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05/02/2009

Le robot vous remplacera

Le roboticien est l’alchimiste de l’ère électronique. Pour fabriquer des androïdes, les petits génies jonglent aussi bien avec les tournevis qu’avec l’intelligence artificielle. Sans oublier, pour certains, d’invoquer Sigmund Freud. L’être humain a du souci à se faire…

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La Robocup, c’est quoi ? Une coupe du monde de football avec 3000 participants où les joueurs ont des tibias en métal et dont les réflexes passent par de minuscules câbles électriques. Ces joueurs, un peu spéciaux, ce sont des robots. La Robocup aura lieu cette année en juin, à Graz en Autriche. Et ça risque pas de rigoler : un mauvais tacle ou une même « Materazzi », et hop ça finit à la casse. Mais avant d’en arriver là, les robots, il faut les construire.
Et la Robocup se prépare en partie chez Aldebaran Robotics. Cette start-up parisienne fournit depuis 2008 à une quinzaine d’équipes de la Robocup un androïde baptisé Nao. Derrière ces trois lettres se cache un petit robot de 60 centimètres de haut. Avec ses capteurs, Nao peut reconnaitre les voix, les visages, faire la lecture ou raconter des blagues. Donc : si vous êtes un très bon programmateur, il peut aller vous remplacer pour la traditionnelle et pénible visite chez la belle-mère : suffit de lui mettre une bonne perruque et de subtiliser les lunettes de la marâtre.


Des artistes
En attendant, Nao l’androïde est manipulé, testé, dans tous les sens par les « roboticiens ». Parmi les 52 personnes derrières le projet Nao, beaucoup d’ingénieurs. Ils pourraient toucher un gros salaire ailleurs mais ici l’argent n’est pas « tout ». Il y a, par exemple, Dimitri. Le jeune ingénieur diplômé de 23 ans préfère un travail qu’il qualifie  « d’artistique ».  Pionnier d’un nouveau genre, le roboticien voit loin. Et l’Onu lui donne raison. Pour l’organisation, les robots seront dans « 10 à 15 ans » le moteur de l’économie du 21eme siècle.
De l’autre côté de l’hexagone, à Sophia Antipolis, dans la région de Nice, Pobot réunit des d’autres amateurs de membres articulés et de micromoteurs. L’association est présidée par Julien Holzer.  Et écouter le jeune ingénieur de 29, on se dit que le prof de math pourrait bien rejoindre le musée de l’homme : «J’ai compris la trigonométrie ou les théorèmes de Thalès en construisant des robots.» A quand les manifs des syndicats contre les androïdes ?


Légos
Comment en vient-on à jouer le Docteur Frankenstein de l’électronique ? Réponse : les légos. Le fabricant de jouet est le premier à avoir proposé au grand public du matériel pour créer des petits robots assez puissant. L’idée, en réalité, appartient à Marc Rembauville, 64 ans, prophète-pionnier de la robotique en France et membre de Pobot. Celui qui s’est « retrouvé seul comme un con » compte sur les jeunes pour relancer la robotique.


Un pape : Isaac Asimov
Mais le roboticien est loin d’être «con». Mieux : il lit même. Et il croît ! Il vénère un pape: il s’agit d’Isaac Asimov. L’écrivain est le père des robots capables de penser et de rêver. Même mort, Asimov continue d’influencer le futur. Jusque dans la région parisienne où se réunissent les utopistes de l’association Caliban. Fabien Raimbault, leur gourou, fan de Sigmund Freud, n’a pas froid aux yeux : « Notre objectif est de modéliser le psychisme d’un être humain » Un androïde doté d’une conscience à coup d’intelligence artificielle et de programmes informatiques bien obscurs. Rien de moins.
Et si la machines prenait le contrôle ? Chez les doux dingues de Caliban, on ne croit pas au scenario Matrix. Selon eux, rien n’empêche l’homme de fabriquer des robots dont la conscience serait expurgée du mal. En bref, le robot sera sympa ou ne sera !

Mohamed Najmi

11/12/2008

Vous n'êtes qu’un minitelnaute

L’internet n’existe pas. Où plutôt l’idée que l’on s’en fait. Tous les jours nous ne faisons qu’utiliser un minitel amélioré. C’est le concept de «Minitel 2.0». La thèse est défendue avec sérieux par Benjamin Bayart, président de French Data Network, un fournisseur d’accès internet indépendant. Selon lui, derrière nos écrans plats rutilants se joue de nous «un minitel avec de la couleur et des publicités dynamiques.» Pire: un outil au service des puissants. Le spécialiste des réseaux nous éclaire.

 

 

En 2008, comparer Internet à un minitel c’est pas un peu exagéré ?

Benjamin Bayart : Il n’y a pas de différence entre une requête via un 3615 sur de gros ordinateurs basés à Paris et une recherche sur un moteur de recherche structuré autour de milliers d’ordinateurs. Google, 3615, même combat. Mais l’internet, ce n'est pas les 8000 machines de Google qui détiennent le savoir de l'humanité, c'est le contraire.

Qui est responsable de cette « dérive » ?

B.B : Les maisons de disques, les maisons de production et les politiques. Les premiers veulent maîtriser leur gagne pain: la production et la diffusion des contenus. Ils n’ont pas intérêt à laisser les gens à produire et diffuser eux-mêmes. Avec un vrai internet, ce serait la mort des vendeurs d’arts par celle des artistes. Et les politiques, que ce soit lors de l’essor de l’imprimerie ou avec le web, ont toujours voulu restreindre les libertés.

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Internet aux mains d’un petit groupe exclusif, ça ne sent pas un peu la thèse du complot ?

B.B : Je ne parle pas de chambres secrètes, de robes noires et d’hommes en cagoule. C’est plus subtil. Il y a eu une convergence d’intérêts qui a aboutit à cette situation de monopole. Regardez les fournisseurs d’accès à internet (FAI) : ils ont tué toute concurrence et se partagent le marché à 4.

Un internet version minitel, facilite selon vous la répression des libertés. Comment ?

B. B : Les FAI (Fournisseurs d'Accés à Internet) tombent sous le coup de la loi et collaborent avec les autorités du pays. En Chine, Yahoo ou Google aident Pékin à traquer les dissidents. Si, comme avec le minitel, les mails n’étaient pas aussi centralisé, la chasse aux dissidents ne serait pas aussi facile pour le régime chinois.

Propos recueillis par Mohamed Najmi

 
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