Avertir le modérateur

03/09/2009

Les pros de la culture ne veulent pas céder à la panique

L’épidémie de grippe A pend au nez des professionnels de la culture, avec elle le risque de fermeture des salles de concerts, des musées… Si la majorité des établissements publics relativisent la situation, d’autres font quand-même appel à des assureurs pour parer à la «catastrophe».
L’exposition Tiffany, au Musée du Luxembourg aurait pris ses précautions face à l’épidémie auprès du courtier Hugo Rubini. C’est ce qu’affirme l’assureur, même si les organisateurs de l’évènement n’ont pas souhaité nous le confirmer. La 9e Symphonie de Beethoven, prévue le 26 septembre au Stade de France, en revanche, a bien été annulée. Officiellement en raison d’un «désaccord avec les assureurs» qui réclamaient des sommes astronomiques. Officieusement : les places ne se vendaient pas. «Quand-même, il faut dédramatiser !», s’exclame Jean-Sébastien Nicolet, directeur de la Maroquinerie, à Paris. «En cas de pandémie, on serait en ‘no business’ : pas de cachets pour les artistes et remboursements des places. On en parle, bien sûr, mais on ne va pas s’arrêter de travailler pour autant.» Florence Lemoing collabore à l’exposition «Renoir au XXe siècle», qui débute le 23 septembre au Grand Palais. Pragmatique, elle assure que la fermeture ponctuelle du musée serait «un manque à gagner qui pourra toujours être compensé par des réouvertures nocturnes.» Le surcoût de l’assurance pour une exposition de cette ampleur représenterait plus d’1/7e du budget total.

0409-MAG27-CULTURE.jpg

La culture n’a pas si mauvaise mine
Autre “non-assuré”, Laurent Bayle, le directeur de la Salle Pleyel, est serein. «Les gens ne vont pas rester chez eux à cause de la grippe A». Même credo pour Laurent Brunner, le directeur de Versailles Spectacles : « Relativisons ! Au Royaume-Unis et en Allemagne, l’épidémie est bien plus inquiétante or, leurs lieux publics sont toujours ouverts !» Au niveau de la fréquentation et de ses réservations, il ne constate «aucune différence» et semble davantage préoccupé par la météo que par la grippe A. Concernant le dispositif sanitaire, il ironise : «Les masques ? On est pas sur Mars non plus ! On verra quand ils seront obligatoires ! » Pour l’assurance, il n’en voit pas l’intérêt. «Si je fais 300 000 euros de recettes dans la journée, ils m’en prennent 100 000, c’est de l’escroquerie!» Responsable de tout cela : le battage médiatique autour de la grippe A, qui exacerberait selon eux la psychose actuelle. Jean-Pierre Jeunet, président du jury au Festival de Deauville, nous a confié craindre que “cette paranoïa se ressente sur la fréquentation des salles. Et Dany Boon, qui remonte sur scène cet automne partage mon inquiétude.»

Clémence Millet

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu