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18/03/2010

Sonate pour violon dite de "La chute du flocon sur couche de neige poudreuse"

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Les edelweiss fanent déjà, les pistes blanches se brunissent d’un marron terreux, les vacanciers laissent des emballages de barres énergétiques derrière eux. Les stations de ski ferment. A Annecy pourtant, un évènement culturel atypique vient de lancer sa nouvelle édition, Le Bruit de la Neige. « Ce nom résume notre philosophie, explique Philippe Blanchard, compositeur et directeur du festival. Le silence, ça n’existe pas. Il y a toujours quelque chose à écouter même quand on pense qu’il n’y a rien à écouter. » Le festival met en avant les créations de musique contemporaine dite concrète, c’est-à-dire créer avec des bruits de notre environnement. « On a un peu du mal à avoir du public, concède Philippe Blanchard. Pourtant quand on fait des ateliers pédagogiques, les gens apprécient l’expérience. On les invite à faire de la musique avec de la neige, de la glace frottée, pilée ou découpée. » Le grand Debussy lui-même n’a-t-il pas composé une pièce intitulée Des pas sur la neige ? « C’est différent, note Cyril Béros, directeur de l’action culturelle à l’Ircam (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique). L’enjeu pour Debussy n’est pas d’imiter la nature. » Petit rappel historique : « Il y a eu, dans la musique contemporaine, deux grandes écoles. L’une utilise des sons de l’environnement, c’est l’école concrète. Une autre use de la synthèse sonore, des sons créés ex nihilo. Aujourd’hui, ces deux écoles convergent. » Mmmh, rien ne vaut un exemple. « Une prise de son a été réalisée dans le silence d’un paysage enneigé. Ces sons de pas dans la neige, de craquements de la glace qui fond et plusieurs petits bruits infinitésimaux ont été mis dans un ordinateur. Un logiciel, développé par l’Ircam, propose alors une orchestration avec instruments traditionnels qui s’approche de ce son cible. » Malin, le logiciel ose les pratiques instrumentales incongrues, comme mettre du coton sur les cordes du violon. « Le logiciel invente des partitions qu’un compositeur n’aurait pas pu imaginer. », s’enthousiasme Cyril Béros. Philippe Blanchard cite Edgar Varèse en conclusion : « On est musicien quand on est capable d’entendre la nature qui nous entoure. Il faut écouter la neige tomber. »

 

 

Benjamin Chapon

 

La playlist enneigée

 

1. Fleet Foxes : White Winter Hymnal

2.Beach House : Norway

3. The Horrors : New Ice Age

4. Roots Manuva : Too Cold (demo version)

5. Para One : Ski Lesson Blues

6. Database : A french winter

7. Armand Van Halden : Ski Hard

8. 50 Cent : Ski Mask Way

9. John Frusciante : This Cold

10. Belle and Sebastian : The Fox in the snow


 

Boris Bastide

18/02/2010

Des modèles bien carossées...

Philippe Comar, Professeur de morphologie à l’Ecole des beaux-arts.

1902-MAG-CUL-MODELE NU.jpgY a-t-il des modèles moches, gros, rachitiques ou mal foutus ?

L’école ne choisit pas ses modèles, parce qu’il y a peu d’offre. Le boulot étant assez mal payé, on a surtout des jeunes gens qui ont souvent un métier en relation avec le corps : gymnastes, danseurs… Mais, j’ai aussi une sexagénaire plutôt corpulente.

Comment les élèves apprennent-ils à dessiner la laideur ?

Que le modèle soit beau ou pas, là n’est pas le problème. Nous faisons un cours de dessin. L’important est de savoir faire une lecture morphologique, de connaître les masses musculaires et les points de repère osseux.

Mais, il faut bien s’exercer à dessiner, par exemple, une mauvaise peau ou des difformités ?

Il n’y a pas que les séances de pose avec modèles. Fréquemment, nous faisons nos cours de dessin en dehors de l’école. Par exemple, on va au zoo, parce que c’est difficile de faire venir un hippopotame à l’école… Nous allons aussi au musée dermatologique de l’hôpital Saint-Louis pour étudier des malformations ou des maladies de peau.

Tout ça ne vaut pas un modèle vivant, non ?


Dessiner un corps, c’est ce qu’il y a de plus difficile. Il y a du dur et du mou, c’est déformable et vivant. Et puis, il y a la charge émotionnelle. On ne dessine pas un corps comme on dessine une tasse à café. On est forcément ému quand on dessine un corps.

L’émotion est d’autant plus forte que le modèle est beau…


Pas du tout. Lucian Freud a dit : « Le modèle et moi, nous faisons un tableau, pas l’amour. » S’il y a de l’érotisme, c’est entre vous et votre dessin. Quand vous dessinez un corps nu, vous êtes dans un rapport de vous avec le dessin. D’ailleurs, les modèles sont souvent gênés quand, dans une salle, il y a des élèves qui ne dessinent pas. Parce qu’alors, leur regard est différent.

Dessiner met une distance ?


En quelque sorte. Le spectacle d’un corps humain sur la table de dissection rebute les élèves. Mais quand ils commencent à dessiner, l’insoutenable devient soutenable.

 

Benjamin Chapon

 

 

 

 



Pour présenter leurs nouveaux modèles, les constructeurs automobiles ont délaissé les traditionnels salons pour s’emparer des pistes de danse parisiennes. La semaine dernière, Citroën a lancé en grande pompe la DS3, sa nouvelle citadine pop, en réussissant à privatiser pour la première fois la très chic fondation Cartier. Côté people, Emilie Dequenne et Vincent Perez ont profité du début de soirée pour trinquer gentiment alors qu’une horde de branchés s’est emparée des lieux vers 23 h, pour assister aux concerts de Naïve New Beaters et du Corps Mince de Françoise. La nuit s’est poursuivie au son des sets de Data et The Shoes.

Des galipettes sur la moquette

Mercredi, c’est Peugeot qui s’est illustré en donnant un cocktail à l’ambassade de Grande-Bretagne. Le magazine Intersection s’est chargé d’inviter les hipsters à découvrir trois concept-cars hallucinants trônant dans la cour. Fraîchement revenu du festival de Sundance, le réalisateur Gaspard Noé en profite pour convaincre JoeyStarr d’apparaître dans son prochain film. La séance de « binge-drinking » s’achève à 22 h, mais la nuit est loin d’être finie. On file au Raspoutine, le cabaret russe rococo à deux pas des Champs-Elysées. Special Ed y fête son anniversaire. C’est dans ce club que Gainsbourg avait dragué Jane Birkin. L’époque a changé mais pas le décor, ni l’ambiance. Enjouée par le mix du duo vintage Bart and Baker et la performance du combo décalé La Grande Pompe, la foule s’amuse à se rouler des pelles sous les lustres. En fin de soirée, les plus allumés font même des galipettes sur l’épaisse moquette carmin. Un bon warm up avant d’aller faire dodo… ou pas.

 

Cédric Couvez

22/01/2010

Des musiciens à deux mains sur le manche

Django Reinhardt jouait tellement vite qu’on avait l’impression qu’il y avait un deuxième guitariste derrière lui. On fêtera, après demain, le centenaire de la naissance du plus fabuleux guitariste du siècle. Depuis sa mort, en 1953, l’inventeur du style « guitare manouche » a inspiré plusieurs générations, dans tous les genres. Liste de guitaristes qui pourraient se mettre à deux pour arriver à la cheville du maître.2201-MAG-CUL-JIMI%20HENDRIX.jpg

1. Les classiques : Biréli Lagrène et Stochelo Rosenberg. Ils ont leur petit caractère alors on ne peut pas le dire trop fort, mais franchement, ces deux-là font largement dans la copie, note pour note, du maître. Biréli en plus fou-fou et Stochelo en plus doux.

2. Les variet’ : Thomas Dutronc et Sanseverino. Ils ont fait du son manouche leur fonds de commerce et l’habillage de leurs chansonnettes. Objectivement virtuoses, ils ont su s’entourer de véritables musiciens manouches en tournée. Pour la gipsy credibility, ça aide.

3. Les Jimmys : Jimi Hendrix et Jimmy Page. Le hard rock ou même le psyché rock descendent directement du jazz. Et quand les guitaristes de rock font de la rapidité d’exécution un argument majeur, on pense au jazz manouche. Mais le si bien peigné Django aurait-il goûté que ces deux chevelus se réclament de lui ?

4. Les Reinhardt : Babik et David. A l’instar des profs, des notaires ou des ouvriers, le fils et le petit-fils de Django pouvaient-ils faire autre chose que leur glorieux aîné ? Leur dernier hommage en date, le disque Nuvens de Saudade, est sans doute l’album indispensable de ce centenaire.

 

Benjamin Chapon

La playlist du poker menteur

Le disque est mort, vive le disque.
Demain s’ouvre, à Cannes, le Midem (Marché international du disque et de l’édition). Depuis cinq ans, les chutes vertigineuses des ventes de CD ont fait de ce raout rituel de l’industrie phonographique mondiale une gigantesque soupe à la grimace. Cette année, les maisons de disques vont essayer de nous faire avaler une compil de leurs meilleurs bobards avec quelques gouttes de méthode Coué et une bonne lampée de mauvaise foi.

2201-MAG-CUL-DISQUES.jpg1. Les ventes de disques se stabilisent. En réalité, sur 2009, elles chutent juste légèrement moins vite. Le mois de décembre a été stable par rapport à l’an dernier. C’est la première fois depuis cinq ans qu’un tel phénomène survient, suscitant l’espoir.

2. Il y a un vrai dynamisme artistique. Une industrie qui tient grâce à ses artistes morts est-elle dynamique ? L’équilibre précaire trouvé au deuxième semestre 2009, les majors le doivent essentiellement à des disparus : Michael Jackson et les Beatles, réédités cette année.

3. Les ventes digitales décollent. La progression est réelle, mais encore si loin de compenser la chute des ventes de disques que l’on ne peut pas sérieusement parler de décollage. Tout au plus d’autorisation au décollage.

4. L’adoption de la loi Hadopi a enrayé les téléchargements illégaux « LOL », commentent les téléchargeurs « pirates ». Alors que la loi apparaît de plus en plus inapplicable et inoffensive pour les contrevenants, les méthodes de partage de fichiers musicaux ont muté, rendant Hadopi obsolète.

5. On va inventer de nouveaux business models innovants. On aimerait y croire parce que dans le fond, on aime bien ça, nous, la musique.

 

Benjamin Chapon

 

 
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