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15/10/2009

Les anti-épilation se rebiffent

 

Un jour, on sonnera le glas des glabres. Et ils n’y seront pas pour rien. « Ils », ce sont les anti-épilation de tous poils, les partisans de la moumoute sur le tableau de bord, de la frisée qui sort du cabas. Karine est l’une des leurs. Elle préfère cacher sa vraie identité comme ses aisselles poilues, soucieuse de ne pas hérisser sa famille. « Je m’épile les jambes pour les collants, mais je laisse mes autres poils pousser, confesse cette jeune femme, rencontrée sur un forum. S’épiler, c’est faire comme tout le monde, ça n’a rien de sexy. Ce qui est sexy, c’est être différente, et avec ma pelouse naturelle, je suis différente. » Et elle n’est pas la seule.

1610-MAG-UNE-POIL2.jpg.jpgLame de fond

Dans un monde dominé par la trichophobie, la peur des poils, de nombreux hommes et femmes ont la cire triste. « L’épilation est une norme qu’on nous impose, explique Jocelyn Patinel, président du Mouvement international pour une écologie libidinale. Elle est arrivée en France avec les bas nylon des GI et elle s’est étendue au corps entier de la femme à partir de la fin des années 1960, notamment sous l’influence du monde de la pub. » Le marché est vite pris d’assaut par les marques. A la recherche de nouveaux débouchés, l’industrie cosmétique part à la fin des années 1990 à la conquête de la toison masculine. En empruntant le métro... Le métrosexuel, homme rafiné, efféminé, qui n’a pas le poil dans la main quand il s’agit de le bouter. « L’arrivée de l’épilation chez les garçons est intéressante scientifiquement. Ça nous permet d’observer le phénomène à son début, note le militant, qui prépare une thèse sur l’aliénation sociale. Chez les femmes, ces pratiques sont depuis longtemps la norme. » Avec son réseau, Jocelyn Patinel organise chaque année les Printemps et été sans épilation. « L’objectif est de donner à toutes et à tous les moyens de se faire une idée par soi-même sur le sujet et d’arrêter de s’épiler s’ils en ont envie. »

Menacé d’extermination, le poil, lui, se poile. Il en a vu d’autres en quelques milliards d’années de carrière. Claude Gudin, docteur en biologie végétale et auteur d’une très documentée Histoire naturelle du poil (éd. Panama) et de la séduction (Seuil) s’est penché sur la question qui taraude tout le monde : qui de l’œuf ou de la poilue était là le premier. Et sa réponse est surprenante. « Les toutes premières cellules sur terre avaient déjà des sortes de poils. Et au travers de l’évolution, ils n’ont jamais disparu. » Qu’ils soient plumes, écailles ou cheveux, les avatars pileux se retrouvent partout dans le règne végétal ou animal. « Ils ont une vraie utilité. Ils servent de tampon avec l’environnement. Ils permettent de réguler la température ou les échanges hydriques. Pour l’homme ou la femme, aujourd’hui, s’épiler n’est pas grave car on s’est inventé une seconde peau avec les vêtements. Chez certains animaux, en revanche, le poil participe pleinement au rite de séduction, analyse celui qui a organisé en 2007 les Etats généraux du poil. Les femelles choisissent les mâles qui ont les plumes colorées pour s’assurer que leur partenaire est sain. »

Bouc émissaire

L’homme et la femme d’aujourd’hui miseraient eux sur son absence pour se séduire ? Pas tous. Pour Otto, sous-directeur du Paris Moustache Club, un rassemblement de dandys à bacchantes, la touffe est « un bijou de séduction », qui ne passe pas inaperçu. Sortir à poils dans une société rasante n’est pas anodin. « Ça attire les regards. D’ailleurs, beaucoup de ceux qui abandonnement la moustache le font parce qu’ils ne supportent plus de se faire remarquer. » Ou parce qu’ils perdent patience. Car poser la moquette sous l’aspirateur demande de l’abnégation. « Porter la moustache, c’est du travail. Il faut en permanence la sculpter. Ça n’a rien à voir avec les moustaches-barbes  ou, pire, les boucs. » Alors adepte du trois-pièces en fourrure ou du poil solitaire, choisissez votre camp. Mais ne vous faites pas de mouron. Si les anti-épilation gagnent la partie, il y a peu de chance que vous soyez tondu à la libération.

Laurent Bainier

24/09/2009

«Do it yourself», un business fait main

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1968. Pendant que les étudiants français balancent des pavés sur les CRS, les hippies américains potassent le Whole Earth Catalog. Créé par Stewart Brand, un diplômé de biologie à Stanford, ex-para et membre de la première communauté baba cool, cet ouvrage bricolé jette les fondations de la culture do it yourself. En 64 pages, on apprend à tout faire soi-même, du kit de tissage aux tentes en passant par la flûte en bambou. Devenu culte pour tous les chevelus prônant le retour aux sources, ce manuel connaîtra un incroyable succès jusqu’à l’essouflement du mouvement à la fin des années 1970. « J’avais 20 ans en 1975. A cette époque, on fabriquait beaucoup de choses nous-même, on partageait tout et on ne jetait quasiment rien, puis sont arrivées les années fric où la surconsommation est devenue la norme. Tout était produit à la chaîne et le gaspillage était permanent. Je pense que de nos jours, les consommateurs sont en train de redevenir responsables tout en gardant une forte volonté de se démarquer », analyse Lisa Sabrier, fondatrice de Wool & The Gang, une petite entreprise qui vend depuis fin 2008 des kits à tricoter.

Just do it yourself
Dépoussiérant l’image de la pelote et de l’aiguille, cet ancien mannequin, mère de six enfants, a converti en un temps record les branchés aux plaisirs du do it yourself : « Ce n’était pas évident d’imposer notre concept dans l’Hexagone. Les études de marché n’étaient pas très optimistes. Finalement, le sentiment de fierté et de satisfaction que l’on ressent après avoir réalisé notre propre pièce l’a emporté sur les contraintes technique ». Surfant sur la vague de la personnalisation à gogo, les mastodontes du streetwear n’ont pas tardé à mettre en place des systèmes de customisation sur mesure. La marque à la virgule a été la première à dégainer en créant Nike iD, une plate-forme de personnalisation sur le Net : « A l’époque, c’était une véritable révolution. On pouvait avoir une basket unique et porter fièrement nos propres couleurs ! », assure Karim, collectionneur de sneakers. Très vite, Adidas et Puma ont risposté en se lançant à l’assaut de ce marché juteux : « En 2006, nous avons créé Mongolian Barbecue dans nos concept stores. L’idée était de recréer une véritable expérience sensorielle en magasin et pas uniquement sur le Web. Les clients peuvent ainsi toucher les matières, voir les vraies couleurs et faire leur propre cuisine en habillant nos modèles phares de pied », confie Johann Bondu, directeur marketing France de Puma.

Elargissons
Moyennant un supplément de 10 à 20 %, les sneakers addicts doivent attendre un bon mois avant de recevoir leur paire perso : « La logistique est assez lourde. Il faut créer une chaîne spécifique et s’attacher à tous les détails demandés », conclut Johann Bondu. Dans la mélée du do it yourself, Adidas n’est pas à la traîne non plus. La marque à trois bandes a étendu son champ d’action au streetwear de sa gamme Originals : « Nous ne nous limitons pas notre champ d’action aux chaussures. En appliquant le même procédé que le flocage des maillots de football, le client peut réaliser lui même ses propres tee-shirts ou vêtements de streetwear. Nous proposons également une personnalisation en broderie », déclare Emmanuelle Gaye, porte-parole chez Adidas. Gadget marketing mais tendance de fond, le do it yourself a assurément de la tenue et de beaux jours devant lui

17/09/2009

Le marketing éphémère, c'est durable

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« Plus c’est long, moins c’est bon ! » est désormais le nouveau mantra des marques qui cherchent à se faire buzzer. Jusqu’ici, ces multinationales du cool avaient deux options événementielles pour faire parler d’elles chez les branchés : soit organiser une nouba dans une salle des fêtes courue, soit mettre le paquet sur les animations dans leurs boutiques. Depuis le printemps dernier, une troisième voie s’est ouverte : le phénomène des pop-up, ces boutiques, galeries ou clubs éphémères qui pullulent dans les grandes villes. Décryptage d’une tendance qui a tout pour durer.

« Arriver, faire du bruit et dégager »
5 mars 2009, le tout-Paris de la hype joue des coudes pour assister à l’inauguration du Pop Up Bar, un spot secret géré par la bande du Baron. Derrière ce lieu se cache Vitamin Water, une nouvelle boisson énergisante américaine bien décidée à partir à la conquête de l’Hexagone en rinçant les trend-setters. Originalité du concept, ce bar n’a été ouvert que deux mois. Fermeture administrative inopinée ? Non, coup marketing, bien sûr ! « C’est la même idée qu’avait émise Nicolas Hayek dans les années 1970 en lançant Swatch : on arrive, on fait du bruit et on dégage... », analyse Nicolas Guthart, big-boss de Waf Agency. Ce dernier est bien placé pour parler de cette tendance puisqu’il a inauguré il y a quinze jours sa propre pop-up galerie en plein cœur de Paris : l’Imprimerie. « Chaque mois, une marque résidente vient exposer un produit, un concept ou une série limitée dans notre espace de 70 m². On reprend les bases du cirque itinérant en offrant un spectacle aux consommateurs, c’est bien plus qu’une simple boutique éphémère », poursuit l’entrepreneur en sneakers. Le succès frappe déjà à la porte du spot puisque cinq cents branchés se relaient tous les mercredis pour assister aux vernissages de DC Shoes. En octobre, c’est Timberland qui s’installera dans l’ancienne imprimerie qui date de 1896. « Nous sommes entrés dans une période où les clients veulent vivre une expérience ! », affirme Mélanie Franchini, responsable marketing France de la marque. « C’est pour nous une opération de communication qui sert de vitrine à nos chaussures. Moins de produits, mais une mise en scène artistique originale et authentique que nous ne pouvons pas toujours reproduire dans nos boutiques, contraintes commerciales obligent. »

« Clubbing zapping »
Mais combien ça coûte, demanderait Jean-Pierre Pernaut ? « Le ticket d’entrée pour un mois de résidence est à 35 000 €. De nombreuses options peuvent être ajoutées et l’investissement pour une marque en développement reste bien moindre qu’un shop qui s’élève autour des 700 000 € pour ce type de surface à deux pas de Beaubourg », lance Nicolas Guthart. L’événementiel éphémère peut également tirer son épingle du jeu en profitant des périodes creuses : « Russian Standard a eu l’idée de créer un club dans la mezzanine du palais de Tokyo en se greffant à l’expo Man on the Moon car il ne se passe pas grand-chose à Paris pendant l’été », commente Axel Huynh, tête pensante de cette opération. Résultat, cette boîte temporaire nichée dans le musée est devenue l’endroit où il fallait se montrer pendant trois mois. Et la marque de vodka Premium de toucher sa cible en plein foie. « Les prescripteurs de tendances sont tellement blasés et snobs qu’il faut sans cesse renouveler l’offre car c’est toujours le dernier buzz qui prend le pas sur le reste. Nous sommes vraiment entrés dans une culture du « clubbing zapping ». Pour enfoncer le clou, il est reconnu qu’une opération dans un temps limité contribue fortement à multiplier l’impact », conclut Axel.

Cédric Couvez

03/09/2009

Au bal masqué, ohé ohé

Cette année, nul besoin de vous creuser le ciboulot pour dégoter un chouette déguisement d’Halloween. Au rythme où vont les choses, le 31 octobre prochain, tous les clubbeurs seront masqués pour faire face à la pandémie de grippe A. Toujours en avance sur son temps, le 2.0 a fait appel à quelques figures de la nuit pour imaginer le futur quotidien des teufeurs. Récit d’anticipation où les cachetons de Tamiflu ont déjà remplacé les pilules d’ecstasy…

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Filtrer les virus pas les clubbeurs

« La bonne nouvelle pour les moches, c’est que maintenant tout le monde peut entrer en boîte. Avec un masque de protection sur le pif, c’est devenu facile de tromper les physios ! », ironise DJ Kaïo, nouvelle star des platines depuis que son émission « Mix by Kaïo » cartonne sur M6 Music Club. Soucieux de préserver la santé de leurs videurs et leur chiffre d’affaires, les patrons de discothèques ont lancé depuis mi-octobre une opération portes ouvertes à tous les danseurs masqués.
Résultat des courses, sur le dance-floor, la température monte d’un cran : « Depuis le début de la pandémie, je joue tous les soirs La Fièvre de NTM. C’est le tube de la rentrée et ce revival n’est pas incongru puisque les malades qui gigotent sur la piste peuvent afficher 40° de fièvre. Ce n’est donc pas une surprise si les systèmes de climatisation du Queen, du Showcase et du Social Club ont pété la semaine dernière ! », lance dans un éclat de rire le DJ hyper-protéiné.

Une cure de chasteté
Une situation qui n’arrange pas les serial-noceurs. Harvey Ambomo, journaliste pour le site branché Matérialiste.com fait grise mine : « Depuis le début de cette histoire de grippe, les filles refusent que je leur fasse des baise-mains ou des petits bisous dans le cou. C’est la parano à tous les étages. Les flacons de gel antibactérien ont remplacé les verres de vodka-glace sur les comptoirs », déplore cet insomniaque notoire. Même son de cloche chez les allumeuses ! La pasionaria des pistes Claire V. a le moral plus bas que ses talons hauts : « Jusqu’ici, j’emballais cinq mecs par nuit au Baron… Mais en ce moment, je fais chou-blanc. Plus aucun blaireau ne veut me rouler une pelle par peur d’attraper la mort. »

Des invités de masque
Seuls quelques organisateurs de raouts mondains semblent tirer leur épingle du jeu en cette période de cette crise sanitaire. Laurent Guyot, big boss de sa propre agence de RP, a trouvé une multitude de solutions pour continuer à faire fructifier son business : « Les masques logotypés à l’effigie de mes clients font désormais office d’invitation. Résultat : tous les people se font photographier en arrivant dans la soirée avec la marque de l’annonceur en plein milieu du visage. C’est tout bénéf et ça maximise les retombées médias! ». Malin comme un singe, notre pro de la com’ a même pensé à organiser des fêtes à distance en cas d’interdiction de regroupement dans des lieux publis : « On va faire la fête à distance, chacun chez soi, avec un DJ qui mixera et diffusera sa musique en streaming sur Internet et des chats Facebook où tout le monde continuera à tailler le bout de gras ! » Il ne reste finalement plus qu’à savoir si les forces de l’ordre se montreront plus clémentes sur les procès verbaux pour tapage nocturne lorsque vous essaierez de recréer l’ambiance du VIP Room dans votre F2. W

Cédric Couvez

05/06/2009

Collectionneurs collector sur le web

La plus grande collection de collections se trouve sur le Net. Du sac à vomi aux boules à neige en passant par les pancartes « Do not disturb »… Le 2.0 vous emmène cette semaine faire un tour des musées virtuels des vrais pervers du Web…

 

Le plus vrillé

Si tous les trois mois, vous recevez dans votre boîte aux lettres le magazine L’Extracteur, vous êtes sans doute un pokelmophile, un fondu du tire-bouchon. L’éditeur de cette revue, le Club français du tire-bouchon, compte une centaine de membres-collectionneurs, très actifs sur le Net. L’un d’entre eux, l’Espagnol Daniel Boute, a créé un musée en ligne plutôt fourni . Cultelluphiliste repenti (il avait un faible pour les couteaux, quoi), il échangea un jour à un antiquaire 1 200 surins contre 200 extracteurs. Aujourd’hui, il en possède plus de 4 000. C’est ce qu’on appelle partir en vrille.

 

Le plus dérangé

On aurait dû remettre la palme au chanteur Philippe Katerine, qui prétend collectionner ses excréments et assure en avoir 150, soigneusement datés, mais aucune de ses pièces n’étant visibles sur le Net, il perd son titre. Dans la catégorie collec la plus classe, la gerbe du vainqueur revient finalement aux passionnés de sac à vomi notamment à leur chef de file le Néerlandais Niek Vermeulen, qui avec 5 180 pièces différentes a droit à son inscription au Guinness. Certaines compagnies ont compris que l’affaire était dans le sac. Virgin Atlantic a ainsi proposé sur plusieurs de ses vols des poches vomitoires collectors, relookées par des artistes, pour attirer les amateurs.

 

Le moins dérangé

On oublie souvent de les accrocher à la poignée de porte avant d’entreprendre une grasse mat’. Ces collectionneurs en revanche n’oublient jamais de les mettre dans leurs valises en quittant leur chambre d’hôtel. Leur passion ? Les pancartes « Do not disturb ». Le plus accro, un Suisse, en possède près de 8 000. Sur le Net, un Italien expose une partie de ses quelque 5 000 pièces. Il est tombé dans les panneaux il y a quatorze ans, lors d’un voyage en Floride. Mais depuis, il s’est trouvé de nouveaux hobbies : la collecte de cuillères à café offertes par des compagnies aériennes et la chasse aux bandes adhésives posées sur des cuvettes de toilettes pour indiquer qu’elles ont été nettoyées. A découvrir également sur le Web.

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Avec 7000 pingouins en peluche, Birgit berends possède la plus grande collection du genre

 

La plus française

Les Américains ont l’Obamania, les Français ont les boules. Les boules à neige ou boulaneiges pour les amateurs ont été inventées chez nous, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, à Paris. C’est donc normal que les plus grands collectionneurs soient nos compatriotes. Les neigenboulophilistes ou chionosphéréphiles marient bon goût et autodérision. Sur www.boulaneige.com, on trouve, outre quelques jolis spécimens, des exemples d’objets à collectionner (cuvettes de WC, cochons en cristal ou statuettes en plâtre) plus kitschs que les globes à neige. Il y a toujours plus fondu ailleurs.

 

La plus poétique

Les ultratrifoliophiles sont finalement plus rares que l’objet de leur collection : le trèfle à quatre feuilles. D’aucuns passent une vie à chercher la perle rare dans leur gazon, eux les ramassent par centaines (plus de 110 000 pour le recordman du monde, un Américain) et les glissent entre les pages d’un cahier ou sur le Net. Le très poétique Club des collectionneurs de trèfles à quatre feuilles est une de ces associations d’ultras. Son site met en avant plusieurs spécimens ainsi que des témoignages d’internautes qui ont trouvé la chance dans le pré. Trèfle fort.

Par laurent bainier

06/05/2009

Bullez un peu dans les Comic Streets de Bruxelles

Alerte aux phylactères, les bulles ont envahi Bruxelles. Impossible d’envisager un week-end là-bas sans qu’un tour operator ne mette la BD au programme. Vous nourrissiez d’autres desseins pour votre voyage. Oubliez tout. La BD reste le meilleur moyen de découvrir la capitale belge.

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Suivez la ligne claire

A l’arrivée du Thalys, c’est Tintin qui se tape l’affiche sur l’un des murs de la gare du Midi. A partir du 2 juin, il aura droit à son musée perso à Louvain-la-Neuve, dans la banlieue de Bruxelles. Mais pour l’instant, il doit partager la vedette avec d’autres héros des planches, plus ou moins connus. Une trentaine de fresques sont venues orner progressivement, depuis 1993, des façades à l’abandon. « La priorité, c’est la cohérence du parcours. Ça permet d’attirer les touristes dans des quartiers moins visités de la ville », explique David Vandegeerde, l’un des créateurs de l’association Art mural, qui peint les fresques géantes. Suivons-les donc. Boulevard Michel-Vaillant, rue Wayne-Shelton… Vegas a son « Strip », Bruxelles ses comic streets.

En cette année 2009, consacrée « année de la bande-dessinée » dans la capitale européenne, les inaugurations de nouveaux murs se succèdent, mais les plus atypiques restent ceux qui ont fleuri dans les Marolles. Près de la place du Jeu-de-balle, où Tintin trouva en son temps la maquette de la Licorne et où les fans chanceux découvrent encore quelques exemplaires rares vendus à même le pavé, se dresse le mur Jijé. Jijé, père spirituel de l’école de Marcinelle, pilier du Journal de Spirou, aussi connu ici que son rival Hergé. « La culture BD est très forte en Belgique. Elle fait partie de notre patrimoine culturel, assure Farid, un habitant de ce quartier en voie de boboïsation. Mais nous imaginer avec un album sous le bras en permanence est aussi stupide que penser que les Français se promènent avec une baguette sous le bras 24 heures sur 24. »

 

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Succès de façade

Un album, peut-être pas. Mais statistiquement, on a plus de chance de croiser à Bruxelles un homme ou une femme avec un carton à dessin sous le coude que dans n’importe quelle autre ville du monde. La capitale compterait un dessinateur pro pour 30 000 habitants. Les bédéistes s’incrustent jusque dans les plus prestigieux établissements de la capitale, comme les musées royaux des Beaux-arts, qui proposent une expo sur l’histoire du genre. Mais le vrai temple du 9e art, c’est le Centre belge de la bande dessinée. Outre ses salles thématiques, il offre aux visiteurs une banque de 70 000 titres en quinze langues, sans doute la plus grande collection de planches (hors magasins de bricolage). Quatre mille d’entre elles sont en accès direct et, pour 50 centimes, vous pourrez vous y plonger toute la journée.

 

 

Avant de partir, jetez un œil au bâtiment. Paumé au fond d’une rue taguée, il est l’un des plus beaux témoignages de l’art de Victor Horta, le Gaudi local. Ce chef-d’œuvre Art nouveau, qui accueillit longtemps un grossiste en textile, a été sauvé in extremis de la destruction. Un classique à Bruxelles, où le saccage des richesses architecturales a longtemps été un sport national. A tel point qu’aujourd’hui, pour évoquer l’urbanisme anarchique, les spécialistes parlent de bruxellisation. « On ne place pas nos fresques BD sur des murs constructibles, ajoute David Vandegeerde. Nous ne voudrions pas que des points noirs architecturaux soient conservés parce que nous avons peint une œuvre sur un des murs. »

Mais les peintures ne sont pas cantonnées aux quartiers déshérités de la ville. En plein centre, à quelques mètres du Manneken Pis, Tintin s’échappe d’un bel immeuble par un escalier de service en trompe-l’œil. S’il fend la foule, il arrivera sans doute sur la Grand Place. Construite sur les cendres du bombardement français de 1695, elle fut élue « plus belle place du monde » par Hugo et « plus riche théâtre » de la planète par Cocteau. Ce week-end, elle deviendra « la plus grande planche de l’univers ». Cinq cents mètres carrés de dessins y seront réalisés, sur un thème encore tenu secret. La foule devrait s’y presser. Finalement, le 9e art, c’est peut-être celui d’attirer les touristes.

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Manneken Pis / Cedric Couvez / 20Minutes

Par Laurent Bainier

29/04/2009

"Le Bottin Mondain ne devrait pas souffrir de la crise"

Un vrai bourgeois ne sort jamais sans son Bottin Mondain, LE Who's Who de la bonne société française. Nous avons rencontré Blanche de Kersaint, sa directrice.

 

Le bottin mondain (BM) recense depuis 1903 tous les bien-nés. Ca a encore un sens aujourd’hui ?

Apparemment oui. D’ailleurs, nous vendons aujourd’hui plus d’exemplaires qu’il y a vingt ans. Le BM se porte bien et ne devrait pas trop souffrir de la crise.

Comment entre-t-on dans le Bottin?

Si l’on n’a pas de parents proches inscrits au BM, il faut être parrainé par deux membres. Ensuite, on doit acheter au moins un BM [185 €] tous les sept ans.

Les inscriptions se portent bien ?

Nous comptons  44 000 mentions. L’époque où nous n’acceptions pas les divorcés ou les enfants naturels dans nos pages est révolue. Nous nous sommes adaptés à une société en pleine évolution.

309.jpgVous vous êtes même exportés sur le Web?

Depuis 1999, oui. Dès le départ, nous avions envie de laisser la section «savoir-vivre» en accès libre. Nous recevons énormément de questions par mails sur les usages à respecter en société et nous y répondons sur notre site. Nous présentons également l’histoire du Bottin, dont nous sommes très fiers et nous publions des annonces, notamment immobilières.

Vous êtes l’ancêtre de Facebook, finalement...

On peut dire ça. On a peut-être actuellement moins de succès que Facebook et ses millions de membres mais notre succès à nous dure depuis plus de cent ans. Je ne sais pas à quoi ressemblera Facebook dans cent ans.

Recueilli par Laurent Bainier

 
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