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02/10/2008

La WWE déterre le catch de guerre

Catch it if you can! Le barnum WWE (World Wrest­ing Enter­tain­ment), ses lutteurs luisants et son ring à trois cordes étaient à Paris le week-end dernier, ils seront à Nice le mois prochain. La caravane du catch US passe en Europe, et à chaque fois, les fans aboient de plaisir. A Bercy, ils étaient 15 000, pour un show à guichets fermés, vociférant, dès 6 ans, des «You suck» aux moins aimés des lutteurs. Le come-back est fulgurant. Mais comment ce show, K.-O. il y a dix ans, a-t-il pu remonter sur le ring?

Tabatha Catch
La fédé de catch a d’abord sorti le coup de la corde à beau linge. Hulk Hogan, héros des années 1990, avait tout juste de quoi rassurer les dégarnis à moustache sur leur sex-appeal. La génération 2000, CM Punk, ou Kelly Kelly en tête, a donc revampé la discipline. A grands coups de silicone et de séances UV, les bimbos ont bouté les mastodontes graisseux hors du ring. «On s’entraîne quelques heures par jour, explique ainsi Kelly Kelly, ex-mannequin à la plastique en plastique. Mais notre sport préféré reste le shopping.» Et elles n’ont pas hésité à pousser le glam jusqu’au trash. Le «Monday Raw», l’émission phare sur USA Network, a réalisé l’un de ses plus gros coups en 2006 en promettant une scène de sexe en direct en­tre un couple de combattants. Le coït a été interrompu opportunément par des catcheurs jaloux mais l’audience, elle, a grimpé aux rideaux.

 

Catch Woman
Le catch, ce ne sont pas que des strings, c’est aussi des collants. En alternant petites et grosses ficelles, les scénaristes des combats ont surfé sur la vague porteuse du moment, les super-héros. «Pour les gosses, on est comme des personnages de comics, analyse Chris Jéricho, le champion du monde. On est en tenue moulante. Il y a les gentils et les méchants, on finit toujours par se relever.» Et les kids kiffent. Mais à trop tirer sur la troisième corde, les héros parfois fatiguent et forcent sur la kryptonite. La fédé tente de prendre le taureau sous stéroïdes par les cornes. Les premières suspensions sont tombées. En mars 2007, Joey Mercury était licencié par la WWE pour des «problèmes de drogue».

Machine à catch
Si sur scène, tout est réglé au double nelson près, en coulisse l’improvisation est encore plus mal vue. La capitalisation boursière de la WWE Inc dépasse le milliard de dollars. Ses show sont diffusés dans 130 pays et ses produits dérivés s’arrachent. En abandonnant l’appellation WWF, la WWE n’a pas seulement évité un procès avec l’autre WWF, celui qui sticke ses pandas sur les camping-cars d’écolos. Elle a également parachevé son chantier de renouvellement. Elle a racheté les fédérations concurrentes pour s’offrir un quasi-monopole sur la discipline. Et ce n’est pas la lente renaissance du catch français qui lui fait peur. La fédé n’exclut d’ailleurs pas d’aller chercher ses champions sur le Vieux Continent. «Pourquoi ne pas ouvrir une école de catch en France ou en Grande-Bretagne ?, se demande la lutteuse Candice Michelle. On pourrait y trouver de nouvelles stars.» Pour faire patienter les bébés bagarreurs, la fédé lancera en novembre une version française de son magazine phare. Ring ! Ring ! Ring ! La WWE vous appelle...

Laurent Bainier

Envie de vous looker comme un catcher ? Drôle d'idée, mais on peut vous aider.

Des grosses manchettes dans la petite lucarne. Le catch sur petit écran c'est ici.

Du catch sur patin, ça roule.



Kofi Kingston.JPG

“© 2008 World Wrestling Entertainment, Inc. All Rights Reserved.”

27/09/2008

Les stars du catch ce soir à Paris

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raw.JPGCe soir, Bercy joue à catch cash. Les stars bodybuildées de la WWE, la plus grosse fédé de catch, s’affrontent à Bercy devant 15000 spectateurs dans le cadre du Raw live Tour. Les billets (de 31€ à 90€) se sont arrachés et on ne les trouve plus aujourd’hui au marché noir qu’à des sommes folles ou contre des prestations étonnantes. Alors pour ceux qui resteront dehors ce soir, la fédération organisait ce midi au Virgin des Champs-Elysées (à Paris) une séance de dédicaces avec ces lutteurs les plus glam, CM Punk et l’ex mannequin Kelly Kelly.

Quand sonnent les douze coups, les vedettes se font attendre mais les fans sont survoltés. Ils conspuent Cena lorsque des images de son dernier combat passent à l’écran. Ils déploient des banderoles pour souhaiter la bienvenue à CM Punk. Dès la veille au soir, une cinquantaine d’entre eux patientaient dans la file, prêts à dormir devant le magasin pour être certains d’obtenir un autographe. Pas de doute, ils feront partie des gagnants. Mais pour les centaines d’autres, venus depuis 6h ce matin, la course à la signature s’annonce plus rude. Sanel et Pika ne perdent pas espoir. Ces deux ados de 11 et 15 ans, fans du show depuis que NT1 a entrepris de le diffuser en 2007, attendent sagement. «On sera à Bercy ce soir, on a acheté nos places en mai pour être sûr d’en avoir. Mais on voulait voir les catcheurs de plus près, alors on est venu faire la queue.»

Derrière eux, six ados de Noisy-le-Grand n’ont pas cette patience. Arrivés à 8h sur les Champs, ils ont trouvé une file d’attente immense devant eux. Et préférant renoncer à piétiner, ils cherchent par tous les moyens à se faufiler jusqu’au podium. Un riff de guitare retentit. La foule exulte. Les deux catcheurs font leur entrée et accueillent leur premier supporter, un gosse venu de Normandie pour embrasser Barbie Kelly. La lente procession s’ébranle. Les lutteurs échauffent leurs avant-bras, ce soir les combats promettent d’être plus physiques, l’ambiance plus chaude et le show plus lucratif encore.

25/09/2008

Pourquoi les marchés marchent à Londres

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Le week-end, elles enva­hissent sans retenue le moindre mètre carré de trottoir, excitant les branchés en quête de bonnes affaires. Welcome dans l’incroyable univers des puces londoniennes ! Mais attention, si votre portefeuille vous démange un peu trop, vous risquez vite de passer pour un pigeon… L’équipe du 2.0 a battu le pavé pour vous dénicher les bons plans de la chine à Londres.

Une route pas très roots
Samedi midi, direction les puces de Portobello Road. C’est dans cette rue parsemée de petites bicoques colorées que Hugh Grant faisait tomber Julia Roberts dans la comédie romantique Coup de foudre à Notting Hill. Mais une fois l’exotisme architectural dépassé, l’ambiance retombe d’un cran. Plongé au cœur d’une horde de touristes à sac à dos, on survole des étalages de bibelots sans intérêts. Porcelaines, camelote faussement vintage et croûtes aux couleurs passées, l’offre a juste de quoi satisfaire une clientèle familiale peu regardante sur l’originalité. La cinquantaine bien tassée, Sam s’adonne au commerce de bijoux fantaisie : « Por­tobello, c’est le paradis des Japonais qui viennent chercher un souvenir mais tout les produits viennent de Chine ! »

Un chien cyber plein de puces
2609-MAG29-LONDRES02.jpgUn poil déçus mais loin d’être abattus, on file à Camdem, dans le nord de la cité. L’atmosphère change du tout au tout. Dans les ruelles sombres de ce quartier populaire, on chine des denrées inédites. Tee-shirts trash, robes vintage et accessoires fashion, le bazar fourmille d’idées cadeaux. Au bord du canal qui draine la Tamise, les badauds se sifflent bière sur bière. Clou du spectacle, le shop Cyberdog vous noie dans un environnement post-punk futuriste où les vendeurs sortent tout droit d’un épisode de Matrix sous MDMA. Sapes fluos, casquettes improbables et gadgets high-tech s’étendent sur 1 000 mètres carrés. Un DJ over-piercé balance de la techno hard­core à 120 décibels. Ames sensibles s’abstenir.

A voir et à manger

2609-MAG29-LONDRES03.jpgNettement plus calme mais encore plus hype, le Sunday Up Market est le spot shopping à la mode du dimanche. Perdue entre les innombrables restaurants pakistanais de Bricklane, une énorme halle est réquisitionnée par les artisans bijoutiers tendance, les stylistes en herbe et les vendeurs de vieux vinyles. Dans cette caverne d’Ali Baba bercée par un brouhaha bon enfant, on se gave de world-food en écoutant du reggae. Le stand de cuisine éthiopienne est particulièrement prisé par les bobos londoniens qui viennent se remettre de leur cuite de la veille. Bonne nouvelle, ce marché est aussi ouvert aux touristes. A chiper, à shopper !

Cédric Couvez

18/09/2008

Les stylistes en mode designers

 

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Séries limitées, éditions collectors, espaces éphémères… Boulimiques de nouveautés, les marques grand public ne cessent de multiplier les opérations spéciales pour dynamiser leurs images. Dans un marché concurrentiel aussi tendu qu’un string brésilien, les génies du marketing délaissent un temps leurs fichiers Excel pour traîner leurs guêtres dans le merveilleux monde de la fashion. L’occasion pour les créateurs de s’exprimer sur d’autres supports que le chiffon et parfois de se refaire une petite santé financière…

Archéologie contemporaine

«L’artiste va devenir la caution de tout acte commercial de luxe» : cette citation visionnaire de Jean-Charles de Castelbajac date de 1979. Le styliste qui a habillé le pape se définit lui-même comme un curateur de talents. «Ce qui me plaît dans le co-branding [co-griffage], c’est d’avoir carte blanche pour réaliser des projets amusants et personnels. Je veux avoir une direction artistique absolue.» En cette rentrée, JC/DC est sur tous les fronts : «J’ai réalisé une installation onirique à l’hôtel Meurice et un cocktail pour Bombay Sapphire. En outre, j’ai habillé des Lego que l’on fera défiler au Showcase début octobre.» Si le styliste est un véritable touche-à-tout, pas question pour autant de se pervertir : «Je ne travaille qu’avec des marques qui ont une histoire. J’appelle ça de l’archéologie contemporaine. J’ai besoin de légitimité dans mes créations.»
Un souci de légitimité que l’on retrouve également du côté des marques qui « castent » les artistes en fonction des valeurs communes avec celles du produit. Pour lancer une bouteille de whisky collector, Bartlomiej Jozwiak, responsable de la marque Clan Campbell, a choisi Paco Rabanne : «Nous avons trouvé que le lien était évident. Nous jouons sur le mysticisme et l’authenticité. Paco a répondu à un briefing de notre agence de communication et sa vision était très proche de la nôtre.»

1909-MAG19-det02.jpgCréateurs bankables
Reste à savoir si cette opération de communication est rentable commercialement. « Le but n’est pas purement commercial. Mais nous ne perdons pas d’argent sur cette édition de 200 000 bouteilles », réplique Bartlomiej Jozwiak. Même son de cloche chez les modeux qui semblent plus passionnés par les lettres que les chiffres. « C’est presque du bénévolat », se défend Cas­telbajac avant de lancer : « Si le projet me plaît, je peux baisser mes prétentions financières. » Patrizio Micelli, fondateur de l’agence Al Dente spécialisée dans le conseil stratégique des marques de luxe, prend lui de la hauteur sur le sujet: « Pour qu’une telle opération soit un succès, il faut que les deux parties soient gagnantes : à savoir que le choix du créateur soit cohérent avec la marque, que l’image du styliste ne soit pas ternie et que l’investissement soit rentable.»
Quand aux top 3 des créateurs les plus bankables pour une grande marque, Dana Thomas, journaliste américaine et auteur de Luxe & Co aux éditions des Arènes a son avis sur la question : «En premier lieu, le roi Karl Lagerfeld, puis Jean Paul Gaultier et enfin John Galliano.» La chasse aux créateurs ne fait donc que commencer.

Cédric Couvez

 
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