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09/10/2008

Attali: "le mobile banking est le plus prometteur"

 

Trois questions à Jacques Attali, président de Planet Finance :


1001-MAG26-ATTALI.jpgQue peuvent apporter les NTIC à la micro-finance ?

Les acteurs de la micro-finance ne peuvent se passer des nouvelles technologies de l’information et de la communication maintenant. En dehors du développement qu’elles peuvent apporter, elles vont aussi permettre de réduire de façon incroyable les taux d’intérêt pour les emprunteurs en réduisant les coûts pour tout le monde, notamment les instituts de micro-finance.

 

Quelles sont selon vous les technologies les plus prometteuses ?

Internet, bien entendu mais surtout le mobile banking. Dans des pays en voie de développement où tout est en train de se construire, la population va directement se mettre aux services sur portable. Prêter ou emprunter deviendra pour eux beaucoup plus rapide et facile.

 

L’ONG que vous présidez, Planet Finance, va-t-elle, à l’instar de kiva aux Etats-Unis ou Babyloan en France, se lancer dans une plate-forme permettant de prêter de l’argent à un micro-emprunteur en ligne ?

Ce projet est en effet actuellement à l’étude, mais je ne peux en dire plus pour le moment.

Babyloan: A Phnom Penh, petit prêt, gros effets

Ngoung Sokteing possède son propre business. Mais exit l’ordinateur portable et le mobile collé à l’oreille. Nous sommes à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Et ici, un business commence avec deux tréteaux et une table. Ngoung, elle, vend des boissons sur sa table et depuis peu, elle répare aussi des motos. Une nouvelle activité rendue possible grâce au microcrédit que lui ont accordé Entrepreneurs du monde, un institut de microfinance (IMF), mais aussi, et surtout, les internautes. La commerçante se trouvait en effet sur Babyloan.org. Ce site de microcrédits met en relation des prêteurs, vous et moi, et des emprunteurs vivant dans des pays en voie de développement qui ont besoin d’une petite somme d’argent pour développer leur entreprise. « Nous ne sélectionnons pour Babyloan que des personnes très pauvres qui ont besoin d’une toute petite somme, explique Grégoire Héaulme, directeur d’Entrepreneurs du monde au Cambodge. »

1001-MAG26-PHNOM PENH.jpg


« Chamroeun (le nom cambodgien d’Entrepreneurs du monde, qui signifie « développement ») vient me voir de temps en temps avec un ordinateur et me montre mon profil, explique Ngoung. Je sais que ce sont des gens de l’étranger qui m’aident. »  A 48 ans, cette mère de cinq enfants en est à son troisième prêt. Cette fois, il se monte à 1 500 000 riels, soit environ 230 €. Chaque semaine, elle rembourse 59 400 riels, (9 €). « Ce n’est pas un don, pas de la pitié, je rembourse tout ! », tient-elle à préciser. « Si Chamroeun ne m’avait pas prêté l’argent, j’aurais sûrement dû attendre beaucoup plus longtemps pour développer mon activité, peut-être que je n’en aurais même pas eu l’idée ! Et je ne voulais pas encore emprunter de l’argent à la famille. » C’est une voisine, elle-même aidée par l’IMF pour étendre son échoppe de vente de vêtements, qui lui a parlé du micro­crédit. « Je ne savais pas qu’on pouvait prêter de l’argent à des pauvres », avoue Ngoung alors qu’elle verse de l’essence dans le réservoir d’une moto-taxi. Déjà, elle pense à un nouvel emprunt qui lui permettra cette fois de pouvoir changer les devises étrangères. Elle a déjà préparé sa petite vitrine avec quelques billets à l’intérieur. Espérons que la petite souris des internautes lui en apportera d’autres…


A Phnom Penh, Corinne Callebaut

 
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