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25/06/2009

Ebony Bones : "Un truc un peu mystique"...

D'abord actrice, sous le nom d'Ebony Thomas, Ebony Bones bouscule sa carrière et sortira en Juin son premier album Bone of my Bones, l'occasion pour elle de faire la tournée des festivals de l'été. Rencontre.

Après les Transmusicales de Rennes cet hiver et le Printemps de Bourges en avril, vous serez à Calvi le week-end prochain. Vous semblez être une adepte des festivals ?
C’est vrai que j’adore ces ambiances parce que les spectateurs ont les oreilles bien ouvertes, il sont là pour découvrir. J’aime cette philosophie.

Votre périple vous emmènera des Etats-Unis au Japon en passant par le Portugal…

Je suis super heureuse de ça. L’enregistrement de l’album a été un enfer. J’étais très stressée parce que quand on est entré en studio, il me manquait plusieurs chansons. J’avais un peu bluffé et j’ai du composer très vite. Ensuite, j’avais peur du mastering parce que je ne voulais pas qu’un mec vienne polluer mon travail avec sa production lourdingue. J’ai dû me battre pour que mes chansons gardent leur âme. Les gros studios ne font pas confiance aux femmes qui ont une vision artistique et qui savent tout faire.

Par machisme ?

Bien sûr. Ils se disent : « Houlà, il y a plein de boutons et de fils, elle va rien y comprendre la pauvre fille. » Depuis des mois, j’ai appris toute la technique pour pouvoir tout faire toute seule.

Vous avez quand même des musiciens en tournée…
Ça n’a rien à voir. Je les adore. Le groupe me ressemble : il y a un japonais, un brésilien, un kljsjoi, sdiucij, un kjsdcs… et moi, qui vient de Saturne !

Vous êtes réputé pour vos shows énergiques et visuellement inventifs. Qu’avez-vous prévu pour votre tournée mondiale des festivals d’été ?
Je fabrique moi-même mes costumes de scène. Et ceux que je prépare pour cet été seront carrément déments. Sinon, je pense inviter sur scène une chorale indienne, j’adore ces chanteurs qui sont presque en transe et sortent des sonorités de dingues. Tu vois ce que je veux dire ?

Non, pas vraiment. Ces chanteurs seront à Calvi ?

Oh je ne pense pas. En fait, je viens juste d’y penser. Mais je sais que ça va se faire. Je crois en la visualisation créative. C’est une technique mentale qui permet, par la force de l’esprit et de ses émotions, de réaliser ses rêves. C’est un truc un peu mystique.

Et ça vous permet d’éviter qu’il pleuve pendant l’un de vos concerts en plein air ?
Non, mais ça me permet de me rendre compte que tu te fous de ma gueule (rires). Avoir de la spiritualité signifie avoir du caractère. Je sais où je veux aller, ce que je veux faire éprouver aux gens qui viennent à mes concerts. C’est cette confiance en moi qui me permet d’intégrer tellement d’inspirations différentes dans ma musique sans jamais me perdre.

Album
La sortie du premier album d’Ebony Bones, Bones of my bones, a été repoussée à la mi-juillet. Il faudra donc encore un peu patienter pour découvrir le funk-rock explosif et coloré de la demoiselle.

 



Pistes à suivre

L’été 2009 sera l’occasion de suivre à la trace les Klaxons. Les apôtres de la nu-rave préparent pour la rentrée un second album dans une première mouture a été retoqué par leur major. Intrigant, non ? Peut-être les bruyants popeux oseront-ils nous présenter des versions censurées de leurs nouvelles compos... D’autres gamins délurés présenteront leur rock sans complexe, Passion Pit. L’occasion de voir si le buzz fond au soleil ou prend une ravissante couleur dorée. Dans un registre plus sombre, The Horrors devront démontrer que 2009 est bel etbien l’année du retour en force du shoegazing. Enfin, Sophie Hunger, avec un show déjà rôdé au premier semestre, trimbalera son folk mélancolique et électrique par-delà les frontières de sa suisse natale. Bonne route à tous.

 

18/06/2009

Quand la pellicule prend le temps de se déployer à l’écran

Ils ne suivent pas le rythme des blockbusters pétaradants ou des teen-movies hilarants. Ils n’en demeurent pas moins passionnants. Best of, par genre, des meilleurs films les plus lents de l’histoire du cinéma.

Comédie : Playtime, de Jacques Tati (1967). Bien plus qu’une satire de la société de consommation et des loisirs de l’époque : un chef d’œuvre du burlesque, déroutant mais excitant, avec ses tours en verre et ses longs plans fixes qui accueillent une multitude de gags dans le même cadre

Science fiction : 2001, l’Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick (1968). Voyage initiatique, fable philosophique, drame spatio-temporel ? Le cinéaste britannique prétend juste avoir « essayé de créer une expérience visuelle qui contourne l'entendement pour pénétrer l'inconscient. »

Western : Il était une fois dans l’Ouest, de Sergio Leone (1968). Un hommage au western qui se transforme en chef d’œuvre du genre, en imposant la lenteur comme un élément de tragédie : les personnages prennent leur temps car ils savent qu’ils mourront tous avant la fin.

Guerre : Apocalypse now, de Francis Ford Coppola (1977). Le plus halluciné des films de guerre. Le plus hallucinant aussi. La version longue remontée en 2001, dite Redux, renforce la cohérence d’un film qui oscille en permanence entre crise mystique et crise de nerfs.

Animation : Mon Voisin Totoro, d’Hayao Miyazaki (1988). Le film culte de l’animation japonaise contribue à développer l’imagination des enfants : les Totoro du film n’apparaissent qu’à deux reprises, et plutôt brièvement, après s’être longtemps fait attendre.


Par Stéphane Leblanc

11/06/2009

Pedro Costa, la liberté sur pellicule

Qu’importe le succès : les festivals se l’arrachent. Pedro Costa, 50 ans, est la tête de file d’une génération de cinéastes lisboètes qui préfèrent prendre le temps de filmer en toute liberté plutôt que de courir après le box office. Ces quinze dernières années, il a pris l’habitude de filmer le quotidien d’immigrés cap-verdiens des quartiers populaires de Lisbonne, « des gens très en marge, perdus, misérables et invisibles », dont il n’a de cesse de souligner « la force un peu désespérée ». Il vient de faire une infidélité à cette « communauté de gens qui sont devenus des amis » en tournant Ne Change rien, avec Jeanne Balibar, un film qu’ils présentaient au dernier festival de Cannes. Le réalisateur semble, comme à son habitude, avoir dilaté le temps : le tournage s’est déroulé sur plusieurs mois, tout semble avoir été filmé au cours d’une même journée. Elle ne «savait pas que Pedro Costa avait postulé pour venir à Cannes». Il n’était même pas prévu que ce superbe documentaire en noir et blanc consacré a son «second métier» de chanteuse «devienne un film». Mais une complicité est née au fil des répétitions et des concerts. Jeanne Balibar qui «admire le travail» du réalisateur portugais est maintenant «fière de faire partie de ses actrice ». Elle avait dit de même après avoir tourné avec Rivette.

 

 

Par Stéphane Leblanc

15/05/2009

Nuits d'ivresse printanière : aventures clandestines chinoises

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Amours et trahisons sont au cœur de Nuits d’ivresse printanière, que Lou Ye a dû réaliser clandestinement : le cinéaste est interdit de tournage depuis 2006 et son précédent film, Une jeunesse chinoise (2006), qui relatait des événements de Tiananmen. En résulte des vues prises à l’arrachée : images tremblées, montage haché pour une intrigue un peu (trop) alambiquée. Au moins Lou Ye, qui revendique l’influence du Jules et Jim, de Truffaut, a-t-il le mérite d’aborder de front l’homosexualité dans un pays qui la considère tout de même comme une maladie mentale. Mais y aura-t-il des Chinois pour voir ce film ? Sauf à Cannes, on en doute…

Karie Jarvis, Première révélation du Festival

    Révélée à Cannes, sans y être. La jeune britannique Katie Jarvis, 17 ans 
au moment du tournage de Fish Tank, joue Mia, adolescente en crise,
rebelle à toute forme d’autorité.

Absente de la Croisette, mais excusée : « Elle n’est pas là parce
qu’elle a accouché d’un bébé samedi dernier », a révélé la réalisatrice
Andrea Arnold à l’issue de la projection du film qui ouvrait hier la compétition cannoise.



Elle ne savait même pas danser

Repérée et abordée sur le quai d’une gare, la jeune fille n’a d’abord
pas cru qu’il s’agissait d’un tournage. « Elle n’a pas voulu nous donner
son numéro de téléphone », raconte avec amusement la cinéaste
britannique. Elle n’avait jamais joué la comédie. Et ne savait même pas
danser, alors que Mia, son personnage, est censée être une fan de danse
hip-hop, sa seule perspective dans la vie. « Il me fallait quelqu’un
d’authentique, quelqu’un qui n’aurait pas besoin de jouer, mais qui
pourrait simplement être elle-même. » Quelqu’un capable de tenir
fermement un rôle tout en faisant preuve d’innocence et de fragilité, un
peu comme Emilie Dequenne dans la Rosetta des frères Dardenne. Katie
Jarvis a prouvé qu’elle possédait ces qualités. Une comédienne est née.

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Par Stéphane Leblanc

Star Clash : Vincent Gallo vs. Vincent Cassel

La bataille des latin lovers


L’un est américain, l’autre français, et ils représentent l’archétype de l’acteur moderne. Les deux Vincent ont quatre films cette année à Cannes. Trois ont été tournés en Amérique du sud, le quatrième étant un dessin animé.

 

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Vincent Gallo
Son actu cannoise : Il a ouvert la Quinzaine des réalisateurs avec Tetro, l’un des films les plus attendus de ce début de festival. Il reviendra jeudi à la Semaine de la critique avec 1989. Deux films tournés en Amérique du sud, en Argentine et en Colombie. Et où l’acteur apparait tel qu’en lui-même : à la fois intense et fantasque, sensible et sexy.

Son profil bankable : Sa dernière apparition cannoise dans Brown Bunny avait fait jaser à cause d’une scène de fellation prétendument non simulée. On avait depuis un peu perdu de vue cet acteur et réalisateur réputé ingérable, caractériel et ultra-réactionnaire. Le revoici dans ce qu’il fait de mieux : jouer des personnages qui lui ressemblent dans des films indépendants.

Son look croisette : Vincent Gallo serait au Carlton. Le look hippie chic, un rien casual : lunettes noires et barbe fournie. Attention de ne pas le confondre avec Frédéric Beigbeder, sous peine de praline.

 



Vincent Cassel
Son actu cannoise : il fait une voix dans Les Lascars, dessin animé très drôle sur des jeunes de banlieue désoeuvrés l’été à Paris, présenté dimanche en séance spéciale à la Semaine de la critique. Il jouera ensuite un père de famille qui se révèle infidèle lors de vacances au Brésil dans A Deriva, qui sera présenté jeudi au Certain regard.

Son profil bankable : Révélé en 1995 dans la Haine, présenté ici même sur la Croisette, Vincent Cassel a fait du chemin et atteint une forme de consécration dans Mesrine. Rien à voir avec les rôles plus anecdotiques qu’il défend cette année sur la Croisette et qu’il a du accepter pour s’amuser ou se reposer.

Son look croisette : Un de nos « contributeur-twitter » aurait vu Vincent Cassel sur la Croisette sans cheveux et sans sourcils, pour cause de tournage. On confirmera dimanche, après la présentation des Lascars.

 

 

Par Stéphane LeBlanc

06/05/2009

Get in Da Club des Croqueurs de Chocolat

Le Club des Croqueurs de Chocolat propose régulièrement des dégustations au coeur de Paris. L'occasion pour le Bruxellois Pierre Marcolini de nous prouver que la Belgique reste le royaume du chocolat...

Ici, on ne croque pas le chocolat, non, on le laisse fondre. Avec délicatesse. Entre la langue et le palais. Même à la première bouchée : le coup de dent est remplacé par un petit coup de couteau précis : le carré est tranché, net, afin de révéler comme il est fait. Car une dégustation, au Club des Croqueurs de Chocolat, c’est une jubilation des pupilles, avant celle des papilles. « Très fin », « très frais », « délicat », « soyeux », « délicieux » : les qualificatifs fusent. Les yeux brillent de mille feux.
Ainsi se déroulent, deux fois par mois au pavillon Lenôtre, sur les Champs-Elysées, les dégustations « ludiques » du Club des Croqueurs de chocolats. Une association ultra sélecte, que l’on n’intègre qu’à force de patience (la liste d’attente est longue) et de ténacité (il faut prouver sa motivation). Certains des 150 membres sont connus, comme Sonia Rykiel. D’autres non, comme Emmanuelle De Barmon, jolie blonde tombée toute petite dans la marmite du chocolat magique. C’est elle qui nous a initié ce soir là.
Première dégustation : cinq bonbons de chocolats signés Pascal Le Gac, qui vient d’ouvrir une boutique à Saint-Germain en Laye après vingt ans passés à la Maison du chocolat. On les place soi-même dans son assiette dans l’ordre requis « du plus doux au plus fort », glisse Emmanuelle de Barmon. Comme notre sémillante hôtesse, certains les mettent en ligne, d’autres en rond, suivant leur caractère ou leur humeur. Tous se concentrent, salivent, dégustent et votent à main levé. Les ganaches lait passion et le noir au zeste de citrons frais recueillent le plus de suffrages, pour leur « équilibre » et leur « finesse ». Vient le tour des cinq créations de Pierre Marcolini. Le Bruxellois détonne avec des saveurs contrastées -et diversement appréciées : une couverture « trop épaisse », un coulis de caramel au rhum qu’un Croqueur prend pour « du miel trop liquide »… Heureusement, un palet fin au lait fourré d’un praliné pistache met tout les Croqueurs d’accord : Marcolini n’a pas volé son titre de meilleur pâtissier du monde. En coulisses, il se marre : « J’ai adoré quand Claude Lebey, le fondateur du Club, a dit qu’il était sans doute trop vieux pour mes chocolats ».

pierre.pngLe Chef de file du nouveau chocolat belge
Quatre boutiques à Bruxelles, deux à Paris. Et des chocolats conçus « à contre courant » : moins gras, moins sucrés et plus petits que la moyenne : 5 à 6 grammes au lieu des 15-20g de mise chez les Belges. Pierre Marcolini revendique l’importance de l’enrobage de ses chocolats, la « couverture » en langage pro, qu’il réalise lui-même. Comme Bernachon, à Lyon, il fait partie des rares chocolatiers à travailler directement la fève de cacao, quand les autres achètent cette couverture déjà prête à des fournisseurs comme Valrhona.

 

 
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