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12.03.2010

La vraie gourmandise n'a pas de prix

1203-2.0-CUISINE.jpgVache maigre Jean-Pierre Coffe revient avec un ouvrage consacré à la bonne bouffe à bas coût

Quel bonheur de recevoir à dîner… à condition de ne pas dégonfler le porte-monnaie. Après Le Plaisir à petit prix (Plon), best-seller vendu à 400 000 exemplaires qui invitait à cuisiner pour moins de 9 € par jour, Jean-Pierre Coffe remet le couvert avec Recevoir vos amis à petit prix (toujours chez Plon). Un ouvrage où sont développées deux cents recettes conviviales, accompagnées d'une liste de vins ne dépassant pas 5 €. « C'est encore un livre opportuniste, bien sûr », admet l'animateur télé qui avoue profiter de la crise. « Mais ces livres ont une vocation sociale : se retrouver autour d'un bon plat. »

« Hors saison, faites des boîtes ! »
La plupart des recettes sont les siennes. Sauf celles des desserts, où il a puisé son inspiration « dans les livres de restrictions parus pendant la guerre ». Avec cet ouvrage, on découvre un nouveau Coffe. L'homme est plus calme, parle posément. Il est loin, le temps où c'était « de la merde », le jambon polyphosphaté qu’il exhibait sur les plateaux de télé. « J'ai gueulé pendant des années. On me disait “vous mentez”, mais j'ai fini par convaincre des industriels de développer des produits naturels, et même du bio. Pas cher. » Aujourd'hui, il défend les produits de proximité et les légumes de saison. Exemple: « En ce moment, vous avez des choux magnifiques, et des poireaux de gros calibres. Faites donc des poireaux au jambon, c'est délicieux et ça ne coûte pas cher. » Et si ce n'est pas la saison ? « Faites des boîtes ! lance-t-il. Il vaut mieux une bonne conserve qu'un produit sans goût acheté hors saison. » Et de conclure en ascète: « La première économie serait sans doute de moins manger. Car aujourd'hui, de toute façon, on mange trop. »



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Le plat pas cher qui donne du rouge aux joues

Invitez trois couples d'amis et vérifiez si les joues de bœuf à la languedocienne de Jean-Pierre Coffe tiennent leurs promesses. Pour obtenir la photo ci-dessus, faites sauter 1,8 kg de viande à l'huile d'olive avec des gousses d'ail hachées. Ajoutez 1 kg de tomates, du sucre, du gros sel, du poivre, une branche de romarin et une bouteille de vin. Laissez cuire longtemps à feu doux. Ajoutez du persil et servez. C'est délicieux ! On a juste réduit la sauce, trop liquide, et rajouté du sucre pour casser l'acidité. Et le prix ? 28 € pour huit. Ce n'est pas cher, mais quand même 5 € de plus qu'annoncé, avec des joues à 10 € le kilo (au lieu de 8,50 €), des tomates à 2,30 € (et non 1,80 €), et un madiran pour la sauce à 4,50 € (plutôt que 3 €). Mais on a fait nos courses à Paris, et non à Châteaudun (28) comme l’auteur.

 

 

Stéphane Leblanc

18.02.2010

T’as d’beaux yeux, tu sais… mon poulet !

1902-MAG-CUI-STYLISME ALIMENTAIRE 1.jpgEn photo, ses plats font saliver. Ils sont pourtant immangeables. Virginie Martin travaille depuis dix ans comme styliste culinaire pour Marie Claire, Elle à Table, Régal et GaultMillau. Un métier méconnu, qui consiste à « mettre en scène la nourriture », explique-t-elle. Avec tout un tas d’artifices : un porte-savon qui devient une coupelle, une planche pour faire une table et une vaisselle qu’elle nettoie sans scrupules au… lave-vitres ! Car, rien de ce qu’elle prépare n’est destiné à être mangé. « Je blinde mes charlottes de purée et mes terrines de gélatine pour qu’elles tiennent, je verse du sucre sur du gras pour faire des boules de glace, je mets du curcuma dans l’eau des pâtes pour les jaunir, je n’assaisonne rien, et tout est froid. »

Pour être encore plus belle, la nourriture doit passer au maquillage. « Un poulet rôti qui sort du four la peau toute fripée, c’est horrible en photo ! On va juste le laisser quelques minutes pour bien tendre sa peau. Et lui donner un aspect grillé avec du jaune d’œuf et du caramel. Ou un coup de vernis. »

La mode évolue. Adieu, les plats présentés brut de décoffrage dans des cadres un peu ringards. Et quand les chefs affectionnent les grandes assiettes, les stylistes en préconisent des petites pour mettre les détails en valeur. Mais, cette vogue des photos en gros plan avec effets de flou tend à laisser place à celle des plats déstructurés avec des vues parfois prises de dessus, comme dans la presse japonaise convivialité avec des tissus cosy et des figurants », nuance Virginie Martin, qui dit être « bien plus vigilante concernant l’aspect que le goût des produits » qu’elle achète. Surtout, l’angle qui va être photographié, « ces dix. « Ou alors à plus de centimètres sur lesquels je vais m’acharner.


La salade de fruits de Virginie, jolie-jolie…

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Si la cuisine de Virginie Martin redevient comestible pour ses amis et pour ses proches, pas question pour cette salade de fruits framboise-mangue-fraise d’apparaître négligée sur la table. Cherchez l’erreur sur nos photos. A gauche, Virginie avait juste coupé ses fruits, mélangés en vrac dans un bol avec de la crème chantilly. A droite, elle y a mis les formes, ce qui lui a pris à peine plus de temps. D’abord, le choix du récipient, un verre pour la transparence. Elle a pris soin de séparer les morceaux de fruits dans des bols pour les disposer ensuite en couches régulières. Et de dégainer l’arme ultime en matière de composition : la petite brochette de fruits entiers pour rappeler ceux qui croupissent dans le verre. Et pour que ce dernier se sente moins seul sur la table.

 

 

Stéphane Leblanc

05.11.2009

Les blogueuses n'en finissent pas de shopper

« J’ai pas acheté de chaussures aujourd’hui. Je crois qu’on peut dire que je suis sur la bonne voie, non ? », déclare Géraldine alias Punky B, blogueuse mode, sur sa page Twitter. Les shoppeuses compulsives de la blogopshère font fi de la crise et partagent avec passion leurs bons plans pour acquérir les pièces tendance à petits prix. Leurs placards débordent, et elles achètent... beaucoup. « Au moins une fringue par semaine » pour Kenza, auteur du blog La Revue de Kenza et bientôt animatrice d’une émission mode sur la webTV Konbini.

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Jamais les mains vides
« Dans un quartier comme Châtelet, avec un Zara et un H&M tous les 200 m et le Forum des Halles à proximité, la tentation est forte ! On est happées par ces enseignes, d’où on ne ressort jamais les mains vides. Ces boutiques sont un formidable laboratoire de tendances. Grâce à elles, on expérimente de nouveaux styles sans trop de conséquences : si je m’emballe sur une fringue hyper excentrique à 15 € qui finit par rester dans mon placard, je n’ai pas mauvaise conscience. »


Sur son blog, Kenza se looke et pose dans Paris avec ses copines, sans oublier de donner les références de ses trouvailles. Telle une armée de shoppeuses, les blogueuses écument inlassablement les rayons et, parfois, dénichent la perle rare. « J’ai trouvé chez H&M une adorable veste à brandebourgs à 39 €, et quand j’ai posté sa photo sur mon blog, ça a été l’émeute, j’ai été submergée de mails de lectrices qui voulaient la même ! », explique Marion, alias Marion Rocks. La veste d’officier en question a été lancée sur les podiums par Balmain et elle est facturée 8000 € en version originale... Comme beaucoup d’autres fashion blogueuses, Marion a créé un deuxième site, une sorte de vide-dressing virtuel qui lui permet de désengorger son armoire et de financer ses nouvelles acquisitions.


Leurs meilleures affaires, c’est sur Internet que les fast fashion addicts les trouvent, de préférence dans des boutiques qui ne sont pas implantées en France. Habituées des rayons virtuels d’Asos, de Forever21 ou de Lipsy, c’est chez le Britannique Topshop qu’elles perdent toutes la tête. « Attendre un colis Topshop, c’est toujours une grande aventure. Recevoir ledit colis, c’est toujours un immense moment de plaisir », écrit ainsi Betty. Leur prochain rendez-vous est chez H&M : à la fin de l’année, l’enseigne suédoise proposera, à prix mini, des modèles du chausseur de luxe Jimmy Choo et de la créatrice Sonia Rykiel. Fast fashion addicts, à vos marques...

Aurore Leblanc

24.09.2009

«Ce bon p’tit plat, c’est moi qui l’ai fait !»

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« Pour réussir un plat, il faut juste un peu d’amour », scande Guy Martin, qui parrainera ce week-end la septième édition de Cuisines en fêtes. Un rôle qu’il prend très au sérieux, car pour le chef du Grand Véfour, à Paris, il est important de « décomplexer tout un chacun vis-à-vis de la cuisine ». Lui-même l’a apprise sur le tard. Ado, Guy Martin se rêvait plutôt rock star. Avant de bifurquer pizzaïolo et de finir triple étoilé. Il insiste aujourd’hui sur les notions de « partage » et de « transmission », n’hésite jamais à publier ses recettes ou à livrer « le secret d’une sauce à un client » du Grand Véfour, le restaurant où il officie depuis dix-neuf ans. L’an dernier, ce Savoyard bon teint a ouvert un atelier où sont dispensés des cours de cuisine. Pour permettre à d’autres, moins aguerris que lui, de s’exclamer comme dans la pub : « Ce p’tit plat, c’est moi qui l’ai fait ! »

Un plat trois étoiles en vingt minutes
Et c’est parti, ce matin-là, pour un « dos de saumon au miel et vinaigre de riz, salade de légumes croquants ». Compliqué ? Au contraire. Vingt minutes feront l’affaire, grâce aux conseils avisés d’Anthony Courteille, ex-second du Grand Véfour passé chef de l’Atelier Guy Martin. D’abord, couper les légumes : les carottes en tranches fines à l’économe, « toujours dans le même sens, et puis on retourne pour finir », le fenouil et les oignons nouveaux à la mandoline « pour faire des copeaux comme du parmesan », les pois gourmands et les tomates confites « en guidant le couteau éminceur avec trois doigts ». Avantage : cette salade est crue, elle ne refroidira pas. Et on pourra se consacrer aux pavés de saumon qui marinaient dans un mélange de miel, de sauce soja, de saké et de vinaigre de riz. Hop, on les jette sur la peau dans une poêle. Et on fait réduire la marinade dans une autre jusqu’à lui donner un aspect sirupeux. Quelques rondelles de piments piquillos pour la déco et le tour est joué. Il ne reste plus qu’à ajouter une petite feuille de menthe sur la salade : on appelle ça une « sommité ». Le genre de détail qui signe un plat, qui fait qu’on n’est pas peu fier de l’avoir réalisé soi-même.

Sréphane Leblanc

25.06.2009

Ebony Bones : "Un truc un peu mystique"...

D'abord actrice, sous le nom d'Ebony Thomas, Ebony Bones bouscule sa carrière et sortira en Juin son premier album Bone of my Bones, l'occasion pour elle de faire la tournée des festivals de l'été. Rencontre.

Après les Transmusicales de Rennes cet hiver et le Printemps de Bourges en avril, vous serez à Calvi le week-end prochain. Vous semblez être une adepte des festivals ?
C’est vrai que j’adore ces ambiances parce que les spectateurs ont les oreilles bien ouvertes, il sont là pour découvrir. J’aime cette philosophie.

Votre périple vous emmènera des Etats-Unis au Japon en passant par le Portugal…

Je suis super heureuse de ça. L’enregistrement de l’album a été un enfer. J’étais très stressée parce que quand on est entré en studio, il me manquait plusieurs chansons. J’avais un peu bluffé et j’ai du composer très vite. Ensuite, j’avais peur du mastering parce que je ne voulais pas qu’un mec vienne polluer mon travail avec sa production lourdingue. J’ai dû me battre pour que mes chansons gardent leur âme. Les gros studios ne font pas confiance aux femmes qui ont une vision artistique et qui savent tout faire.

Par machisme ?

Bien sûr. Ils se disent : « Houlà, il y a plein de boutons et de fils, elle va rien y comprendre la pauvre fille. » Depuis des mois, j’ai appris toute la technique pour pouvoir tout faire toute seule.

Vous avez quand même des musiciens en tournée…
Ça n’a rien à voir. Je les adore. Le groupe me ressemble : il y a un japonais, un brésilien, un kljsjoi, sdiucij, un kjsdcs… et moi, qui vient de Saturne !

Vous êtes réputé pour vos shows énergiques et visuellement inventifs. Qu’avez-vous prévu pour votre tournée mondiale des festivals d’été ?
Je fabrique moi-même mes costumes de scène. Et ceux que je prépare pour cet été seront carrément déments. Sinon, je pense inviter sur scène une chorale indienne, j’adore ces chanteurs qui sont presque en transe et sortent des sonorités de dingues. Tu vois ce que je veux dire ?

Non, pas vraiment. Ces chanteurs seront à Calvi ?

Oh je ne pense pas. En fait, je viens juste d’y penser. Mais je sais que ça va se faire. Je crois en la visualisation créative. C’est une technique mentale qui permet, par la force de l’esprit et de ses émotions, de réaliser ses rêves. C’est un truc un peu mystique.

Et ça vous permet d’éviter qu’il pleuve pendant l’un de vos concerts en plein air ?
Non, mais ça me permet de me rendre compte que tu te fous de ma gueule (rires). Avoir de la spiritualité signifie avoir du caractère. Je sais où je veux aller, ce que je veux faire éprouver aux gens qui viennent à mes concerts. C’est cette confiance en moi qui me permet d’intégrer tellement d’inspirations différentes dans ma musique sans jamais me perdre.

Album
La sortie du premier album d’Ebony Bones, Bones of my bones, a été repoussée à la mi-juillet. Il faudra donc encore un peu patienter pour découvrir le funk-rock explosif et coloré de la demoiselle.

 



Pistes à suivre

L’été 2009 sera l’occasion de suivre à la trace les Klaxons. Les apôtres de la nu-rave préparent pour la rentrée un second album dans une première mouture a été retoqué par leur major. Intrigant, non ? Peut-être les bruyants popeux oseront-ils nous présenter des versions censurées de leurs nouvelles compos... D’autres gamins délurés présenteront leur rock sans complexe, Passion Pit. L’occasion de voir si le buzz fond au soleil ou prend une ravissante couleur dorée. Dans un registre plus sombre, The Horrors devront démontrer que 2009 est bel etbien l’année du retour en force du shoegazing. Enfin, Sophie Hunger, avec un show déjà rôdé au premier semestre, trimbalera son folk mélancolique et électrique par-delà les frontières de sa suisse natale. Bonne route à tous.

 

18.06.2009

Quand la pellicule prend le temps de se déployer à l’écran

Ils ne suivent pas le rythme des blockbusters pétaradants ou des teen-movies hilarants. Ils n’en demeurent pas moins passionnants. Best of, par genre, des meilleurs films les plus lents de l’histoire du cinéma.

Comédie : Playtime, de Jacques Tati (1967). Bien plus qu’une satire de la société de consommation et des loisirs de l’époque : un chef d’œuvre du burlesque, déroutant mais excitant, avec ses tours en verre et ses longs plans fixes qui accueillent une multitude de gags dans le même cadre

Science fiction : 2001, l’Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick (1968). Voyage initiatique, fable philosophique, drame spatio-temporel ? Le cinéaste britannique prétend juste avoir « essayé de créer une expérience visuelle qui contourne l'entendement pour pénétrer l'inconscient. »

Western : Il était une fois dans l’Ouest, de Sergio Leone (1968). Un hommage au western qui se transforme en chef d’œuvre du genre, en imposant la lenteur comme un élément de tragédie : les personnages prennent leur temps car ils savent qu’ils mourront tous avant la fin.

Guerre : Apocalypse now, de Francis Ford Coppola (1977). Le plus halluciné des films de guerre. Le plus hallucinant aussi. La version longue remontée en 2001, dite Redux, renforce la cohérence d’un film qui oscille en permanence entre crise mystique et crise de nerfs.

Animation : Mon Voisin Totoro, d’Hayao Miyazaki (1988). Le film culte de l’animation japonaise contribue à développer l’imagination des enfants : les Totoro du film n’apparaissent qu’à deux reprises, et plutôt brièvement, après s’être longtemps fait attendre.


Par Stéphane Leblanc

11.06.2009

Pedro Costa, la liberté sur pellicule

Qu’importe le succès : les festivals se l’arrachent. Pedro Costa, 50 ans, est la tête de file d’une génération de cinéastes lisboètes qui préfèrent prendre le temps de filmer en toute liberté plutôt que de courir après le box office. Ces quinze dernières années, il a pris l’habitude de filmer le quotidien d’immigrés cap-verdiens des quartiers populaires de Lisbonne, « des gens très en marge, perdus, misérables et invisibles », dont il n’a de cesse de souligner « la force un peu désespérée ». Il vient de faire une infidélité à cette « communauté de gens qui sont devenus des amis » en tournant Ne Change rien, avec Jeanne Balibar, un film qu’ils présentaient au dernier festival de Cannes. Le réalisateur semble, comme à son habitude, avoir dilaté le temps : le tournage s’est déroulé sur plusieurs mois, tout semble avoir été filmé au cours d’une même journée. Elle ne «savait pas que Pedro Costa avait postulé pour venir à Cannes». Il n’était même pas prévu que ce superbe documentaire en noir et blanc consacré a son «second métier» de chanteuse «devienne un film». Mais une complicité est née au fil des répétitions et des concerts. Jeanne Balibar qui «admire le travail» du réalisateur portugais est maintenant «fière de faire partie de ses actrice ». Elle avait dit de même après avoir tourné avec Rivette.

 

 

Par Stéphane Leblanc

15.05.2009

Nuits d'ivresse printanière : aventures clandestines chinoises

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Amours et trahisons sont au cœur de Nuits d’ivresse printanière, que Lou Ye a dû réaliser clandestinement : le cinéaste est interdit de tournage depuis 2006 et son précédent film, Une jeunesse chinoise (2006), qui relatait des événements de Tiananmen. En résulte des vues prises à l’arrachée : images tremblées, montage haché pour une intrigue un peu (trop) alambiquée. Au moins Lou Ye, qui revendique l’influence du Jules et Jim, de Truffaut, a-t-il le mérite d’aborder de front l’homosexualité dans un pays qui la considère tout de même comme une maladie mentale. Mais y aura-t-il des Chinois pour voir ce film ? Sauf à Cannes, on en doute…

Karie Jarvis, Première révélation du Festival

    Révélée à Cannes, sans y être. La jeune britannique Katie Jarvis, 17 ans 
au moment du tournage de Fish Tank, joue Mia, adolescente en crise,
rebelle à toute forme d’autorité.

Absente de la Croisette, mais excusée : « Elle n’est pas là parce
qu’elle a accouché d’un bébé samedi dernier », a révélé la réalisatrice
Andrea Arnold à l’issue de la projection du film qui ouvrait hier la compétition cannoise.



Elle ne savait même pas danser

Repérée et abordée sur le quai d’une gare, la jeune fille n’a d’abord
pas cru qu’il s’agissait d’un tournage. « Elle n’a pas voulu nous donner
son numéro de téléphone », raconte avec amusement la cinéaste
britannique. Elle n’avait jamais joué la comédie. Et ne savait même pas
danser, alors que Mia, son personnage, est censée être une fan de danse
hip-hop, sa seule perspective dans la vie. « Il me fallait quelqu’un
d’authentique, quelqu’un qui n’aurait pas besoin de jouer, mais qui
pourrait simplement être elle-même. » Quelqu’un capable de tenir
fermement un rôle tout en faisant preuve d’innocence et de fragilité, un
peu comme Emilie Dequenne dans la Rosetta des frères Dardenne. Katie
Jarvis a prouvé qu’elle possédait ces qualités. Une comédienne est née.

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Par Stéphane Leblanc

Star Clash : Vincent Gallo vs. Vincent Cassel

La bataille des latin lovers


L’un est américain, l’autre français, et ils représentent l’archétype de l’acteur moderne. Les deux Vincent ont quatre films cette année à Cannes. Trois ont été tournés en Amérique du sud, le quatrième étant un dessin animé.

 

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Vincent Gallo
Son actu cannoise : Il a ouvert la Quinzaine des réalisateurs avec Tetro, l’un des films les plus attendus de ce début de festival. Il reviendra jeudi à la Semaine de la critique avec 1989. Deux films tournés en Amérique du sud, en Argentine et en Colombie. Et où l’acteur apparait tel qu’en lui-même : à la fois intense et fantasque, sensible et sexy.

Son profil bankable : Sa dernière apparition cannoise dans Brown Bunny avait fait jaser à cause d’une scène de fellation prétendument non simulée. On avait depuis un peu perdu de vue cet acteur et réalisateur réputé ingérable, caractériel et ultra-réactionnaire. Le revoici dans ce qu’il fait de mieux : jouer des personnages qui lui ressemblent dans des films indépendants.

Son look croisette : Vincent Gallo serait au Carlton. Le look hippie chic, un rien casual : lunettes noires et barbe fournie. Attention de ne pas le confondre avec Frédéric Beigbeder, sous peine de praline.

 



Vincent Cassel
Son actu cannoise : il fait une voix dans Les Lascars, dessin animé très drôle sur des jeunes de banlieue désoeuvrés l’été à Paris, présenté dimanche en séance spéciale à la Semaine de la critique. Il jouera ensuite un père de famille qui se révèle infidèle lors de vacances au Brésil dans A Deriva, qui sera présenté jeudi au Certain regard.

Son profil bankable : Révélé en 1995 dans la Haine, présenté ici même sur la Croisette, Vincent Cassel a fait du chemin et atteint une forme de consécration dans Mesrine. Rien à voir avec les rôles plus anecdotiques qu’il défend cette année sur la Croisette et qu’il a du accepter pour s’amuser ou se reposer.

Son look croisette : Un de nos « contributeur-twitter » aurait vu Vincent Cassel sur la Croisette sans cheveux et sans sourcils, pour cause de tournage. On confirmera dimanche, après la présentation des Lascars.

 

 

Par Stéphane LeBlanc

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