Avertir le modérateur

22/01/2009

La télé catalane cultive l’humour et l’inspiration

2301-MAG25-CIUTAT.pngParticularité : le particularisme. Si du côté de Barcelone, on reçoit évidemment toutes les chaînes espagnoles, la Catalogne a sa propre télévision publique financée par la redevance et la publicité : TV3 « C’est une chaîne généraliste en catalan, qui programme des séries, de l’info, des magazines. En audience, elle fait jeu égal avec les premières chaînes espagnoles, note Bertrand Villegas, de l’agence de veille internationale The Wit, mais il existe aussi d’autres chaînes locales sur la TNT : K3 est une chaîne jeunesse, 300 une antenne dédiée à la fiction, Canal 33 c’est  la chaîne culturelle, 3/24 une chaîne d’info en continu ». Mieux, TV3 « est souvent un laboratoire d’inspiration pour la télévision espagnole car elle est très créative et innovante. Notamment en matière de satire, de parodie de l’actualité, un genre très prisé en Espagne » souligne Anne Richy, chargée d’études NOTA (New on the Air) à l’institut IMCA. Ainsi, l’émission « Polonia » (voir ci-dessous), fourrée au bon goût de sarcasme. "Polonia" qui a désormais une petite sœur tout aussi acide, « Crackovia », spécialisée dans le foutage de gueule des footballeurs du Barça. Quant à l’animateur-humoriste-producteur-supershowman Andreu Buenafuente, il a commencé sur TV3 avant de remuer la chaîne nationale Sexta, où il anime un « late show » de nuit, intitulé tout simplement « Buenafuente ». On y cause, on s’y moque, on y invente une danse improbable pour l’eurovision (souvenez vous la Chiki Chiki), les sketchs se succèdent aux interviews…
Par bien des égards « la télévision espagnole en général ressemble à l’idée que l’on s’en fait raconte Anne Richy, latine, avec beaucoup de télénovelas, du fait de la langue. Il y a aussi des émissions de chants et de danses telles Diselo Bailando, où l’on délivre un message avec une chorégraphie ».  Une télé qui sait aussi être très bavarde. En journée, les antennes ressemblent ainsi «  à un talk show un peu permanent, beaucoup de papotage, notamment sur les people » note Bertrand Villegas. Pour le reste, tous les genres se retrouvent dans les grilles : jeu, séries américaines « et des fictions très originales… avec en plus des soaps souvent régionaux  » note Villegas Le « plus belle la vie » catalan, par exemple, s’appelle « El cor de la ciutat », et, depuis 2000, raconte la vie des habitants du quartier barcelonais de Sant Andreu. Quant à la Télenovela du cru, « Ventdelpla », dénonce les violences conjugales en suivant la vie de Teresa, une femme battue qui a décidé de fuir son mari. Rire, oui, réfléchir, oui, aussi.
Anne Kerloc'h

15/01/2009

De l’inconvénient d’être trop brillant

Sur un plateau télé, sachez chasser sueur et sébum, malgré le stress et les spots. Pour éviter de ressembler à un jacuzzi vivant, peoples et politiques vont parfois jusqu’à se faire des injections de botox sous les aisselles. Dans un genre soft, Marie d’Ouince, consultant, conseille « d’éviter thé ou café avant. Mieux vaut un verre d’eau qui chauffe la voix ». Stéphane Helle et Stéphanie Hassan, maquilleurs au Grand Journal de Canal+ manient en pro les fards matifiants « pour éviter de briller comme un lumignon. Entre deux prises, on se tient prêt avec du papier absorbant et de la poudre  ». Au jeu du beau teint, les hommes ont un fard d’avance « leur peau est plus uniforme note Stéphanie Hassan, en revanche, ils sont plus cernés ». Et le cheveu gras ? Vivian Girard, coiffeur au Grand journal a toujours « des shampoing secs dans la valise. Ça sauve ! Mais le vrai problème c’est le cheveu pauvre, je met alors des volumateurs et des poudres qui épaississent.
Sachez aussi porter haut la couleur. En télé « les éclairages sont forts, et écrasent un peu » raconte Stéphane Helle « on travaille avec des fards pour recolorer et resculpter le visage, gommer un double menton ». Stéphanie Hassan précise «  on fonce le teint, pour un effet bonne mine, on travaille ensuite les yeux pour les faire pétiller ». Côté fards, ils déconseillent le vert ou le bleu. Pauline de maquilleuse.biz confirme « des couleurs chaudes, marron, bordeaux et on évite les gloss qui brillent… ». Mais point de rouge vif sur les lèvres si on a les dents jaunâtres.
Pour le reste, le glamour est aussi une question d’âme « si la personne est déjà maquillée, je n’enlève pas tout, raconte Stéphane Helle, je laisse des traces, de la vie, c’est un peu de sa personnalité » Marie d’Ouince, elle, insiste sur la règle des « 3 S ». « simplicité, sincérité et le savoir-vivre ». La sincérité « car la télé est un détecteur de mensonges. Donc on s'habille comme d'habitude, en évitant le rouge ou les rayures qui brouillent la composition de l’image. ». Quant au savoir vivre, c’est « regarder son interlocuteur en face, ne pas mettre la main devant la bouche, se tenir bien, sans mimiques méprisantes… ». Et oui mépris et bêtise affichés, c’est no glamour assuré.


Anne Kerloc’h et Alice Coffin.

18/12/2008

Ce soir, c’est sciee, sérieux et sexualité sauteus

Dans une nation protestante, où la mer du Nord bat froid du côté des falaises du Jutland, la télé a de la tenue et le collet parfois amidonné «La particularité du paysage audiovisuel danois, c’est la présence de deux chaînes publiques très fortes raconte Bertrand Villegas, de l’agence de veille audiovisuelle The Wit, TV2 et DR1, ce sont vraiment les deux leaders, face à des chaînes privées à l’audience plus confidentielle, du fait de l’étroitesse d’un marché Des parts de marché supérieures à 50% sont fréquentes». Vendredi dernier, le jeu «Hvem kan slä joachim og Marianne?», soit l’équivalent de "Qui peut battre Benjamin Castaldi», sans Castaldi, mais avec Marianne et Joachim donc, a fait une audience de dératé: 60%! Mais on ne fait pas joujou tous les soirs. Conscientes de leur rôle dans la société, TV2 et DR1 programment des documentaires en prime time, beaucoup de magazines, et des émissions de consommation, avec un goût particulier pour celles de bricolage.  « Cela donne un aspect un peu sérieux, voire austère. Même les plateaux d’émission sont assez dépouillés et moins éclairés que chez nous ». Quant à la fiction locale, marquées notamment par des policiers de grande qualité (Anna Pihl, Nom de code l’Aigle), elle souffre d’un certain manque de pétulance dans les couleurs. «Comme dans beaucoup de pays du nord de l’Europe les scènes en extérieur manquent de luminosité remarque Bertrand Villegas, cela rend leur export un peu difficile». Peu de pays craquant pour les tonalités mastic et poireau à l’écran, même si Nom de Code l’Aigle a fait la joie de France 4.

 

1912-MAG-TV MEDIAS.jpg


Autre particularité sinon locale, du moins scandinave: les programmes de l’Avent. En ce moment, note Villegas, les soirées sont marquées «par des feuilletons ou des émissions d’humour sur la mythologie de Noël, avec des lutins…».
Habituellement sages, les écrans danois savent cependant surprendre. D’abord par leur rapport au handicap ou à la vieillesse bien plus décontracté que dans les pays latins. Une chaîne publique TV2 Charlie est ainsi même entièrement dédiée au 3e âge. Les seniors plein d’allant sont aussi conviés dans les émissions de téléréalité avec Gangstativerne (voir ci-dessous). Quant au sexe, il s’affiche avec naturel dans les émissions de coaching, comme «Sexskolen» de TV3 avec le sexologue Joan Orting (Note au SR: est-il possible d’avoir un O barré N). traduit par «Le sexe en dix leçons» et diffuse en novembre sur Téva. Voir aussi le «Zulu Love camp» sur TV2. Ce dernier programme met en scène la «coach en orgasme» Pia Struck, célèbre pour avoir l’organisation de masturba-thon, caritatifs, où le plaisir solitaire permet de récolter des fonds pour des associations. Sexualité, citoyenneté !

Anne Kerloc'h

16/12/2008

A l’Ouest des pages désolées

Bienvenue à El Mediatico, étranger. Une vallée rocheuse qui fut riante, il y a 15 ans, aux temps héroïques de la ruée vers la télématique. Dans ces plaines arides, mais animées par la foi de l’homme dans le progrés, horoscopes et « quizz cœur » fleurissaient toute l’année. Entre deux saloons de discussion, les boutiques n’étaient qu’abondance. Mais aujourd’hui, El Mediatico n’est plus qu’un corridor de désolation. De riches bourgades, 36 15 TF1, 36 15 Libédoc, on été rasées. Subsistent de rares oasis, et une vingtaine de villes fantômes, où s’entêtent des pages en voie d’éboulement. Première étape: Teva. Dans ce petit hameau autrefois coquet, l’unique boutique est fermée. Le vent finit d’arracher une affiche du milieu des années 2000, vantant une émission en direct avec Gael Le Forestier. Plus loin, à Gala, le spectre d’une diseuse de bonne aventure me donne mon horoscope pour l’année 2005. Angoisse.

1212-MAG39-MINITELmire.jpg

Cap sur les villes d’étapes dont la rumeur dit que l’on peut encore y trouver de l’eau pour les chevaux et pour l’homme, de l’info. A RTL, le casino est fermé et l’on ne joue plus à « la phrase cachée », mais le fil de l’AFP marche encore. Enfin, à Figaro, je trouve des infos fraîches, des cours de bourse pour la soif, et des places à gagner pour l’expo Babar, Harry Potter et Cie, qui se tient, oui, ce mois ci ! De quoi aborder avec optimisme la trépidante M6. A son apogée, la ville était renommée pour sa grand-rue, ses salles de jeux et ses saloons de dialogues. Maintenant elle est fréquentée moins de 70 heures (de connexion) par mois, alors que les villes nouvelles Internet du même nom ont vu 12 millions de visiteurs uniques défiler, cette année. Le salon du Morning Live est ouvert. Sous le nom de code de Missy17, j’entre. Une voix, puis deux, puis une trentaine me répondent, dans un langage qui semble venu du présent « Slt, tu va b1 ? » « tu veux me mater, j’ai une cam ? ». Me voilà papotant avec BogossVelizy, jujufashion, Seb25. Pourtant, lorsque je fais remarquer que je ne pensais pas qu’il y avait encore autant de monde sur minitel, c’est l’incompréhension « hé, t’es sur le chat NRJ ma grande ! » « le minitel, ça existe encore ? Moi je suis sur tchatche.com ». Géré par un prestataire extérieur, le saloon de discussion a été téléporté sur le Net. Les demandes de dialogues me submergent, es interlocuteurs viennent du wap, de MSN, de hotmail… C’est une quatrième dimension qui s’ouvre. Le western spaghetti se transforme en space odyssey. A force de fréquenter les minitels fantômes, j’ai été happée dans un vortex.


Anne Kerloc’h

11/12/2008

Pitch ou Pleaïde ?

Décembre déjà, et la neige ne tombe toujours pas; ou, quand elle daigne tomber, c’est sous forme de gelée désolée. C’est la crise, des sites d’enchères vous proposent de revendre vos cadeaux foirés, mais vous savez que jamais vous ne pourrez écouler le gratte-langoustines en laiton offert par votre ex (vous cherchez encore le message caché). Relevez la tête ! Joie au cœur ! 20 minutes, votre ami, votre camarade, vous offre le jeu « pitch ou pleïade. » Délassant et instructif, il consiste à reconnaître une série télé d’un classique de la littérature. Alors prêt? Top! Pitch ou pleïade!

1) Dans un milieu « upper class » décadent, un étudiant enquête sur la mort mystérieuse de son père. Sa quête va lui faire mettre à jour un complot, exhumer des spectres des placards et l’amener aux frontières de la folie. Sa relation avec sa girl-friend en souffrira
2) Dans un milieu « upper class » décadent, un avocat enquête sur la mort mystérieuse de son père. Sa quête va lui de mettre à jour un complot, exhumer des squelettes des placards et l’amener aux frontières de l’angoisse. Sa relation avec sa femme en souffrira.
La solution dans la chronique prochaine.

Anne Kerloc'h

05/12/2008

Ces histoires auxquelles vous avez échappé (pour l’instant)

0512-MAG30-PITCHSTORY.jpg

L’espion qui chantait, comédie musicale d’espionnage «avec passage de tortures en claquettes» ; La Haine vermeille, «des gens d’âge mûr –plus de 80 ans- de la Plaine Saint Denis qui ont la haine» ; les douces aventures de Mike et Donovan, deux frères ennemis, l’un étant «flic, de droite, palestinien, carnivore mais gay», l’autre «dealer, de gauche, israélien, végétarien mais bi». Dans «Pitch Story», un producteur est submergé de projets aussi fumants qu’un pot d’échappement mal révisé. Les auteurs-réalisateurs-interprètes, à la tête de la boîte de production Prime&Co, se sont-ils inspirés de leur expérience ? « Nous, on reçoit peu de projets confie Vincent Primault, mais on s’est forcément nourri du milieu que l’on connaît, des anecdotes de copains ».

Prenez l’épisode Zombi Sex «histoire d’un homme dont le sexe est mort et vivant à la fois». par exemple… «des histoires de zombies, de vampires, il s’en proposait plein au festival Scénaristes en série d’Aix les bains!». Confirmation auprès de la Parisienne D’images, qui reçoit chaque année 400 projets pour l’unité de fiction La Fabrique de Canal+ «Cette année, il y avait des vampires partout!». Autres tendances «les super-héros, dans leur quotidien, les films générationnels type Sex and the City». Chez Coyote, la branche fiction a constaté une arrivée pluvieuse de fantastique, «de thrillers hard, plus violents», de policiers inspirés des Experts. Jean-Yves Robin, de Robin&Co lui, fatigué de «perdre un temps fou à lire des scénarios qui a 90% ne collent pas» a remisé la boîte à idées. Désormais, il fonctionne «par réseau d’artistes. Comme on fait de la production de spectacle, le réseau est vivant et suffisamment ouvert, et nous avons des projets maisons ».

Les créateurs de Pitch Story eux aussi explorent la fantaisie maison «A force d’inventer n’importe quoi pour la série, on a fini par se dire que certaines histoires n’étaient pas si mal» s’amuse Vincent Primault». Au fond, La Haine vermeille et ses seniors révoltés de banlieue «ça me plaît comme concept! …»

Anne Kerloc'h

04/12/2008

Sauvez les bébés Joe!

Bientôt Noël. Il est temps d’enrubanner des guirlandes de solidarité notre égoïsme épineux, ce chiendent de la société moderne. Cette semaine, nous vous proposons d’aider un bébé Joe à se réacclimater à un milieu urbain normalisé. Un petit de l’espèce rare Telerealitae Non Stop Joe, mais courante chez MTV et nonstopjoe.com. Depuis le 20 novembre, les Joe vivent dans un parc artificiel protégé, le pays des défis. Leurs journées se passent, folâtres, à imiter le singe dans la rue ou à manger une andouillette avec de la mayonnaise.

Mais le public vote, se lasse, et un Joe remplace l’autre. Poussé hors de leur milieu protecteur, les ex Joe abandonnés et doivent accomplir des gestes oubliés. Leur instinct de prédation, affaibli, ne leur permet plus de distinguer un supermarché d’une caméra. Alors, si voyez un Joe dans la rue, perdu et isolé donnez lui un petit défi. Chanter “tiens voilà du boudin” près de la tombe du soldat inconnu, cueillir une paquerêtte et se la mettre dans le nez. Pour vous, ce n’est pas grand chose. Mais pour lui, ça signifie beaucoup. Merci.

Anne Kerloc'h

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu