans deux mois, mais les vidéos de ces titres Saint Valentin ou Sale P*te sont des must-see sur YouTube depuis plusieurs mois. On y découvre un pauvre type plutôt grossier qui raconte des horreurs sur les femmes sur des beats ringards. «J’ai une semi-frustration parce que les gens ne connaissent que les anciens titres, que j’ai composé il y a trois ans», raconte Orel San. Sur un titre encore inédit, il chante: «C’est pas en insultant les meufs dans mes refrains que je deviendrai quelqu’un mais j’aime bien.» Et voilà le paradoxe Orel san posé. Un jeune provincial pétri de stress et d’inhibition qui «maquille la peur en plaisantant» et «crois que le bonheur c’est d’être autiste». Sans avoir jamais mis un pépin à Caen, on devine une ville de merde. Orel san, pourtant, dit s’y sentir bien, avec ses potes. L’adolescence pourrie qu’il raconte dans ses chansons, où "une bonne soirée, c’est une soirée dont j’ai aucun souvenir», n’a rien à voir avec le climat. C’est la force d’Orel San, il raconte une jeunesse foutue qui s’emmerde et culpabilise de sa banalité: «J’ai peur d’être normal d’être moyen, ni trop mal ni trop bien.»


La peur des filles trop sûres d’elles, les videurs de boîtes qui ne tolèrent pas les Nike Air, les heures passés la game boy dans une main un pétard dans l’autre, la solitude même avec ses potes… En somme ce que raconte Orel San n’a rien d’exceptionnel mais il y met une âme nue, une poésie simple, le tout sur fond de musiques et d’arrangements venus des tréfonds de notre discothèque honteuse : les années 1990. «C’est la période où on me foutait du rap dans les oreilles et j’étais influençable. J’ai pas assez de recul pour savoir si c’est de la bonne musique ou si c’est moi qui suis bousillé. C’est juste comme ça que je fais.»

Son dernier titre:

Changement [edited version]

Poseur inspiré, Orel San rappe depuis dix ans: «Avant, j’écoutais les Gun’s et Nirvana mais mes potes de basket m’ont dit que ça craignait, qu’il fallait que j’écoute du rap pour rester dans l’équipe… » Passé par la case instru, il accompagne son pote d’enfance Skred quand il travaille pour Diam’s et Booba. Puis il se décide à rapper ses propres textes. «Mes potes m’ont poussé à monter le truc parce qu’ils aimaient bien mon délire.» C’est grâce aux potes d’Orel San que l’on pourra bientôt entendre quelques punch-lines assassines comme: «Avant j’voulais construire ma vie avec mes beaux diplômes / Depuis j’ai vu 8 Mile et j’rêve d’habiter dans un mobil home.»


D’ici la sortie du disque, Orel San partage sa vie entre Caen et Paris, entre studio et écriture. Et un buzz qui va de plus en plus vite.« En même temps, ça s’accélère par rapport à rien du tout. Ma vie n’a pas changé… J’ai juste arrêté de travailler.»
Un peu gêné aux entournures quand on le questionne sur la dépression chronique qu’il décrit dans ses textes, il nous renvoie à une phrase de chanson: «Mon seul moyen d’expression, C’est de m’enfermer sur moi-même. » Mais tempère aussitôt: «Je parle de trucs que j’assumais pas du tout. Là, ça va mieux… Je maîtrise mieux mon univers.»

Retrouvez toute l'actu d'Orel San sur son blog ou sur son myspace

 

Benjamin Chapon

06/11/2008

La musicbox dans l'art du buzz

N’ayez pas l’air truffe lundi matin au boulot et renseignez-vous sur ze buzz du moment : musicbox. Une série qui sera diffusée sur internet avant un éventuel passage télé. Si quelques infos sont à glaner ici ou là pour les as de google, le magazine Volume dévoile en exclu quelques images de l’épisode-pilote. On y voit une bande de loosers en sous-pulls chamarrés. Selon la rumeur, il s’agirait d’apprentis stars qui développent leur misérable réseau social via MySpace en attendant de faire déferler leur génie ringard sur un monde ébahi.
Le démiurge derrière tout ça est à lui seul tout un poème puisqu’il s’agit du compositeur électro-branque Gonzales. Le musicien s’est attiré les services de Philippe Katerine et Teki Latex (pour lesquels il a officié en tant qu’arrangeur sur leurs albums), mais aussi Brian Molko (Placebo), Jarvis Cocker (Pulp) et Arielle Dombasle (euh…). Belle brochette sucrée-salée de tarés. Gonzales interpréterait un coach vocal un rien mégalo et burlesquement odieux.
L’entertainer canadien a décidemment plusieurs casseroles sur le feu. Que nous concocte le chef ? Un Olympia exceptionnel pour le 1er décembre avec le Together Ensemble et autres invités surprise. Pianiste émérite, Gonzales jouera les mains de Gainsbourg dans le fim de Joann Sfar. Au milieu de tout ça, Gonzales honore 20 Minutes en composant la mélodie de notre chœur de râleurs. Cette opération tout à fait (pas) sérieuse est une invention finlandaise : une chorale amateur chante les mille et une irritations qui leur pourrissent la vie. Une fois ce petit catalogue établi, ils en font une chanson enlevée et vont clamer leur plaintes en chœurs. Du temps pourri, à la baguette de pain passée à 1,10 euro, des voisins pénibles à la crise économique…
Si Gonzales fournit la musique, c’est vous qui faites le txet. Contribuez à l’appel de la râle sur 2point0.fr.


Benjamin Chapon

01/11/2008

Ecrivez les paroles de la prochaine chanson de Gonzales

Appel à contribution : Plaigniez-vous !

Il fait un temps pourri, la baguette de pain est passée à 1,10 euro, on va tous perdre notre boulot, mes chiottes sentent la pisse de chat et Zidane fait des pubs pour l’écologie… Bref, la vie est une garce. Ne restez pas les bras ballants, prenez votre plume et plaignez-vous ! Faut que ça sorte nom de nom!

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20 Minutes lance son choeur de râleurs. C’est vous qui composez les paroles et le musicien le plus gonzo du monde, le bien nommé Gonzales, composera pour nous une mélodie originale.

>>> Nous attendons avec une impatience mêlée d’appréhension vos contributions. Une seule règle: une phrase courte (moins de douze pieds) par plainte. À part ça, vous pouvez laisser libre cours à votre imagination de râleur.

Benjamin Chapon

 
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