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05.11.2009

Les blogueuses n'en finissent pas de shopper

« J’ai pas acheté de chaussures aujourd’hui. Je crois qu’on peut dire que je suis sur la bonne voie, non ? », déclare Géraldine alias Punky B, blogueuse mode, sur sa page Twitter. Les shoppeuses compulsives de la blogopshère font fi de la crise et partagent avec passion leurs bons plans pour acquérir les pièces tendance à petits prix. Leurs placards débordent, et elles achètent... beaucoup. « Au moins une fringue par semaine » pour Kenza, auteur du blog La Revue de Kenza et bientôt animatrice d’une émission mode sur la webTV Konbini.

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Jamais les mains vides
« Dans un quartier comme Châtelet, avec un Zara et un H&M tous les 200 m et le Forum des Halles à proximité, la tentation est forte ! On est happées par ces enseignes, d’où on ne ressort jamais les mains vides. Ces boutiques sont un formidable laboratoire de tendances. Grâce à elles, on expérimente de nouveaux styles sans trop de conséquences : si je m’emballe sur une fringue hyper excentrique à 15 € qui finit par rester dans mon placard, je n’ai pas mauvaise conscience. »


Sur son blog, Kenza se looke et pose dans Paris avec ses copines, sans oublier de donner les références de ses trouvailles. Telle une armée de shoppeuses, les blogueuses écument inlassablement les rayons et, parfois, dénichent la perle rare. « J’ai trouvé chez H&M une adorable veste à brandebourgs à 39 €, et quand j’ai posté sa photo sur mon blog, ça a été l’émeute, j’ai été submergée de mails de lectrices qui voulaient la même ! », explique Marion, alias Marion Rocks. La veste d’officier en question a été lancée sur les podiums par Balmain et elle est facturée 8000 € en version originale... Comme beaucoup d’autres fashion blogueuses, Marion a créé un deuxième site, une sorte de vide-dressing virtuel qui lui permet de désengorger son armoire et de financer ses nouvelles acquisitions.


Leurs meilleures affaires, c’est sur Internet que les fast fashion addicts les trouvent, de préférence dans des boutiques qui ne sont pas implantées en France. Habituées des rayons virtuels d’Asos, de Forever21 ou de Lipsy, c’est chez le Britannique Topshop qu’elles perdent toutes la tête. « Attendre un colis Topshop, c’est toujours une grande aventure. Recevoir ledit colis, c’est toujours un immense moment de plaisir », écrit ainsi Betty. Leur prochain rendez-vous est chez H&M : à la fin de l’année, l’enseigne suédoise proposera, à prix mini, des modèles du chausseur de luxe Jimmy Choo et de la créatrice Sonia Rykiel. Fast fashion addicts, à vos marques...

Aurore Leblanc

08.10.2009

Incrustez la fashion geek

Vous ne connaissez strictement personne dans la mode, mais rêvez de découvrir les coulisses de ce milieu ultra-fermé ? Rassurez-vous, le Web est là pour vous tenir au jus, même si votre ganache ne revient à aucun physionomiste digne de ce nom. Top 3 des sites qui vont vous rhabiller pour l’hiver.

Saywho.fr

Lancé par le touche-à-tout de la nuit, Rasmus Michau, au printemps dernier, ce site au design épuré s’est vite imposé comme le carnet de bal préféré des fashionistas qui aiment se voir en photo le lendemain de folles noubas. Tous les soirs, une escadrille de jeunes photographes talentueux comme Jean Picon, Sébastien Bardos ou encore Paul Blind sillonnent inlassablement toutes les after-party des grands couturiers.
Saywho.fr est devenu la nouvelle bible pour les amateurs de nightclubbing chic et choc.

Purple-diary.com

Véritable plongée dans les entrailles de la hype, le blog perso d’Olivier Zahm, big boss du magazine Purple, ressemble à une version en ligne de Glamorama, le best-seller de Bret Easton Ellis. Au menu, très peu de textes, mais de superbes photos où Zahm se met en scène avec le graffeur André, le photographe Terry Richardson ou encore l’acteur Jared Leto.

Thesartorialist.blogspot.com

Après avoir passé quinze ans à travailler dans la mode, le New Yorkais Scott Schuman a eu la bonne idée de  créer un blog pour y mettre des photos d’inconnus  lookés prises dans la rue. Depuis 2005 , celui qui a ouvert la voie à toute une génération de Facehunter a été classé par le Time Magazine comme l’une des 100 personnes les plus influentes de la fashion mondiale. W

23.04.2009

Les Suédois étaient des vikings, ils sont des pirates

pirate_bay_logo.jpgSamedi 18 avril, l’ambiance n’était pas à la fête, pourtant tous avaient mis leurs plus beaux habits. Les hackers de Stockholm étaient de sortie pour manifester leur soutien aux quatre leaders de Pirate Bay. Ce site basé en Suède permet l’échange de fichiers Torrent, donc le téléchargement illégal de films ou de musique. Vendredi dernier, ses fondateurs, trois geeks et un financier à cravate, héritier du groupe Wasa, ont été condamnés à un an de prison et 2,7 millions d'euros d’amende pour aide à la violation de droits d’auteur. Au grand dam de milliers de leurs compatriotes qui ont décidé de contre-attaquer.

 

Les hackers contre-attaquent

Au milieu de la marée de trench-coats en cuir et d’ados aux cheveux fluos, Erik brandit une tête de mort. «Dès que nous avons appris la nouvelle via Twitter, hier, nous avons planifié ce rassemblement, explique cet étudiant de 24 ans. Les majors n’arriveront pas à nous faire taire. » Et si samedi, ils n’étaient guère que cinq cents (mille selon les organisateurs) dans la rue, ils sont bien plus nombreux dans tout le pays à s’indigner de la peine de prison infligée aux créateurs de Pirate Bay. Les hackers, d’abord, qui ont lancé leur contre-attaque. Plusieurs centaines d’entre eux se seraient réunis pour attaquer des sites liés à l’industrie musicale, tandis que d’autres vidaient les cartouches d’encre de l’avocate des majors en lui envoyant des fax noirs.

Mais les « hacktivistes » ne sont pas seuls. Dans les heures qui ont suivi le jugement, trois mille Suédois se sont inscrits au Piratpartiet. Le « parti des pirates », qui compte désormais 18 000 membres, est devenu la cinquième formation politique du pays. Il espère rallier 100 000 votes aux prochaines européennes et ainsi décrocher un poste au parlement.

« La menace, c’est le capitalisme »

« Je serais née plus tôt, je serais militante écolo, assure Anna, une jeune manifestante qui promet de voter « pirate » en juin prochain. Aujourd’hui, la plus grande menace, c’est le capitalisme. Si l’on gagne sur ce point, on pourra montrer au monde entier que les grandes entreprises ne font pas la loi. »

Pays pionnier des nouvelles technologies, la Suède est aujourd’hui en pointe dans la lutte contre la « marchandisation de l’Internet ». « Nous sommes un pays de Vikings. La liberté fait partie de notre patrimoine national », clame Anna, dans un grand sourire. Bien que le piratage suédois ne soit pas encore classé par l’Unesco, il fait déjà son entrée au musée. Le Tekniskaa Museet de Stockholm (musée des Sciences et des Technologies) a acquis l’un des serveurs de Pirate Bay saisi par la justice.

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Cedric Couvez / 20 minutes

Par Laurent Bainier

02.04.2009

Quelques blagues et la toile se gondole

Parce qu'il n'y a rien de mieux à faire sur Internet que d'en rire, petite sélection ultra-subjective de sites à visée humoristique

 

Blagues Carambar, le site non officiel

Les seules blagues qui collent aux dents sont presque toutes là. Bien sûr, ce n’est que le site « non officiel », mais ce qui est officiel, c’est que sur l’échelle ouverte de l’humour francophone, les histoires Carambar frôlent le 9, à quelques dixièmes des Ta mère (excellente version anglophone sur www.humorsphere.com) et juste devant les Toto (la série du genre est sur vivre-au-quotidien.com). On perd le plaisir du papier déchiré collé sur le caramel, mais on y gagne beaucoup en hygiène dentaire.

 

M. et Mme ont...

L’ami du petit des Gesnais est le fils de Monsieur et Madame Oré. Il s’appelle Rick et il a droit à deux lignes sur le site des M. et Mme. Une sorte d’ode au calembour de deuxième division qui ne pouvait laisser indifférente l’équipe du 2.0. Les nostalgiques de l’almanach Vermot y trouveront leur bonheur.  La nombreuse famille Amar (Ella, Pâcome, Ancel, Hélène, Nadège) y côtoie  le Basque Ulrich Ideki-Lahula, le restaurateur allemand Kurt Paille  ou la jolie  Jeanne Hultou (si tu reviens...). Ida Tinpeu ? Quentin Amar-Takaldir...

 

Blague info

Blague info est à la déconne ce que le Dr Quesada, du Creusot, est à la médecine : un généraliste. Des lots de blondes, un linéaire de Toto bien agencé, des vannes sur les banquiers en tête de gondole et, derrière le rideau rouge, de la grivoise, de la cochonne et du Melon et Melèche hors d’âge. On peut même dénicher des contrepèteries. Prenez le temps de fouiller, vous ferez des affaires. Comme cette blague gratuite : comment différencier un écureuil d’une fourchette ? En les mettant au pied d’un arbre. Celui qui grimpe, c’est l’écureuil.

 

La Môme Néant

Certes, on ne fera sans doute jamais mieux sur le Web en matière d’humour que les LOLcat, ces photos de chat accompagnées d’une légende en « anglais Raffarin ». Mais si vous vous sentez top LOL et prêt à rire de tout, aventurez-vous sur La Môme Néant, l’antre de l’absurde et du cynisme. Le site n’est plus mis à jour depuis des années, mais Desproges, Kafka ou Allais, dont la Môme répertorie les textes les plus noirs, n’ont rien produit non plus depuis un certain temps. Quelques pages HTLM pour rire de sa belle mort.

Laurent Bainier

12.03.2009

Miss Anti-Radar part en croisade

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Un point de permis s’éteint, une vocation s’éveille. Miss Anti-Radar en avait marre de se faire flasher (par inattention plus que par excès de vitesse, précise-t-elle), alors elle est partie en guerre contre les petites boîtes qui fleurissent le long de nos routes. Depuis son blog, elle a lancé la croisade – une « gentille croisade », ajoute-t-elle – des mal en point.


Entre deux présentations de gadgets légaux destinés à vous faire passer entre les mailles du filet policier, elle livre une tonne de conseils utiles pour contester ses amendes. Le ton est léger, les articles très bien documentés et l’ensemble est plutôt bon esprit, loin du manuel pour parfait Madoff du volant qu’on peut trouver sur tous les forums spécialisés.

La toile française s'éprend du rail

Un peu de temps à passer sur la toile. Prenez le train grâce à notre sélection

Le coin du ferrovipathe

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Le ferrovipathe aime les trains comme le féru de pâtes les macaronis au jambon. Sur ce site ultra-complet au design de Micheline, vous trouverez une exceptionnelle collection de sifflets de train français, en streaming et avec une description précise des conditions d’enregistement. TGV, Corail, autorail, en ligne droite ou à la sortie d’un tunnel, tout y est. Notre préférence va à la Bourreuse Framafer, à la qualité sonore inégalable. C’est le meilleur concert des Klaxons, et c’est en exclusivité sur le Web.

 

Passion photos

1303-MAG-internetpassion.jpgPour accompagner votre set de sifflets de train, pourquoi pas un diaporama de rames en action? Ce site conçu par un photographe amateur talentueux regroupe une galerie de clichés sur les transports en commun pour faire du trainspotting sans risquer le coup de froid ou l’overdose. En plus des locos, ce blog propose quelques photos volées, façon safari, de bus de la RATP dans leur milieu naturel. Si vous avez déjà passé de longues minutes à attendre le vôtre sur un trottoir, vous apprécierez la performance à sa juste valeur.

 

Mes trajets de Rer

1303-MAG-internettrajets.jpgDans le RER, pour passer le temps, on peut écouter le son nasillard qui déborde du casque de son voisin en regardant le sol pour ne froisser personne. Ou lire. Et comme 20 Minutes ce n’est parfois pas assez, on se met à ce truc plein de lettres qu’est un livre. Sur ce blog, on trouvera les critiques de tous les ouvrages qu’un usager du RER A aux goûts sûrs et éclectiques a dévoré depuis mai 2006. Sa dernière note date de janvier 2009 et les paris sont ouverts. S’est-il lancé dans l’Intégrale Proust,  le RER A va-t-il plus vite ? A suivre...

 

Histoire du ticket de métro

1303-MAG-internettticket.jpgLe pass Navigo aura sans doute la peau du ticket de métro, mais son souvenir hantera encore longtemps le Web grâce à Grégoire Thonnat et à son blog très documenté sur ce petit bout de papier ou carton. On y découvre notamment des billets de retard, datant des années 1950, à remettre à son employeur en guise d’excuse de la compagnie de métro. La photo est de qualité et peut-être photoshopée à votre convenance. Très pratique, si vous êtes à la bourre d’environ 50 ans  à votre rencard et que vous voulez mettre ça sur le dos de la RATP. WL. B.

05.02.2009

Ses robots vont conquérir les toiles

Il aurait pu la passer sur le dancefloor ou en soirées étudiantes. Mais sa vingtième année, comme les deux précédentes, Vincent Thiberville la consacrera à son sixième bébé, Handibot, dont la naissance est prévue en juin. En 2007, encore lycéen, ce jeune Francilien échange quelques mails avec Francis Simon, un artiste gersois atteint de polyarthrite. Sur un forum consacré à la robotique, il découvre l’appel de Francis Simon, frustré de ne pouvoir continuer à peindre à cause de sa pathologie. Comme il se doit, entre un fan de nouvelles technos et un peintre, le contact passe d’abord par la Toile. « A l’époque, je faisais des robots pour mon plaisir et quand les gens me demandaient à quoi ça servait, je leur répondais "A rien"», se souvient Vincent.

Manette pour Manet

En un été, il invente quatre engins, les Thiberpaint, capable de se promener sur une surface en la constellant de peinture de leurs bras automatisés. « Ils se déplaçaient de manière aléatoire. En étudiant leur fonctionnement, Francis a pu prédire leurs mouvements et produire des œuvres abstraites. »

Mais très vite, l’artiste veut revenir au figuratif et Vincent retourne à son bureau. Cette fois, il imagine une bête capable de répondre au poil de pinceau près aux demandes de son utilisateur. « Il fallait une télécommande simplifiée, pour que Francis puisse s’en servir malgré son handicap. J’ai inventé quelque chose qui ressemblait à une manette de Wii et permettait de contrôler ce cinquième robot. » Pour leur première rencontre, Vincent se déplace pour présenter sa créature au peintre, emballé. « Pendant plus d’un an, nous n’avions communiqué que par mail. J’avais envoyé les robots par la poste. C’était émouvant de pouvoir enfin le voir. » Mais le sage étudiant en école d’ingénieur a déjà l’esprit ailleurs. Conscient que ses machines pourraient aider n’importe quel handicapé à s’exprimer par la peinture, il décide de passer à la phase industrielle. « Au début, je me suis lancé par passion des robots. Mais très vite, c’est le partage avec les handicapés qui est devenu le plus important. On fait beaucoup de choses pour qu’ils survivent. Moi, je veux développer un robot qui leur donne envie de vivre, de se lever le matin avec le sourire parce qu’ils savent qu’ils vont peindre. »

Une première bourse offerte par le site communautaire Dreamshake.com lui permet de lancer la réalisation du prototype et de rencontrer des partenaires. Designers, mécanos, informaticiens... En tout sept personnes embarquent dans l’aventure. Prochaine étape : lever 35 000 € pour finaliser le proto et lancer la production en série. Puis démarcher les centres pour handicapés dans toute la France, avant de conquérir le monde ou d’inventer d’autres robots. « J’ai déjà plein d’autres projets en tête ». On s’en doutait.

Laurent Bainier

11.12.2008

Vous n'êtes qu’un minitelnaute

L’internet n’existe pas. Où plutôt l’idée que l’on s’en fait. Tous les jours nous ne faisons qu’utiliser un minitel amélioré. C’est le concept de «Minitel 2.0». La thèse est défendue avec sérieux par Benjamin Bayart, président de French Data Network, un fournisseur d’accès internet indépendant. Selon lui, derrière nos écrans plats rutilants se joue de nous «un minitel avec de la couleur et des publicités dynamiques.» Pire: un outil au service des puissants. Le spécialiste des réseaux nous éclaire.

 

 

En 2008, comparer Internet à un minitel c’est pas un peu exagéré ?

Benjamin Bayart : Il n’y a pas de différence entre une requête via un 3615 sur de gros ordinateurs basés à Paris et une recherche sur un moteur de recherche structuré autour de milliers d’ordinateurs. Google, 3615, même combat. Mais l’internet, ce n'est pas les 8000 machines de Google qui détiennent le savoir de l'humanité, c'est le contraire.

Qui est responsable de cette « dérive » ?

B.B : Les maisons de disques, les maisons de production et les politiques. Les premiers veulent maîtriser leur gagne pain: la production et la diffusion des contenus. Ils n’ont pas intérêt à laisser les gens à produire et diffuser eux-mêmes. Avec un vrai internet, ce serait la mort des vendeurs d’arts par celle des artistes. Et les politiques, que ce soit lors de l’essor de l’imprimerie ou avec le web, ont toujours voulu restreindre les libertés.

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Internet aux mains d’un petit groupe exclusif, ça ne sent pas un peu la thèse du complot ?

B.B : Je ne parle pas de chambres secrètes, de robes noires et d’hommes en cagoule. C’est plus subtil. Il y a eu une convergence d’intérêts qui a aboutit à cette situation de monopole. Regardez les fournisseurs d’accès à internet (FAI) : ils ont tué toute concurrence et se partagent le marché à 4.

Un internet version minitel, facilite selon vous la répression des libertés. Comment ?

B. B : Les FAI (Fournisseurs d'Accés à Internet) tombent sous le coup de la loi et collaborent avec les autorités du pays. En Chine, Yahoo ou Google aident Pékin à traquer les dissidents. Si, comme avec le minitel, les mails n’étaient pas aussi centralisé, la chasse aux dissidents ne serait pas aussi facile pour le régime chinois.

Propos recueillis par Mohamed Najmi

04.12.2008

De la musique Caen même

Orel San ne le sait pas encore, mais il vient d’inventer quelque chose de grand, un rap qui lorgne sans faux-semblants sur le malheur, la crasse et le malaise. Une grosse torgnole là où ça fait mal, dans l’ego, pas dans les couilles mais dans les souvenirs merdeux refoulés. Le jeune caennais de 26 ans sort son premier album dans deux mois, mais les vidéos de ces titres Saint Valentin ou Sale P*te sont des must-see sur YouTube depuis plusieurs mois. On y découvre un pauvre type plutôt grossier qui raconte des horreurs sur les femmes sur des beats ringards. «J’ai une semi-frustration parce que les gens ne connaissent que les anciens titres, que j’ai composé il y a trois ans», raconte Orel San. Sur un titre encore inédit, il chante: «C’est pas en insultant les meufs dans mes refrains que je deviendrai quelqu’un mais j’aime bien.» Et voilà le paradoxe Orel san posé. Un jeune provincial pétri de stress et d’inhibition qui «maquille la peur en plaisantant» et «crois que le bonheur c’est d’être autiste». Sans avoir jamais mis un pépin à Caen, on devine une ville de merde. Orel san, pourtant, dit s’y sentir bien, avec ses potes. L’adolescence pourrie qu’il raconte dans ses chansons, où "une bonne soirée, c’est une soirée dont j’ai aucun souvenir», n’a rien à voir avec le climat. C’est la force d’Orel San, il raconte une jeunesse foutue qui s’emmerde et culpabilise de sa banalité: «J’ai peur d’être normal d’être moyen, ni trop mal ni trop bien.»


La peur des filles trop sûres d’elles, les videurs de boîtes qui ne tolèrent pas les Nike Air, les heures passés la game boy dans une main un pétard dans l’autre, la solitude même avec ses potes… En somme ce que raconte Orel San n’a rien d’exceptionnel mais il y met une âme nue, une poésie simple, le tout sur fond de musiques et d’arrangements venus des tréfonds de notre discothèque honteuse : les années 1990. «C’est la période où on me foutait du rap dans les oreilles et j’étais influençable. J’ai pas assez de recul pour savoir si c’est de la bonne musique ou si c’est moi qui suis bousillé. C’est juste comme ça que je fais.»

Son dernier titre:

Changement [edited version]

Poseur inspiré, Orel San rappe depuis dix ans: «Avant, j’écoutais les Gun’s et Nirvana mais mes potes de basket m’ont dit que ça craignait, qu’il fallait que j’écoute du rap pour rester dans l’équipe… » Passé par la case instru, il accompagne son pote d’enfance Skred quand il travaille pour Diam’s et Booba. Puis il se décide à rapper ses propres textes. «Mes potes m’ont poussé à monter le truc parce qu’ils aimaient bien mon délire.» C’est grâce aux potes d’Orel San que l’on pourra bientôt entendre quelques punch-lines assassines comme: «Avant j’voulais construire ma vie avec mes beaux diplômes / Depuis j’ai vu 8 Mile et j’rêve d’habiter dans un mobil home.»


D’ici la sortie du disque, Orel San partage sa vie entre Caen et Paris, entre studio et écriture. Et un buzz qui va de plus en plus vite.« En même temps, ça s’accélère par rapport à rien du tout. Ma vie n’a pas changé… J’ai juste arrêté de travailler.»
Un peu gêné aux entournures quand on le questionne sur la dépression chronique qu’il décrit dans ses textes, il nous renvoie à une phrase de chanson: «Mon seul moyen d’expression, C’est de m’enfermer sur moi-même. » Mais tempère aussitôt: «Je parle de trucs que j’assumais pas du tout. Là, ça va mieux… Je maîtrise mieux mon univers.»

Retrouvez toute l'actu d'Orel San sur son blog ou sur son myspace

 

Benjamin Chapon

27.11.2008

La Hollande, pays bas-débit

Le Web néerlandais est un milieu hostile pour le surfeur francophone. Dommage, car si le pays n’est pas le plus en pointe de l’Internet créatif, il a offert à la toile quelques jolies perles.

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Henri Willig
www.henriwillig.com
Edam, doudidou Dam… La Hollande est le pays du fromage qui pulse. Avec leurs coques rouge ou orange fluo, les frometons les plus pop de l’histoire ont conquis la planète. Mais les hommes et les femmes qui aiment l’Edam savent qu’il est souvent bien compliqué de trouver des produits néerlandais de qualité en dehors des Pays-Bas. Heureusement, il y a Henri. Henri Willig, l’empereur de l’import-export fromager, le seigneur du gouda en VPC. Sur son site, vous pourrez commander produits laitiers, couteau avec manche en porcelaine et coffret-cadeau plein de lait coagulé. Tout ce calcium, c’est bon pour relancer la croissance.

 

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BWired
www.bwired.nl
On a trouvé le plus branché des Néerlandais. Bwired, c’est son pseudo, a relié la moindre prise de sa maison à l’Internet. Et depuis 2005, il nous tient en haleine avec les détails passionnants de sa vie quotidienne : consommation de son frigo, photo de son facteur, relevé horaire de l’ouverture de la porte de son bureau… Tout est à suivre en temps réel sur son site au look de tableau de bord pour trader. Attention, avec l’arrivée des grands froids, des rebondissements fracassants sont à attendre. Combien consommera le chauffage du salon, qui a appelé Bwired hier à 19h45,  pourquoi fin octobre la chasse d’eau a tant fonctionné ? C’est quand même plus passionnant qu’un hamster, dame !

 

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Dutchtub
www.dutchtub.com
On ne va pas vous le cacher, on vous sert du réchauffé. Dutchtub, le jacuzzi portable au feu de bois, est sorti d’une usine néerlandaise il y a déjà deux ans. Mais depuis, on n’a pas trouvé mieux pour tourner un clip de west coast hip hop dans le bois de Meudon. Baignoire mobile entièrement écolo, le dutchtub est aussi simple d’utilisation que pratique. Trouver 800 litres d’eau, quelques bonnes bûches, charger le tout dans la bête, attendez que ça chauffe un peu. Et hop ! Plongez dans votre four à bain. Comptez 4500 euros pour la version standard, et quelques centaines d’euros de plus pour la version nomade avec boule de caravane.

 

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Discodave
www.discodave.fr.st
Pour les Français, la star de la musique néerlandaise, c’est lui. Dave. Attention, pas Dave Holland, le jazzman,  mais Dave de Hollande. Au pays des moulins, il est moins connu que Patrick Fiori. Pas étonnant, donc, que le meilleur site consacré au blondinet soit en français. Mis à jour pour la dernière fois en juillet 2007, peu après la sortie de son dernier album «Tout le plaisir a été pour moi» (c’est sympa de le reconnaître), le site compte moins de 30 000 visites. Il est donc grand temps de faire un tour du côté de chez Dave. Car «Vanina, si tu l’oublies, il sera pour la vie, seul au monde… Au mon… Mon… Monde…»

Laurent Bainier

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