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12/11/2009

Rencontre avec le créateur de la bouche des Stones

 

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A peine sorti de la fac, ce graphiste britannique a créé le logo le plus iconique de l'histoire du rock : la bouche des Rolling Stones.

Comment avez-vous rencontré les Rolling Stones?
En 1970, juste avant la remise de mon diplôme de graphisme du Royal College of Arts à Londres, le manager des Rolling Stones a demandé à mon école de sélectionner un étudiant qui rencontrerait Mick Jagger et proposerait des créations pour l'affiche de la prochaine tournée européenne du groupe. J'ai eu la chance d'être l'heureux élu! Mon affiche a été retenue et est devenue la première de mes collaborations avec les Rolling Stones. Plus tard, Mick Jagger a souhaité me revoir pour me commander un logo.

Le fameux « Tongue and Lips »... Quelle a été l'inspiration de ce design?
Cette création évoque à la fois l'image rebelle du groupe, la bouche de Mick Jagger et la sexualité qui se dégageait des Stones. En l'imaginant, j'avais également envie d'un design simple qui puisse être reproduit facilement (ndlr : à la base, le logo devait figurer sur le papier à lettres, les dossiers de presse et les documents officiels du groupe) et résister à l'empreinte du temps. Les Stones ont tout de suite adoré cette bouche. Le fait que ce logo se suffise à lui-même, sans avoir besoin d' être associé au nom du groupe, le rendait vraiment novateur pour l'époque.

Quelle fut la première « apparition publique » du logo?
A la demande de Mick Jagger, Andy Warhol avait créé la pochette de l'album « Sticky Fingers », la fameuse photo d'entrejambe avec fermeture éclair intégrée. J'ai retravaillé la pochette pour la sortie anglaise du disque et j'y ai ajouté la bouche sur la pochette intérieure (ndlr : c'est ainsi que le logo fut longtemps crédité, à tort, à Andy Warhol).

 

En Septembre 2008, vous avez vendu l'illustration originale du logo à une institution, le Victoria & Albert Museum de Londres. Qu'avez-vous ressenti?
Une grande fierté, bien sûr. Surtout qu'au départ j'ai tout simplement fait mon boulot en trouvant une identité visuelle adaptée au groupe.

 

Etes-vous intéressé financièrement à l'exploitation de ce logo?
C'était le cas jusque dans les années 1980, époque à laquelle j'ai cédé mes droits aux Rolling Stones. Mais je suis toujours propriétaire des droits des affiches que j'ai réalisé pour les tournées de 1970 et 1972. Je les ai rééditées en série limité et les commercialise sur le sitewww.rollingstonesposters.co.uk

Le logo « Tongue and Lips » est devenu l'un des visuels les plus iconiques de l'histoire du rock, reproduit en série sur des produits dérivés, porté par des milliers de fans. Quel en est l'usage le plus inattendu dont vous ayez le souvenir?
J'ai reçu un jour les photos d'une famille brésilienne dont les membres s'étaient tatoué le logo sur tout le corps! Ca m'a fait un sacré choc!

Retrouvez les affiches de John Pasche sur le site www.rollingstonesposters.co.uk

Les produits dérivés illustrés du logo « Tongue and Lips » sont disponibles sur la boutique officielle des Rolling Stoneswww.rollingstones.com/store ainsi que sur les t-shirts de la marque Chaser LA, disponible à Paris aux Galeries Lafayette Haussmann.

Aurore Leblanc

29/01/2009

Faire du faux avec du vieux


Une cheminée Régence donnant tout son lustre au salon, une horloge de gare 1900 dans l’entrée d’un loft de style industriel, une pile de livres anciens posée au pied du lit… De quoi impressionner son entourage en se faisant passer pour un chineur averti. Et pourtant… Que du bluff ! Christophe Koziel, 36 ans, à la tête d’une petite entreprise lilloise de onze personnes, est devenu maître en trompe l’œil numérique d’objets anciens. Il appelle ses créations des « impostures visuelles ». Cela ressemble à de vrais objets de valeur, mais il n’en est rien ! PAPIER PEINT KAPYTON.jpg

 

Budget moyen pour un décor champêtre avec une fausse porte (199 €), un faux oeil de boeuf (49 €) et une fausse commode (89 €) : 100 fois moins que la réalité. « Les antiquaires sont mes amis, raconte t-il. Chez eux, je trouve l’inspiration. J’aime le contraste entre les objets chinés et leur reproduction sur de la toile enduite ou du plexi, une matière froide. » Un cadre Louis XV au format 6 mètres x 7 mètres ne peut laisser indifférent.

Même les riches magnats du pétrole, pourtant suffisamment fortunés pour s’offrir des originaux, se sont laissés séduire ! « En avril, pour le hall d'un hôtel à Dubaï de 57 mètres de long sur 8 mètres de haut, nous allons inaugurer une fresque représentant un jardin à la française : effet « bling bling » assuré ! », explique t-il amusé.

Cet ancien publicitaire spécialisé dans la réalisation de vitrines pour grands magasins a aussi imaginé des décors plus contemporains à installer chez soi, accessibles à tous. « Partisan de la déco démocratique, j’adore les univers décalés et drôles. » En 2008, Christophe Koziel a ainsi créé le papier peint « Toilet Spirit » - un mur rempli de rouleaux de papier toilette roses- livré avec un dérouleur de papier toilette afin de créer une illusion parfaite. Mélange du vrai et du faux : succès réel ! Le créateur vient ainsi de lancer le papier peint « kapiton ». « A l’origine, il s’agit d’un vieux fauteuil Chesterfield des années 50. Le plissé était très beau, se souvient-il. Il peut être customisé par exemple avec du strass à coller sur les faux boutons. »

Vendu 40 € les 10 mètres, le papier peint est un intissé très épais, laissant apparaître un grain du cuir très sensuel. A installer à la place d’une porte, une niche, ou une tête de lit… Christophe Koziel n’a pas fini de nous réserver des surprises. Bientôt un nouveau site Internet www.koziel.fr : Lever de rideau !

 

08/01/2009

Gin & Titonic

 

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« Avons touché iceberg. Sommes fortement endommagés. Help ! » Le soir du 14 avril 1912, la station de télégraphie de Terre-Neuve capte un message alarmant, celui du Titanic en détresse. Mais très vite, les eaux glacées engloutissent le paquebot avec plus d’un millier de passagers à son bord. James Cameron en a fait un film en 1997, souvenez-vous ! Il y a quelques mois, sans doute à l’issue d’une soirée trop arrosée, le designer américain Jason Amendolara, 35 ans, a imaginé de faire couler le transatlantique… au fond d’un verre d’alcool. Le moule à glaçons « Gin & Titonic » était né. « Le nom colle bien au produit », raconte amusé Jason Amendolara, directeur artistique de Fred and Friends (www.fredandfriends.com), un atelier de création d’objets décalés et insolites situé à Rhode Island aux Etats-Unis. On peut ainsi, tout en sirotant son breuvage, regarder fondre son Titanic aux prises avec quatre micro-icebergs, fournis avec !  « Quand on me qualifie d’immature, je le prends pour un compliment ! » poursuit le designer qui a gardé son âme d’enfant. Comment en serait-il autrement ? De son imagination sont sortis des accessoires détournés pour faire la fête comme des gobelets faux nez, une poupée vaudou porte cure-dents, des pique-saucisses en forme de clous tordus, des pinces à cornichons en forme de dents ou des poignées pour verre à pied, histoire de mieux s’y arrimer en cas de tangage… De quoi lever son verre, avec ou sans glaçons !

Alexia

>> Retrouvez toute l’actu de l’art et du design sur le blog d'Alexia Guggémos, Delire de l'art

05/11/2008

Des bonbons atypyk qui Pez

S’il y avait un souvenir spontané de l’époque couche-culotte, tous les adultes s’agiteraient et brailleraient en rythme, les bonbons ! Atypyk, une boutique design décalée, a décrété que l’âge bête ne passerait pas. Pour soigner cette nostalgie, la marque s’attaque à la collection Pez en customisant son tube et sa grosse tête de mascottes de dessins animés. Une institution qui cartonne depuis plus de 50 ans.


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Sans sucrer les friandises, l’idée est de relifter les personnages de Pez en les habillant d’appareil dentaire, de casque de cosmonaute ou de béret militaire… Jean Sébastien Ides, le concepteur du projet, précise que cette transformation doit « enlever leur aspect irréel et fantastique  pour les expédier dans la vraie vie. »
Alors, arrêtez de taper dans les réserves de sucreries. Concoctez vous un vrai trip régressif en admirant la mutation des Pez SM, violents ou super héros… sur http://www.atypyk.com/

>>> Retrouvez tout en vrai chez Atypyk, 17 rue Lambert, 75018 Paris

Julie Dubois

16/10/2008

Une salle des marchés dans mon salon

Lancez-vous dans une déco de crise : le nec plus ultra des intérieurs fauchés ! Le cours de la bourse s’affole ? Claude Closky propose d’en afficher les fluctuations sur du papier peint Cac 40 (édité chez FR66). Une série de chiffres très hypnotique à tapisser idéalement dans une chambre pour rêver de jours meilleurs. Pas nécessairement feng shui mais assez esthétique. L’artiste a également conçu le DVD « Flux » à projeter sur un mur. Les flux financiers sont représentés de façon schématique. Une œuvre abstraite très colorée dont on ne comprend rien et qui donne vite le tournis, comme celui des traders les jours de krack. Effet garanti !

 

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Si, tout petit déjà, vous rêviez de plonger dans la baignoire d’oncle Picsou, optez pour l’affiche « Dollar Sign » (1981) d’Andy Warhol. Elle vous mettra des dollars plein les yeux, à défaut d’en remplir vos poches. Plus discret, le fameux dollar barré existe aussi en carte postale (3 € pièce), à glisser comme un talisman dans votre portefeuille. Sur le canapé du salon, disposez quelques coussins à l’effigie du président George Washington. Vous afficherez ainsi tout de suite la couleur : le vert… pour sa touche d’optimisme, bien sûr ! Afin d’économiser temps et argent, suspendez l’horloge-tirelire « Save Time » dans votre bureau : « la bonne « tac-tic » parce que vos minutes sont précieuses », précise Atypyk qui présente aussi un petit cochon en tirelire-puzzle. Un concept inédit : pour l’utiliser, il suffit de reconstituer l’animal vendu en mille morceaux –ou presque- tube de colle fourni. De quoi vous passer l’envie de le casser une fois ce travail de titan terminé ! Enfin, pour les moins bricoleurs, la tirelire « Je suis un cochon de capitaliste » (édité chez Déco & des mots) vous donnera bonne conscience à la laisser le ventre vide.

Alexia Guggémos


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09/10/2008

Mon frigo n'a pas froid aux oeufs

Un panier à linge sale qui, sitôt rempli, se transforme en lave-linge via une connexion wi-fi ; une table de cuisson mobile dotée d’un lecteur de puces RFID pour scanner les emballages ; un sac de courses isotherme alimenté par énergie cinétique afin de garder les surgelés au frais, le temps de revenir du supermarché… Ces projets sont nés dans la tête bien faite d’étudiants en design qui ont participé au Design Lab’08.

1010-MAG-shopping1.jpgCe concours international organisé par le géant de l’électroménager Electrolux vise à récompenser les projets innovants. La « i-génération », celle des 25-35 ans, mise sur Internet pour se simplifier la vie, avec un leitmotiv à appliquer en toutes circonstances : « Tout, tout de suite ! » Le Japonais Nojae Park a ainsi imaginé un meuble cuisine-bureau. « Une solution pour ceux qui ont faim mais ne veulent pas se déplacer quand ils sont devant leur écran… », explique-t-il. Pour tous les amateurs d’auberge espagnole, Stefan Buchberger, étudiant autrichien à l’Ecole des arts appliqués de Vienne, a inventé le « Flatshare », un réfrigérateur révolutionnaire pour colocataires. Finis les Post-ît collés sur les rayonnages et les engueulades pour un yaourt disparu ! Des modules confèrent à chaque utilisateur son propre espace, personnalisé à l’aide de couleurs. L’an dernier, pour sa 4e édition, le Design Lab avait récompensé le « e-wash », une machine à laver compacte, utilisant des noix de lavage à la place d'un détergent. Succès immédiat, ce qui n’était alors qu’un prototype est aujourd’hui largement distribué. Le réfrigérateur des colocataires a de beaux jours devant lui !

Alexia Guggémos


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02/10/2008

Atypyk réinvente les objets de moquerie

Une affiche «défense d’afficher», un miroir au format Polaroïd, des crayons de papier «moustache» à se mettre sous le nez, un tee-shirt Miss Word transformant le modèle en véritable star des podiums… Ces objets sont signés Aty­pyk, du nom de l’agence de deux trublions de l’art et du design, Ivan Duval, 41 ans, et Jean-Sébastien Ides, 40 ans. En dix ans, ils ont créé près de 150 produits distribués dans nombre de musées du monde entier. Leurs best-sellers : le collier de bonbons vendu à la boutique Printemps Design du Centre Pompidou à Paris, le sticker banane anti-dérapant au musée Andy Warhol de Pittsburg (Etats-Unis), ou l’éponge Em­mental au musée d’Art moderne de New York.

 

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«On nous prend souvent pour des distributeurs alors que nous sommes les concepteurs de tous ces objets», explique Ivan Duval, ancien publicitaire. Il y a du détournement et beaucoup d’humour dans les créations d’Atypyk. Le mouchoir Lettre de rupture aurait pu être imaginé par l’artiste Sophie Calle ou la pochette de préservatif Kamasutra par Claude Closky. Une démarche conceptuelle que le Centre Pompidou a choisi de mettre à l’honneur pour sa boutique de design, jusqu’au 4 novembre. Sur leur e-shop (www.atypyk.com), on trouve une trentaine d’idées cadeaux : du pansement Ouille à coudre pour réparer les bobos d’un vêtement (7 €) à la carte postale interactive «Je t’aime, un peu…» (2€), faites passer vos messages !


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