08.01.2009
Gin & Titonic

« Avons touché iceberg. Sommes fortement endommagés. Help ! » Le soir du 14 avril 1912, la station de télégraphie de Terre-Neuve capte un message alarmant, celui du Titanic en détresse. Mais très vite, les eaux glacées engloutissent le paquebot avec plus d’un millier de passagers à son bord. James Cameron en a fait un film en 1997, souvenez-vous ! Il y a quelques mois, sans doute à l’issue d’une soirée trop arrosée, le designer américain Jason Amendolara, 35 ans, a imaginé de faire couler le transatlantique… au fond d’un verre d’alcool. Le moule à glaçons « Gin & Titonic » était né. « Le nom colle bien au produit », raconte amusé Jason Amendolara, directeur artistique de Fred and Friends (www.fredandfriends.com), un atelier de création d’objets décalés et insolites situé à Rhode Island aux Etats-Unis. On peut ainsi, tout en sirotant son breuvage, regarder fondre son Titanic aux prises avec quatre micro-icebergs, fournis avec ! « Quand on me qualifie d’immature, je le prends pour un compliment ! » poursuit le designer qui a gardé son âme d’enfant. Comment en serait-il autrement ? De son imagination sont sortis des accessoires détournés pour faire la fête comme des gobelets faux nez, une poupée vaudou porte cure-dents, des pique-saucisses en forme de clous tordus, des pinces à cornichons en forme de dents ou des poignées pour verre à pied, histoire de mieux s’y arrimer en cas de tangage… De quoi lever son verre, avec ou sans glaçons !
Alexia
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11.12.2008
Quand le minitel rivalisait avec les musées
Ne pas se fier aux apparences! Célèbre pour ses performances corporelles déjantées, faisant souvent appel à la chirurgie esthétique, Orlan a toujours été une pionnière. Après avoir vendu ses jambes et ses bras en carton sur les marchés en 1976, monnayé ses baisers aux passants devant le Grand Palais en 1977, s’être transformée en madone lascive bien avant Madonna, elle est parmi les premières à avoir compris qu’une révolution était en marche lors de l’apparition du Minitel. En 1982, âgée alors de 35 ans, elle sent que cette petite boîte marron et moche «va ouvrir les robinets chez les gens». Elle lance alors un appel aux artistes: faire de ce nouvel outil un enjeu d’expression novateur. Toute l’avant-garde artistique est mobilisée: Plus de soixante plasticiens et poètes relèvent le défi. Avec l’écrivain Frédéric Develay, et le soutien de France Télécom, elle crée une improbable revue télématique, baptisée «Art Accès», la seule à avoir jamais existé sur la ligne.

«Avec ce nouvel outil informatique, je savais qu’on allait pouvoir le détourner de sa fonction d’annuaire», se souvient-elle. Pas gagné d’avance ! Comment créer, comment s’exprimer, avec un écran ridicule et des lignes blanchâtres et tremblantes qui pouvaient mettre plus de cinq minutes à s’afficher? «Le Minitel, c’était des gros carrés et huit dégradés de gris. On s’est donc adressé à des artistes qui ne se souciaient pas de l’esthétisme.» Un support balbutiant. «J’ai imaginé un petit personnage qui se battait contre des moulins à vent propulsant des lettres…», raconte le plasticien Joël Hubaut, connu aujourd’hui pour ses installations monochromes. Des poètes sonores jouent même du célèbre «Hiiiiiiiiiiii! Scriiiiiiiiiiiiiiiiiitch! Schrooooooooooonch!» pour créer des compositions contemporaines. Même Buren, l’homme à la rayure, est parti à l’assaut des carrés! Avec succès. A Reims, pendant une semaine, il a équipé les bus de Minitels laissant apparaître progressivement ses célébrissimes rayures noires et blanches, pixel après pixel. «Cette expérience a marqué un tournant dans son travail», s’amuse Orlan: Passer de la rayure fixe à la rayure animée… Et puis, aux oubliettes le Minitel et disparu tout ce travail! L’Abbaye de Maubuisson (Val d’Oise) accueille Orlan en septembre 2009, l’occasion de découvrir ses nouveaux délires créatifs.
Alexia Guggémos
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20.11.2008
2.0 Art
Il a découpé des animaux en tranches avant de les faire tremper dans du formol, photographié des suicidés, serti de 8 601 diamants une tête de mort… Mais c’est le 15 septembre dernier que Damien Hirst, le « bad boy » britannique de l’art contemporain, déjà auréolé du titre d’artiste le plus riche du monde, a réussi son coup de maître : organiser lui-même la vente chez Sotheby’s à Londres de plus de deux cents de ses œuvres. Bingo ! 139 millions d’euros récoltés, soit un record mondial ! Au grand dam de la plupart des galeristes internationaux, fous de rage d’être ainsi court-circuités. Jamais, selon la prestigieuse maison de ventes aux enchères fondée en 1744, un artiste n’avait ainsi fait un bras d’honneur aux puissants marchands d’art dont les commissions s’élèvent habituellement entre 40% et 50% des recettes. Une insolence et une provocation pourtant coutumières dans la vie de cet artiste de 43 ans qui transforme en or tout ce qu’il touche. Son initiative est pourtant saluée par de jeunes galeristes avant-gardistes, comme Magda Danysz à Paris: «Contrairement à ce que l’on croit, Damien Hirst a permis de réaliser une véritable alliance entre deux marchés, celui des galeries et celui des salles de vente. Le succès n’aurait jamais été au rendez-vous si la cote de l’artiste n’était pas montée grâce au travail réalisé sur le premier marché.» A 34 ans, la représentante du Street Art en France croit toujours en l’avenir de sa profession. «Je reste une dénicheuse de talents», poursuit-elle. D’ailleurs, chez Sotheby’s et ailleurs, aucun artiste ne s’est encore fait connaître pour renouveler l’exploit de Damien Hirst. Mieux ! Le trublion de service a déjà prévu son prochain pied de nez : exposer… chez un galeriste en avril 2010. Et pas n’importe lequel ! Chez le «frenchi » Emmanuel Perrotin, à Paris, petit Poucet dans ce monde de requins.
Alexia Guggemos
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13.11.2008
Tous en chien de la déco chien-chien
On connaissait les cols roulés pour chien, les chaussons pour papattes au chaud, les gilets de sauvetage, les colliers en diamants, les gamelles en argent… Mais, cette fois, une société américaine a fait très fort ! Voici les « niches-tables basses », les « tables de chevet-niches » et les « meubles télévision-niches », c’est selon… ! Ce drôle de mobilier a jailli tout droit -telle une nuée de puces sur un sac du même nom - de l’imagination de Sarah et Chris Pierce, les fondateurs de Denhaus (www.denhaus.com). L’argument pour justifier cette audacieuse mise sur le marché a du chien : « Nous avons voulu que les animaux se sentent bien chez eux… », expliquent les heureux propriétaires d’un fox-terrier à qui l’on a sans doute pas demandé son avis esthétique. Vintage ou « chic et de bon goût », ces niches se déclinent en plastique ou en bois, dans les tons beige, chocolat ou vert céladon pour mieux se marier avec un décor Ikéa ou une commode Louis XVI.

Pour 300 à 400 euros selon taille et modèle, on bénéficie même de la garantie « anti-mordillement ». En outre, ces niches de style ont le mérite de mettre fin à un vieux débat responsable de la mort d’innombrables couples : le chien ou le chat peut-il dormir dans la chambre ? Oui, mais dans sa « niche-table de chevet » ! Un argument de taille quand on sait qu’en France un foyer sur deux possède un animal de compagnie. Autre innovation pour le bien être de ces chers toutous : un sextoy canin imaginé par le designer français, Clément Eloy, fondateur de l’agence FeelAddicted et spécialiste du design conçu pour susciter de nouvelles expériences. Il a ainsi créé « Hotdoll », un superbe caniche aux qualités sexuelles insoupçonnables... Présentée en Belgique au salon Intérieurs08 en octobre dernier, cette poupée pour chien sera bientôt en vente 385 euros sur www.hotdollfordog.com.
Alexia Guggémos
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06.11.2008
Les lapins se mettent en scène
Savez-vous que les lapins se trémoussent et dandinent du popotin? Nabaz’Mob est le premier opéra dansé pour lapins communicants, imaginé par le plasticien Antoine Schmitt et le compositeur Jean-Jacques Birgé. Vingt minutes d’une performance poétique jubilatoire où les petits rongeurs en plastique jouent des oreilles comme de claquettes… Les deux créateurs connaissent bien Nabaztag et savent en tirer le meilleur! Le premier, ingénieur télécom spécialisé dans le traitement du signal –du sérieux!- est à l’origine de la programmation des comportements de la bestiole: c’est à lui que les concepteurs de Nabaztag ont demandé de prévoir toutes ses réactions lorsqu’on l’active. Représentant d'un nouveau courant de l'art associé au génie mathématique, Antoine Schmitt a ainsi doté le lapin d'une personnalité hors du commun, avec un leitmotiv : le rendre le plus autonome possible. Le second, Jean-Jacques Birgé, designer sonore, a enregistré toutes les voix qui peuvent émaner de ces petits amateurs de carottes virtuelles ainsi que les 128 sonorités associés au désir, à l’ennui, au mécontentement ou à la joie. Tous les «grummf», «waouh» et autres «humm» familiers sont ainsi tout droit sortis de ses platines. Forts de leur expérience et de leur connaissance intime de la bête, Schmitt et Birgé ont alors décidé de franchir un cap lyrique en se lançant dans la composition d’un opéra.

Cette œuvre ludique pour lapins en folie et orchestre informatique a été jouée pour la première fois au Centre Pompidou en 2006, en ouverture du Web Flash Festival, puis reprise notamment lors de la Nuit Blanche à Paris en octobre dernier. Pas facile de diriger tout ce petit monde ! Les petits lapins ont l'esprit rebelle. Et, sous leur bouille d'ange, "un sacré toupet !", explique les chefs d’orchestre. "Impossible de les faire jouer ensemble. Un différentiel de 10 secondes nous oblige à composer avec leur tempérament. Ainsi, chaque interprétation est différente." Sur scène, d'un clic, les cent Nabaztag reliés au réseau Wifi s’animent. Chorégraphie d’oreilles et joyeux scintillement des museaux. Premier mouvement : les interprètes ventriloques clignotent de joie. Puis, l'assemblée vire aux teintes chaudes leur conférant une allure de meute inquiétante. Ils deviennent menaçant jusqu'à une explosion inattendue et rieuse des couleurs. Un émerveillement salué par la critique et le jeune public!
>>>www.nabazmob.com
Alexia Guggémos
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30.10.2008
Camouflez vous
Dans la jungle urbaine, l’ennemi peut venir de partout! Rien de tel qu’un bon camouflage pour jouer les sentinelles des trottoirs et affronter les dangers les plus imaginaires. Inventé lors de la Première guerre mondiale, le motif aux grosses taches de couleur marron et kaki a envahi notre quotidien. On le retrouve partout, surtout où il ne sert à rien: sur une Smart, un tapis déco ou un collier pour chien… Qui le sait? Ces haricots colorés, mille fois revisités-de la musette pour ado aux caddies pour ménagères tout terrain- sont l’œuvre de… Pablo Picasso et de son confrère, le peintre Georges Braque. Ensemble, en 1907, ils déconstruisent les formes et créent ainsi un mouvement artistique révolutionnaire: le Cubisme. Leurs paysages abstraits aux formes géométriques ont inspiré les peintres de la Section camouflage de l’armée française qui ont, les premiers, l’idée de masquer les troupes et le matériel sous d’immenses bâches bariolées. La mode actuelle viendrait-elle d’un besoin d’héroïsme?

Car le style DPM (disrupted material pattern), ou «vert IR Otan» de son nom officiel en français, a plus que jamais la cote! Tout l’équipement du parfait soldat déguisé en feuille des bois est vendu sur www.tam-surplus.fr : gant de combat, blouson bomber… L’alerte générale a même sonnée sur les podiums des grands couturiers : le nec plus ultra des fashion victims, ce sont les accessoires du styliste Jean-Charles de Castelbajac qui a fait de la tenue «cam» sa marque de fabrique. Passionné d’histoire militaire, il décline tout en vert bouteille et jaune des sables: Notebook (13,99 € sur www.shoppingvictime.com), gant de cuisine (9 € sur www. boutiquebo.fr) ou encore la Smart Fortwo (11860 € sur www.smartupfrance.com). De l’artiste Pop américain Andy Warhol et ses autoportraits en guerrier de l’art à Sébastien Gouju, 30 ans, auteur d’une installation intitulée Les Soldats (2007) et montrant une armée lilliputienne cachée sous un lit de feuilles, la guerre n’a pas fini d’inspirer les artistes.
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Alexia Guggémos
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16.10.2008
Une salle des marchés dans mon salon
Lancez-vous dans une déco de crise : le nec plus ultra des intérieurs fauchés ! Le cours de la bourse s’affole ? Claude Closky propose d’en afficher les fluctuations sur du papier peint Cac 40 (édité chez FR66). Une série de chiffres très hypnotique à tapisser idéalement dans une chambre pour rêver de jours meilleurs. Pas nécessairement feng shui mais assez esthétique. L’artiste a également conçu le DVD « Flux » à projeter sur un mur. Les flux financiers sont représentés de façon schématique. Une œuvre abstraite très colorée dont on ne comprend rien et qui donne vite le tournis, comme celui des traders les jours de krack. Effet garanti !

Si, tout petit déjà, vous rêviez de plonger dans la baignoire d’oncle Picsou, optez pour l’affiche « Dollar Sign » (1981) d’Andy Warhol. Elle vous mettra des dollars plein les yeux, à défaut d’en remplir vos poches. Plus discret, le fameux dollar barré existe aussi en carte postale (3 € pièce), à glisser comme un talisman dans votre portefeuille. Sur le canapé du salon, disposez quelques coussins à l’effigie du président George Washington. Vous afficherez ainsi tout de suite la couleur : le vert… pour sa touche d’optimisme, bien sûr ! Afin d’économiser temps et argent, suspendez l’horloge-tirelire « Save Time » dans votre bureau : « la bonne « tac-tic » parce que vos minutes sont précieuses », précise Atypyk qui présente aussi un petit cochon en tirelire-puzzle. Un concept inédit : pour l’utiliser, il suffit de reconstituer l’animal vendu en mille morceaux –ou presque- tube de colle fourni. De quoi vous passer l’envie de le casser une fois ce travail de titan terminé ! Enfin, pour les moins bricoleurs, la tirelire « Je suis un cochon de capitaliste » (édité chez Déco & des mots) vous donnera bonne conscience à la laisser le ventre vide.
Alexia Guggémos
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