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03/12/2008

Video Games Live raconté par son créateur

tommyTallarico.jpgTommy Tallarico, compositeur américain de plus deux cents bandes originales de jeux vidéo, est aussi le cofondateur de Video Games Live. Le concept ? Un orchestre symphonique réinterprète sur scène les BO de jeux vidéo. Entre concert et show, l'événement a lieu le 18 décembre 2008 au Palais des Congrès, à Paris.

Pourquoi avez-vous décidé de créer Video Games Live ?

Je suis un compositeur de musique de jeux vidéo depuis dix-huit ans. Le but, c'était de montrer que les jeux vidéo avaient culturellement acquis une valeur artistique. Mon associé dans Video Games Live, c'est Jack Wall, un autre compositeur de musique de jeux vidéo. Les jeux vidéo sont devenus des morceaux d'art, en eux-mêmes ou à travers les personnages, la musique ou la narration. C'est pour ça que Video Games Live ne repose pas seulement sur la musique, mais sur tous les autres éléments du jeu : le visuel, les effets spéciaux, les personnages...

Nous souhaitions d'abord créer une expérience que chacun puisse apprécier, qu'on soit ou pas amateur de jeux vidéo. En fait, la plupart des réactions que nous recevons proviennent d'adultes qui n'ont jamais joué et qui sont venus voir le show : « On n'imaginait pas que les jeux vidéo étaient une forme d'art si puissante. On comprend maintenant pourquoi nos enfants sont tellement à fond dedans, merci. »

L'autre raison de créer Video Games Live, c'était d'établir un concert avec orchestre et de vraiment mettre en scène la musique classique et symphonique.

Etait-si important qu'il y ait un écran sur scène ?

Créer un show qui touche un public plus large que celui des gamers a contribué au succès de Video Games Live. Avoir un écran permet aux spectateurs « non gamers » de suivre. Mais est-ce à dire que la musique ne se suffit pas à elle-même? Je pense que si, surtout quand on voit que notre album « Video Games Live - Volume one » s'est classé à la dixième place du Billboard américain, à sa sortie.

Pourquoi Video Games Live joue aussi des musiques de la première génération de jeux vidéo, comme ceux de « Pong » et « Tetris »?

Bien que les musiques de jeux vidéo les plus récentes ont été composées pour des orchestres (« Final Fantasy », « Halo », « Warcraft », « Metal Gear Solid », « Kingdom Hearts », « Myst »...), nous ne devons pas oublier que certains des meilleurs morceaux ont été conçus il y a vingt ans, quand la technologie n'étaient pas aussi performante. Je pense à des jeux comme « Mario », « Zelda », « Tetris », « Castlevania », « Metroid »,  « MegaMan », « Pac-Man »... D'entendre ces morceaux réinterprétés par un orchestre apporte beaucoup de souvenirs magiques à ceux qui y ont joué.

Quel public assiste à Video Games Live ?

Tout le monde ! Hommes, femmes, vieux, jeunes, enfants et grand-parents, joueurs hardcore et casual... Je dirais que la moitié du public est généralement constituée de gamers âgés entre 18 et 35 ans, l'autre moitié de gens curieux du show ou de l'industrie du jeu vidéo.

Combien de personnes travaillent pour Video Games Live ?

Nous sommes sept à voyager pour chaque show. Moi-même, en tant que créateur, producteur et guitariste, mon associé Jack Wall. Puis nous avons un régisseur lumière, un régisseur son, une personne en charge des vidéos, un manager pour le merchandising, mais aussi le pianiste Martin Leung (notre pianiste attitré). Dans les coulisses, il existe aussi toute une équipe de personnes du marketing, des relations publiques, etc.

Comment recrutez-vous vos musiciens ?

Nous essayons toujours de faire appel aux orchestres symphoniques et aux musiciens les plus talentueux de l'endroit où nous nous produisons. Par exemple, si nous sommes à Los Angeles, ce sera le LA Philharmonic, à Londres, le London Philharmonia... Cela permet aussi de donner une touche locale à chaque performance, et je crois que ça permet de rendre légitime le show pour tous.

Quel est votre meilleur souvenir d'un Video Games Live show ?

C'était lorsque nous étions à Taïwan et que nous avons exhibé le drapeau tawainais durant le rappel. On jouait à Taipei alors que les JO se déroulaient à côté, en Chine. La Chine (qui proclame sa souveraineté sur Taïwan) leur avait interdit de montrer leur drapeau durant les JO. Quand nous avons montré le drapeau, ce fut un grand moment d'émotion. On n'a jamais entendu autant d'applaudissements. L'autre grand souvenir, c'est toutes les fois où nous avons joué au Brésil. Le public est tellement excité qu'il frappe dans ses mains, crie et fredonne durant tout le show.

Et les pires moments ?

C'est quand il y a des ratés sur scène. Avec tant de technologie, d'équipement et de synchronisation, plein de choses peuvent mal se dérouler. Heureusement, on s'est produit tellement de fois qu'on a créé des plans de secours et des checklists pour assurer un show parfait. Mais il y a toujours des risques insoupçonnés. Par exemple, à Mexico, dans un stade de 7 000 places, on s'apprêtait à jouer lorsqu'une tempête de vent a envoyé promener les partitions de tout le monde ! Depuis, quand nous jouons dehors, nous attachons toutes les partitions aux pupitres.

Quelles sont vos bandes originales préférées ?

J'aime les thèmes plein d'émotions et les mélodies qui peuvent être facilement retenues, comme « Final Fantasy VIII », « Super Mario World »...

Quels jeux vidéo chérissez-vous ?

Ceux que j'aime par dessus tout : « Super Mario World », « Golden Eye » sur la Nintendo 64, « Shadow of the Colossus », « Beyond Good & Evil », « Earthworm Jim », « Warcraft II », la série des « Metal Gear Solid », « Galaga », « Rastan », et tellement d'autres...

Recueilli par Joël Métreau

Quelques liens :

Le site officiel de Tommy Tallarico

Le site de Video Games Live

Game Playlist, le blog francophone dédié aux bandes originales de jeu vidéo.

 
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