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19/12/2008

Pour y boire plus clair à Copenhague

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Bienvenue dans une ville où tout le monde est beau, gentil et insomniaque. Facile me direz-vous quand on sait qu’en hiver, la nuit tombe peu avant 16 heures… Condamnés à vivre dans la pénombre, les Danois troquent chaque week-end leurs séances de luminothérapie pour les spot-lights des hot-spots. Le 2.0 a joué l’ouvre boîte à Copenhague, le pays des Bisounours qui aiment faire la nouba.

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Le fric, c’est chic

La capitale du Danemark ne connaît pas la crise. En tout cas pas dans ses hauts lieux nocturnes où les magnums de Champagne coulent à flot. Après un bon dîner servi très tôt, la jeunesse dorée se retrouve dès 21 heures au Café Europa. Le Flore local est planté au cœur de Stroget, la grande rue piétonne du centre. On y va plus pour voir et être vu que pour boire et être bu. Deux plombes plus tard, ça s’agite sérieusement dans les deux rades à cocktails les plus prisés du pays. Au K-Bar, Kirsten, la patronne, est la «Cyril Lignac» du shaker: «Si les clients ne savent pas quoi commander à la carte, je leur concocte un cocktail sur-mesure avec des fruits frais biensûr!». Heureuse surprise, au moment de payer la douloureuse, la création n’est pas plus onéreuse qu’une vodka-pomme au Hard Rock Café. Dans la même veine, le Ruby est l’autre lounge incontournable du quartier. Niché dans un grand appartement à la déco épurée, ce bar est le meilleur endroit pour faire copain-copain avec les autochtones qui vous ouvriront les portes du Nasa, le club privé le plus select de la ville. Rihanna et Kanye West y ont leurs habitudes, l’aristocratie scandinave aussi. La boîte ressemble à une réunion des jeunes UMP en blazers venus flirter avec des wanabe mannequins en quête de carte gold.

 

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Allo maman, ici Bobo

Moins tape à l’œil et plus festif, Copenhague est également le royaume de la teuf underground. Les anticonformistes de tous poils se retrouvent dans le quartier de Norrebro au nord de la ville. Au Global, on vient y écouter les groupes alternatifs locaux en se saoulant joyeusement à la bière. Entre deux performances déjantées, les « Putafranges » du coin revêtent d’étranges combinaisons de femmes gruyères en mixant leurs vinyls. A quelques encablures de là, le Rust est la boîte branchouille à ne pas louper. Trois petits étages pour trois ambiances mais pas un soupçon de musique commerciale. Ici, on vient peaufiner sa street-cred’ sans se prendre la tête. Au sous-sol, on pogotte sur du rock live craché à 120 décibels. Au rez-de-chaussée, ça smurfe sur du hip-hop ricain en faisant tinter son dernier bling-bling en toc. Et même les filles portent des baggys. Après l’effort, le réconfort. Au premier étage, c’est tournoi de baby-foot. Tournée générale de binouzes pour les perdants et corvée de shot à chaque gamelle, le Rust, c’est vraiment de la balle.
Derniers conseils pour les fêtards en goguette, n’imaginez pas trouver une bonne fiesta avant le jeudi. Dès le dimanche soir, les nuits danoises sont aussi endiablées qu’au Creusot. Les bars comptent leurs clients sur les doigts d’une main et les clubbers,  les moutons. Godnat Copenhague!

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Cédric Couvez

Les bonnes adresses de Copenhague

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Pour flaner dans le quartier :

En vélo: Cykelmageren

st. kongensgade 57
1264 copenhagen k
dk
phone:  +45 - 33 11 12 11
cell:  +45 - 40 33 23 07
info@cykelmageren.dk

Pour pimper :

RUST

Guldbergsgade 8
2200 Kobenhavn N
+4535245200
info@rust.dk

VEGA

40, Enghavevej, 1674 Copenhague V
bus 10 pour Enghave Plads ou 3A pour Enghavevej
(+45) 33 25 70 11

NASA

Gothersgade 8F
Copenhagen K
Pour réserver une table :
+4540407552
kim@nasa.dk

Pour se réhydrater :

EUROPA 1989

AMAGERTORV 1
1160 KØBENHAVN K
TELEFON +45 33 14 28 89

Le RUBY

Nybrogade 10, ST
DK-1203 KOBENHAVN K
T : +453393-1203
thisbetterbegood@rby.dk

Pour faire flamber la CB :

HAY

BS Studio A/S
8700 Horsens
+4599423870
hay@hay.dk

WOOD WOOD IV

Krystalgade 4
1172 Copenhagen 4
+4533936254

WOOD WOOD VII

Krystalgade 7
1172 Copenhagen 7
+4533936264

info@woodwood.dk
webstore@woodwood.dk

STORM FASHION

St. Regnegade 1
1110 København K
Danmark
+45 33930014

18/12/2008

Danemark branchées pour tous les styles

Nul besoin d’être Alain Minc pour décréter que le taux de change couronnes danoises vs. euros, nous est franchement défavorable. Copenhague est une ville aussi cool que chère. Tout est à peu près 20 % plus onéreux que chez nous. Mieux vaut donc avoir une carte bancaire gonflée à bloc avant de vous lancer dans une frénésie consumériste. Après avoir contracté un crédit sur dix ans, le « 2.0 » a mis la main au porte-monaie pour vous faire découvrir le meilleur du shopping local. Tournée des trois shops qui ne vous laisseront jamais de glace, même par - 15 °C.

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Hay

Ce n’est pas un mythe : les Danois sont bien les rois du design ! Mais nul besoin d’embarquer en soute la célèbre chaise « Egg » de Jacobsen pour crâner à votre retour.

Niché au deuxième étage d’un bel immeuble de la rue piétonne, cet énorme appartement propose la crème de la déco scandinave. Hay est le paradis de l’artisanat local. Des jouets en bois à prix abordables en passant par des canapés minimalistes qui coûtent un bras, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. En cette période de fêtes, c’est le spot idéal pour habiller de façon originale votre sapin de noël.

www.hay.dk

Wood Wood

Bienvenue dans le shop incontournable pour tous les amateurs de street-wear. Chez Wood Wood, on vend aussi bien des sweat, Billionaire Boys Club (la célèbre marque hors de prix du rappeur Pharrell Williams) que des sneakers collectors aux couleurs flashy. Wood Wood propose également sa propre marque de prêt-à-porter plébiscitée par tous les magazines de mode. Tee-shirts funky, robes ultra-stylées ou encore doudounes avec col en fourrure sont disponibles à des tarifs presque corrects. Un must pour aller smurfer au Rust le samedi soir.

www.woodwood.dk


Storm

Vous ne serez pas dépaysé en franchissant la porte de ce beau concept store situé dans le quartier chic du centre-ville. Librement inspirée de notre Colette nationale, cette échoppe s’adresse à une clientèle fortunée en quête de marques d’exception. Si le prix des robes « Comme des garçons » risque de vous fâcher à vie avec votre banquier, le rayon produits culturels est particulièrement bien fourni. DVD arty qui suintent le rock, bouquins fashion remplis de belles photos et compil hype, Storm, c’est le nirvana des branchés.

www.stormfashion.dk

Cédric Couvez

A copenhague, tout le monde est love du vélo

Au Danemark, la petite reine fait de l’ombre à la grande, marguerite II. Copenhague compte une seule tête couronnée mais plus d’un million de deux-roues pour à peine plus d’habitants. «Ici, un tiers des banlieusards viennent travailler en vélo», explique Mary, franco-danoise qui travaille au «secrétariat du vélo» de la ville. Ca ne pollue pas, et ça maintient en forme. Car même si la ville ne présente pas la moindre côte, les longues séances de pédalage par grand-froid demandent une grosse débauche d’énergie. Et pour éviter les coups de pompe, la ville organise des manifestations festives comme le Pimp & Pump, une séance de regonflage de roues collective, qui se tenait dimanche dernier près du centre.

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Danemark de vélos

«Pour nous, le vélo est un art de vivre. On cultive cette tradition de génération en génération» , rappelle Claes, vendeur poivre et selle de Cykelmageren, le MoMA de la bicyclette. Ici, Paul Smith chine ses montures dans un décor de galerie d’art. On n’y propose pas de vélo à la chaîne mais du sur-mesure et surtout, du beau. «Un sapin de Noël est souvent plus joli sans guirlande ni boule, estime Isabelle, la gérante du magasin. C’est la même chose pour nos vélos. Ils sont épurés, sans fioriture. C’est une approche très danoise.»

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Petite reine mère

Et sur de beaux vélos que met-on? De superbes cyclistes. Sur les inombrables pistes cyclables de la ville, on croise plus de robes Woodwood que de maillots Festina. Copenhagen Cycle Chic, un blog tenu par un fashion addict local, recense les Danois à vélo les plus stylés de la capitale, une sorte de Sartorialist du deux roues. A vous de jouer maintenant. Pour muscler son coeur et ses guiboles, la ville offre même le must des montures, le Christiania bike. Ce vélo est pourvu d’une petite cabine devant le guidon, où se lovera votre amoureux. Une sorte de synthèse du Tour et de la caravane.

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Laurent Bainier

Senior Academy

Pop-stars, version quatrième âge. Programme phare de TV2, ce Noël, "Gangstativerne". Traduction très libre: la vie continue. Challenge de cette émission de télé-réalité: entraîner un groupe de 25 danois blanchissants, moyenne d'âge 81 ans, fauteuils roulants souvent compris, pendant sept semaines, avant de le faire chanter du rap devant quelque 1500 personnes, à l'Opéra de  Copenhague.

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A leurs côtés, deux coachs: Nick et Jay. Du groupe de rap danois...Nick og Jay. Les séquences de répétition où des seniors déchaînés entonnent quelques tubes du duo ont beaucoup fait pour la notoriété de l'émission. Le final ressemble un peu à une école des fans, où il n'y aurait que des Jacques Martin sur scène. Dans la salle, des parents...qui applaudissent leurs parents ou grands-parents.

Alice Coffin

Mad de Je m'appelle Mads

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Ne vous fiez pas à leur blaze qui sent le camembert. Je m'appelle Mads est un groupe danois. Il suffit de mater le joli drapeau rouge et blanc que les deux raggamuffin se fichent entre les miches à chaque concert pour s’en convaincre. Le combo animait la semaine dernière l’arbre de Noël du Global, la scène underground de Copenhague. Pas de sapin, mais des jolis costumes de Santa Claus et une apparition en string doré. Ceux qui n’ont pu se libérer avaient les boules.

Depuis qu’ils ont été révélés au Sonar de Barcelone, en 2004, on avait perdu de vue ce Marcel et son orchestre danois. Ils n’ont pourtant pas raccroché leur fausse barbe. Deux albums, des apparitions dans des festivals et à la télé et une hype toujours au top dans la ville de la Petite sirène. Mais c’est surtout sur le Net qu’ils se sont épanouis. Les Français qui lisent Kierkegaard dans le texte y retrouveront leurs paroles subversives. Les autres découvriront leur univers aussi barré qu’un «Ø». Bananes flash qui explosent, clip tout rose et parodies TV leur parleront plus que le titre de leur plus gros hit « Hyldest til Danmark », une « ôde au Danemark » sur clavier Bontempi.

Leur myspace: http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.view...

Laurent Bainier

Un petit tour hippie s’en va

On disait le commerce de hash à l’air libre définitivement rayé du quartier mais la première image que l’on a de Christiania en ce dimanche de décembre est celle d’une table couverte d’échantillons de beuh. Dans la rue centrale de la communauté libre fondée en plein coeur de Copenhague il y a 37 ans, les familles jettent un oeil amusé au vendeur. Ici, la norme, c’est l’étrange. Pour quelque temps encore, du moins. En février, les tribunaux se pencheront sur un recours des Christianites. Les habitants du quartier reprochent à l’Etat danois de les chasser peu à peu de leurs 32 hectares de terres, occupés sans droit de propriété depuis 1971. Ce n’est pas le premier combat mené par la communauté de hippies et nombreux sont les habitants qui veulent croire que la justice, cette fois encore, leur donnera raison. Mais l’ancienne base militaire, qu’on quitte en passant sous un panneau « Bienvenue en UE », a déjà perdu bien plus.

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Un quartier policé

«Le vieux Christiania est mort. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un zoo, où les familles viennent voir des babs en liberté», analyse Jon, un quinqua barbu qui fume son joint au bord de l’eau. D’apparence, rien n’a changé dans cet amas de ferrailles taguées et de déchets recyclés. Mais en pénétrant dans la halle couverte où se tient le marché de Noël, on comprend que l’esprit libertaire des débuts est déjà loin. «C’est un chouette coin pour ramener des petits cadeaux de Noël, assure Julia sans lâcher du regard sa petite fille. On trouve pas mal de petits bijoux ou de sapes marrantes.» Des poupées russes Ben Laden pour l’anti-conformisme, quelques bangs pour le folklore et pas mal de bibelots sans originalité pour remplir les caisses.

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Sur les mille habitants que compte officiellement la ville, on trouve beaucoup d’artistes. Quelques galeries ont fleuri dans les entrepôts délabrés. Mais le vrai foisonnement artistique de la ville n’est plus là. «Les fous aussi vieillissent, commente Jon. Certains s’embourgeoisent, d’autres ne supportent pas de voir leurs anciens copains de galère renier leurs idéaux. Il reste de belles choses ici, mais ce n’est plus la cité exemplaire des débuts.»

Cette année encore, un million de touristes auront déambulé entre les panneaux «interdit de photographier» du quartier. Chaque jour, à 15 h, une visite guidée de Christiania est organisée à leur intention. Ils ne sont pas les seuls à venir faire un petit tour chez les hippies. Le Manefiskeren, l’un des gros bars du quartier, annonce fièrement sur un panneau qu’il est le café le plus sûr du monde: il aurait subi plus de 6 000 inspections de policiers armés en quatre ans. Christiania ne fait peut-être plus rêver les babas, mais il fait encore fantasmer les forces de l’ordre.

Laurent Bainier

 
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