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09/10/2008

Quand les BD reporters s'en vont en guerre

Démonstration par la tapisserie. Pour évoquer la BD reportage, genre mis pour la première fois en avant au prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre (du 6 au 11 octobre), Patrick de Saint-Exupéry, rédacteur en chef de la revue XXI, invite à regarder autrement les laineuses chevauchées de Guillaume le Conquérant. «La tapisserie de Bayeux, c’est la narration d’une guerre en BD ! Le récit graphique est une manière fabuleuse de raconter le monde.» Dans XXI, revue de reportages, il a choisi de faire figurer une BD à chaque numéro : Jean-Phillippe Stassen à Gibraltar, Jacques et Pierre Ferrandez à Cuba…

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Glissant du carnet de route au documentaire dessiné sur le syndicalisme chrétien dans les années 1960 (Les Mauvaises gens, d’Etienne Davodeau, Delcourt), la BD porte le crayon dans les plaies des sociétés, jusqu’au reportage de guerre. La référence du genre, Joe Sacco, passe du Moyen-Orient à l’ex-Yougoslavie dans des albums publiés en France chez Vertige Graphic ou Rackham. « Le ton, le tempo sont journalistiques note Saint-Exupéry. Longtemps les dessinateurs ont travaillé en solitaire. Désormais, le contact se fait avec d’autres univers. Pour la BD reportage, on est passé de l’expérimentation à l’émergence d’un vrai genre. »

Guy Delcourt, éditeur de Guy Delisle (Chroniques birmanes, après Shenzhen à l’Association) et Jean-Philippe Stassen (Pawa), prévoient pour le festival d’Angoulême un Tour du monde en bande dessinée, réunissant douze auteurs pour retranscrire une réalité puisée dans autant de pays. « La BD n’est pas seulement faite d’histoire de cow-boys et de cosmonautes. Les auteurs aiment à traiter du monde qui les entoure. » Et quand la virtuosité du dessinateur se double d’un regard de reporter, les lecteurs se laissent transporter : environ 50 000 exemplaires vendus pour les Chroniques birmanes…

Anne Kerloc’h

Du 6 au 11 octobre, à Bayeux, des débats et animation entourent la remise du prix du correspondant de guerre. Renseignements ici.

Babyloan: A Phnom Penh, petit prêt, gros effets

Ngoung Sokteing possède son propre business. Mais exit l’ordinateur portable et le mobile collé à l’oreille. Nous sommes à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Et ici, un business commence avec deux tréteaux et une table. Ngoung, elle, vend des boissons sur sa table et depuis peu, elle répare aussi des motos. Une nouvelle activité rendue possible grâce au microcrédit que lui ont accordé Entrepreneurs du monde, un institut de microfinance (IMF), mais aussi, et surtout, les internautes. La commerçante se trouvait en effet sur Babyloan.org. Ce site de microcrédits met en relation des prêteurs, vous et moi, et des emprunteurs vivant dans des pays en voie de développement qui ont besoin d’une petite somme d’argent pour développer leur entreprise. « Nous ne sélectionnons pour Babyloan que des personnes très pauvres qui ont besoin d’une toute petite somme, explique Grégoire Héaulme, directeur d’Entrepreneurs du monde au Cambodge. »

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« Chamroeun (le nom cambodgien d’Entrepreneurs du monde, qui signifie « développement ») vient me voir de temps en temps avec un ordinateur et me montre mon profil, explique Ngoung. Je sais que ce sont des gens de l’étranger qui m’aident. »  A 48 ans, cette mère de cinq enfants en est à son troisième prêt. Cette fois, il se monte à 1 500 000 riels, soit environ 230 €. Chaque semaine, elle rembourse 59 400 riels, (9 €). « Ce n’est pas un don, pas de la pitié, je rembourse tout ! », tient-elle à préciser. « Si Chamroeun ne m’avait pas prêté l’argent, j’aurais sûrement dû attendre beaucoup plus longtemps pour développer mon activité, peut-être que je n’en aurais même pas eu l’idée ! Et je ne voulais pas encore emprunter de l’argent à la famille. » C’est une voisine, elle-même aidée par l’IMF pour étendre son échoppe de vente de vêtements, qui lui a parlé du micro­crédit. « Je ne savais pas qu’on pouvait prêter de l’argent à des pauvres », avoue Ngoung alors qu’elle verse de l’essence dans le réservoir d’une moto-taxi. Déjà, elle pense à un nouvel emprunt qui lui permettra cette fois de pouvoir changer les devises étrangères. Elle a déjà préparé sa petite vitrine avec quelques billets à l’intérieur. Espérons que la petite souris des internautes lui en apportera d’autres…


A Phnom Penh, Corinne Callebaut

 
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