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04/12/2008

De la musique Caen même

Orel San ne le sait pas encore, mais il vient d’inventer quelque chose de grand, un rap qui lorgne sans faux-semblants sur le malheur, la crasse et le malaise. Une grosse torgnole là où ça fait mal, dans l’ego, pas dans les couilles mais dans les souvenirs merdeux refoulés. Le jeune caennais de 26 ans sort son premier album dans deux mois, mais les vidéos de ces titres Saint Valentin ou Sale P*te sont des must-see sur YouTube depuis plusieurs mois. On y découvre un pauvre type plutôt grossier qui raconte des horreurs sur les femmes sur des beats ringards. «J’ai une semi-frustration parce que les gens ne connaissent que les anciens titres, que j’ai composé il y a trois ans», raconte Orel San. Sur un titre encore inédit, il chante: «C’est pas en insultant les meufs dans mes refrains que je deviendrai quelqu’un mais j’aime bien.» Et voilà le paradoxe Orel san posé. Un jeune provincial pétri de stress et d’inhibition qui «maquille la peur en plaisantant» et «crois que le bonheur c’est d’être autiste». Sans avoir jamais mis un pépin à Caen, on devine une ville de merde. Orel san, pourtant, dit s’y sentir bien, avec ses potes. L’adolescence pourrie qu’il raconte dans ses chansons, où "une bonne soirée, c’est une soirée dont j’ai aucun souvenir», n’a rien à voir avec le climat. C’est la force d’Orel San, il raconte une jeunesse foutue qui s’emmerde et culpabilise de sa banalité: «J’ai peur d’être normal d’être moyen, ni trop mal ni trop bien.»


La peur des filles trop sûres d’elles, les videurs de boîtes qui ne tolèrent pas les Nike Air, les heures passés la game boy dans une main un pétard dans l’autre, la solitude même avec ses potes… En somme ce que raconte Orel San n’a rien d’exceptionnel mais il y met une âme nue, une poésie simple, le tout sur fond de musiques et d’arrangements venus des tréfonds de notre discothèque honteuse : les années 1990. «C’est la période où on me foutait du rap dans les oreilles et j’étais influençable. J’ai pas assez de recul pour savoir si c’est de la bonne musique ou si c’est moi qui suis bousillé. C’est juste comme ça que je fais.»

Son dernier titre:

Changement [edited version]

Poseur inspiré, Orel San rappe depuis dix ans: «Avant, j’écoutais les Gun’s et Nirvana mais mes potes de basket m’ont dit que ça craignait, qu’il fallait que j’écoute du rap pour rester dans l’équipe… » Passé par la case instru, il accompagne son pote d’enfance Skred quand il travaille pour Diam’s et Booba. Puis il se décide à rapper ses propres textes. «Mes potes m’ont poussé à monter le truc parce qu’ils aimaient bien mon délire.» C’est grâce aux potes d’Orel San que l’on pourra bientôt entendre quelques punch-lines assassines comme: «Avant j’voulais construire ma vie avec mes beaux diplômes / Depuis j’ai vu 8 Mile et j’rêve d’habiter dans un mobil home.»


D’ici la sortie du disque, Orel San partage sa vie entre Caen et Paris, entre studio et écriture. Et un buzz qui va de plus en plus vite.« En même temps, ça s’accélère par rapport à rien du tout. Ma vie n’a pas changé… J’ai juste arrêté de travailler.»
Un peu gêné aux entournures quand on le questionne sur la dépression chronique qu’il décrit dans ses textes, il nous renvoie à une phrase de chanson: «Mon seul moyen d’expression, C’est de m’enfermer sur moi-même. » Mais tempère aussitôt: «Je parle de trucs que j’assumais pas du tout. Là, ça va mieux… Je maîtrise mieux mon univers.»

Retrouvez toute l'actu d'Orel San sur son blog ou sur son myspace

 

Benjamin Chapon

20/11/2008

La course en escarpins, c’est le pied

Vous les avez peut-être vues s’entraîner au bord d’une départementale, avalant le bitume en stiletto et jogging. Ce soir, une petite centaine de femmes vont s’affronter, en escarpins, dans une salle parisienne près de Bastille (11e). L’objectif : arriver la première d’une course en relais de 3 x 60 m, perchée sur des talons d’au moins 8 cm. Ce type de compétition avait déjà été organisé dans d’autres capitales européennes ou en Australie, mais jamais dans l’Hexagone. Et les Françaises ont répondu en masse à l’appel de sarenza.com, le site de vente en ligne de chaussures qui a mis sur pied l’événement.

 

Une centaine d’équipes se sont inscrites, des milliers de vote ont été enregistrés pour élire les 32 trios finalement sélectionnés. « On a eu plus de soixante-dix posts dans les blogs. Et mis à part un ou deux qui nous reprochaient de réduire la femme à une écervelée qui court pour gagner des chaussures [3 000 € de cadeaux seront offerts aux gagnantes], tous étaient enthousiastes, explique Cédric Gorras, de Blogbang, la régie publicitaire online de Publicis, qui s’occupe de médiatiser la course en talons. C’est un événement parfait pour le buzz, avec une bonne dose d’humour et d’autodérision. »

Avec cette opération, Sarenza, petite entreprise créée en 2005, a trouvé chaussure à son pied. « Nous voulions avant tout faire plaisir à nos clientes en leur proposant de jouer avec nous, commente Charlotte Dereux, directrice marketing du chausseur en ligne. Mais le fait qu’on parle autant de nous à travers cette course est une aubaine. »

La marque ne s’est pas plantée. D’autant que les concurrentes, elles, devraient multiplier les gadins. Et la chute en vidéo, sur le Net, c’est le buzz assuré. « On proposera aux blogueurs influents de diffuser les vidéos de la course sur leur site », ajoute Cédric Gorras.

Les blogs, un maillon essentiel pour monter un coup médiatique aujourd’hui. Sarenza s’est offert pour marraines d’honneur de la compétition trois blogueuses réputées. « C’est bien mieux pour nous qu’un people. Elles ressemblent à nos clientes, n’appartiennent pas au star-system et, en même temps, elles ont énormément d’influence », résume Charlotte Dereux. Ces pointures sont moins gourmandes aussi ? « Nous ne les avons pas payées pour qu’elles parrainent l’événement. Ce sont des amies. Elles ont embarqué avec nous parce que le jeu les intéressait. » Le talon ne paie pas toujours.

Laurent Bainier

 

Télé et buzz, une love-story intéressée

 

La télé aime, la télé adore le buzz. C'est même, depuis septembre, le titre d'une émission de LCI. "Le buzz", donc. Damien Givelet, coprésentateur de l'émission avec Benoît Gallerey, connaît bien le sujet. Ensemble, ils ont lancé en 2006 "LCI est à vous". Toujours à l'antenne, ce mag fonctionne lui aussi à coups de vidéos chéries du web. "Pour une émission, Internet est une mine, explique-t-il, et en plus une mine gratuite!". De fait, "à part quelques ayant droits qui se manifestent de temps en temps, pour l'instant il y a un vide juridique", explique Chrisophe Beaugrand, un ancien de LCI est à vous, qui a depuis, présenté i Net sur iTélé, et cause web dans "La Matinale" ou "+ Clair" chez Canal+.

 

Comme, presque toutes les autres, ces émissions ont, en effet, leur incontournable séquence buzz. Même "Vivement Dimanche" et "Télé Matin" s'y sont mis. "Les médias utilisent le buzz comme un alibi djeunes, pour être moins ringards que d'habitude", note Jodouin Mitrani, directeur de l'agence Buzz Lemon, spécialiste du marketing viral. Et puis, c'est aussi une manière de circonscrire le mal que peut leur faire Internet". Tout en lui faisant du bien.

Car, le buzz aussi aime, adore la télévision. Pour une vidéo du net, la consécration passe par le label vu à la télé. "En gros, c'est un passage TV qui va officialiser le buzz, s'amuse Christophe Beaugrand. Voire le créer, car cela arrive de grossir un buzz, histoire de mieux vendre une séquence, et de fait, du coup cela lance la machine!". Mais attention, ne buzze pas qui veut. "Si "LCI est à vous" marche depuis deux ans, c'est parce qu'on ne se contente pas de faire du video gag, note Damien Givelet. Les bestiaires, c'est sympa, mais parler de buzz c'est aussi faire un vrai boulot journalistique". La preuve, quand TF6 confie son "Big Buzz" à Jean-Pascal, c'est le crash. L'émission n'est restée, en 2007, que quelques mois à l'antenne.

Alice Coffin

 
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