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05/11/2009

Guillaume Le Donche dégaine ses Young Gunz

Des faux airs de Garth dans Wayne’s World et une solide envie de réussir dans le business du cool en créant Young Gunz, son label électro. A tout juste 22 ans, Guillaume Le Donche a tout du parfait kid. Par « kid », entendez cette génération de jeunes gens âgés de 15 à 25 ans, nés avec une souris d’ordinateur à la main et les dents qui rayent le parquet des pistes de danse. « Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus être cantonnés au rôle de consommateur mais l’élargir à celui d’acteur. Nous sommes une génération qui cherche à s’amuser tout en montant des projets crédibles. »

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Stage à 400 €, star en Géorgie
Finie donc la glandouille, les kids passent à l’action faisant trembler sur leur chemin les trentenaires et les baby-boumers. Plutôt que de dépenser sa thune dans les boîtes de nuit, Guillaume Le Donche a décidé d’en faire une affaire. « J’ai commencé à sortir au Queen à 14 ans. Deux jours, plus tard, j’ai fait des pieds et des mains pour que mes parents m’offrent des platines. C’était vraiment un ego trip au début. J’étais fasciné par les DJ qui manipulent une foule en passant la musique des autres. » Après un exil nantais où le blondinet se lance dans l’organisation de soirées, il décroche enfin un booking en or : « Un ami qui faisait ses études en Géorgie m’a vendu comme le nouveau David Guetta pour une fête organisée pour les trois filles d’un haut dignitaire. Je suis arrivé là-bas en star alors que ce n’était que du flan, j’avais à peine 16 ans. J’ai signé des autographes et répondu à des interviews… et me suis définitivement piqué au jeu. »


Bac en poche, Guillaume revient tel Rastignac conquérir Paris. Après un court passage à l’Ecole française des attachés de presse, « car c’est un réservoir à jolies filles », l’apprenti hipster enchaîne les petits boulots et décroche un stage à 400 € par mois pour le label électro Prozak. Une première expérience qu’il continuera de faire prospérer avec La Clique, la bande de branchés du Baron. Il gangrène gentiment le réseau en qualité d’assistant des directeurs artistiques du Showcase puis du Regine’s.
Guillaume se frotte à la crème de la hype de Pedro Winter en passant par les 2 Many DJ’s. L’hiver dernier, notre homme décide de s’associer à Tarik Briziz, photographe et graphiste. Le duo souhaite créer un nouveau label réunissant de jeunes artistes dont la moyenne d’âge dépasse rarement les 20 piges. Ils rassemblent leurs maigres économies, réussissent à se faire prêter 3 000 € par une banque et se lance dans le grand bain en déposant les statuts : « L’avantage quand on est un kid, c’est qu’il existe beaucoup d’aides pour monter sa boîte. L’inconvénient, c’est que tous les gens qui trouvaient normal que tu bosses pour eux en contrepartie d’un faible salaire te disent que tu es trop jeune pour monter ta boîte 0et que tu vas te planter. C’est moyen pour le moral ! »

Faisant fi de ces remarques, l’entrepreneur compte bien faire buzzer ses cinq artistes DJ/producteurs et faire fructifier son business : « La sortie de maxis est surtout destinée à promouvoir ces nouveaux noms. Le nerf de la guerre économique dans le milieu électro maintenant, c’est les prestations en live dans les clubs. » Musicalement innovant et pointu, ce nouveau label a tout pour suivre les traces de ses aînés comme Ed Banger, Kitsuné ou encore Institubes : « C’est une aventure aussi excitante que crevante, mais je n’ai pas le droit à l’erreur. Je dois très rapidement gagner de l’argent pour continuer », conclut le patron.

Cédric Couvez

29/10/2009

David Guetta: "j'aurais adoré avoir DJ Hero quand j'avais 13 ans"

David Guetta, est l'un des ambassadeurs de « DJ Hero ».

3010-MAG-SHO-GUETTA.jpgQu’aimez-vous dans « DJ Hero» ?
D’abord le choix des artistes. Ensuite, c’est cette culture de mélange entre le hip-hop et l’électro. Puis, au niveau du ressenti, le « rush » qu’on peut obtenir comme en vrai.  Il y a des gens qui vont juste être contents parce que c’est un jeu amusant, et d’autres qui vont avoir envie d’aller plus loin. Je pense que « DJ Hero » va susciter des vocations.

Que pensez-vous de la platine ?
Evidemment, ce n’est pas pareil que le matériel que j’utilise. Mais j’aurais adoré avoir quelque chose de similaire quand j’avais 13 ans et que je n’arrivais même pas à acheter de platines.


Quelles qualités requiert le DJing ?

D’avoir le sens du rythme. Et ça, c’est quelque chose qui s’apprend avec « DJ Hero ». Et puis après, le fait de choisir des combinaisons de morceaux qui respectent des  tonalités et des règles d’harmonie musicale. Dans ce jeu, c’est déjà préparé d’avance.

Il n’y pas un titre à vous dans le jeu...
Non, mais trois morceaux de mon album vont être disponibles sous forme de contenu téléchargeable.

A quel stade vous débrouillez-vous sans problème ?
J’y arrive au niveau moyen, mais au niveau difficile, c’est vraiment difficile.

 

Recueilli par J. M.

27/08/2009

Accords sans fausses notes pour le lycéen

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Pendant que ceux de son âge essayaient pitoyablement d’éviter le séjour camping à La Baule avec leurs parents, Zak Laughed répétait avec son groupe, tout l’été. À tout juste 15 ans, le Clermontois sort son premier album, The Last Memories of My Old House, et prépare une tournée… pour les vacances de la Toussaint. En attendant, il fera sa rentrée en 1ère L option cinéma au lycée Blaise Pascal.

« Content de retrouver ses copains », Zachary (les tanches en anglais se creuseront la tête pour comprendre le jeu de mot dans son nom de scène) est aussi bon élève que songwriter folk. « Mes parents tiennent à ce que j’aie un bon niveau scolaire. En contrepartie, j’ai la liberté de faire beaucoup de musique. » Un an d’avance à l’école et plusieurs classes sautées en musique, Zak est déjà le chouchou des profs (les médias) et pourrait, avec ses mélodies pop-folk décontractées, séduire la cour de récré (le public). Flanqué d’une bouille pouponne et d’une mèche boulangère, le jeune homme raconte avec une décontraction d’adorable branleur sa trajectoire météoritique : « En 2006, mon oncle m’a offert un ukulélé, puis je suis passé à la guitare. Je faisais des reprises de Dylan ou d’autres trucs. Un soir, après leur concert, j’ai rencontré les membres de Dionysos - très gentils d’ailleurs - qui m’ont encouragé à écrire mes propres chansons. »

Un destin d’ado ordinaire en somme, les rockeurs sont vraiment des gens sympas avec les gosses. « En fait, mon père était en contact avec eux, c’est toute une histoire… » Un poil veinard dans la vie mais pas vantard, Zak dégage une aisance au chant, de sa voix pré-pubère branlante, et à la guitare foutraque. « Composer est assez facile parce que je fais de la musique tout le temps. Par contre, les paroles, c’est plus aléatoire.» Auteur de textes malins et sensibles dans un anglais qui ne l’est pas moins, Zak Laughed est une publicité vivante pour les cours de langue de l’éduc’ nat’ : « Ben en fait, j’ai appris l’anglais à l’école. C’est sympa parce que mon écriture va évoluer avec mon niveau. En français, ça sonnerait enfantin et niais, alors qu’en anglais un texte, même un peu stupide peut sonner classe. » Futé le gosse. Y a plus qu’à espérer qu’il soit nul en sport, sinon il va ramasser toutes les minettes à la récré.

Benjamin Chapon

24/03/2009

Un dimanche en mode ghettoblaster

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Nadim, organisateur de « Back in the days »

Quel est le concept de « Back in the days » ?
Back in the days est un événement festif qui nous replonge dans la période dorée du hip-hop: la fin des années 1980 et le début des années 1990. L'originalité du concept est d'être un rassemblement annuel et d'avoir lieu en après-midi.

Pourquoi avoir choisi de faire ça l'après-midi ?

Faire la fête en journée casse la tension « m'as tu vu » et les débordements pas cool provoqués par l'alcool la nuit. Mais question organisation, ce n'est pas très simple à gérer. La plupart des salles ne comprennent pas l'idée et pense que j'organise un mariage...

Quand aura lieu la prochaine édition ?

Back in the days revient le dimanche 29 mars, de 15h à 22h au Globo. C'est la salle mythique du hip-hop parisien. Tout se passait là-bas: Assassins, Joeystarr et tous les meilleurs artistes de l'époque s'y retrouvaient. C'est donc un vrai retour au sources.

Combien de personnes attends-tu ?

La capacité du Globo est de 1 500 personnes... L'année dernière, nous avons accueilli près de 2 000 fans de « old-school ». L'entrée coûte 13 euros à la porte ou 10 avec le flyer.

Quel est le programme de cette année ?
Nous accueillerons la première expo française de Jamel Shabbaz, le photographe New-Yorkais culte du hip-hop. Il sera présent pour présenter ses oeuvres inédites et également prendre un max de clichés. Nous avons donc organisé un concours de look rétro pour lui donner de la matière. Les gens vont venir habillé vintage avec des sneakers chinées dans les brocantes et des coupes de cheveux improbables. La salle sera également truffée de bornes d'arcade pour jouer à des jeux-vidéos de notre enfance comme Street Figher 2...

Côté musique, quel est le line-up ?
Dee Nasty est notre tête d'affiche. C'est le Dj référence de l'époque. Il sera également accompagné de Miss Dee. Pour les amateurs de smurf, il va y avoir un concours de hype, la danse popularisé par Mc Hammer. On pourra donc voir des mecs tourner sur la tête et réaliser des coupoles démoniaques.

Comment se porte la nuit hip-hop à Paris ?

Elle manque cruellement d'originalité ! Entre les soirées des Champs-Elysées qui accueillent une clientèle tout sauf hip-hop et les fêtes estampillées « old-school » où le Dj passe en plein milieu de son set le dernier Rihanna, ce n'est pas super en ce moment... mais tout peut très vite être relancé.

Cédric Couvez

 

18/12/2008

Mad de Je m'appelle Mads

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Ne vous fiez pas à leur blaze qui sent le camembert. Je m'appelle Mads est un groupe danois. Il suffit de mater le joli drapeau rouge et blanc que les deux raggamuffin se fichent entre les miches à chaque concert pour s’en convaincre. Le combo animait la semaine dernière l’arbre de Noël du Global, la scène underground de Copenhague. Pas de sapin, mais des jolis costumes de Santa Claus et une apparition en string doré. Ceux qui n’ont pu se libérer avaient les boules.

Depuis qu’ils ont été révélés au Sonar de Barcelone, en 2004, on avait perdu de vue ce Marcel et son orchestre danois. Ils n’ont pourtant pas raccroché leur fausse barbe. Deux albums, des apparitions dans des festivals et à la télé et une hype toujours au top dans la ville de la Petite sirène. Mais c’est surtout sur le Net qu’ils se sont épanouis. Les Français qui lisent Kierkegaard dans le texte y retrouveront leurs paroles subversives. Les autres découvriront leur univers aussi barré qu’un «Ø». Bananes flash qui explosent, clip tout rose et parodies TV leur parleront plus que le titre de leur plus gros hit « Hyldest til Danmark », une « ôde au Danemark » sur clavier Bontempi.

Leur myspace: http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.view...

Laurent Bainier

11/12/2008

Magic Powder

Au départ il n'y avait que le nom du groupe, Minitel Rose. Ensuite vint la musique. A l'été 2006, ce drôle d'engin connecta les neurones de trois jeunes Nantais biberonés au hip-hop et au jazz des années 1970. «Je me souviens de phrases lancées comme ça, raconte Romain: "On s'en fout. On sample n'importe quoi, faut que ça danse." La machine était lancée. Deux ans et demi plus tard, elle n'est toujours pas tombée en panne. Le trio reconverti à l'électropop sera ce soir à Paris, avec un batteur et de nouveaux visuels, la tête d'affiche du quatrième club NME à l'Elysée-Montmartre. Difficile à imaginer quand fauchés au début de l'aventure, ils ramaient pour se payer du matériel de scène.

 

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Leur premier sept titres The French Machine, sorti au début de l'année sur leur propre label Futur, fut financé grâce à l'aide de leurs familles. Y figurent les meilleures chansons qu'ils avaient composées jusque-là dont When I Was Punk. Un déclic. «On a vu que c'était possible d'avoir une structure couplet-refrain, une grosse guitare qui sonne rock mais jouée au synthé et un beat bien dancefloor», raconte Raphaël. Six autres morceaux sortiront de ces sessions, plein de de gimmicks pop tel l'entêtant sifflement de Magic Powder.

Pour les trois Nantais, le Minitel rose, c'est d'abord tout un univers. «On a tellement de point commun, s'enthousiasme Raphaël. Il est née à peu près en même temps que nous, est strictement français. Et notre musique pop se sert de machines datant des années 1980 pour exprimer des sentiments amoureux.» Un mélange retrofuturiste que l'on retrouve également dans toutes les productions du collectif Valerie. Leur 3615 à eux pour faire de belles rencontres. «Assez naturellement, on s'est rendus compte qu'on était cinq groupes nantais à faire la même musique, confie Quentin. Avancer avec d'autres artistes comme College ou Anoraak, c'est beaucoup plus simple en terme d'image et de motivation.» Entre eux pas de contrats à la manière de l'ex-label Factory, mais la même volonté de défendre une identité musicale et visuelle forte sans jamais cesser de surprendre le public. «Après l'hiver, on va arriver avec de nouvelles chansons et un nouveau visuel, prévient déjà Raphaël. On va essayer d'emmener les gens vers un nouvel ailleurs.»

Leur myspace >> http://www.myspace.com/minitelrose

Boris Bastide

04/12/2008

De la musique Caen même

Orel San ne le sait pas encore, mais il vient d’inventer quelque chose de grand, un rap qui lorgne sans faux-semblants sur le malheur, la crasse et le malaise. Une grosse torgnole là où ça fait mal, dans l’ego, pas dans les couilles mais dans les souvenirs merdeux refoulés. Le jeune caennais de 26 ans sort son premier album dans deux mois, mais les vidéos de ces titres Saint Valentin ou Sale P*te sont des must-see sur YouTube depuis plusieurs mois. On y découvre un pauvre type plutôt grossier qui raconte des horreurs sur les femmes sur des beats ringards. «J’ai une semi-frustration parce que les gens ne connaissent que les anciens titres, que j’ai composé il y a trois ans», raconte Orel San. Sur un titre encore inédit, il chante: «C’est pas en insultant les meufs dans mes refrains que je deviendrai quelqu’un mais j’aime bien.» Et voilà le paradoxe Orel san posé. Un jeune provincial pétri de stress et d’inhibition qui «maquille la peur en plaisantant» et «crois que le bonheur c’est d’être autiste». Sans avoir jamais mis un pépin à Caen, on devine une ville de merde. Orel san, pourtant, dit s’y sentir bien, avec ses potes. L’adolescence pourrie qu’il raconte dans ses chansons, où "une bonne soirée, c’est une soirée dont j’ai aucun souvenir», n’a rien à voir avec le climat. C’est la force d’Orel San, il raconte une jeunesse foutue qui s’emmerde et culpabilise de sa banalité: «J’ai peur d’être normal d’être moyen, ni trop mal ni trop bien.»


La peur des filles trop sûres d’elles, les videurs de boîtes qui ne tolèrent pas les Nike Air, les heures passés la game boy dans une main un pétard dans l’autre, la solitude même avec ses potes… En somme ce que raconte Orel San n’a rien d’exceptionnel mais il y met une âme nue, une poésie simple, le tout sur fond de musiques et d’arrangements venus des tréfonds de notre discothèque honteuse : les années 1990. «C’est la période où on me foutait du rap dans les oreilles et j’étais influençable. J’ai pas assez de recul pour savoir si c’est de la bonne musique ou si c’est moi qui suis bousillé. C’est juste comme ça que je fais.»

Son dernier titre:

Changement [edited version]

Poseur inspiré, Orel San rappe depuis dix ans: «Avant, j’écoutais les Gun’s et Nirvana mais mes potes de basket m’ont dit que ça craignait, qu’il fallait que j’écoute du rap pour rester dans l’équipe… » Passé par la case instru, il accompagne son pote d’enfance Skred quand il travaille pour Diam’s et Booba. Puis il se décide à rapper ses propres textes. «Mes potes m’ont poussé à monter le truc parce qu’ils aimaient bien mon délire.» C’est grâce aux potes d’Orel San que l’on pourra bientôt entendre quelques punch-lines assassines comme: «Avant j’voulais construire ma vie avec mes beaux diplômes / Depuis j’ai vu 8 Mile et j’rêve d’habiter dans un mobil home.»


D’ici la sortie du disque, Orel San partage sa vie entre Caen et Paris, entre studio et écriture. Et un buzz qui va de plus en plus vite.« En même temps, ça s’accélère par rapport à rien du tout. Ma vie n’a pas changé… J’ai juste arrêté de travailler.»
Un peu gêné aux entournures quand on le questionne sur la dépression chronique qu’il décrit dans ses textes, il nous renvoie à une phrase de chanson: «Mon seul moyen d’expression, C’est de m’enfermer sur moi-même. » Mais tempère aussitôt: «Je parle de trucs que j’assumais pas du tout. Là, ça va mieux… Je maîtrise mieux mon univers.»

Retrouvez toute l'actu d'Orel San sur son blog ou sur son myspace

 

Benjamin Chapon

 
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