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05/06/2009

François Pinault, sérial art collectionneur

Le collectionneur est un humaniste. C’est Jean-Jacques Aillagon, directeur du château de Versailles et ex-ministre de la Culture, qui l’affirme. Par conséquent, son ex-patron et ami François Pinault est un grand humaniste. Le milliardaire, troisième fortune de France, est l’un des plus grands collectionneurs d’art contemporain. Lui préfère dire « amateur d’art ». Mais tous les amateurs d’art n’achètent pas les œuvres par centaines. Pinault, si. Et l’humanisme dans tout ça ? On y vient. Ce week-end, François Pinault ouvre, à grand renfort de champagne et de cicchetti (les tapas à la vénitienne), la Punta della Dogana, à Venise.

 

« Peu pratiques à installer chez soi »

Deux ans après la transformation du Palazzo Grassi (situé sur le Grand Canal) en centre d’art contemporain, l’homme d’affaires investit un deuxième lieu vénitien chargé d’histoire pour y installer une partie de sa collection. Comme la Pointe de la Douane est une sorte de Finistère vénitien, au large de la place Saint-Marc, François Pinault a eu le bon goût de placer à son extrêmité un drapeau breton rappelant ses origines. Ce qui n’a pas manqué de faire sourire le maire de la Sérénissime, venu en personne remercier François Pinault d’avoir investi 20 millions d’euros dans la restauration du bâtiment, abandonné depuis trente ans. « C’est un don généreux, et nous espérons que son exemple sera suivi », a déclaré l’édile. Le collectionneur a ensuite accepté, tête basse, une foule de compliments. « Ces œuvres, souvent très peu pratiques à installer chez soi, François Pinault ne les a pas acquises pour son propre plaisir, mais pour les installer un jour dans une telle institution », a plaidé Jean-Jacques Aillagon pour démontrer toute la générosité de Pinault. Le collectionneur lui-même refuse de parler de fierté à exposer ses acquisitions. « Je remplis aujourd’hui une mission, un défi que je m’étais fixé il y a longtemps, a-t-il expliqué. Le risque d’échec était grand, parce que l’enjeu était de taille. »

 

Mégalomanie

A propos de Venise, François Pinault parle d’une ville « orgueilleuse et fière », clin d’œil aux accusations de mégalomanie dont il fait l’objet, et se place dans la lignée des « grands mécènes vénitiens ». Que le bâtiment de la Pointe de la Douane soit, à l’origine, un bâtiment commercial du XVe siècle semble amuser cet esthète, qui a fondé sa richesse dans l’achat et la revente d’entreprises en péril. « Dans sa démarche, le collectionneur choisit non seulement d’acquérir des œuvres, mais désire également accompagner, autant que possible, les processus de création des artistes. Et, à ce titre, il prend lui aussi des risques et fait des choix, jusqu’à celui de partager ses passions et ses convictions avec le plus large public. » 

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Le tour du propriétaire avec l'expo "Mapping The Studio"

C’est une partie infime de la collection Pinault qui est exposée Pointe de la Douane pour l’exposition inaugurale du lieu. Confrontant notamment des toiles à peine sèches de 2009 à des œuvres déjà classiques des années 1970, « Mapping the Studio » laisse aux visiteurs le loisir d’apprécier les volumes du bâtiment restauré par l’architecte japonais Tadao Ando. « Mon travail a surtout consisté à détruire les modifications apportées aux lieux depuis quatre cents ans. Le bâtiment n’a jamais autant ressemblé à ce qu’il était lors de sa construction. » L’architecte fétiche de François Pinault a tout de même ajouté un gigantesque cube de béton au milieu du triangle que forment les bâtisses. Les murs gris de cette folle salle carrée tranchent avec les antiques briquettes rouges et les poutres en bois.

 

Artistes chouchous

Les toiles gigantesques de Sigmar Polke ou les cent cubes en résine de Rachel White-Read sont deux exemples marquants et réussis du bon emploi des salles toutes en longueur. Tout comme la vingtaine de maquettes translucides et colorées créées par Mike Kelley, placées dans une apaisante salle noire. Sur les 5 000 m2 du lieu, on retrouve bien sûr les artistes chouchous du collectionneur Pinault : de grands noms, comme Cindy Sherman ou Jeff Koons, mais aussi l’Italien Maurizio Cattelan, ou le Chinois Huang Yong Ping.

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Untitled 2007, de l'artiste italien Maurizio Cattelan

A Venise, Benjamin Chapon

03/06/2009

Invader, son univers artistique

2905-MAG-logo$oune.jpgQui mieux qu'Invader pouvait souffler pour nous la première bougie de notre cahier hebdo? Il vit la nuit, ne s'épanouit que dans un milieu urbain et envahit les rues. pour notre numéro anniversaire, nous lui avons donc ouvert nos pages, qu'il a envahies jusqu'ai dernier recoin.

Rencontre avec l'artiste, qui nous parle de ce qui l'inspire et le nourrit...

 

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Quand tu ne contemples pas l’une de tes œuvres, que regardes-tu ?
Je regarde le reste du monde. Tout t’inspire, en tant qu’artiste. Les grands créateurs sont ceux qui ont su témoigner de leur époque. Prenez Stanley Kubrick, par exemple. Il a marqué les années 1970 avec un film comme Orange mécanique. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il fait à la fois un cinéma profond et qui plaît au grand public. En plus, il a su rester indépendant.

Le cinéma tient une part importante dans ta vie ?
Oui, je mate beaucoup de DVD. Chez mon loueur fétiche, dans le 11e arrondissement (Paris), on croirait entrer chez Tarantino avant son premier succès, quand il bossait encore dans un vidéo-club. Comme beaucoup de monde, je suis aussi tombé accro aux séries. C’est le grand cinéma des années 2000.

Tu télécharges illégalement ?
Oui, plutôt pas mal. Mais ça ne me donne pas mauvaise conscience. Il ne faut pas le voir comme quelque chose de nuisible pour les artistes, mais plutôt pour les majors, qui s’en mettaient plein les poches. C’est une époque un peu dure car c’est l’écroulement d’un système, mais ça va remettre les choses en place.

En modifiant le modèle économique de la création ?
Peut-être. Un artiste pourra proposer son disque en téléchargement direct aux internautes, pour un prix très faible. Tout le monde sera gagnant.

Toi, tu écoutes beaucoup de musique ?
Beaucoup. Et des styles très différents. Je trouve que la musique est très importante dans la vie des gens. Elle est constamment présente. « Top Ten », ma prochaine expo à New York traite d’ailleurs du sujet, puisque je reproduis avec des Rubik’s Cube les grandes pochettes de l’histoire des 33 tours. Ça va des Beatles aux Daft Punk en passant par AC/DC...

Nostalgique ?
L’univers des pochettes de disque a marqué l’inconscient collectif. Elles font partie de l’histoire, au même titre que la musique. Donc, oui, je suis peut-être nostalgique, car avec les MP3, cela n’existe plus.

Et les jeux vidéo avec des Space Invaders, ça n’existe plus non plus ?
C’est dommage. A l’époque, je trouvais les jeux beaucoup plus inventifs, alors qu’aujourd’hui, ils ne font qu’imiter la réalité. On joue au foot, on pilote un avion avec des effets extraordinaires. On dirait que la technologie est devenue si puissante qu’elle a tué l’imagination.

 

Propos recueillis par Laurent Bainier

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Son programme

« Je viens de terminer un film avec Extermitent, un collectif de vidéastes très présents sur le Net. »

« En juillet, j’expose à la galerie Jonathan LeVine à New York,et à la galerie Lazarides à Londres, en septembre. »

« Et dès que j’ai du temps, je lis Particules, journal d’art indépendant et gratuit. »

 

 

 


 

06/05/2009

Bruxelles By Night

Il n’y a pas qu’à Berlin où l’on s’extasie tout un week-end sur des beats techno. Sous ses faux airs de ville sage, Bruxelles s’impose depuis une grosse décennie comme une des places incontournable du clubbing européen. Voici le parcours du parfait noctambule…

 

Before : « Pour y faire son marché »

Dans la capitale belge, tout le monde se connaît. Résultat, à l’heure de l’apéro, mieux vaut bien choisir son spot pour dénicher entre deux tournées la teuf de la nuit. Deux établissements font office de QG pour la jeunesse hype bruxelloise.

Le Bar du marché Situé place Flagey, dans la commune d’Ixelles, ce nouveau lieu s’est imposé comme le repère des artistes, bobos et branchés de la ville. Une source à bons plans et jolies filles…

 

Le Café des Halles Niché en plein cœur du quartier de la Bourse, cet ancien marché couvert a été transformé en énorme salle des fêtes design. Au menu : expositions, piano, chaises longues et grande terrasse, le tout bercé par de la vraie bonne musique.

 

Boîtes : « Culture Club »

Question danse, les Belges ont carrément la frite. Loin des mondanités parisiennes, les fêtards de la capitale se lâchent sur le dancefloor, bière à la main, paille dans le nez et pilules dans l’estomac.

 

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Le Fuse « Depuis quinze ans, c’est le club mythique de Bruxelles, les gens y vont pour le son pointu. La faune est hardcore et tous les meilleurs Dj’s électro y passent », résume fidèlement Hélène, bombe atomique de 21 ans. Tout est dit mon kiki.

 

Le Mirano Un poil plus chicos que le Fuse, ce club fait aussi partie des institutions de la ville. Doté d’une capacité de 2 000 personnes, le Mirano possède un sound-system dantesque qui accueille chaque week-end la trempe des pousseurs de disques.

 

Le Botanique C’est probablement le spot le plus surprenant pour faire la java. Véritable jardin botanique la journée, le « Bota » a accueilli le week-end dernier des soirées aussi folles que la « Freaks & Geeks », réputée pour son ambiance booty ou les 10 ans du Progrès, la fiesta du PS local.

 

Le Mirano

 

After : « DJ oublié de dormir »

Vers 7 h, le sport national n’est pas la chasse à courre mais plutôt aux after qui tuent. Parmi elles, on retrouve les Piknik Elektronik, le dimanche. Mais le mieux reste quand même de chiner la fête en appart. Bonne nouvelle, les Belges sont aussi accueillants que généreux. Si le courant passe, vous n’aurez donc aucun mal à finir votre nuit/journée chez l’habitant…

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Cedric Couvez / 20Minutes

Par Cedric Couvez

29/04/2009

Versailles, + bécé mais - branché que Phoenix

Versailles, terre musicale

La préfecture des Yvelines, pas même 88 000 habitants, peut se targuer d’avoir vu passer quelques uns des talents musicaux français les plus excitants de ces dernières années. Outre Air, Etienne de Crécy et Alex Gopher ont aidé au lancement de la « French Touch » avec l’aide des labels Solid, Source et Record Makers. Depuis le rock de Deportivo et de Jack The Ripper, la pop de Syd Matters et des Chicros, l’électro de Turzi et des Housse de Racket ainsi que le rap de Fuzati et son Klub des Loosers ont donné une image très contrastée de Versailles. La preuve avec Phoenix, groupe rock versaillais qui sort bientôt son 4ème album...

 

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A voir Thomas Mars et Christian Mazzalai du groupe Phoenix en interview, on se dit qu’on s’est trompé de cible. Cheveux débraillés pour l’un, pull troué au niveau des aisselles pour l’autre. Et très vite, la douche froide. « Notre vrai premier concert à Versailles, c’était dans une sorte de MJC », « On n’a jamais mis les pieds dans un rallye. C’est très mystérieux pour nous »... Le mythe du groupe versaillais donc forcément BCBG s’effondre.

A un mois de sortir Wolfgang Amadeus Phoenix, soit le meilleur disque français de l’année, la formation qui mêle pop, rock et électro pourrait au moins se la jouer nouveaux riches. Après tout, qui d’autre peut se prévaloir du titre de premier groupe hexagonal à avoir été invité à jouer dans l’émission culte « Saturday Night Live » aux Etats-Unis ? C’était le 4 avril dernier et le combo en est encore tout retourné. « C’est leur Tour Eiffel à eux, commente Christian Mazzalai. Il y a même des visites d’écoles pendant l’émission en direct. » Pourtant, le buzz grandissant autour du groupe et de leurs singles 1901 et Lisztomania ne leur est pas monté à la tête.

 

Un véritable esprit de gang

Il faut dire, les Versaillais ont été formés à l’école de l’austérité. Ils ont bien essayé les grands studios ronflants de Los Angeles pour leur deuxième album Alphabetical, mais ils préfèrent encore travailler dans le garage des parents de Thomas. « Ce qu’on aime nous, c’est brancher nous-mêmes nos trucs. Là, tu peux faire un truc personnel. Si un mec fait un réglage pour toi, tu vas avoir le même son que le mec de la veille », lâche Christian. Presque du genre à cracher dans la soupe nos petits gars, qui viennent de monter leur label Loyauté après des années passées chez Virgin. « On fonctionnait déjà en circuit fermé, explique Thomas Mars. On a mis sur le papier ce qu’on vivait réellement. »

Repliés sur eux-mêmes, envers et contre tout, les quatres membres de Phoenix le sont ainsi depuis leur adolescence passée au milieu d’un Versailles plutôt bourgeois. « A l’école, on s’est reconnu en à peine deux minutes, se souvient Christian. On a créé une sorte de meute pour se protéger de tout ça. »

Aujourd’hui, le groupe se venge en se moquant gentiment de Mozart. Dans le nom Wolfgang Amadeus Phoenix, « il y a un côté vandalisme qui nous plait, s’amuse Thomas. C’est comme dessiner une moustache sur la Joconde. » Ces quatre là sont irrécupérables.


Découvrez Phoenix!

 

 

Par Boris Bastide et Benjamin Chapon

23/04/2009

Lisa Ekdahl, du jazz à la pop...

Super star dans son pays, la chanteuse suédoise Lisa Ekdahl sort un nouvel album très pop. L'occasion pour elle de faire découvrir au public européen une nouvelle facette de sa personnalité. Interview...

 

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Give Me That Slow Knowing Smile est votre premier album pop composé entièrement en anglais. Et en France vous êtes surtout connue pour vos reprises jazz.
C’est vrai. J’espère passer un palier avec cet album, montrer une autre facette de mon travail et conquérir de nouveaux territoires.

Artistiques ou géographiques ?
Les deux. Même si j’ai déjà fait plusieurs disques pop en Suède, celui-ci m’a permis d’essayer de nouvelles choses, plus dansantes, moins acoustiques.

En Suède, vous êtes une star de la chanson. Vous voudriez avoir cette même renommée dans le monde entier.
J’ai fait de courts passages en tournées aux Etats-Unis, en Australie, en Chine et un peu partout en Europe, et j’y ai pris goût. J’adore faire voyager mes chansons dans le monde.

Et cela est plus facile avec de la pop en anglais qu’avec du jazz ou de la chanson en suédois ?
Oui, je pense. Mon dernier album suédois était intitulé Olyckssyster. Vous sauriez le prononcer ?

Euh… Holly Queen Sister ?
Presque.

Cet album est-il aussi une façon de casser votre image de poupée fragile ?
Oh, je ne sais pas. J’ai un côté enfantin dans la voix, c’est vrai. Mais vu d’ici, j’imagine que toutes les Suédoises qui ne mesurent pas un mètre quatre-vingt ont l’air de petits elfes. C’est un cliché.

La presse suédoise a jugé cet album plus consensuel que les précédents.
Je n’ai pas honte de dire que ma musique est confortable. Je ne suis pas une jeune première. Je ne fais pas de la musique pour avoir du succès ou gagner énormément d’argent mais pour toucher les gens.

Où avez-vous composé l’album ?
Dans mon studio à Stockholm. C’est comme une petite maison très agréable, et il nous est arrivé de dormir sur place avec les musiciens. J’ai aussi composé pendant mes séjours à New-York.

Pourquoi êtes-vous allée là-bas ?
Qui n’aime pas New York ? Cette ville est formidable pour les artistes parce que toutes les musiques du monde s’y croisent. En plus, comme je suis quand même un peu connue en Suède, c’était reposant pour moi de pouvoir me balader dans la rue sans que les gens ne me reconnaissent.

En avez-vous profité pour travailler votre anglais ?
Cette remarque est amusante de la part d’un Français… En Suède, tout le monde parle anglais, mais c’est vrai que vivre là-bas a enrichi mon vocabulaire. Mais bon, moi, je fais surtout des chansons d’amour. Et je crois connaître déjà beaucoup d’expressions autour de ce thème…

 


Découvrez Lisa Ekdahl!

 

16/04/2009

Sentinelle et Testament syriaque, le complot des comploteurs

On peut faire de la littérature vivante avec des langues mortes. Deux thrillers français le prouvent : Le Testament syriaque de Barouk Salamé et Sentinelle de Denis Bretin et Laurent Bonzon. Le premier ravive le syriaque – «langue ancienne du groupe araméen (Syrie, Arabie, Palestine)» du IIIe siècle, dixit Robert – le second le mycénien, langage de la civilisation préhellénique.

1704-MAG-blorblog1.jpgA la fois roman noir, thriller et conte fantastique, Sentinelle est le deuxième volet de la trilogie Complex. Alors que le n°1 tripatouillait dans les greffes médicales entre l’humain et le végétal, Sentinelle fait carrément dans la parabole mythologique. Angela, homeless de Chicago brisée par la mort de sa fillette, égrène sur le répondeur d’une permanence téléphonique du World Trade Center, les noms des 2973 victimes des attentats de New York du 11 septembre 2001. Le tout en mycénien. Problème, nous sommes le 10 septembre 2001. Angela est-elle la Pythie moderne, l’Oracle des Temps nouveaux ? Deux agents du FBI vont mener l’enquête. Bretin et Bonzon, petits-enfants survitaminés de Boileau-Narcejac, manipulent les codes des séries B  d’espionnage pour mener à bien leur « projet quasi-philosophique » d’analyse du monde libéral qui « n’est pas un monde manichéen dans lequel quelques-uns tirent les ficelles au détriment du plus grand nombre, mais plutôt une sorte d’équilibre instable auquel chacun de nous, par ses moindres actes, contribue ».

1704-MAG-polarblog2.jpgLe Testament syriaque de Barouk Salamé va encore plus loin, sur les traces d’un « proto-Coran ». Des fous de Dieu fondamentalistes égorgent à tout va dans Paris pour mettre la main sur une inestimable relique écrite en syriaque qui pourrait être le testament du prophète Mahomet. Pour les contrer, le commissaire Sarfaty, « flic-philosophe », Juif puritain expert es sourates et poésie préislamique, va devoir remonter jusqu’à la filiation toujours débattue de la religion musulmane. C’est brillant, rythmé et surtout à mille jetées littéraires et intellectuelles d’un quelconque Da Vinci Code coranique. Avec un mystère supplémentaire sur l’auteur, Barouk Salamé, pseudo selon l’éditeur d’un « aventurier et érudit franco-arabe, aussi familier des philosophies religieuses que des armes de poing ».

Sentinelle, Denis Bretin et Laurent Bonzon, Le Masque, 428 p., 20 €.

Le testament syriaque, Barouk Salamé, Rivages, 522 p., 21,50 €.

09/04/2009

Ciné-club : trois salles, trois ambiances

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Si la séance de minuit a disparu des salles obscures, les cinéphiles s’interessent toujours à la nuit. Retour sur trois chef-d’oeuvres aussi cultes que méconnus.

After Hours: Alors en pleine dépression nerveuse, Martin Scorsese signe une plongée en apnée cauchemardesque dans le New-York arty des années 1980. After Hours, c’est l’histoire d’un informaticien qui vit en une nuit plus d’aventures que n’importe quel geek d’aujourd’hui sur Twitter. A peu près certain qu’il aura des choses à raconter à ses collègues lors de la pause déjeuner du lendemain celui-ci.



Party Monster: L’adaptation un poil romancée de l’histoire vraie de Michael Alig, le mythique RP du Limelight, le club le plus couru de la grosse pomme dans les nineties, reste inédite en France. Dommage pour un film qui a été nommé au Grand Prix du Festival Sundance en 2003. Entièrement tourné en numérique, Party Monster raconte l’ ascension puis la chute d’une bande de fêtards sous Kéta. Le casting est totalement délirant: Macaulay Culkin, Seth Green, Marilyn Manson ou encore Chloé Sévigny.



Franckie Wilde:
Réalisée façon «faux-documentaire», cette comédie britano-canadienne retrace la vie d’un DJ superstar à Ibiza qui devient sourd après s’être collé à une enceinte. Tourné en décor naturels dans les meilleurs clubs de l’île ibérique, Franckie Wilde est une pépite à retrouver d’urgence en DVD.

Cédric Couvez

Et vous, quels sont vos films cultes sur la nuit? Nuit d'ivresse, La Nuit des morts vivants... Vos réponses dans les commentaires.

 
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