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20/11/2008

De la balle de sape!

La scène se déroule, sur le coup de midi, dans un immeuble banal d’un quartier classique du nord de Bogota. Dans la bonne humeur, l’élégant Miguel Caballero rabat les stores puis charge son revolver. « Je suis le seul patron qui ait le droit de tirer sur ses employés », s’amuse-t-il. Entre deux calembours, il charge et tire à bout portant sur un jeune cadre de son entreprise éponyme. Ça sent la poudre dans le bureau cosy du type. Tranquillement, il pose son calibre, enfonce sa main dans la veste de son salarié et y retire la balle. Sieur Caballero testait une nouvelle création de sa collection de vêtements blindés : un blouson en cuir raffiné, de surcroît anti-balles. Le genre de blouson que lui a déjà commandé la star hollywoodienne Steven Seagal ou encore la star du hip-hop ricain Puff Daddy. Chaque employé de sa boîte sert au moins une fois de cobaye ; une sorte de baptême qui participe au mythe de la marque.

Les sapes de luxe qui sortent de son atelier ont le petit plus tant apprécié de protéger des tirs de 8 mm jusqu’aux rafales de mini-Uzi. En quinze ans, ce dynamique quadra colombien s’est forgé une réputation mondiale dans l’univers de la sécurité et …de la mode. Il équipe à la fois des unités d’élite de l’armée colombienne que des hommes d’affaires, diplomates ou stars du show-biz. Les présidents colombien et vénézuélien ont tous deux dans leur armoire des chemises de la marque. Plusieurs exemplaires de la célèbre liquette rouge d’Hugo Chavez et de sa déclinaison blanche pour Alvaro Uribe sortent des ateliers de Bogota.

 

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De la gabardine à la veste de costume, en passant par le pull à capuche et le bombers, Miguel Caballero propose une cinquantaine de modèles anti-balles. Discrétion, style et haute sécurité, le tout estampillé du label « made in Colombia », une alchimie qui fait florès. Sur les 25 000 pièces vendues en 2007, 80% part à l’étranger, principalement en Europe et aux Amériques, mais aussi en Afrique et au Moyen-Orient.

En guise de com’, Miguel Caballero propose sur son site Internet quelques témoignages compilés  au sein de son «Club des survivants honoraires». Des militaires et des agents de sécurité colombiens racontent comment ils ont survécu aux balles des Farc et des bandes armées par les narcos grâce à ses gilets pare-balles. L’artiste est en mode business de guerre. Les zones de conflit ou les podiums strass paillettes, deux marchés que Miguel Caballero attaque de front.

Joan Tilouine

13/11/2008

Les paupières sont relou

La grosse bavure, le trait qui fait tache, la traînée en paquet. Ce n’est pas le titre d’un mauvais film d’horreur mais bien le cauchemar de toutes les femmes: le trait de fard croupissant sur la paupière. Il surgit en fin de journée et rayonne fièrement sur cette peau fragile. Couronné pour sa laideur, récompensé pour son effet tenace, ce trait est clairement un boulet. De la fashionista à la concierge en passant par wonderwoman, cette trace n’épargne personne.

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Alors mettez de côté vos jérémiades rythmées de «pourquoi moi ?», d’après le Docteur Laurence Falque, ophtalmologiste, «ce trait ne dépend pas d’un type de peau particulier, il se produit naturellement en vieillissant, la peau perd de son élasticité et crée un affaissement de la paupière qui amplifie le pli.» Les amatrices du regard plein fard ont deux options, soulagement ou désespoir. Mais l’heure n’étant pas à la mode des imperfections, on vous propose d’éviter le ravalement facial en optant pour des conseils tip top dans la tendance. Avec l’âge, la paupière croule, le fard coule, mais heureusement les maisons de beauté ont cerné le problème. La solution ? Une « base fixante de fard à paupière ». L’application est aussi simple que son nom. On imagine que sa paupière est un coloriage, on trempe son doigt dans le pot, et on étale sans déborder. Touche finale : dérouler le tapis rouge sur la paupière et le tour est joué.

Base paupières fixateur embellisseur - Guerlain 22€60
Texture crème, double effet soin et maquillage

Base pour ombre à paupière - Too faced 16€
Base brillante et opaline composée d’huiles essentielles et vitamines

Base Prep + Prime - M.A.C 15€
Texture crème, plusieurs teintes

Julie Dubois

 

Itinéraire d'un enfant graffé

Les marques se l’arrachent et chacune de ses expos cartonne. À 28 ans, Manuel Angot promène sa bonne humeur dans l’underground parisien depuis une bonne dizaine d’années. C’est d’ailleurs dans le métro que la carrière de ce pionnier français du « custom » a vraiment débuté: « Il y a 6 ans, j’étais dans une session graffiti quand mon marqueur s’est explosé sur ma paire neuve d’Air Force One blanche. J’étais dégoûté à cause des tâches sur le cuir. J’ai donc décidé de pousser le délire en les graffants jusqu’au bout. Une fois le dessin fini, j’ai filé les chaussures à un magasin de street-wear à Châtelet pour qu’ils les mettent en expo. Deux heures plus tard, ils m’ont appelé pour me dire qu’un client venait des les acheter 300 euros. Ils m’en ont commandé 30 paires dans la foulée !»

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Initié au skate, au hip-hop et aux sneakers par ses deux oncles, ce gamin d’Evreux multiplie dès 1988 les allers-retours dans la capitale. Il y découvre une culture en pleine effervescence : le graffiti. Plus occupé à noircir ses feuilles de cours de tags qu’à rendre ses devoirs à l’heure, il abandonne vite ses études pour s’installer à Paris. En roulant avec son BMX dans la rue, il rencontre son futur crew, les « O.M.T ». Ensemble, ils « défoncent les rames de métro » et repeignent les murs grisâtres pendant près de deux ans. Pour payer le loyer de son studio, Manuel enchaîne les petits boulots. Assistant booker dans une agence de mannequin, vigile… L’homme est volontaire mais rêve de faire fructifier son don pour le dessin. Ses créations sur les baskets étonnent et les parutions de la presse spécialisée commencent à tomber. « On m’a longtemps appelé Manu Custom. C’est un pseudo trouvé par Nico, le boss du magazine Shoes-Up, mais j’ai vite détesté ce nom trop segmentant ! »En  2003, tout s’accélère.

Manu crée sa S.A.R.L, son site internet art-force-one.com et découvre New York, son jardin d’Eden. De retour à Paris, le graffeur repousse les limites de la personnalisation. Il fait appel à différentes techniques en déstructurant les chaussures. Nike l’invite à exposer, les autres marques emboîtent le pas illico. Booba et Vincent Cassel lui commande des paires. Le buzz est lancé. Mais Manu voit plus loin : «J’ai commencé à me diversifier et à customiser des consoles de jeux vidéos, des téléphones portables, des vélos…» Été 2007, c’est la consécration. Atmos, une boutique hype d’Harlem lui commande 25 paires pour fêter ses 2 ans. La marchandise à 500 dollars l’unité s’écoule en moins de deux heures. De quoi donner des ailes à ce voyageur-né qui rêve de poursuivre son art de ce côté de l’Atlantique ou en Asie « en créant une marque de textile si possible… » En janvier prochain, Manuel Angot exposera ses œuvre chez Wesc : «Le thème ? c’est Gloire à Satan ! Je ne suis pas gothique mais je kiffe les défis.» Un beau pied de nez pour cet artiste qui avait sonné le retour du fluo bien avant que les kids de la feu Nu-Rave ne s’en emparent

Décollez avec Art force one

Entrer dans la galaxie Art Force One, c’est un peu comme faire un tour de grand huit sous MDMA. Couleurs fluo et camouflages psychédéliques à gogo, Manuel Angot personnalise tout ce qu’il touche. Si l’univers de la sneakers reste son domaine de prédilection, l’artiste balance aussi ses jets de peintures sur des produits Hi-Tech élitistes. Petite revue des dernières productions du chevelu…


Enceintes I-Groove de Klipsch.
Votre I-Pod en a ras le bol de s’asseoir sur une station aussi triste qu’un disque de Vincent Delerm ? Bonne nouvelle, Art Force One a customisé une paire d’enceinte unique au monde qui trônera fièrement au beau milieu de votre salon. L’exclusivité a un prix… 650 euros.

Nike Dunk High pour BKRW
Manu revisite ce modèle légendaire de la marque à la virgule en détournant les couleurs eighties à la Flashdance. Kids ou trentenaires crameront les dancefloors en chaussant cette paire de shoes. Cette série limitée à seulement dix exemplaires est numérotée et vendue samedi 15 novembre au Citadium de Paris.

 

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Nike Dunk « Satan »
Nul besoin d’être fan de Marilyn Manson pour tomber raide de ces sneakers. Première pièce de l’expo Wesc qui se tiendra en janvier, le créateur s’est amusé à truffer ce modèle de détails étonnants. Antéchrist, clous et peinture au latex, il a fallu 5 jours à Manu pour réaliser cet univers… encore plus rapide que dieu !

Van’s Chukka
Créé pour les 35 ans de la célèbre marque de skate-wear, Art Force One nous livre en exclusivité la photo de cette paire customisée qui puise ses influences chez les Moomins, un dessin animé finlandais. On est underground ou on ne l’est pas !  

Ces produits exclusifs (et bien d’autres) sont disponibles au >> 9bis passage Thiéré dans le 11è arrondissement de Paris ou sur le site internet www.art-force-one.com

Tous en chien de la déco chien-chien

On connaissait les cols roulés pour chien, les chaussons pour papattes au chaud, les gilets de sauvetage, les colliers en diamants, les gamelles en argent… Mais, cette fois, une société américaine a fait très fort ! Voici les « niches-tables basses », les « tables de chevet-niches » et les «  meubles télévision-niches », c’est selon… ! Ce drôle de mobilier a jailli tout droit -telle une nuée de puces sur un sac du même nom - de l’imagination de Sarah et Chris Pierce, les fondateurs de Denhaus (www.denhaus.com). L’argument pour justifier cette audacieuse mise sur le marché a du chien : « Nous avons voulu que les animaux se sentent bien chez eux… », expliquent les heureux propriétaires d’un fox-terrier à qui l’on a sans doute pas demandé son avis esthétique. Vintage ou « chic et de bon goût », ces niches se déclinent en plastique ou en bois, dans les tons beige, chocolat ou vert céladon pour mieux se marier avec un décor Ikéa ou une commode Louis XVI.

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Pour 300 à 400 euros selon taille et modèle, on bénéficie même de la garantie « anti-mordillement ». En outre, ces niches de style ont le mérite de mettre fin à un vieux débat responsable de la mort d’innombrables couples : le chien ou le chat peut-il dormir dans la chambre ? Oui, mais dans sa « niche-table de chevet » ! Un argument de taille quand on sait qu’en France un foyer sur deux possède un animal de compagnie. Autre innovation pour le bien être de ces chers toutous : un sextoy canin imaginé par le designer français, Clément Eloy, fondateur de l’agence FeelAddicted et spécialiste du design conçu pour susciter de nouvelles expériences. Il a ainsi créé « Hotdoll », un superbe caniche aux qualités sexuelles insoupçonnables... Présentée en Belgique au salon Intérieurs08 en octobre dernier, cette poupée pour chien sera bientôt en vente 385 euros sur www.hotdollfordog.com.

Alexia Guggémos

>> Retrouvez toute l’actu de l’art et du design sur le blog d'Alexia Guggémos, Delire de l'art

06/11/2008

Carott pant, preppy, treging, les mots de la rentrée mode 2009

Si en feuilletant un magazine féminin, vous avez l’impression qu’on vous cause kazakh, c’est normal. Mais c’est pas du kazakh, c’est juste un mélange d’anglais et de mots qui n’existent pas dans la vraie vie. Même qu’à l’Académie française, ils font des autodafés d’Elle tous les lundis. Evidemment, avoir fait anglais LV1 est un plus. Si tu as fait allemand première langue lectrice, c’est bien fait pour ta gueule. Mais savoir dire « Brian is in the kitchen » ne vous aidera pas à tirer la substantifique moelle de la prose de la presse féminine – savoir comment s’attifer cet hiver, quoi.

Le pantalon carotte

Attention, derrière cette appellation bucolique se cache la pire aberration vestimentaire des vingt dernières années (avec le fuseau et le jean neige). Prenez une fille tout à fait normale, voire mince, faites lui porter un pantalon carotte et POUFFE, euh, POUF, vous avez une fille à gros cul. C’est mathématique : taille haute + large au niveau des cuissots + resserré vers le bas + longueur feu de plancher = la croupe de Rihanna qui aurait mangé Beyoncé.

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Preppy

Le look preppy n’est ni plus ni moins qu’un look BCBG cheveux propres, polo, blazer, ballerines. Le but étant de passer sans problème pour une héritière de la famille Ralph Lauren qui passe son MBA à Harvard. Même si vous êtes née à Nevers et que vous faites un Deug de socio à Nanterre.

Le tregging

Dans tregging, il y a legging. Tu l’auras compris, lectrice, on est dans le moulant là. Jusqu’ici, tout va bien, on a toutes déjà passer une journée en apnée pour rentrer et surtout tenir dans un slim. Là où ça se corse, c’est que le tregging est plutôt en cuir, vinyl, voire PVC pour les petites bourses. Et une fille en caleçon en plastoc, ça fait peur aux enfants.

Voilà. Débrouillez-vous pour comprendre ce que sont des low boots, un smoky eye, le look hippy glam et vous pourrez rhabiller Brian qui est in the kitchen pour l’hiver.

Nadia Daam

La fin des cosmétiques en blouse blanche

La mode est au laborantin en roue libre dans l’univers des cosmétiques. Pendant des décennies, les marketeux qui baptisent nos produits de beauté nous ont servi de la cosmétique en blouse blanche: sérums aux acides imprononçables, baumes DHX machin et autres produits qui sentent bon le tableau de Mendeleïev. Mais aujourd’hui, la tendance est au nom de produit funky, limite foutage de gueule. Auto­bronzant «Santa Tanita», lisseur «Abracada­baume», masque gommant «Coup de gueule»... Les linéaires de cosmétiques ressemblent de plus en plus à l’almanach Vermot.
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«Si on avait dû faire une étude de marché, on n’aurait jamais sorti un gel remodelant pour fessier qui s’appelle “Faux-Cul”. Trop négatif. Pourtant, ça se vend très bien», explique Alexis Robillard, responsable marketing de Nickel. La marque de produits pour hommes est l’une des pionnières dans le domaine. «A la différence de ce qui se faisait jusque là, nos noms sont explicites, poursuit-il. Un consommateur non-expert sait tout de suite que notre “Lendemain de fête” est un produit qu’on utilise... les lendemains de fête. Et ces noms prouvent que nous ne nous prenons pas au sérieux.»

Garancia, petite marque parisienne qui produit depuis cinq ans la crème des cosmétiques, mise elle-aussi sur le décalé. Aux blases pseudo-scientifiques qui sentent l’Ajax, Garancia préfère les mots doux tendance Majax. Philtre légendaire, Pschitt magique... «Les femmes veulent des produits magiques. Nous leur offrons de l’extraordinaire», commente la créatrice de la marque, Savéria Coste. De là à donner l’impression au client qu’il achète de la poudre de perlimpimpin, il n’y a qu’un trait de Rimel. «Le plus important, c’est de susciter l’envie, assure-t-on chez Nickel. Mais ce qui fera qu’un client apprécie un produit et reviendra l’acheter, ce n’est pas son nom, c’est son efficacité.» Et quand on évoque le sujet, tout le monde remet sa blouse et nous assure 85 % de lissage en plus, des actifs ultra-high-tech, des résultats prouvés et approuvez. Sous le maquillage poétique se cache toujours un argumentaire à faire pâlir un Nobel de chimie. Chassez le naturel, il revient au labo.

Laurent Bainier

 
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