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10/07/2009

La Suisse, l'autre pays des festivals

La Suisse n'est pas le désert musical que l'on croit. Mais les artistes helvétiques ont en général bien du mal à se faire un nom par delà les Alpes. Comme pour le gruyère ou le chocolat, le mieux est encore de venir les déguster à domicile dans leur jus. Le meilleur momen de l'année pour ça est bien évidemment l'été à la fraîche. C'est à cette saison que fleurissent des dizaines de festivals un peu partout en Suisse, dont deux des plus gros évènements musicaux en Europe, le Paléo festival de Nyon et le Montreux Jazz Festival.

 

 

Des festivals réputés

Le Paléo est le deuxième plus grand festival européen en plein air derrière le Sziget Festival de Budapest. Depuis quelques années, il se joue systématiquement à guichets fermés et verra défiler Ghinzu, Santigold, Placebo, TV on the Radio ou encore Franz Ferdinand. Le Montreux Jazz Festival existe lui depuis plus de quarante ans et, à l'instar du Nice Jazz Festival en France, ne reste pas cantonné à la scène jazz. Cette année, il accueille ainsi Prince, Black Eyed Peas, Lily Allen et Raphael Saadiq. Mythique à plus d'un titre, Montreux est célèbre pour une anecdote. Entre 1972 et 1992, le festival avait lieu dans le casino. Nouveau parce que l'ancien avait flambé en 1971 pendant un concert de Franck Zappa.... C'est cet évènement qui inspira Deep Purple, le tube Smoke on the water, sans doute l'une des meilleures chansons du monde.

Mais à part le chocolat et les incendies, qu'est-ce qui peut bien attirer en Suisse les festivaliers par milliers? Des têtes d'affiche programmées au sommet de leur gloire : le fameux sens du timing suisse. Montreux a ainsi accueilli Marvin Gaye en 1980, George Benson en 86 et Isaac Hayes en 2005. Ont défilé au Paléo, Alain Souchon en 79, Téléphone en 85, Noir Désir en 89... Et ces stars du rock, qu'est-ce qui les attire en Suisse? "L'accueil suisse est le meilleur du monde, s'enthousiasme Roro, roady en chef sur plusieurs tournées internationales. Ils ont des loges confortables, des cantines avec de vrais plats chauds et une super ambiance. Techqniquement, les ingénieurs son sont toujours impeccables. Alors qu'en Angleterre ou en espagne, ils sont déchirés dès la fin de l'après-midi." Et puis, les cachets suisses sont parfois deux fois plus importants qu'ailleurs en Europe...

Par Benjamin Chapon

02/07/2009

Dansez sur La Roux comme un hamster


Découvrez La Roux!

La Roux sera votre coach tonicité de l’été. Sa pop synthétique et sa voix de fausset gaillarde rythmeront les séances dance-training branchées.
Adorable rousse à la mèche surlaquée, La Roux a une passion dans la vie : les années 1980. Rappelez-vous, c’était bien avant le grunge mou de bulbe, la techno brise-nuque et même avant la dance qui fait suer. Les années 1980, c’était un son, une mode mais aussi une façon de danser qui raffermit les cuisses et fortifie le buste grâce à des mouvements amples et décomplexés, répétitifs et syncopés. Sur scène, La Roux enchaîne des mouvements qui font passer l’aérobic pour une sinécure.
Alors, prêts à enfiler vos combis intégrales fluos en lycra ? La Roux, elle, est sûre de son goût rétro, et assume même un amour pour le film Dirty dancing : « J’ai un peu honte mais je n’y peux rien ! » Plus largement, elle vénère toute la culture 1980 : « La musique de l’époque a été une épopée d’audace et de créativité. Le son des albums avait une qualité propre, on sent qu’ils appartenaient tous à un même élan. Ça a été une décennie très productive, même si parfois on a le sentiment que les artistes et les producteurs prenaient un peu trop de cocaïne (rires). Cette musique me semble bien plus libre et expérimentale que la musique actuelle, bien trop lisse. »
Duo révélé il y a plusieurs mois avec son tube Quicksand, La Roux est en fait un duo, composé de la chanteuse Elly Jackson et du producteur et musicien, Ben Langmaid. Après quatre ans de travail en commun et de concerts londoniens, leur premier album, La Roux, est une mine de tubes. Absolument indispensable.

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Par Benjamin Chapon et Sandrine Cochard

25/06/2009

Ebony Bones : "Un truc un peu mystique"...

D'abord actrice, sous le nom d'Ebony Thomas, Ebony Bones bouscule sa carrière et sortira en Juin son premier album Bone of my Bones, l'occasion pour elle de faire la tournée des festivals de l'été. Rencontre.

Après les Transmusicales de Rennes cet hiver et le Printemps de Bourges en avril, vous serez à Calvi le week-end prochain. Vous semblez être une adepte des festivals ?
C’est vrai que j’adore ces ambiances parce que les spectateurs ont les oreilles bien ouvertes, il sont là pour découvrir. J’aime cette philosophie.

Votre périple vous emmènera des Etats-Unis au Japon en passant par le Portugal…

Je suis super heureuse de ça. L’enregistrement de l’album a été un enfer. J’étais très stressée parce que quand on est entré en studio, il me manquait plusieurs chansons. J’avais un peu bluffé et j’ai du composer très vite. Ensuite, j’avais peur du mastering parce que je ne voulais pas qu’un mec vienne polluer mon travail avec sa production lourdingue. J’ai dû me battre pour que mes chansons gardent leur âme. Les gros studios ne font pas confiance aux femmes qui ont une vision artistique et qui savent tout faire.

Par machisme ?

Bien sûr. Ils se disent : « Houlà, il y a plein de boutons et de fils, elle va rien y comprendre la pauvre fille. » Depuis des mois, j’ai appris toute la technique pour pouvoir tout faire toute seule.

Vous avez quand même des musiciens en tournée…
Ça n’a rien à voir. Je les adore. Le groupe me ressemble : il y a un japonais, un brésilien, un kljsjoi, sdiucij, un kjsdcs… et moi, qui vient de Saturne !

Vous êtes réputé pour vos shows énergiques et visuellement inventifs. Qu’avez-vous prévu pour votre tournée mondiale des festivals d’été ?
Je fabrique moi-même mes costumes de scène. Et ceux que je prépare pour cet été seront carrément déments. Sinon, je pense inviter sur scène une chorale indienne, j’adore ces chanteurs qui sont presque en transe et sortent des sonorités de dingues. Tu vois ce que je veux dire ?

Non, pas vraiment. Ces chanteurs seront à Calvi ?

Oh je ne pense pas. En fait, je viens juste d’y penser. Mais je sais que ça va se faire. Je crois en la visualisation créative. C’est une technique mentale qui permet, par la force de l’esprit et de ses émotions, de réaliser ses rêves. C’est un truc un peu mystique.

Et ça vous permet d’éviter qu’il pleuve pendant l’un de vos concerts en plein air ?
Non, mais ça me permet de me rendre compte que tu te fous de ma gueule (rires). Avoir de la spiritualité signifie avoir du caractère. Je sais où je veux aller, ce que je veux faire éprouver aux gens qui viennent à mes concerts. C’est cette confiance en moi qui me permet d’intégrer tellement d’inspirations différentes dans ma musique sans jamais me perdre.

Album
La sortie du premier album d’Ebony Bones, Bones of my bones, a été repoussée à la mi-juillet. Il faudra donc encore un peu patienter pour découvrir le funk-rock explosif et coloré de la demoiselle.

 



Pistes à suivre

L’été 2009 sera l’occasion de suivre à la trace les Klaxons. Les apôtres de la nu-rave préparent pour la rentrée un second album dans une première mouture a été retoqué par leur major. Intrigant, non ? Peut-être les bruyants popeux oseront-ils nous présenter des versions censurées de leurs nouvelles compos... D’autres gamins délurés présenteront leur rock sans complexe, Passion Pit. L’occasion de voir si le buzz fond au soleil ou prend une ravissante couleur dorée. Dans un registre plus sombre, The Horrors devront démontrer que 2009 est bel etbien l’année du retour en force du shoegazing. Enfin, Sophie Hunger, avec un show déjà rôdé au premier semestre, trimbalera son folk mélancolique et électrique par-delà les frontières de sa suisse natale. Bonne route à tous.

 

18/06/2009

Ça colle et ça pue mais on emballe avec…

Le slow, c'est pas beau ! Ça dégouline de souvenirs honteux plus ou moins érotiques, ça rend con et ça n'est pas vraiment une danse. Et pourtant, le slow revient, à la faveur de la déferlante rétro 1980. Surfant sur la vague, les Omaha Bitch n'ont pas composé un slow mais The Slow : sublime complainte franglish teintée de références eighties, avec le solo de guitare électrique qui va bien. Quelque part entre the Wind of Change et Nothing Else Matter, The Slow sera le tube sexy et cheesy de l'été. Le titre est doté, en sus, d'un clip hilarant, parodie d'un D-Day où les GI débarquent pour asperger une armée de bimbos avec… du monoï. Comme un symbole, le slow de l'été est en fait une belle opération de com' pour l'huile de bronzage ringarde. A l'image du slow, le monoï, ça pue, ça colle et ça brille. "Banco Coco !" se sont exclamées les têtes chercheuses de l'agence d'advertainment Chainsaw, déjà responsable de l'hilarante campagne pour Bescherelle avec la fausse chanteuse analphabète, Marie-Myrtille.



Par Benjamin Chapon

Quand la pellicule prend le temps de se déployer à l’écran

Ils ne suivent pas le rythme des blockbusters pétaradants ou des teen-movies hilarants. Ils n’en demeurent pas moins passionnants. Best of, par genre, des meilleurs films les plus lents de l’histoire du cinéma.

Comédie : Playtime, de Jacques Tati (1967). Bien plus qu’une satire de la société de consommation et des loisirs de l’époque : un chef d’œuvre du burlesque, déroutant mais excitant, avec ses tours en verre et ses longs plans fixes qui accueillent une multitude de gags dans le même cadre

Science fiction : 2001, l’Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick (1968). Voyage initiatique, fable philosophique, drame spatio-temporel ? Le cinéaste britannique prétend juste avoir « essayé de créer une expérience visuelle qui contourne l'entendement pour pénétrer l'inconscient. »

Western : Il était une fois dans l’Ouest, de Sergio Leone (1968). Un hommage au western qui se transforme en chef d’œuvre du genre, en imposant la lenteur comme un élément de tragédie : les personnages prennent leur temps car ils savent qu’ils mourront tous avant la fin.

Guerre : Apocalypse now, de Francis Ford Coppola (1977). Le plus halluciné des films de guerre. Le plus hallucinant aussi. La version longue remontée en 2001, dite Redux, renforce la cohérence d’un film qui oscille en permanence entre crise mystique et crise de nerfs.

Animation : Mon Voisin Totoro, d’Hayao Miyazaki (1988). Le film culte de l’animation japonaise contribue à développer l’imagination des enfants : les Totoro du film n’apparaissent qu’à deux reprises, et plutôt brièvement, après s’être longtemps fait attendre.


Par Stéphane Leblanc

11/06/2009

Le Néo Fado, c'est pas nouveau

Combien sont-ils ces touristes épris de découvertes qui échouèrent dans une taverne à fado à écouter pendant des plombes des pleureuses en noir sans rien piper à l’émotion qui emplissait la salle dans une communion mystique ? Genre musical ultra-codé, et par conséquent ultra-chiant pour les néophytes, le fado est encore bien vivace au Portugal. Alors même qu’il faillit disparaître, il y a à peine vingt ans.

Blues à la portugaise
Au sortir de la dictature salazariste, le fado sentait salement la morue pas fraîche et la nouvelle génération d’alors lui préféra le parfum acidulé de la pop et du disco. Il fallut attendre les années 1990 pour que de jeunes artistes se réapproprient les codes de ce blues à la portugaise. On appelle ça le néo fado, et ça cartonne au Portugal. Si on compte une palanquée de divas à la Amalia Rodriguez qui perpétuent la tradition rance et se donnent des grands airs mélancoliques, une poignée d’artistes tente de moderniser le genre et jètent des ponts entre l’Alfama et le reste du monde.

Ana Moura, fado pop
Connue pour avoir chanté sur scène avec les Rolling Stones, Ana Moura détonne par la sensualité et la vitalité qu’elle imprime à ses fados. Par son aisance vocale et scénique, Ana Moura est peut-être la plus pop-star des chanteuses de fado actuel. Mais attention, pas question pour autant de sacrifier au sacro-saint accompagnement du fado : deux guitares, dont une dite « portugaise », en forme de poire et qui produit un son plus métallique.


Katia Guerreiro, l’urgence du cœur

La chanteuse, qui a grandi aux Açores, partage son temps entre la scène et l’hôpital d’Evora où elle est urgentiste. Très classique dans sa forme, son fado a la particularité de pas (trop) s’apitoyer sur le pauvre sort du narrateur mais de prendre en compte les déboires des petites gens. Katia Guerreiro ne dédaigne pas non plus à chanter quelques amourettes.


Mafalda Arnauth
Mafalda Arnauth est l’un des grands espoirs du fado moderne. D’abord parce qu’elle chante ses classiques à merveille mais surtout parce qu’elle ose quelques compos. Elle en profite pour varier les thèmes et s’essaye même à des chansons guillerettes.


Cristina Branco, la madone

La lisboète s’est taillée sa renommée grâce à un fado strict et intello. Son chant torturé à souhait et se sparoles composées par de spoètes contemporains ont charmé au-delà des aficionados du fados.Depuis quelques années, la belle Cristina Branco s’est un peu lâché et revendique l’influence blues de Billie Holiday

Par Benjamin Chapon

Pedro Costa, la liberté sur pellicule

Qu’importe le succès : les festivals se l’arrachent. Pedro Costa, 50 ans, est la tête de file d’une génération de cinéastes lisboètes qui préfèrent prendre le temps de filmer en toute liberté plutôt que de courir après le box office. Ces quinze dernières années, il a pris l’habitude de filmer le quotidien d’immigrés cap-verdiens des quartiers populaires de Lisbonne, « des gens très en marge, perdus, misérables et invisibles », dont il n’a de cesse de souligner « la force un peu désespérée ». Il vient de faire une infidélité à cette « communauté de gens qui sont devenus des amis » en tournant Ne Change rien, avec Jeanne Balibar, un film qu’ils présentaient au dernier festival de Cannes. Le réalisateur semble, comme à son habitude, avoir dilaté le temps : le tournage s’est déroulé sur plusieurs mois, tout semble avoir été filmé au cours d’une même journée. Elle ne «savait pas que Pedro Costa avait postulé pour venir à Cannes». Il n’était même pas prévu que ce superbe documentaire en noir et blanc consacré a son «second métier» de chanteuse «devienne un film». Mais une complicité est née au fil des répétitions et des concerts. Jeanne Balibar qui «admire le travail» du réalisateur portugais est maintenant «fière de faire partie de ses actrice ». Elle avait dit de même après avoir tourné avec Rivette.

 

 

Par Stéphane Leblanc

 
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