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19/02/2009

Ellen Allien, les L qui font décoller Berlin

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La musique techno est l’emblème musical d’une époque technologique, synthétique, répétitive, futuriste. Dans ce monde de brutes robotiques, nerds magiques, et machines malines un petit bout de femme au pseudo d’« Ellen Allien » faisait ses marques au Trésor, club mythique du début des années 1990 et installé à l’époque sur la chaotique Postdamer Platz des Ailes du Désir.

Galette berlinoise

Animatrice de Kiss FM, radio indépendante et précurseur de musiques électroniques, elle fonde rapidement son label Bpitch control, devenu un monument de cette scène transformée en industrie fructueuse. Les kids européens, découvrant à peine ces nouveaux sons froids, déchirés, aux basses vrombissantes, vont chérir un petit objet rose dans les bacs en 2003 au nom symbolique, Berlinette, et signé par la jeune femme sortie de l’ombre. Les onze perles envoutantes et atmosphériques de cette galette seront un pont entre la pop culture et le mouvement techno. La touche personnelle d’Ellen et de son acolyte Apparat viennent de toucher un pan de la jeunesse du nouveau millénaire qui regardait de loin ces marionnettes raveuses disparues dans une masse guidés par Big Basse Brother.

EasyJet, MacDonald, Nike et autres symboles du nouveau capitalisme ont un peu repeint aujourd’hui les couleurs uniques et historiques de la ville d’Ellen. Berlin n’est plus exactement la même mais Ellen y reste fidèle. Elle aime toujours arpenter ses rues à la recherche de designs visuels, d’idées pour sa marque de vêtements. Entre ses tournées en Amérique ou au Japon, des dancefloors de 3000 personnes, elle aime retrouver, avec une énergie débordante, un sourire sincère, la famille Bpitch, ses amis ravers au cours d’un plat de pates cuisiné simplement, ensemble.

Sous sa houlette charismatique, et son label mené vers de belles haugures, elle a entrainé les nouvelles stars d’une jeunesse avide de mélodies syncopées, refrains chantés, danse exaltées. Leurs noms? Modeselektor, Paul Kalkbrenner, Sascha Funke ou Ben Klock. Merci Ellen!

Denis Labbé


A berlin on se déguise à sa guise

Quiconque fréquente les hauts lieux de la fête berlinoise aura été marqué par l´ une de ses composantes essentielles : l´ Art du déguisement. Le Bar 25, le Panorama Bar et consorts abritent chaque week-end une étonnante galerie de personnages fantasques et fantasmés, qu´ils soient de pure invention, empruntés  a l´Histoire - improbable iconographie muséale – ou a quelque bestiaire de bandes dessinées. Mais alors, pourquoi se déguise t´on autant a Berlin ?

Il semblerait que nous l´ayons ici quelque peu oublié, l´art de se travestir est depuis l´Antiquité associée à la fête.
Aux célébrations de Dionysos, Bacchanales et autres Saturnales succèdent le Carnaval de fin de Carême à l’ère chrétienne : désignation du nouveau converti en Pape, du fou en roi, chamboulement des conventions sociales, sa portée subversive reste intacte.
Dépassant le calendrier du Carnaval – celui-ci ne commence t´il d´ ailleurs pas comme par magie le 11 novembre à 11 heures 11 ! - l’art du travestissement a toujours été vivace en Allemagne : le début du 20ème siècle consacre l’âge d’or du cabaret avant que Fassbinder, le cinéaste du théâtre filmé, n’excelle dans la mise en scène multicolore d’individus transgenre.
Au contraire de la seule juxtaposition d’accessoires, simple conformité aux excentricités ou contingences de la mode, le déguisement intégral tel qu’il est ici pratiqué crée le mystère. Jeu d´identité, de genre, de condition, l´ usurpation est ludique, mais totale.
Citons simplement Beaner, DJ de techno minimale arborant l’air de rien moustache et costume de respectable notable bavarois - la moquerie des conventions du vêtement bourgeois reste bien présente – Josa, jeune fantassin napoléonien grimé tel un giton fellinien, Rebecca, la femme-léopard ou encore Achille, le DJ Kate Moss… En irrespectueux écolier japonais, la liste est longue.
Cet art du travestissement participe de faire des lieux de fêtes berlinois de véritables hétérotopies, terme foucaldien désignant la conjonction d’une utopie et d’un espace, Nef des fous d’imagination et d’improvisation, à l’image de cette ville, à la marge de l’Europe et de l’Histoire.

Roland Kubler

 

12/02/2009

Paul Ackermann


1302-MAG-CUL1.jpgPaul Ackermann (pour lire son blog cliquez ici) a fouillé la pop culture et les travaux de spécialistes pour déshabiller l’homme moderne. Libéré de la culpabilité post-1968 et fier d’exhiber sa virilité, ce nouveau mâle serait aussi un super coup.

L’homme moderne est-il meilleur amant que son père ou que son grand-père?

Sans doute, oui. Les mecs de notre génération n’ont plus honte de leur virilité. Comme il n’y a plus de différence entre hommes et femmes au travail, ils cherchent à la montrer autrement. C’est le retour de la moustache, de la cravate... Et cette masculinité affirmée améliore leur fonctionnement sexuel.

Plus virils, mais
moins à l’écoute?


Pas forcément. Ils ne renient pas leur part féminine, découverte par la génération « métrosexuelle ». Mais ils sont moins torturés. Pour reprendre les paroles du sexologue Sylvain Mimoun, quand l’homme moderne a une panne, il prend du Viagra plutôt que d’en débattre des heures avec sa femme.

Les femmes aiment-elles
ce changement?

Beaucoup d’entre elles en avaient marre de jouer le mâle, elles voulaient de vrais mecs. Après l’émancipation des femmes depuis 1968, c’est au tour des hommes de se libérer, de s’affirmer. Le couple moderne fonctionne sur la différenciation. Les sexologues s’accordent sur ce point : plus d’altérité, plus de différences dans le jeu sexuel font que ça marche mieux.

Auteur de Masculins
singuliers (éd. Robert Laffont)
et responsable du participatif
à 20minutes.fr

Recueilli par L. B.

05/02/2009

Par delà le boulon et le mal

0602-MAG-CUL-robotlivre.jpgLa collection Robot, initiée par l’artiste Range Murata, compile des histoires à suivre d’un volume à l’autre. Deux tomes luxueux sont parus chez nous (Glénat), et déjà dix au Japon. Forcément inégales, les planches ont le mérite de donner un écrin à la hauteur de leur talent à des mangakas habituellement confinés dans les petits formats noir et blanc : Mami Itou, Yu Kinutani, Makoto Kobayashi… Pour être franc, de Robot (le thème « obligé ») il n’est question que de manière très détournée. La crème des créateurs graphiques japonais tourne le dos aux androïdes tout de boulons et de ferraille. Les robots, comme vous et moi, sont des êtres de chair et de sang (de synthèse) qui ont des doutes, des désirs et des monstres intersidéraux à combattre. Que la nature robotique ne soit plus un sujet en soi ancre la théorie chère à Mamoru Oshii et Philip K. Dick : les humains sont des robots comme tout le monde. À partir de là, des auteurs, comme Shin Nagasawa, utilisent les robots pour revivifier des contes fantastiques traditionnels. D’autres pour épicer leurs récits coquins. Robots multi-fonctions.

Benjamin Chapon

22/01/2009

Culture club à Barcelone

2301-MAG-P18-Culture-nightlife.JPGIl n’y a pas à mégoter… Barcelone jouit d’une réputation de ville fêtarde ambiance « Sin City ». Endiablée en été par des cars de touristes hollandaises en mal de lumino-thérapie chassant le beau brun, la ville garde ses ingrédients secrets en toute saison pour faire jerker l’hiver. En attendant le célèbre Sonar, festival de musique électronique qui électrise la capitale catalane mi-juin, voici le guide des boîtes qui bougent toute l’année, et encore plus pendant le Bread & Butter… Bienvenue dans la culture de la fiesta sans limite.

Club Fellini :
Idéalement situé sur La Rambla, les Champs-Elysées du coin, le Fellini est une institution à ne pas louper. Sur trois étages, la programmation musicale fluctue entre le pire du commercial et le plus pointu. Chacun y trouve son compte. Mercredi dernier, WAD Magazine y a donné une fête mémorable jusqu’à 5 heures du matin où chaque convive était l’acteur de la party. On en reveut !

Shoko
:
Référence chez les gens chics et branchés, ce club jouit d’une exposition à faire pâlir d’envie n’importe quelle boîte de la région. Bordant la mer Méditerranée, le Shoko a misé beaucoup sur sa déco asiatique et zen. Seul bémol : la musique. Souvent épaulé d’un Mc, le Dj résident a une science bien à lui du mix. Alternant bombe house et rengaine R’n’B, on y croise une clientèle bigarrée qui lève les bras pour pas grand chose.

Otto Zutz :
Très connotée hip-hop, cette discothèque agite depuis 24 ans les nuits de la ciudad. L’entrée est assez souple… Ce qui implique un ratio filles/garçons assez irrationnel. Pour compenser, le club offre une politique tarifaire des consommations très abordables. A voir….

Cédric Couvez

15/01/2009

Glam Rock

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« Je ne veux pas seulement séduire mon public, je veux l’éblouir. » Alesha Dixon, la nouvelle tornade glam pop venu d’Angleterre, assume son image enjôleuse. « Mes textes parlent de ma vie qui n’a pas toujours été gaie. Mais je fais de tout ça un show, un moment de joie. Il faut que les gens dansent et se sentent sexy quand ils m’écoutent. » Aguicheuse et alléchante à souhait, la délicieuse Alesha Dixon érige le glamour en mode de vie. « Mais bon, toutes les chanteuses font ça non ? » Euh non, justement, pas en France.
Chez nous la prochaine révélation féminine s’appelle Chat. Avec un minois et une voix mutine à l’avenant, elle chantonne (plutôt bien d’ailleurs) des comptines agréables. Alors qu’aux Etats-Unis, les délicieuses Pussy Cat Dolls se déhanchent avec entrain sur une musique sans intérêt (le glamour à la ricaine), la mode des girls bands « à la française » a été définitivement enterrée le jour où les L5 se sont formées. On en tremble encore. Même constat chez les garçons depuis les 2B3. Et en solo, Renan Luce et Christophe Willem sont nos Justin Timberlake et Sean Combs .En France, on préférera toujours les belles bouilles et petites voix aux gros organes montés sur des jambes sans fin ou des corps musculeux.
On appelle ça le syndrome Françoise Hardy. Pour dire que ça ne date pas d’hier. Jean-Claude Van Damme nous l’expliquait déjà en avril 2005 (quel visionnaire !) : « Les Français ne font pas le mix entre ce qu’ils ont dans la tête et ce qu’ils ont entre les jambes. Mais en fait, tout est connected, c’est un big all. » Alison Dixon affine cette analyse : « Les chanteuses françaises savent bien que les garçons de chez vous sont très timides et impressionnables. Dès qu’ils voient une jolie fille sûre d’elle et de son charme, ça les fait fuir… »

Caroline Vié

09/01/2009

Les résignations du Résolu

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Tout juste remis (ou pas) de la fatidique triplette de janvier, cuite-gastro-rhume, le Résolu 2009 jette enfin un œil circonspect à ses cadeaux de noël. Il se réjouit d’avoir maintenant en triple exemplaire l’intégral Millenium et le dernier Le Clézio (« Oui Mamie, moi aussi j’avais entendu parler de L’élégance du hérisson, c’est gentil. ») Il se félicite de devoir ranger les encombrants CD de musiques qu’il connaît depuis des lustres, de Moriarty à Alain Souchon (« Tonton, je vais te montrer un truc, ça s’appelle Deezer. ») Il ne sait même plus où il a fichu le DVD de Bienvenue chez les Ch’tis. (« Mais non Maman, je fais pas mon intello… Allez, ressert moi donc un peu de dinde. »)
Le Résolu n’a donc rien de neuf à se mettre sous les yeux ni dans les oreilles. Heureusement, 2.0 lui a concocté une sélection de baumes apaisants pour ses neurones endoloris.


Livres. Attention, la lecture fait mal à la tête. Ce n’est pas le moment de vous mettre au dernier Thomas Pynchon qui traîne sur votre table de nuit depuis deux mois. Par contre, le faux guide de voyage Viva San Sombrero (successeur de l’hilarant Molvanie) vous guérira pour longtemps de votre envie de soleil prématurée en alignant avec une mauvaise foi irrésistible les clichés les plus éculés sur l’Amérique centrale . Sinon, il y aussi les bon petits polars. (voir ci-dessous)


•    Disques. On évitera à tout pris le rock tsigane du turbulent Goran Bregovic. Mais attention à ne pas tomber non plus dans le lounge déprimant. Seul un bon vieux blues convient à ses heures poisseuses où l’on traîne sa misère en robe de chambre. Et là, miracle, un petit Français sort du bois : Sammy Decoster. Une voix râpeuse à souhait, des textes plus cradingues qu’un lendemain de réveillon…


•    DVD. La comédie que tout le monde a raté à sa sortie est éditée en DVD, hourra. On doit La personne aux deux personnes aux créateurs des mythiques Messages à Caractère Informatif (diffusés sur Canal+). Côté séries, les intégrales total anxiogène de 24 ou de Lost sont à proscrire. Mieux vaut suivre les modérément trépidantes enquêtes de Jessica Fletcher dans la saison 9 d’Arabesque, géniale série disparue des écrans (à l’exception notable de TV Breizh). À savourer en trempant son spéculoos dans une tisane de thym tiède.

 

Benjamin Chapon

 
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