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11/06/2009

Un Schindler portugais

France 2 sera demain soir, à 20h35, plus portugaise que les Portugais. La chaîne diffuse "Désobéir". Un téléfilm – hommage à Aristide Sousa de Mendes. Ce consul du Portugal à Bordeaux sauva plus de 30.000 personnes, dont 10.000 juifs, de la déportation en 1939. Un programme acheté aux Portugais? Non, une production franco-française. "On a essayé de monter une coproduction avec le Portugal, note la productrice Martine Chicot. Mais impossible. Comme le raconte le film, Mendes était un haut fonctionnaire qui a désobéi au dictateur Salazar en signant des milliers de visas.  Du coup, comme tout ce qui touche à cette période, c'est un sujet un peu sensible". "On a eu des réponses très gênées et on n'a même pas tourné là-bas", note Roger Souza, un des acteurs. La télévision nationale a certes consacré des documentaires à ce Juste mais jamais de fiction. "En revanche, elle en a tourné une sur Salazar", soupire Marie Chicot. Pour l'instant, aucune chaîne portugaise n'est candidate à la diffusion du film.

Par Alice Coffin

06/05/2009

Quand les Belges zappent avec leur langue

Même quand les télés publiques marchent d'un même pas, elles trébuchent sur la barrière de la langue. La wallone RTBF et la flamande VRT ont coproduit en 2008 "L'Empereur du goût" ("De Keyser van de smaak" en flamand), saga d'une famille de distilleurs de genièvre, couvrant soixante ans d'histoire. Cette série télé de prestige truste les récompenses, notamment au FIPA de Biarritz mais coupe le pays en deux niveau audience. 1,7 million de Flamands (58% de part de marché) contre à peine 150.000 Wallons pour le premier épisode. La série est jouée en flamand et doublée en français. Cela a suffi aux Wallons pour zapper. "Quand ça se passe tout près de chez vous, on a envie de le voir dans sa langue, note Arlette Zylberberg, responsable fiction à la RTBF. Mais nous sommes fiers d'avoir réalisé le projet ensemble, en ces temps crispés".

 

Par Maxime Robin

02/04/2009

La comédie française ? C'est un peu court, jeune homme

L’humour à la française ? Il se consomme à fond les grilles, sous forme d’émissions (« Les Guignols »), de one-man-show, de courts (« Kaamelott »), encore de courts (« Caméra café »). Mais… guère sous forme de séries. Face aux déferlantes anglo-saxonnes, les 26 minutes voire les 52, se comptent sur les doigts d’une moufle de clown : « Nous ne sommes pas des saints » le 9 avril sur Comédie, « Hero Corp » aussi sur Comédie et bientôt sur France 4, « H » et « Hard » sur Canal.

 


Les vannes s’ouvrent
Fabrice de La Patellière, directeur de la fiction chez Canal+, détaille : « Une comédie, c’est une mécanique précise, où le rythme doit être tenu sur la durée. Il ne suffit pas d’avoir une phrase, une situation drôle, il faut les enchaîner. Regardez “Friends” ! » Car oui, faire rire, c’est pas une partie de plaisir, « c’est ce qu’il y a de plus dur ! », lance Vincent Primault, acteur-réalisateur-producteur de l’hilarant – et court – « Pitch Story », diffusé sur TPS Star. Derrière la grosse rigolade, il y a un boulot de forçat. Pascal Breton, président de Marathon Group, qui prépare une comédie en prime time pour TF1, note : « La comédie demande beaucoup de travail de développement, d’écriture... Car il n’y a rien de plus catastrophique que l’humour raté. »

 


La difficulté tient aussi au format comique roi, le 26 minutes, difficile à rentrer dans une grille. « Souvent, ils ne tiennent pas la distance en prime, souligne Arielle Saracco, directrice du pôle fiction française et documentaire de Canal+. Et si on les diffuse après le film du soir, on a le problème des horaires. »

Alors que « le public anglo-saxon n’a pas peur de consommer du 26 en prime. “Hero Corp”, en première partie de soirée sur France 4, est un contre-exemple, constate Simon Astier, créateur de la série sur les superhéros lozériens. Moi, le 26 minutes est un format que j’adore. Je rêve d’en faire un tourné en public… »

Progressivement pourtant, la comédie joue les prolongations. Canal+ planche sur des projets de 26 minutes. Chez Calt, spécialiste du court (« Vous les femmes », « Caméra café »), on a lancé « Hero Corp » (26 min), « Les bougons » (52 min), passé « Kaamelott » du très court à des séries de 52 min pour les « livres » 5 et 6. Le boss de Calt, Jean-Yves Robin, est optimiste : « On y va progressivement, mais depuis un an, on sent un changement excitant. M6 tente de plus en plus de choses et avec la fin de la pub sur France Télé, une case s’ouvre entre le JT et le début du film. » Vincent Primault de « Pitch Story », planche d’ailleurs sur un projet de 26 min pour une grande chaîne. C’est bon de rire parfois, et encore mieux dans tous les formats.

 

Anne Kerloc’h et Maxime Robin

19/02/2009

Le troisième âge cathodique

L'image a fait le tour du web. Et pas seulement en Allemagne. La semaine dernière sur Pro Sieben, lors du Bundesvision Contest, sorte d'Eurovision à l'échelle fédérale, un animateur, en pleine crise de Delarue-ite, a touché, à pleine main les seins de sa co-présentatrice. Qui a immédiatement répliqué en le giflant. La séquence a créé immédiatement le buzz. Mais sachez, le, sur les écrans allemands, ce n'est pas toujours das Rigolade. La chaîne la plus regardée du pays est ARD 3. Un sigle qui regroupe, en fait, l'ensemble des antennes publiques régionales. "Un peu, explique Bertrand Villegas de l'agence de veille The Wit,  comme si les antennes locales de France 3 diffusaient des programmes toute la journée et supplantaient TF1 en termes d'audience". Du moins sur les plus de cinquante ans. Car, ces chaînes publiques régionales, tout comme les deux chaînes publiques nationales, Das Erste et ZDF "ont un public vraiment âgé" souligne Noële Rigot, responsable de l'Etudes Eurodata TV de Médiamétrie.  Et le troisième âge se délecte, en particulier de documentaires animaliers tournés dans des zoos comme Panda, Gorilla and Co. Autre programmes phares, les cultissimes Krimis (autrement dit les séries policières). Les téléspectateurs français ont, eux mêmes, été remués il y a deux mois, à la mort d'Horst Teppert, alias Derrick. Le fidèle inspecteur de France 3 est battu en longévité par un autre policier, Tatort, diffusé depuis....1971. "Même si les téléspectateurs restent attacher aux vieux Krimis qui cartonnent encore, explique Anne Evene, chargée de programmes chez ZDF, on arrive à innover un peu". Avec par exemple, Berlin Brigade Criminelle, qui sera diffusé en mars sur Arte. Enfin, le samedi soir, c'est  "ambiance émissions folkloriques, note Villegas, alimentées de musique et chopes de bières ". Cela reste néanmoins gentillet. Alors que les chaînes privées, elles, sont trash, ou "disons, ultra réaliste, note Villegas. Avec beaucoup de reportages dans des familles prolétaires, chez les délinquants".  La plus emblématique est diffusée, chaque jour à 14h, sur Pro Sieben. Son nom: So lebt Deutschland. Traduction: ainsi vit l'Allemagne....

Alice Coffin


29/01/2009

L'ovni cathodique de la semaine : c'est moi ou le chien

« C'est le chien ou moi ». Pas de divorce en vue mais un nouveau programme sur Discovery Real Time pour les familles en proie au terrorisme à poil ras (ou long d’ailleurs). Ils sont désobéissants, envahissants, dévorent chaussures, ou, crime odieux, la télécommande ! Heureusement, Shazam, shazam, voici super nanny spécial dog, Victoria Stilwell.

Cette spécialiste du comportement animal depuis dix ans, se déplace à domicile pour les interventions d’urgence. Fini les repas à table ou les nuits dans le lit conjugal, Victoria, qui se fait obéir au geste et surtout à l’oil, livre ses leçons d'autorité : un ton de voix ferme, un regard sévère, tourner le dos au cabot trop exubérant... un langage du corps universel pour « parler le chien » et se faire respecter. Parfois, les solutions de Victoria sont radicales. Quand l'accouplement de labradors tourne à l'obsession sexuelle, c'est la castration en vue. Dur, la vie de clebs.

A partir du 2 février, tous les lundis à 21h40.

Léa Baron

22/01/2009

La télé catalane cultive l’humour et l’inspiration

2301-MAG25-CIUTAT.pngParticularité : le particularisme. Si du côté de Barcelone, on reçoit évidemment toutes les chaînes espagnoles, la Catalogne a sa propre télévision publique financée par la redevance et la publicité : TV3 « C’est une chaîne généraliste en catalan, qui programme des séries, de l’info, des magazines. En audience, elle fait jeu égal avec les premières chaînes espagnoles, note Bertrand Villegas, de l’agence de veille internationale The Wit, mais il existe aussi d’autres chaînes locales sur la TNT : K3 est une chaîne jeunesse, 300 une antenne dédiée à la fiction, Canal 33 c’est  la chaîne culturelle, 3/24 une chaîne d’info en continu ». Mieux, TV3 « est souvent un laboratoire d’inspiration pour la télévision espagnole car elle est très créative et innovante. Notamment en matière de satire, de parodie de l’actualité, un genre très prisé en Espagne » souligne Anne Richy, chargée d’études NOTA (New on the Air) à l’institut IMCA. Ainsi, l’émission « Polonia » (voir ci-dessous), fourrée au bon goût de sarcasme. "Polonia" qui a désormais une petite sœur tout aussi acide, « Crackovia », spécialisée dans le foutage de gueule des footballeurs du Barça. Quant à l’animateur-humoriste-producteur-supershowman Andreu Buenafuente, il a commencé sur TV3 avant de remuer la chaîne nationale Sexta, où il anime un « late show » de nuit, intitulé tout simplement « Buenafuente ». On y cause, on s’y moque, on y invente une danse improbable pour l’eurovision (souvenez vous la Chiki Chiki), les sketchs se succèdent aux interviews…
Par bien des égards « la télévision espagnole en général ressemble à l’idée que l’on s’en fait raconte Anne Richy, latine, avec beaucoup de télénovelas, du fait de la langue. Il y a aussi des émissions de chants et de danses telles Diselo Bailando, où l’on délivre un message avec une chorégraphie ».  Une télé qui sait aussi être très bavarde. En journée, les antennes ressemblent ainsi «  à un talk show un peu permanent, beaucoup de papotage, notamment sur les people » note Bertrand Villegas. Pour le reste, tous les genres se retrouvent dans les grilles : jeu, séries américaines « et des fictions très originales… avec en plus des soaps souvent régionaux  » note Villegas Le « plus belle la vie » catalan, par exemple, s’appelle « El cor de la ciutat », et, depuis 2000, raconte la vie des habitants du quartier barcelonais de Sant Andreu. Quant à la Télenovela du cru, « Ventdelpla », dénonce les violences conjugales en suivant la vie de Teresa, une femme battue qui a décidé de fuir son mari. Rire, oui, réfléchir, oui, aussi.
Anne Kerloc'h

20/11/2008

Télé et buzz, une love-story intéressée

 

La télé aime, la télé adore le buzz. C'est même, depuis septembre, le titre d'une émission de LCI. "Le buzz", donc. Damien Givelet, coprésentateur de l'émission avec Benoît Gallerey, connaît bien le sujet. Ensemble, ils ont lancé en 2006 "LCI est à vous". Toujours à l'antenne, ce mag fonctionne lui aussi à coups de vidéos chéries du web. "Pour une émission, Internet est une mine, explique-t-il, et en plus une mine gratuite!". De fait, "à part quelques ayant droits qui se manifestent de temps en temps, pour l'instant il y a un vide juridique", explique Chrisophe Beaugrand, un ancien de LCI est à vous, qui a depuis, présenté i Net sur iTélé, et cause web dans "La Matinale" ou "+ Clair" chez Canal+.

 

Comme, presque toutes les autres, ces émissions ont, en effet, leur incontournable séquence buzz. Même "Vivement Dimanche" et "Télé Matin" s'y sont mis. "Les médias utilisent le buzz comme un alibi djeunes, pour être moins ringards que d'habitude", note Jodouin Mitrani, directeur de l'agence Buzz Lemon, spécialiste du marketing viral. Et puis, c'est aussi une manière de circonscrire le mal que peut leur faire Internet". Tout en lui faisant du bien.

Car, le buzz aussi aime, adore la télévision. Pour une vidéo du net, la consécration passe par le label vu à la télé. "En gros, c'est un passage TV qui va officialiser le buzz, s'amuse Christophe Beaugrand. Voire le créer, car cela arrive de grossir un buzz, histoire de mieux vendre une séquence, et de fait, du coup cela lance la machine!". Mais attention, ne buzze pas qui veut. "Si "LCI est à vous" marche depuis deux ans, c'est parce qu'on ne se contente pas de faire du video gag, note Damien Givelet. Les bestiaires, c'est sympa, mais parler de buzz c'est aussi faire un vrai boulot journalistique". La preuve, quand TF6 confie son "Big Buzz" à Jean-Pascal, c'est le crash. L'émission n'est restée, en 2007, que quelques mois à l'antenne.

Alice Coffin

 
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