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23/04/2009

Les slims suédois en duel serré

Est-ce parce que les suédoises ont de longues jambes fines et de beaux petits popotins que les jeans slims se sont imposés en deux deux à Stockholm? Une théorie qui se tient parfaitement lorsque l’on découvre que Cheap Monday et ACNE, les deux marques qui ont fait cauchemarder tous les boudinés, viennent du grand nord.


cheapmonday.jpgCheap Monday En 2000, Orjan et Adam lancent une friperie branchée en banlieue de Stockholm. Le shop n’ouvre que les week-ends et ne propose à ses clients que des pièces rares et chères. Sous la pression générale, les deux compères décident de lancer leur propre marque de jeans bon marché mais ultra stylés en 2004: Cheap Monday est née. Le succès est immédiat... Près de 800 paires s’écoulent en quelques semaines et les commandes à l’étranger pleuvent. Ces jeans slim à 50 euros sont distribués dans plus de quarante pays et 2000 magasins. L’année dernière, Cheap Monday s’est associé à H&M, le géant du prêt à porter suédois, pour continuer à conquérir le monde.

 


2404-MAG-JEAN.jpgACNE Non, non, non, cette marque n’est pas seulement destinée aux ados boutonneux. ACNE pour «Ambition to Create Novel Expressions» est la griffe hype par excellence des jeans «skinny». Créée par Jonny Johansson en 1997, ACNE a réussi une percée fulgurante dans les concept-stores les plus en vogue du monde comme Colette ou Barneys à New York. Depuis, la marque de denim s’est aventurée sur le terrain du prêt à porter mixte, des chaussures et des accessoires. Albert Elbaz, le directeur artistique de Lanvin a même signé cet hiver une collection unique pour ACNE. Le retour du baggy ne semble définitivement pas à l’ordre du jour.

Acne Studios
Par Cedric Couvez

Les Suédois étaient des vikings, ils sont des pirates

pirate_bay_logo.jpgSamedi 18 avril, l’ambiance n’était pas à la fête, pourtant tous avaient mis leurs plus beaux habits. Les hackers de Stockholm étaient de sortie pour manifester leur soutien aux quatre leaders de Pirate Bay. Ce site basé en Suède permet l’échange de fichiers Torrent, donc le téléchargement illégal de films ou de musique. Vendredi dernier, ses fondateurs, trois geeks et un financier à cravate, héritier du groupe Wasa, ont été condamnés à un an de prison et 2,7 millions d'euros d’amende pour aide à la violation de droits d’auteur. Au grand dam de milliers de leurs compatriotes qui ont décidé de contre-attaquer.

 

Les hackers contre-attaquent

Au milieu de la marée de trench-coats en cuir et d’ados aux cheveux fluos, Erik brandit une tête de mort. «Dès que nous avons appris la nouvelle via Twitter, hier, nous avons planifié ce rassemblement, explique cet étudiant de 24 ans. Les majors n’arriveront pas à nous faire taire. » Et si samedi, ils n’étaient guère que cinq cents (mille selon les organisateurs) dans la rue, ils sont bien plus nombreux dans tout le pays à s’indigner de la peine de prison infligée aux créateurs de Pirate Bay. Les hackers, d’abord, qui ont lancé leur contre-attaque. Plusieurs centaines d’entre eux se seraient réunis pour attaquer des sites liés à l’industrie musicale, tandis que d’autres vidaient les cartouches d’encre de l’avocate des majors en lui envoyant des fax noirs.

Mais les « hacktivistes » ne sont pas seuls. Dans les heures qui ont suivi le jugement, trois mille Suédois se sont inscrits au Piratpartiet. Le « parti des pirates », qui compte désormais 18 000 membres, est devenu la cinquième formation politique du pays. Il espère rallier 100 000 votes aux prochaines européennes et ainsi décrocher un poste au parlement.

« La menace, c’est le capitalisme »

« Je serais née plus tôt, je serais militante écolo, assure Anna, une jeune manifestante qui promet de voter « pirate » en juin prochain. Aujourd’hui, la plus grande menace, c’est le capitalisme. Si l’on gagne sur ce point, on pourra montrer au monde entier que les grandes entreprises ne font pas la loi. »

Pays pionnier des nouvelles technologies, la Suède est aujourd’hui en pointe dans la lutte contre la « marchandisation de l’Internet ». « Nous sommes un pays de Vikings. La liberté fait partie de notre patrimoine national », clame Anna, dans un grand sourire. Bien que le piratage suédois ne soit pas encore classé par l’Unesco, il fait déjà son entrée au musée. Le Tekniskaa Museet de Stockholm (musée des Sciences et des Technologies) a acquis l’un des serveurs de Pirate Bay saisi par la justice.

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Cedric Couvez / 20 minutes

Par Laurent Bainier

 
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