25.06.2009
Dis moi qui tu es, je te dirai où aller
Non, non et non, les festivals ne sont pas reservés qu'aux jeunes chevelus amateurs de bains de boue entre deux bières tièdes! Si tous les goûts sont dans la nature, tous les styles de rassemblements musicaux sont au programme cet été. Mais gare à ne pas vous planter en choisissant votre point de chute sous peine d'attérrissage forcé en eaux troubles.
Pour vous aiguiller dans líoffre pléthorique, voici un petit quizz qui déterminera pour quels types de raouts en plein air vous êtes visiblement faits.
Quel type d'hébergement privilègiez vous ?
- Une bonne tente Quechua équipée d'une moustiquaire et d'un réchaud
- Une charmante chambre d'hôte
- Un hôtel design branché
Votre dress-code type en festival ?
- Chemise + carreaux et jean slim
- Short et torse poilu
- Pantalon à pinces et polo repassé
Une petite soif, vous commandez...
- Un fût de bière cul sec
- Un verre de rosé frappé
- Une coupe de champagne
Et une petite faim, vous vous ruez immédiatement sur ...
Une salade composée bio
Une tartine de foie gras
Un kebab XXL supplément frites
Pour apprécier un concert vous préférez idéalement...
- Etre confortablement assis sur une chaise
- Slammer au premier rang
- Gigotter sur le dancefloor
Votre niveau sonore favori s'approche des ...
- 130 décibels (avion au décollage)
- 110 décibels (boîte de nuit)
- 70 déciblels (grand magasin)
Politiquement, vous êtes plutôt...
- Modem
- PS
- UMP
Dans votre baladeur, vous écoutez plutôt...
- Sonny Rollins
- Klaxons
- Manu Chao
Votre budget festival s'élève à...
- Moins de 100 euros
- Moins de 1 000 euros
- Plus de 10 000 euros

Les réponses du quizz, c'est Wizz...
1) N'y allons pas par quatre chemins boueux, vous êtes dans la branche "roots' des hardcore festivaliers. Votre dada, c'est du gros son, beaucoup de bièe et le camping. Cet été, vous allez slammer aux Solidays (du 26 au 28 juin à Paris), au Décibulles (du 26 au 28 juin Ègalement mais à Neuve-Eglise en Alsace) ou encore aux Vieilles Charues (du 16 au 19 juillet à Carhaix).
2)Toute l'année, vous Ítes un wanabe branché. Votre festival idéal est sexy et surtout très hype. On y va pour écouter en avant première les "next big things" et finir sa nuit avec un sosie de Kate Moss. Nous vous conseillons Calvi On The Rocks (du 3 au 6 juillet) ou encore Biarritz Big Festival (du 15 au 17 juillet).
3) Votre kiff, c'est une ambiance chic et buccolique. Côté musique, vous partagez vos oreilles entre des récitals classique ou des jam de jazz. Voilà les deux plans incontournables de votre saison : Les Flaneries Musicales de Reims (du 18 juin au 22 juillet) et le festival Jazz Juan ( du 11 au 19 juillet à Juan les Pins).
15:57 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : une, festival, couvez
11.06.2009
Faire la fête au bord du Tage, c’est bon pour les Saints Populaires
On rêvait de citer Pessoa. Finalement, on paraphrasera Clarisse, 23 ans, touriste française de passage à Lisbonne : « Juin, c’est le mois de la fête, dans la capitale de la fête. » C’est moins poétique, mais c’est plus judicieux. Au tournant entre printemps et été, Lisbonne, la turbulente voisine du Tage, se met en effet à pétiller comme du vinho verde. On y chante, on y danse, on y boit... Comme d’hab’ ? Peut-être, mais cette fois l’orgie se fait avec la bénédiction des saints patrons de la ville. Pendant deux grosses semaines, la ville honore ses « Santos populares »
Week-end très saint
Les Festas, ce sont des concerts, des pièces de théâtre, des spectacles en plein air dans toute la ville. Mais ce sont aussi et surtout des défilés à la gloire des canonisés de la région. Si le patron de la capitale est Vincent, le saint des saints pour les Alfacinhas (le surnom des habitants), c’est Antoine de Padoue. D’ailleurs, au pays du fado, on l’appelle Antoine de Lisbonne en hommage à ses origines lisboètes. Ce soir, touristes et autochtones se presseront avenue de la liberté pour admirer un défilé folklorique, qu’on annonce comme chaque année plus beau que le précédent. Et au petit matin, une fois la cohorte de danseurs couchée, l’avenida da liberdade, antre du luxe, ne sera balayée que par le vent du large et par les équipes de nettoyage. Dolce Gabanna, Zegna ou Vuitton garderont leur rideau de fer baissé. « Saint Antoine n’aimerait pas qu’on travaille le 13. C’est le jour de sa fête, assure Antonio Melles, chauffeur de taxi revenu au pays après des années à Paris. Les Lisboètes sont fiers de leur passé. Mais dès que les festas sont terminées, on se remet à rêver du futur », ajoute-t-il, coincé derrière un camion de travaux.
Depuis maintenant près de 15 ans, la ville est en chantier. On commença par préparer l’expo universelle de 1998, puis on se mit à préparer l’avenir. Que ce soit pour réparer la calçada (les trottoirs pavés qui font la réputation de la ville), construire un hôtel grand luxe ou élever un immeuble pour les nombreux nouveaux arrivants, les échafaudages fleurissent dans la ville comme jadis les oeillets
Epouser les traditions
« Avec l’entrée dans l’Europe, notre économie a décollé, commente Joao, au bar du Lux, le club branché de la ville. Demain, d’autres pays avec plus de besoins prendront nos subventions. Alors c’est maintenant qu’il faut faire des efforts. » Au nom de la « politique européenne de cohésion », le Portugal est assuré de recevoir de généreuses aides européennes au moins jusqu’en 2013. L’objectif : faire converger le niveau de vie local avec celui des autres pays européens. Plus d’argent certes, mais pas moins de traditions. Lisbonne n’entend pas perdre ses racines.
Ce n’est pas Joao, qui a choisi le week-end de la Saint Antoine pour se marier cette année, qui nous contredira : « A Lisbonne, c’est LA date pour se marier. Quand j’étais plus jeune, je trouvais que c’était ringard, mais aujourd’hui j’aime bien le symbole. » Sans doute ira-t-il quelques jours plus tard fêter son propre saint, Jean, le 24 juin, dans l’Alfama. C’est l’autre point chaud de ces Festas. « Traditionnellement, c’est à Porto qu’on fait les plus grosses fêtes de la saint-Jean, avoue-t-il. Mais ici, c’est tout le mois de juin qui est consacré aux fêtes patronales, alors ça ne sert à rien d’aller jusqu’à Porto. » Un dicton portugais dit que Porto travaille, Coimbra chante, Braga prie et Lisbonne s’amuse. A vous de voir ce que vous préférez faire ce week-end.
Par Laurent Bainier
17:28 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lisbonne, une, bainier
09.04.2009
Des nuits cernées par l'insomnie
Collés à l’oreiller de leurs nuits impossibles, une armée d’ombres grandit. On les appelle, à voix basse, les insomniaques. Et ils sont nombreux. Près de 34 % des Français s’en disent proches, d’après la dernière enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). En réalité, ils sont 10 %, peut-être 15 %, menés par 5 % de vrais durs. Combien seront-ils demain ? Car l’insomnie fascine. La nuit leur appartient! On dit que Napoléon fut l’un des leurs ainsi que Churchill, Duras et de Gaulle. Emile Cioran, un des penseurs du mouvement, affirmera d’ailleurs : «L’insomnie est la seule forme d’héroïsme au lit.» Ben voyons!
Héroïsme ronflant
Un fin veilleur se confesse. L’avocat-écrivain-journaliste-essayiste Emmanuel Pierrat se défend pourtant d’ « en faire partie » : « Mais je ne suis pas insomniaque ! Je ne dors pas mais je n’en souffre pas. » Il se dit membre des « troublés de l’éveil », un groupuscule d’une vingtaine d’élus, repus sans peine après deux heures de sommeil, trop heureux de passer ses nuits à lire et produire, avec orgueil et rigueur.
Pas étonnant que cette voie fasse des émules. Mort aux temps morts ! Voilà qu’on parle de sommeil polyphasique. Lucia Bastenhof, alias Boréale, trentenaire graphiste et dynamique, explique son expérience encore méconnue d’une nuit de 3 h 10 suivie de trois siestes de 20 minutes, à heures fixes, « comme les skippeurs ». « J’ai décidé de pratiquer l’insomnie volontaire et organisée. Cela demande de l’autodiscipline, c’est assez solitaire mais je gagne du temps, je travaille plus, je fais une heure de qi gong [gymnastique respiratoire chinoise] par jour. » Elle ne regrette rien depuis neuf mois qu’elle polyphase.
Mais prenez garde. Les insomniaques sont souvent dans de sales draps. Pour la plupart d’entre eux, « ils en souffrent », affirme le Dr Joël Paquereau, président de l’INSV. « L’insomnie commence avec la plainte », explique-t-il. Si les causes sont parfois organiques, comme lors d’apnées du sommeil (5 % des cas d’insomnie), elles deviennent rapidement des maux chroniques de l’âme. Un « cercle vicieux » où l’angoisse de ne pas dormir s’enchaîne à celle de ne pas être à la hauteur le lendemain.
Réveillez-vous fans du dodo
L’insomnie grandit dans l’anxiété de travailler plus et s’apaise mal d’un comprimé vite avalé. Sans traitement, elle peut être associée à la dépression, au diabète, au surpoids, à des problèmes d’humeur, de mémoire, voire à des accidents cardio-vasculaires sur le long terme. Malheur, les insomniaques sont en manque ! Et pour ceux que les sueurs de l’insomnie tentent encore, le docteur gronde sa sentence : « Le temps de sommeil dont nous avons besoin est incompressible. » Quand on calcule avoir déjà perdu près de 1 h 30 de sommeil sur cinquante ans, le médecin parle de « dette ». On devra bientôt cinq ans de sommeil sur quarante ans de vie professionnelle. Sacré somme. Payable en cash ? Ce sera long… Seuls 3 à 4 % de la population peut enfiler sans dommage le dossard de « petit dormeur » (moins de 6 h 30 par nuit), mais pour 85 % d’entre nous, « c’est entre 6 h 30 et 9 heures » de dodo que tout se joue, avec une moyenne autour de… 8 h 24.
Alors du nerf ! L’institut de la vigilance sonne le tocsin. Même si elle est délicieuse, la déconnexion est has been ! Courage, bande d’animaux diurnes, dormons la nuit. Et si ça ne marche pas, militons pour le droit à la sieste, même au boulot. En dix minutes par jour, elle pourrait résoudre les problèmes de fatigue de 55 % d’entre nous. C’est à se demander qui ça en-nuit.
Marika Mathieu (terrafemina.com)
17:21 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : tendance, une, bien-être, nuit
26.03.2009
À Riga, des sorties chic même sans fric
Votre banquier fait la tronche mais vous rêvez de vivre la vie de palace ? Oubliez Monaco, Londres et New York. Enfilez une doudoune et foncez à Riga ! En plein développement touristique, la capitale lettone offre aux « fauchés » de l’Ouest la possibilité de s’éclater à moindres frais. Si le lats est plus fort que l’euro, à prestations égales, les prix pratiqués à Riga restent sans commune mesure avec ceux de l’Hexagone. « Il existe un réel déséquilibre économique entre les Lettons et les touristes, même les moins fortunés d’entre eux », lance Andris, étudiant en commerce de 22 ans. « Ici, le salaire moyen plafonne à 300 €. Difficile, dans ces conditions, de ne pas se retrouver avec une ville qui fonctionne à deux vitesses », renchérit-il.
Dodos chicos
Avec ses rues pavées, son charme désuet et son calme olympien, la vieille ville, bâtie au XVe siècle, accueille le palace le plus coté du pays : le Grand Palace Hotel. Cinq étoiles au compteur pour ce sublime bâtiment de 56 chambres. Ici, on joue la carte du bien-être : massages, sauna et solarium sont disponibles gratuitement, 24 heures/24. Un moment de détente absolue pour moins de 200 € la nuit. Comparé aux prix des palaces occidentaux, c’est que tchi ! Dans la même gamme de prix et nettement plus design, passez une tête à l’hôtel Bergs. Situé dans le quartier branchouille de Riga, il offre une déco à couper le souffle. Entre minimalisme scandinave et détails baltes, c’est le point de chute préféré des jeunes gens modernes. Et pour seulement 100 € la nuit, le Reval Hotel Latvija est de loin le plus grand building de la ville. Bien plus qu’un simple pied-à-terre pour hommes d’affaires, ce spot est l’épicentre des before BCBG. Une horde de ressortissants britanniques y prend l’apéro au Skyline, le bar du 24e étage qui surplombe tout Riga et offre une vue à couper le souffle : « Pour les Lettons, c’est hors de prix, mais pour nous, c’est vraiment donné », assure John, trentenaire irlandais, un cocktail à 4 € à la main.
Lettons en boîte
Une fois le gosier humidifié, il est temps de vous prendre pour P.Diddy dans les discothèques chaudes de Riga. Premier conseil, allez-y à pied. Certains taxis ripoux ont des compteurs trafiqués qui tournent aussi vite que la dette nationale américaine et peuvent sérieusement vous gâcher le début de votre trip nocturne. Deuxième astuce, fuyez les bars à strip-tease où l’on vous rackette sans vergogne… A 300 € la coupe de champagne pour apercevoir deux tétons qui se battent en duel, c’est un peu fort de cacao. Préférez la scène amateur. Au Scandal, par exemple : ce petit club de la vieille ville regorge de beautés locales et le prix du verre ne dépasse pas 6 €. Doté d’une capacité de 3 000 personnes, le Club Essential est à expérimenter le samedi soir : « Mais attention à ne pas nous prendre pour des prostituées, sinon c’est le vent direct ! », lâche Kristine, mannequin de 19 ans. Pour les russophones, offrez-vous une virée au Nautilus. La déco s’inspire d’un sous-marin et les grandes lianes venues de l’Est y ondulent entre deux rasades de vodka low-cost. Prieka ! (à la vôtre), comme on dit en Lettonie.
Cédric Couvez
18:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : couvez, une
05.03.2009
Le bonheur est dans le pré de chez vous

Ras le bol de votre chien qui pisse sans vergogne sur le tapis du salon, de votre chat qui miaule à tue tête en pleine nuit ou de votre poisson rouge qui ne pipe pas mot ? Passez aux « Anac ». Derrière ce néologisme se cache les Anciens Nouveaux Animaux de Compagnie ! Après avoir domestiqué l’iguane vert, le python royal ou encore le furet qui fouette, le jeune actif urbain a bien l’intention de transformer son trois pièces terrasse ou son petit bout de jardin en véritable ferme. Surfant sur la tendance lourde du retour au terroir, notre zoophile non pratiquant passe ses week-ends dans les champs à la recherche du compagnon qui égayera son quotidien de citadin. « Enfant, j’ai passé toutes mes vacances dans le Gers entouré par les animaux de la ferme voisine. Pour mes 10 ans, ma grand-mère m’a offert deux poussins qu’elle avait achetés au marché… A la rentrée, de retour à Paris, j’ai eu le cœur brisé de les laisser dans le sud. Alors dès que j’ai emménagé dans un petit pavillon à Montreuil, j’ai craqué pour deux poules. En plus d’être un choix assez original, c’est un peu ma madeleine de Proust ! » s’enthousiasme Luc, 34 ans, patron d’une petite agence de street-marketing.
Ca roule ma poule
Mais ces bestioles de la campagne peuvent elles s’épanouir correctement dans un environnement urbain où l’espace y est aussi rare qu’un véto spécialiste des taureaux ? Dominic Hofbauer, représentant de la Protection mondiale des animaux de ferme a sa petite idée: « Prenons le cas des poules : même enfermées dans un appartement, elles seront toujours plus heureuses dans une pièce qu’élevées en batterie. Dans les exploitations industrielles, ces pauvres bêtes s’entassent à 18 dans un seul mètre carré de cage ! » Nous voilà donc rassuré : l’amateur d’ « Anac » n’est pas un vilain tortionnaire. Et bonne nouvelle pour les radins, la volaille ne coûte pas cher en soins vétérinaires : « Le prix d’une poule tourne autour de 80 euros. Si elle tombe malade, il est donc financièrement peu malin de la faire examiner puisque la consultation coûterait plus cher que le remplacement » ajoute, une plume cynique, Jean Claude Périquet, président de la Fédération Française des Volailles qui élève pas moins de 400 spécimen de basse cour chez lui en Seine et Marne.
Small is bio-ti-full
Et si comme George Clooney, vous voulez un cochon comme copain, filez sur www.groingroin.org . Ce site vous permettra d’adopter sans problème votre futur « babe ». Rencontré au Salon de l’agriculture le week-end dernier, Henri Petiot, éleveur d’Anatole, le plus gros porc du monde (qui pointe sur la balance à 603 kilos), recommande le cochon nain : « Il ne mangera que 500 grammes par jour contre 5 kilos pour les gros et son prix d’achat n’est pas inabordable : il faut compter 500 euros pour un beau bébé ! »Pour ceux qui possède un beau carré de pelouse, rien de tel que l’âne. Mais attention, loin d’être débile, cette bête a surtout besoin de compagnie, comme l’explique Christian Julienne, membre de la F.N.A.M, la Fédération Nationale des Anes et du Mulet : « L’âne est un animal sociable. Pour éviter qu’il s’ennuie, mieux vaut toujours en prendre deux ! » La solitude serait donc le seul véritable ennemi de l’« Anac ». Pour ne pas faire d’impaires, achetez les donc pas paires.
Cédric Couvez
19:19 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : une, couvez
19.02.2009
Berlin est graff sous les bombes

N’y allons pas par quatre chemins enneigés, architecturalement parlant, Berlin est loin d’être la plus belle capitale d’Europe. Si les gros blocs d’inspiration soviétiques font toujours leur effet, 80 % de la ville ressemble à une ZUP constellée de barres d’immeubles reconstruites après-guerre. Pour égayer leur cité grisâtre, la jeunesse berlinoise s’adonne à une passion : le graffiti. Des tréfonds du métro aux cimes des immeubles, des terrains vagues aux beaux quartiers, la peinture urbaine s’immisce dans chaque recoin. Seules les tours de verres futuristes de Potsdamer Platz échappent encore à ces artistes de rues. « Le graff est avant tout une histoire de nom. Être connu sans être reconnu… », résume Gerhard, jeune peintre de 22 ans. Cagoule sur le nez et échelle sous le bras, notre homme arpente les rues la nuit tombée : « C’est comme un jeu vidéo. Avant de prendre du plaisir en graffant, il faut trouver un lieu et c’est souvent très rock’n’roll. »
On ne peut pas plaire à tout le monde
Car si tous les touristes s’accordent à dire que cette forme de street-art fait partie des attractions locales, certains riverains ne peuvent plus la voir en peinture. Depuis 1994, Karl Hennig a fondé l’association « No Fitti » : « Le but est de nettoyer nos quartiers. Nous avons cinq bénévoles qui repeignent les bancs publics tagués dans les parcs. » Ce quinquagénaire droit dans ses bottes se félicite d’être épaulé par la police. En 2002, le commissaire Marko Moritz a monté une brigade spéciale de 36 personnes. Jumelles infrarouge, hélicoptères, ce commando ne chipote pas pour traquer les vandales et multiplier les interpellations en flag’. Une répression qui pousse les graffeurs à des prouesses techniques : « Le style berlinois est très particulier. Ils font d’énormes lettrages « old-school » comme au début du mouvement new-yorkais mais sont encore plus rapides que les Américains. Ils peuvent repeindre tout un métro en moins de 6 minutes », assure Fat Boris, artiste français qui multiplie les voyages à Berlin depuis quatre ans.
Alors, pour éviter de croupir en prison et payer leurs binouzes, ces accros à la bombe monnaient leurs savoir-faire aux marques. Dernièrement, Nike vient de s’offrir un mur entier dans une rue commerçante. « Certains nous accusent de vendre notre âme au diable mais personnellement, ce qui m’amuse, c’est de vivre ici en bossant deux heures par jour », se défend Eliot. Ce dernier expose en ce moment à la Hip Hop Stutzpunkt. Ce building en briques rouges de trois étages est un projet expérimental fondé par Zebster, une des légendes du graffiti depuis vingt-cinq ans : « Mon idée est de transmettre aux jeunes générations l’essence de notre culture. Dans cet immeuble, il y a une galerie, un studio d’enregistrement pour les rappeurs, nos bureaux, mon appart et bientôt un musée. » Une Factory à la Warhol ? « Pas vraiment, je ne fais pas ça pour que l’on parle de moi mais pour que l’on comprenne notre art. Ce n’est pas un concours de branchitude ici. » Fière de son ambiance « bohème décadente », Berlin est un vivier d’artistes underground qui n’ont que faire du bling-bling. Bien loin des dérives du hip-hop transatlantique, la ville s’impose comme l’épicentre de la résistance. Reste à savoir si l’équipe de choc du commissaire Moritz ne mettra pas fin à cette belle utopie lorsque l’économie locale aura décollé grâce au tourisme… urbain.
Cédric Couvez
18:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : une, couvez
12.02.2009
Le porno 2.0, un marché juteux?

Débandade collective dans le X français ! A l’heure où trouver du contenu pornographique n’a jamais été aussi facile, la grogne monte chez les professionnels de la partie de jambes en l’air filmée.
La crise guette et inquiète… La faute à ces cinglés de traders ? Que nenni, le danger vient surtout d’Internet et de ses gros tuyaux qui arrosent gratuitement les (a)mateurs du genre: « C’est une véritable catastrophe ! Le piratage sur les nouvelles plateformes web est la pire chose d’un point de vue économique que le secteur puisse connaître. Tout était plus sain il y a vingt ans lorsque les cassettes s’échangeaient sous le manteau pour 1 000 francs.» assure Fabien Lafait, réalisateur du cultissime « Bienvenue chez les cht’ites coquines ». Une vision que partage Grégory Dorcel, le fils de Marc, qui a repris les reines de la compagnie familiale depuis neuf ans : « Comme pour n’importe quel film d’Hollywood, 85% de la production audiovisuelle X se retrouve de façon illicite sur le net. Pour contrer tout ça, nous avons pris le parti de diffuser dès leurs sorties tous nos contenus en ligne sur notre site. » En produisant, éditant et distribuant une trentaine de films par an, le leader français, fort de ses 20 millions de chiffre d’affaires annuel, consolide dans 52 pays sa place dans un oligopole où seuls les plus gros pourront survivre : « Depuis un an, le support Dvd n’a plus la côte. Le support enregistre une chute de 30% d’une année sur l’autre ! Il faut donc capitaliser sur de nouveaux formats comme la vidéo à la demande ou notre chaîne de tv pour amortir les coûts de production de nos blockbusters.» Positionné « haut de gamme » sur le marché, Marc Dorcel n’hésite pas à sortir le carnet de chèque pour créer du buzz : « En 2008, nous avons eu énormément de retombées concernant Casino No Limit, une production qui a coûté 250 000 euros. C’est le plus gros budget pour un film adulte ! » Mais derrière cet arbre se cache une forêt plus vraiment vierge : « Les sites X participatifs sont en plein essor. Nous sommes entrés dans l’ère du porno 2.0 où le phantasme de la girl next door filmée à bout de bras par son mari abonde sur la toile. » lâche Xavier Deleu, auteur de l’ouvrage sociologique Le consensus pornographique. Cet échangisme virtuel où le client est plus que jamais devenu « consomacteur » ne cesse s’étoffer.
Le géant américain Youporn.com est devenu le 37ème site le plus consulté en France. Et son petit cousin hexagonal, Mypornmotion.com, de cartonner à son échelle : « Nous recevons 310 000 visites par jour et près 4 millions de vidéos sont visionnées quotidiennement sur notre plateforme. » se félicite le boss de cette PME du sud-ouest qui préfère conserver l’anonymat. Une politique de discrétion que ne partage pas Mégane, actrice blonde platine qui assouvit sa nymphomanie et son exhibitionnisme depuis deux ans : « C’est encore assez facile de bien gagner sa vie avec le X. Je pratique volontairement des tarifs élevés. Il faut compter 1 000 euros la scène alors que certaines filles se bradent à 150… » L’appât du gain reste donc la motivation première de ses starlettes: « Quand j’étais nounou, je gagnais 5.50 euros de l’heure alors maintenant, lorsque je facture plein pot, ça me permet d’envisager de faire prospérer ma petite entreprise et de penser à l’avenir. » affirme Eliska Cross, nouvelle reine punkette du sexe. Question reconversion, la jeune femme au crâne rasé a des idées plein la tête : « Dans moins d’un an, j’aimerais bien monter des chambres d’hôtes libertines et créer une marque de fringues sexy.» Face aux dérives de la gratuité des contenus sur le net, les produits dérivés seraient donc une des pistes à explorer pour monétiser l’industrie du charme. Plus que jamais, le support physique reste une valeur sûre.
Cédric Couvez
19:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : une, couvez












