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02/04/2009

La comédie française ? C'est un peu court, jeune homme

L’humour à la française ? Il se consomme à fond les grilles, sous forme d’émissions (« Les Guignols »), de one-man-show, de courts (« Kaamelott »), encore de courts (« Caméra café »). Mais… guère sous forme de séries. Face aux déferlantes anglo-saxonnes, les 26 minutes voire les 52, se comptent sur les doigts d’une moufle de clown : « Nous ne sommes pas des saints » le 9 avril sur Comédie, « Hero Corp » aussi sur Comédie et bientôt sur France 4, « H » et « Hard » sur Canal.

 


Les vannes s’ouvrent
Fabrice de La Patellière, directeur de la fiction chez Canal+, détaille : « Une comédie, c’est une mécanique précise, où le rythme doit être tenu sur la durée. Il ne suffit pas d’avoir une phrase, une situation drôle, il faut les enchaîner. Regardez “Friends” ! » Car oui, faire rire, c’est pas une partie de plaisir, « c’est ce qu’il y a de plus dur ! », lance Vincent Primault, acteur-réalisateur-producteur de l’hilarant – et court – « Pitch Story », diffusé sur TPS Star. Derrière la grosse rigolade, il y a un boulot de forçat. Pascal Breton, président de Marathon Group, qui prépare une comédie en prime time pour TF1, note : « La comédie demande beaucoup de travail de développement, d’écriture... Car il n’y a rien de plus catastrophique que l’humour raté. »

 


La difficulté tient aussi au format comique roi, le 26 minutes, difficile à rentrer dans une grille. « Souvent, ils ne tiennent pas la distance en prime, souligne Arielle Saracco, directrice du pôle fiction française et documentaire de Canal+. Et si on les diffuse après le film du soir, on a le problème des horaires. »

Alors que « le public anglo-saxon n’a pas peur de consommer du 26 en prime. “Hero Corp”, en première partie de soirée sur France 4, est un contre-exemple, constate Simon Astier, créateur de la série sur les superhéros lozériens. Moi, le 26 minutes est un format que j’adore. Je rêve d’en faire un tourné en public… »

Progressivement pourtant, la comédie joue les prolongations. Canal+ planche sur des projets de 26 minutes. Chez Calt, spécialiste du court (« Vous les femmes », « Caméra café »), on a lancé « Hero Corp » (26 min), « Les bougons » (52 min), passé « Kaamelott » du très court à des séries de 52 min pour les « livres » 5 et 6. Le boss de Calt, Jean-Yves Robin, est optimiste : « On y va progressivement, mais depuis un an, on sent un changement excitant. M6 tente de plus en plus de choses et avec la fin de la pub sur France Télé, une case s’ouvre entre le JT et le début du film. » Vincent Primault de « Pitch Story », planche d’ailleurs sur un projet de 26 min pour une grande chaîne. C’est bon de rire parfois, et encore mieux dans tous les formats.

 

Anne Kerloc’h et Maxime Robin

12/03/2009

Canal+ croise les médias

Kali sera Konnectée. Le «film d’action à pied» de la Nouvelle Trilogie 4 de Canal+, s’est transformé en web série, ou plus exactement en projet «cross média». « Elle sera diffusée sur canalplus.fr sous forme d’une douzaine de webisodes courts, puis, remontée sous forme de film de 80 minutes avec des images complémentaires », détaille Gilles Galud, de la Parisienne d’images, le producteur.

Cette histoire de jeune femme transformée en cyber-soldat « se prêtait idéalement à la web série, par son rythme nerveux, la proximité avec une cible jeune et sa thématique, reprend Gilles Galud, nous adaptons la narration pour le web, et au moment de la diffusion, nous sortirons un site dédié avec des infos sur les nanotechnologies ». Un approche multi-formats que la chaîne cryptée veut développer: «nous sommes au cœur de la réflexion sur des formats cross média innovants», confirme Cécilia Ragueneau, directrice des nouveaux contenus de Canal+. Annoncé : un web-documentaire sur le tournage de la série policière Braquo, «sous forme de making of feuilletonnant à travers les yeux et le carnet de bord du réalisateur, Olivier Marchal». De quoi alimenter le site de Canal+ et ses 3,8 millions de visiteurs uniques. Et retenir un public tenté de déguster sur les sites de vidéos des menus morceaux piratés de sa chaîne préférée.

Anne Kerloc'h

La télé mobile personnelle va bouger le PAF

 

Tremblez les grilles, frissonnez prime-time ! A l’heure d’Internet, de la télé de rattrapage, et bientôt de la télévision mobile personnelle (TMP) prévue en France pour 2010, les horaires bien délimités, et aimantant le télespectateur à heures fixes ne vont-ils pas succomber sous les assauts des médias immédiats? Dans les pays où elle est implantée, la Télévision mobile personnelle a déjà ses prime time bien à elle « qui correspondent aux temps de transport domicile-travail, aux pauses de midi », résume Jeanine Langlois-Glandier, présidente du forum TV mobile. « Pour schématiser, la télévision a trois temps fort: le matin entre 7H et 9H, à la mi journée, et après 20H note Philippe Bailly, président de NPA conseil. En TMP, on retrouve les même pics, mais avec des décalages : un peu plus tard le matin, plutôt le soir, entre 18 et 20H le soir, avec une écoute supplémentaire vers 22H, due surtout aux ados ». Quant au prime d’Internet, en Europe, selon l’institut Xiti, il se situe vers 13H-14H en semaine, et à 19H-20H le week-end.

Pour autant, ces nouveaux rendez-vous ne vont pas nécessairement remplacer les messes télés d’antan et du présent « A mon sens, certains programmes auront deux horaires : un pour la télé, un autre, décalé, pour la TMP » estime Philippe Bailly. « Les chaînes joueront de l’interaction entre les deux estime Janine Langlois-Glandier, notamment pour récupérer toute une jeunesse technophile qui se détourne un peu d’elles. Le prime TMP du retour à son domicile peut servir de teasing pour les programmes télé du soir!». Complémentarité, donc, et même superposition : «Chez les jeunes et les individus hypermobiles, il y a des comportements multitâches: on surfe sur Internet en même temps qu’on regarde la télé en famille, note Agnès Hautbois, directrice médias de BBDO, qui vient de publier l’étude «Mobilife».

Bref, le prime des familles bouge encore, Selon Jean Viard, sociologue et auteur d’Eloge de la mobilité (livre de poche) rappelle « La télévision n’est pas un plaisir solitaire, on la regarde plutôt à 2 ou 3. Surtout elle produit de l’événement collectif. On se sent appartenir à une tribu en regardant au même moment un même événement que ce soit le discours de Sarkozy ou la soirée des Enfoirés. On peut en discuter, comprendre les blagues du lendemain...»

Anne Kerloc’h

29/01/2009

Au pays de la ménagère de moins de cinquante ans, le senior est banni

 

Les programmes consacrés aux seniors, "ça n'intéresse pas les jeunes et ça fait flipper les vieux". Gilles Galud sait de quoi il parle. Il a produit, pour Canal+, "Les Interminables". Série, qui, cas rarissime, met en scène des centenaires fringants et à la libido débridée. Résultat, un bide. "Les gens n'ont pas envie de voir cela. Pourtant, Canal programme aussi, "une des dernières émissions de télé où l"on voit des vieux", dixit Benoît Delépine. Mais pour un Groland, combien de "fictions où l'on retrouve le retraité grognon, la gentille grand-mère, s'interroge Jean-Paul Tréguer, fondateur de Senioragency. Soit les seniors sont ridiculisés, soit invisibles. Car plus notre monde vieillit, plus les producteurs, directeurs de programmes souffrent d’un jeunisme hystérique". D’ailleurs la figure sacrée du paf est la ménagère de....moins de cinquante ans! "Tout est dit, poursuit Jean-Paul Tréguer. C'est "à" mais aussi "devant" l'écran que les chaînes ne veulent pas de seniors. Elles ne parlent que rajeunissement de l"audience". Et pourtant, sur ce front, comme sur d'autres,cela bouge.

"J'ai de plus en plus de demandes de comédiens" note Sylvie Fabregon, de l'Agence Masters, spécialisée dans les acteurs seniors. Et plus seulement pour des pubs sur l'incontinence!". Cela tombe bien car "les acteurs de 80 ans ont une super patate et ne demandent qu'à sortir des rôles sclérosants dans lesquels on les enferme", notre Vincent Primault. Parmi la série de sketchs qu'il a réalisés pour "Pitch-Story" sur TPS Star, figure "La Haine Vermeille », sur des seniors du 9-3 « qui ont la haine ». Sa comédienne, Paulette Franz, 78 ans, en appelle "à tous les ieuv, on a la haine, la haine, la haine Vermeille !". « elle m’a même dit que je n’allais pas assez loin dans le rap s’amuse-t-il, qu’il fallait parler de shit, aussi… ». On est, néanmoins, encore loin des Etats-Unis, "où les présentateurs vedette sont presque tous âgés, souligne Serge Guérin, auteur de La société des seniors (Ed. Michalon). Et ils sont dans les fictions." Idem en Allemagne. En 2007, la chaîne ZDF a diffusé un téléfilm d'anticipation intitulé "La révolte des vieux". Un immense succès. Et la productrice française, Simone Harari, qui avait déjà produit pour France 2 "A nos 100 ans!", vient de signer un contrat avec la chaîne pour réaliser une adaptation française.

 

27/11/2008

L'ovni cathodique de la semaine : eet smakelijk

Tous les mercredis, les téléspectateurs se régalent. C'est "Eet Smakelijk". Autrement, dit Bon appétit! Attention, rien à voir avec la gentille émission éponyme à la gloire de la gastronomie française présentée par Joël Robuchon sur France 3. Là-bas, la chaîne publique NED 3 se propose de "retracer l'ensemble du circuit effectué par un aliment avant d'arriver dans votre assiette". Ça, ça veut dire, par exemple, attraper un mouton dans un champ, l'emmener à l'abattoir, l'électrocuter, le dépecer, le cuisiner et ...le manger. Le tout sous l'oeil des caméras.

>>> Pour les extraits vidéo d'Eet Smakelijk, cliquer ici

"C'est un magazine, ce qui montre que les programmes hollandais sont provoc' et subversifs même au delà de la télé-réalité", souligne Amandine Cassi, Directrice d'études Eurodata TV Worldwide. Avec toujours l'argument d'avoir un objectif pédagogique. Là, il s'agit de responsabiliser le téléspectateur". Pas super réussi. "Avec une sauce de salicornes, c'est délicieux," commente une des stars invitées par l'émission, pourtant pas au mieux quelques heures plus tôt face à la bête gigotant à terre après un coup de pistolet électrique.

A.C.

La télé-réalité néerlandaise toujours au top

Pas question de perdre leur couronne. Endemol oblige, la télé réalité est née en Hollande avec "Big Brother" en 1999. Depuis, les Bataves font tout pour rester au top. Oui, tout. "En gros, deux fois par an, on a le droit à des émissions très, très trash qui font scandale", note Sheily Lemon, consultante pour NOTA chez IMCA. On se souvient de "Spuiten & Slikken" ("Injecte et Avale"). Au programme sexe, drogue and, surtout, groot schandaal! Idem pour les orgies du jacuzzi de "De Gouden Kooi" ("La Cage dorée") l'an dernier.

 

Et le cru 2008 est à la hauteur. Dans "Bébés à louer", on confie des enfants en bas âge à des couples inexpérimentés. "40 jours sans sexe", fait, lui, rejouer à sept ados, en pleine puberté, la traversée du désert. L'émission est diffusée...par une chaîne catholique. Autre perle actuellement à l'antenne: "Expedition Unlimited". Le concept fait voyager cinq mannequins et cinq personnes lourdement handicapées, "avec un bras ou une jambe en moins" précise le pitch. "C'est typique des programmes hollandais, note Bertrand Villegas de The Wit. A la fois, on exploite les candidats mais cela permet aussi l'intégration de toutes les minorités de la société".

 

 

Et on redonne même du travail aux demandeurs d'emploi. "Bloot, Zweet en Banen" ("A poil, en sueur, et au boulot") s'inspire du Full Monty. Six chômeurs, coachés par des pros, tentent de perdre leurs kilos, muscler leurs biscottos et devenir de parfaits strip-teaseurs. Pour plus de romantisme, optez pour Prisoner of love. Des jeunes femmes rencontrent d'anciens taulards sans connaître l'objet de leur passage en prison. Pas de violeurs, ni d'assassins souligne néanmoins la prod'. Bref, au pays de Spinoza, la télé-réalité ne déçoit pas.

Alice Coffin

20/11/2008

Télé et buzz, une love-story intéressée

 

La télé aime, la télé adore le buzz. C'est même, depuis septembre, le titre d'une émission de LCI. "Le buzz", donc. Damien Givelet, coprésentateur de l'émission avec Benoît Gallerey, connaît bien le sujet. Ensemble, ils ont lancé en 2006 "LCI est à vous". Toujours à l'antenne, ce mag fonctionne lui aussi à coups de vidéos chéries du web. "Pour une émission, Internet est une mine, explique-t-il, et en plus une mine gratuite!". De fait, "à part quelques ayant droits qui se manifestent de temps en temps, pour l'instant il y a un vide juridique", explique Chrisophe Beaugrand, un ancien de LCI est à vous, qui a depuis, présenté i Net sur iTélé, et cause web dans "La Matinale" ou "+ Clair" chez Canal+.

 

Comme, presque toutes les autres, ces émissions ont, en effet, leur incontournable séquence buzz. Même "Vivement Dimanche" et "Télé Matin" s'y sont mis. "Les médias utilisent le buzz comme un alibi djeunes, pour être moins ringards que d'habitude", note Jodouin Mitrani, directeur de l'agence Buzz Lemon, spécialiste du marketing viral. Et puis, c'est aussi une manière de circonscrire le mal que peut leur faire Internet". Tout en lui faisant du bien.

Car, le buzz aussi aime, adore la télévision. Pour une vidéo du net, la consécration passe par le label vu à la télé. "En gros, c'est un passage TV qui va officialiser le buzz, s'amuse Christophe Beaugrand. Voire le créer, car cela arrive de grossir un buzz, histoire de mieux vendre une séquence, et de fait, du coup cela lance la machine!". Mais attention, ne buzze pas qui veut. "Si "LCI est à vous" marche depuis deux ans, c'est parce qu'on ne se contente pas de faire du video gag, note Damien Givelet. Les bestiaires, c'est sympa, mais parler de buzz c'est aussi faire un vrai boulot journalistique". La preuve, quand TF6 confie son "Big Buzz" à Jean-Pascal, c'est le crash. L'émission n'est restée, en 2007, que quelques mois à l'antenne.

Alice Coffin

 
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