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22/01/2010

Soudain, la ligne claire s’assombrit

Le dessinateur Jacques Martin s’ajoute à la longue liste des artistes décédés ces dernières semaines. Il s’est éteint à son domicile suisse, à 88 ans. Cet ancien collaborateur d’Hergé avait créé, dès 1948, pour le journal Tintin, des héros très populaires tels qu’Alix le romain, le journaliste Lefranc ou, plus récemment, Loïs. Considéré comme l’un des maîtres de la BD historique, Jacques Martin a vendu plus de 15 millions d’albums traduits en 10 langues. Sa disparition survient à une semaine de l’ouverture du festival d’Angoulême, où un hommage solennel lui sera rendu.

 

Olivier Mimran

29/01/2009

La BD pour mémé

 

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S’il reste bien un domaine dans lequel nos chers ancêtres (les gaulois) ne sont définitivement pas à la page, c’est bien la bande dessinée. Mamy continue à voir en Tintin le gendre idéal et Papy fantasme sur la Schtroumpfette. Bon, les aïeuls… Pas de panique, le 2.0 cause votre langage et établit une correspondance entre vos héros d’hier (et d’avant-hier) et ceux de vos petits-enfants.

Première chose : aux yeux des plus jeunes, la BD franco-belge est morte. Seuls comptent les mangas. Star parmi les stars, Naruto est le nouveau Bibi Fricotin. Ninja en herbe, le petit rouquin tatanne les méchants à tout va pour devenir le héros de son village. L’espiègle Bibi, lui, accroche des casseroles à la queue des chiens et met des pétards dans les crottes de chien. En 2009, pour attirer l’attention, Ninja wanabe, ça le fait mieux que la méthode petit con. Bibi Fricotin a quand même pour lui d’avoir joué la carte diversité 80 ans avant Barack puisque son fidèle bras droit, Razibus Zouzou, est originaire du Congo : garanti sans clichés…3001-MAG-NARUTO.jpg

Autre best-seller du moment, Sakura ringardise Bécassine. La magicienne jeune et sexy est aussi maline et fashionista que la bonne Bretonne est sotte et mal fagotée. Même si les ayants-droits de Bécassine (et Chantal Goya) ont essayé de nous faire croire que cette pathétique parodie de la vie en Province était branchée. Après, si vous ne pouvez pas vous passer de beurre salé…

Mais le héros de manga le plus passionnant de ces dernières années est sans doute Light Yagami, personnage central de la série Death Note. A l’instar, du jeune Benoît Brisefer, cet ado est un faux gentil que sa condition de super-héros-malgré-lui condamne à la solitude, l’aigreur puis la méchanceté. Light Yagami peut (et doit, c’est un peu long à expliquer…) donner la mort à qui il veut en inscrivant son nom sur un carnet magique. Benoît Brisefer, benêt écolo-responsable et amoureux des animaux, maîtrise mal sa force surhumaine et passe son temps à casser les jouets des enfants avec qui il veut s’amuser, par maladresse. Mauvais karma, Benoît.

Pour en finir, on peut conseiller aux adeptes du Sapeur Camember, flic débile, de délaisser la préhistoire du 9ème art et d’essayer la série Bleach. Ou encore, aux fans des Pieds Nickelés d’expérimenter une autre bande de loustics en marge de la société, 20th Century Boys. Les périls millénaristes (sectes, dérèglements biologiques, désespoir…) remplacent la critique des maux giscardiens (ringardise généralisée, élites ,

Benjamin Chapon (featuring Ulla Majoube et Olivier Mimran)

09/10/2008

Shooting War: 2011, année atomique

Même s’il sera mis en avant à Bayeux, Shooting War (éd. Arènes) relève moins de la BD reportage que du récit d’anticipation. Ce copieux album de Dan Goldman et Anthony Lappé, lui-même ex-journaliste pour le New York Times et auteur d’un documentaire sur l’Irak, se nourrit d’une certaine culture de l’information-spectacle pour mieux la dénoncer. L’action se situe en 2011, au cœur d’un Irak exsangue que se disputent différentes factions locales. McCain est président des Etats-Unis, l’Iran, une puissance atomique, et les attentats se multiplient dans le monde. Un blogueur ordinaire ébranle, par sa vision décalée – parfois instrumentalisée – des événements, les fondations du paysage journalistique… Le livre, initialement un Webcomic qui a fait un tabac aux Etats-Unis, vaut essentiellement pour la virulence de ses attaques contre la construction des leurres médiatiques.

Olivier Mimran

Quand les BD reporters s'en vont en guerre

Démonstration par la tapisserie. Pour évoquer la BD reportage, genre mis pour la première fois en avant au prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre (du 6 au 11 octobre), Patrick de Saint-Exupéry, rédacteur en chef de la revue XXI, invite à regarder autrement les laineuses chevauchées de Guillaume le Conquérant. «La tapisserie de Bayeux, c’est la narration d’une guerre en BD ! Le récit graphique est une manière fabuleuse de raconter le monde.» Dans XXI, revue de reportages, il a choisi de faire figurer une BD à chaque numéro : Jean-Phillippe Stassen à Gibraltar, Jacques et Pierre Ferrandez à Cuba…

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Glissant du carnet de route au documentaire dessiné sur le syndicalisme chrétien dans les années 1960 (Les Mauvaises gens, d’Etienne Davodeau, Delcourt), la BD porte le crayon dans les plaies des sociétés, jusqu’au reportage de guerre. La référence du genre, Joe Sacco, passe du Moyen-Orient à l’ex-Yougoslavie dans des albums publiés en France chez Vertige Graphic ou Rackham. « Le ton, le tempo sont journalistiques note Saint-Exupéry. Longtemps les dessinateurs ont travaillé en solitaire. Désormais, le contact se fait avec d’autres univers. Pour la BD reportage, on est passé de l’expérimentation à l’émergence d’un vrai genre. »

Guy Delcourt, éditeur de Guy Delisle (Chroniques birmanes, après Shenzhen à l’Association) et Jean-Philippe Stassen (Pawa), prévoient pour le festival d’Angoulême un Tour du monde en bande dessinée, réunissant douze auteurs pour retranscrire une réalité puisée dans autant de pays. « La BD n’est pas seulement faite d’histoire de cow-boys et de cosmonautes. Les auteurs aiment à traiter du monde qui les entoure. » Et quand la virtuosité du dessinateur se double d’un regard de reporter, les lecteurs se laissent transporter : environ 50 000 exemplaires vendus pour les Chroniques birmanes…

Anne Kerloc’h

Du 6 au 11 octobre, à Bayeux, des débats et animation entourent la remise du prix du correspondant de guerre. Renseignements ici.

02/10/2008

BD: les super-héros du ring

Les couillons en collants partagent avec les stars du catch une vision binaire du monde – qui qu’il est méchant ? Qui qu’il est gentil ? – et un amour décomplexé des costumes chatoyants. A part ça, pas grand-chose à voir entre sauver le monde et amuser la galerie avec des pirouettes. Le jeune Peter Parker s’essaya bien au catch avant de porter secours à la veuve et à l’orphelin sous le nom de Spiderman. Mais c’est une exception. Les catcheurs, en revanche, aiment jouer aux super-héros. Les plus poilants d’entre eux sont réunis dans la revue de BD Lucha Libre. Les Luchadores Fives, catcheurs mexicains grassouillets et losers à souhait, s’y débattent contre de méchants chicanos. On retrouve aussi Tequila, catcheur mi-homme, mi-cactus, ou le professeur Furia, instructeur des rudiments du (pas) noble art. Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir été piqué par une araignée radioactive.

Benjamin Chapon

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