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05/11/2009

Guillaume Le Donche dégaine ses Young Gunz

Des faux airs de Garth dans Wayne’s World et une solide envie de réussir dans le business du cool en créant Young Gunz, son label électro. A tout juste 22 ans, Guillaume Le Donche a tout du parfait kid. Par « kid », entendez cette génération de jeunes gens âgés de 15 à 25 ans, nés avec une souris d’ordinateur à la main et les dents qui rayent le parquet des pistes de danse. « Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus être cantonnés au rôle de consommateur mais l’élargir à celui d’acteur. Nous sommes une génération qui cherche à s’amuser tout en montant des projets crédibles. »

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Stage à 400 €, star en Géorgie
Finie donc la glandouille, les kids passent à l’action faisant trembler sur leur chemin les trentenaires et les baby-boumers. Plutôt que de dépenser sa thune dans les boîtes de nuit, Guillaume Le Donche a décidé d’en faire une affaire. « J’ai commencé à sortir au Queen à 14 ans. Deux jours, plus tard, j’ai fait des pieds et des mains pour que mes parents m’offrent des platines. C’était vraiment un ego trip au début. J’étais fasciné par les DJ qui manipulent une foule en passant la musique des autres. » Après un exil nantais où le blondinet se lance dans l’organisation de soirées, il décroche enfin un booking en or : « Un ami qui faisait ses études en Géorgie m’a vendu comme le nouveau David Guetta pour une fête organisée pour les trois filles d’un haut dignitaire. Je suis arrivé là-bas en star alors que ce n’était que du flan, j’avais à peine 16 ans. J’ai signé des autographes et répondu à des interviews… et me suis définitivement piqué au jeu. »


Bac en poche, Guillaume revient tel Rastignac conquérir Paris. Après un court passage à l’Ecole française des attachés de presse, « car c’est un réservoir à jolies filles », l’apprenti hipster enchaîne les petits boulots et décroche un stage à 400 € par mois pour le label électro Prozak. Une première expérience qu’il continuera de faire prospérer avec La Clique, la bande de branchés du Baron. Il gangrène gentiment le réseau en qualité d’assistant des directeurs artistiques du Showcase puis du Regine’s.
Guillaume se frotte à la crème de la hype de Pedro Winter en passant par les 2 Many DJ’s. L’hiver dernier, notre homme décide de s’associer à Tarik Briziz, photographe et graphiste. Le duo souhaite créer un nouveau label réunissant de jeunes artistes dont la moyenne d’âge dépasse rarement les 20 piges. Ils rassemblent leurs maigres économies, réussissent à se faire prêter 3 000 € par une banque et se lance dans le grand bain en déposant les statuts : « L’avantage quand on est un kid, c’est qu’il existe beaucoup d’aides pour monter sa boîte. L’inconvénient, c’est que tous les gens qui trouvaient normal que tu bosses pour eux en contrepartie d’un faible salaire te disent que tu es trop jeune pour monter ta boîte 0et que tu vas te planter. C’est moyen pour le moral ! »

Faisant fi de ces remarques, l’entrepreneur compte bien faire buzzer ses cinq artistes DJ/producteurs et faire fructifier son business : « La sortie de maxis est surtout destinée à promouvoir ces nouveaux noms. Le nerf de la guerre économique dans le milieu électro maintenant, c’est les prestations en live dans les clubs. » Musicalement innovant et pointu, ce nouveau label a tout pour suivre les traces de ses aînés comme Ed Banger, Kitsuné ou encore Institubes : « C’est une aventure aussi excitante que crevante, mais je n’ai pas le droit à l’erreur. Je dois très rapidement gagner de l’argent pour continuer », conclut le patron.

Cédric Couvez

29/10/2009

Shigeru Myamoto: "Mario, c'est mon double virtuel"

Plus d’un quart de siècle que Mario et ses potos traversent les écrans. Devenu une icône du jeu vidéo, le plombier moustachu en fait même de l’ombre à son créateur, le Japonais Shigeru Miyamoto, 57 ans, producteur et game designer chez Nintendo.

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Luigi, Bowser, Wario, Princesse Peach... Vous avez inventé tous les personnages de l’univers Mario ?
Jusqu’à l’apparition de Luigi, c’est moi qui les ai tous inventés. Aujourd’hui, même si ce n’est plus moi qui crée les personnages, je vérifie tout. Cela dit, on n’invente pas des nouveaux personnages pour inventer des nouveaux personnages. Il faut que ce soit pertinent en termes de jouabilité et de plaisir de jeu.

Dans « New Super Mario Bros Wii », on jouera avec Mario, Luigi et les Toads. Pourquoi eux et pas d’autres ?
Je ne voulais pas utiliser Wario et Waluigi. Parce que ce sont pour moi des personnages de jeux distincts. En plus, si on met Wario, on va être obligés de lui faire faire des pets, des choses comme ça. Ensuite, le but, c’était de trouver des personnages qui font la même taille que Mario et peuvent réaliser les mêmes actions que lui.
Les champignons, c’est un objet très symbolique chez Mario. Pourquoi ?
Quand j’ai réalisé le premier « Super Mario », il se déroulait dans un univers de fantaisie. Il nous fallait un objet qui produise des effets spéciaux quand on le mange. Je me suis dit qu’un champignon, c’est très bien.

Vous mangez des champignons ?

Oui, j’aime beaucoup, c’est très bon les champignons.

Le personnage de Mario rappelle l’enfance. Il peut évoquer aussi une certaine nostalgie, non ?
Ce n’est pas quelque chose dont j’ai forcément conscience. Pour moi, Mario, c’est mon double virtuel qui fait tout ce que j’ai toujours voulu faire. Il réalise toujours des actions qu’on peut ressentir avec tout le corps : Mario, il saute, il attrape des objets, il les balance, il écrase des trucs. Il fait toujours des choses qui font appel à des sensations très primaires du corps humain.

La moustache de Mario  sera-t-elle un jour blanche ou restera-t-il jeune ?
Il aura toujours entre 24 et 26 ans, même si dernièrement, il a plutôt un design qui ferait penser à quelqu’un de 40 ans.

D’ailleurs, il prend un peu de ventre...
Oui, c’est vrai, mais il ne change pas.

Sonic et Mario étaient rivaux dans les années 1990. Ça vous fait quoi de les voir jouer ensemble ?
Au départ, je ne les imaginais pas trop ensemble parce que Sonic court beaucoup plus vite que Mario. Mais à mon grand étonnement, je suis très content parce que « Mario et Sonic au JO d’hiver » fonctionne bien et que les deux se complètent naturellement.

Vous n’êtes jamais fatigué de Mario ? Ce n’est pas un fardeau ?
Je ne me dis pas : « Il faut faire un nouveau Mario ». Je pars d’une idée de jeu, et quand le concept est bien établi, je me demande quel personnage va en être le héros. Je ne me lasse pas de Mario, puisque je ne travaille pas pour Mario. J’utilise Mario pour illustrer mes jeux d’action.

Vous travaillez sur «  Super Mario Galaxy 2 » (Wii), qui sortirait en 2010 ?
C’est sur ce jeu que je suis le plus occupé actuellement. On en est à peine aux réglage des premiers niveaux.

recueilli par Joël Métreau

22/10/2009

Quelques conseils pour épater les galeries

Ce week-end, Paris dégueule littéralement d’art contemporain. La faute à la Fiac. La Foire internationale d’art contemporain attire le gotha des collectionneurs mondiaux alors forcément, toutes les institutions et galeries font portes ouvertes. Et si vous en profitiez pour vous y intéresser? Arrêtez de rechigner, notre ministre de la Culture lui-même l’a admis : «Nous avons tous un véritable défi qui est celui de l’intimidation sociale, que j’ai moi-même éprouvée.» Traduction. Au moment de se frotter à l’art contemporain, le néophyte affiche toujours la même crainte: passer pour un con. Allez, on vous aide.

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Ne dites pas : « Moi, l’art contemporain, j’y comprends rien. »
Ce bel alexandrin (avec rime à la césure, joli…) est la réponse à tout des fainéants. Forcez-vous que diable ! Et questionnez le galeriste, il ne demande que ça. A la Fiac, les gros acheteurs sont déjà passés faire leurs emplettes le mercredi. Du coup, les galeristes ont fait leur beurre et sont détendus.
Dites plutôt : « Cette sculpture est faite dans quel matériau ? » Un truc terre à terre, ça passe tout seul. La conversation s’engage sur des bases claires ; après, parfois, ça décolle dans les concepts et ça secoue. Accrochez-vous.

Ne dites pas : «  C’est pas mal, mais je ne le mettrai pas dans mon salon. »
Mais bougre de corniaud, évidemment que tu ne vas pas la mettre dans ton salon cette installation vidéo. L’art contemporain n’a que rarement une vocation décorative. Donc, les considérations du genre « ça n’ira pas avec ma moquette », on oublie.
Dites plutôt : « Vous n’auriez pas le même en bleu ? » Oui, parce que, bon, en même temps, on a bien le droit de déconner un peu, on n’est pas à l’armée.

Ne dites pas : « Alors ça, ma fille de 2 ans, elle peut le faire » ou « Ah ben à ce compte-là, moi je casse une chaise et je fais caca dessus et je dis que c’est de l’art… »
Ce genre de réplique, en plus d’être stupide, est méchante. L’artiste est un être humain, il mérite un minimum de respect.
Dites plutôt : « C’est quand même plus simple l’art figuratif. » Eh oui, s’enthousiasmer sur une corbeille de poires en déclarant : « Qu’est-ce que c’est ressemblant ! », c’est plus facile. La Fiac dispose d’un grand espace dévolu à l’art moderne. Rien ne vous empêche de vous exercer sur un Picasso ou un Bacon. Interrogez-vous sur les textures, la composition, le sous-texte symbolique… Ensuite, appliquer la méthode aux œuvres non figuratives. C’est pareil sauf que ça ne « représente » rien.

Ne dites pas : « Vous n’êtes pas trop frappé par la crise ? »
ça part d’un bon sentiment mais à force, ça gonfle tout le monde. En plus, globalement, le monde de l’art commence à sortir la tête de l’eau. Surtout à la Fiac, plus préservée que celle de Londres, car moins versée dans la spéculation.
Dites plutôt : « La petite gravure, là, je vous en donne 20 € si vous me l’emballez. » Le galeriste comprendra tout de suite que vous êtes un guignol et n’essaiera pas de vous refourguer sa came. Vous pourrez alors engager une conversation décomplexée sur le prix et la valeur des œuvres. Partez à la découverte du monde mystérieux de « la cote » des artistes. Tout est là.

Ne dites pas : « Mmmm, c’est conceptuel ça, non ? »
Evidemment c’est conceptuel ducon, c’est de l’art ! Oui, bon là, on s’emporte. Pardon. Alors retour sur le b-a-ba : l’art, c’est du concept. Quand c’est juste joli, c’est de l’artisanat. On ne parle pas broderie, là.
Dites plutôt : Rien, taisez-vous et observez.
En conclusion, et pour paraphraser un groupe de drogués des années 1990 et la publicité d’une chaîne de restaurants qui fait grossir : Venez comme vous êtes ! Sans complexe. Et n’oubliez pas : il n’y a pas de questions bêtes, il n’y a que des questions idiotes.

Benjamin Chapon

08/10/2009

A Paris, ça défile dans tous les styles

Voilà, c’est fini. Après une semaine de Fashion Week parisienne, les top modèles ont des ampoules aux pieds, les rédactrices mode des cernes sous les yeux et les créateurs jeté leurs dés. Quelles seront les grandes tendances de l’été 2010 ? Focus sur les dix grands défilés qui façonneront le look de la saison.

Chanel champêtre

0910-MAG-CHANEL.jpgL’indéboulonnable Karl Lager­feld s’est fendu d’une collection champêtre. Le grand manitou teuton a transformé la verrière du Grand Palais en grange pour présenter sa collection aussi chic que fleurie. Mais pas de confusion possible, Karlito n’a pas tourné hippe : « Je n’ai rien contre les babas-cool, mais le baba, il retourne chez le pâtissier. Restons cool ! »

Givenchy sobre et chic

0910-MAG-GIVENCHY.jpgImprimés géométriques noir et blanc et silhouettes marquées au menu de la collection dessinée par le créateur italien Ricardo Tisci. Ovationnée par le public, ce défilé monte sur le podium des présentations de la semaine.

Saint Laurent contrasté

0910-MAG-YSL.jpgLe styliste Stéfano Pilati n’a pas dérogé à la règle en proposant des coupes austères mais a surpris son monde en proposant une palette de couleurs très estivale. Au premier rang, Prince, Sharon Stone ou encore Kate Moss ont visiblement adoré.

Dior deshabillé

0910-MAG-DIOR.jpgEn hommage à Lauren Bacall et au Hollywood des années 1940, John Galliano s’est amusé à déshabiller ses mannequins en présentant une collection très lingerie. La solution vestimentaire parfaite en cas de canicule l’été prochain.

Castelbjac en enfance

0910-MAG-CASTELBAJAC.jpgLe plus branché des créateurs français s’est une fois de plus fait remarquer avec sa collection « Pirates, perroquets et paradis ». Le créateur offre un remède anti-crise parfait avec sa panoplie d’imprimés colorés dignes de l’Île au trésor.

Gaultier bigarré

0910-MAG-GAULTIER.jpgJean Paul a réussi un gros coup en faisant défiler la préretraitée des podiums Naomi Campbell sous les yeux de Janet Jackson. Question chiffon… que du bon ! Au programme de l’été prochain, un vestiaire bigarré puisant son inspiration dans la savane et les rites tribaux.

Vivienne Westwood psyché

0910-MAG-WESTWOOD.jpgTou­jours à la pointe de l’avant-garde, la vieille punkette british offre une collection psyché où une Marie-Antoinette trash confondrait le Bal des débutantes avec une rave-party londonienne. Ça décoiffe et ça habille.

Stella McCartney bobo

0910-MAG-MC CARTNEY.jpgLa fille de l’ex-Beatle revisite les basiques en y apportant toujours plus de confort et de glamour. Les bobos vont une fois de plus adorer les coupes de la végétarienne la plus engagée de la mode. Larges sarouels et amples blouses ont trôné sous les yeux de son papa assis à deux pas de l’actrice Gwyneth Paltrow.

Céline minimaliste

0910-MAG-CELINE.jpgPour sa première collection, la créatrice britannique Phoebe Philo l’a joue minimaliste. Lignes nettes, couleurs neutres et petites robes en cuir rempliront le dressing des working-girl aussi attentive à leur apparence qu’à leur compte en banque.

Ungaro criard

0910-MAG-UNGARO.jpgOn conclut par le plantage de la Fashion Week. Il y a trois semaines, le PDG de la maison française créait un énorme buzz en annonçant l’arrivée de la starlette Lindsay Lohan en qualité de conseillère artistique. Manque de bol, la Loana ricaine n’a pas réussi à faire avaler aux critiques ses micro-robes criardes.

Cédric Couvez

27/08/2009

Les cinq règles pour rouler votre boss à la rentrée

Désolé de vous saper le moral, mais les grasses matinées coquines, la glandouille sur la plage et les apéros à rallonge… c’est fini. Retour à la réalité, l’heure de la rentrée a sonné. Pour ne pas se laisser submerger par le spleen et pleurnicher dans les bras de vos collègues, rien de tel qu’un petit guide de survie pour amorcer un come-back en douceur au bureau. Deux spécialistes de la jungle d’entreprise nous livrent leurs astuces pour supporter son chef après des semaines de farniente et éviter de s’écharper devant la machine à café à peine remis de vos coups de soleil.

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Cédric Couvez et Yvon Mézou, nouveau directeur de la rédaction de 20 Minutes.

 

Les priorités tu géreras
La montagne de courriers,  les 9 724 mails et le répondeur vocal saturé comme un solo de Metallica sont souvent les premiers à vous dire bonjour à la rentrée.  « Pour ne pas sombrer, il est primordial de vous fixer un objectif de rentrée et de consacrer une petite semaine à trier les urgences ! », avance Jacqueline Renaud, coach d’entreprise depuis dix ans. Oubliez illico les chaînes de mails débiles lancées par vos collègues punis cet été, concentrez-vous sur l’essentiel… ceux de votre chef.

Tes vacances peut-être tu raconteras
Doit-on étaler ses vacances libertines au Cap-d’Agde devant son chef ? « Tout dépend du profil psychologique de votre supérieur. Certains chefs se la jouent copain-copain. Dans ce cas, vous pouvez lui narrer vos aventures estivales, ça renforcera le lien de confiance entre lui et vous. Mais si votre boss est renfermé et distant, ne l’encombrez pas avec vos récits », conseille Alex Mucchielli, ancien universitaire et auteur de Mon chef est un con! aux éditions Maxima. En bref, gardez votre soirée diapos pour vos vrais amis…

Du temps tu prendras
Tous les athlètes vous le diront, inutile de foncer tête baissée lors de la reprise. Pour éviter le claquage à mi-saison, gérez votre effort et n’oubliez pas que la vie de bureau n’est pas un sprint mais une course de fond. « Attaquer la rentrée pied au plancher est une très mauvaise idée. Mieux vaut profiter du recul pris pendant les vacances pour gérer son stress et pauser calmement les choses. Le temps se révèle toujours être un allié dans le milieu professionnel », assure Jacqueline Renaud

La paix avec ton chef, tu feras
Rien de tel qu’une bonne coupure estivale pour oublier les griefs à l’encontre de son boss. La rentrée est un moment tout choisi pour repartir du bon pied et faire fi des prises de bec passées : « Profitez de la bonne humeur post-vacances et des derniers rayons de soleil pour tenter de moduler stratégiquement la relation que vous entretenez avec votre chef », conseille Alex Mucchielli. Et qui sait, peut être que l’été prochain, c’est avec votre N+1 que vous partagerez votre mojito les pieds dans l’eau.

De substituts jamais tu ne prendras

Se gaver d’anxiolytiques ou d’euphorisants pour supporter le stress de la rentrée n’a jamais rien arrangé, sauf le compte en banque des multinationales pharmaceutiques : « Tous les médecins vous le diront, les médicaments traitent les effets, pas les causes. Mieux vaut faire du sport pour évacuer la pression », recommande la coach. Inutile de vous doper comme un coureur de la Grande Boucle pour atteindre la sérénité bouddhiste privilégiez le vieil adage : « Un esprit sain dans un corps sain ! »

Cédric Couvez

09/07/2009

Lake Parade, de Genève : le Freak pas Chic

Plus réputée pour ses banques privées, ses horlogers de luxe et ses exilés fiscaux que ses fêtes dantesques, la cité helvétique pète un câble une fois l’an à l’occasion de la Lake Parade. Samedi dernier, les abords du Lac Léman se sont transformés en dancefloor géant, pour le meilleur et surtou10-07-MAG-UNE-pola1.jpgt pour le pire. Récit d’une journée fort en cacao dans la cité du chocolat...

13h17 Le centre-ville a des allures de Silent Hill. La Tribune de Genève annonce 300 000 personnes... pour l’instant, ils sont trois. La circulation est interrompue sur les grands axes du défilé.

13H32 Les premiers vendeurs à la sauvette s’installent gentiment aux abords du lac Léman. Sur leurs stands, on trouve des boas fluorescents, des drapeaux brésiliens, des bombes pour se teindre la tignasse et des bières bien frâiches.

14h03 Deux heures avant le début de la parade, les différents chars peaufinent leurs montures. Les buvettes mobiles sont sponsorisées par le salon érotique Vénusia. Seule une vilaine averses vient troubler la bonne ambiance générale.

14h46 Les trottoirs longeant le lac sont pris d’assaut par une foule de badauds. La Lake Parade, c’est comme la parade de Disneyland, Mickey en moins.

15h11 Les chars commencent à balancer les watts mais restent gentiment sur place en attendant le coup d’envoi.

15h27 Défilé de looks improbables dans la foule qui afflue en masse autour des camions. Un quadra en string et catogan fait admier ses fesses tatouées. Particularité locale, le jour de la Lake Parade, on se déguise avec ses copains comme le prouve une bande d’aliens argentés à crêtes organge fluo.

16h Les douze chars s’élancent le long du lac. La Lake Parade recycle les clichés des évenements dance des nineties: 10-07-MAG-UNE-pola2.jpgles gogos danseuses ont du bide, les Dj’s des disques bourrins et les MC’s la langue trop pendue.

16h02 La preuve avec celui du char Macumba qui arrangue la foule: «C’est la gériartrie ou quoi ici !» N’est pas JoeyStarr qui veut.

16h33 Première bagarre sur le char House Nation. La bande de crétins argentés s’en prend à un indien. Où sont les cowboys de l’espace ?

16h42 La police se fait discrète. Les dealers moins. Beuh et pilulles s’échangent sous le manteau.

17h15 On traverse difficilement le pont du Mont-Blanc. Le staff du Beau Rivage, le palace le plus chic de la ville mate la parade sur le perron.

18h06 Les organisateurs ont réussi leur pari. Il y a bien 300 000 pèlerins en train de s’abrutir sur de la mauvaise techno. Le char hardcore est une publicité vivante pour une marque d’aspirine.

18h29 Les pompiers s’agitent après la découverte du premier coma éthylique.

19h06 «On dirait un lâché de débiles échappé d’un hôpital psychiatrique !» lâche un père de famille un poil furax.

19h24 Une bande de cinq fils à papa jouent les caïds. Bientôt de nouvelles victimes pour les vrais chauds.

19h48 On a atteint le point d’arrivée. Les chars coupent le son mais les fêtards ne veulent pas partir. Résultat, ça se chauffe un peu dans tous les sens et on marche sur des tessons de bouteilles. Pas glam !

19h48 Sièste bien méritée avant de redecoller.

04h11 Carl Cox mixe au ByPass, le club de Genève qui fait bouger les jeunes. Le Dj prend 40 000 euros pour deux heures de set.

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02/07/2009

Sport Chic? Hype, hype, hype...Hourra!

Il est bien loin le temps où sport rimait seulement avec effort ! Depuis que les sneakers foulent autant le bitume que les pistes d’athlétisme, les marques de sports partent tambour battant à la conquête de la rue. Pas question en effet pour les équipementiers historiques de laisser le marché du sportswear à de petites marques aux dents longues. Pour contrer cet inévitable grignotage, les mastodontes de la sape qui puait la sueur il y a encore peu développent des gammes prenium en collaboration avec des artistes, des stylistes ou même des architectes en vogue: « Ce genre de collaboration contre-nature en apparence est tout à fait classique !» assure Guillaume Le Goff, rédacteur en chef de Clark Magazine, une des bibles trimestrielle de la street-culture. « L’association entre des marques d’équipements sportifs traditionnelles et l’avant garde de la création culturelle reprend le schéma des galeries d’art de luxe qui se sont très vite interessées aux premices du graffiti à New-York dans les années 1980.»

 

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Pas de coup de pompe à l’horizon

Un oeil rivé sur des tableaux Excel gavés de pourcentages et un autre sur les tendances urbaines émergeantes, les services marketing des géants que sont Nike, Adidas et Puma ont commencé à developper des baskets en éditions collector avec des acteurs extérieurs au monde sportif: « Le marché des sneakers signées par un acteur de la hype est apparu il y a une dizaine d’année. Avant ça, c’était plutôt des séries endossées par des grands noms du sport comme Michael Jordan ou André Agassi. Mais depuis cinq ans, le phénomène s’est incontestablement acceléré ! » confie Guillaume Salmon, RP pour Colette, le concept store référence dans la capitale. Le shop accueille en moyenne une cinquantaine de produits de ce type toutes marques confondues par an. Et après avoir réussi à toucher le coeur des leaders d’opinions par les pieds, les équipementiers s’attellent à branchiser le haut en s’octroyant les services des stars de la couture. Yogi Yamamoto ou encore Jeremy Scott ont réalisé pour Adidas des collections de vêtements de sport qui siéent autant aux running-men qu’aux fashion victim.

Technique... de commercialisation

L’influence féminine n’est pas étrangère à cette tendance. Stella McCartney, fille de Paul et surtout créatrice de mode reconnue qui a travaillé avec la marque à trois bandes déclarait il y a peu à Vogue US: « Les femmes prennent autant au sérieux leur activité sportive que les vêtements qu’elles portent pour les pratiquer. Pourquoi faudrait-il sacrifier l’un à l’autre?». Si la question mérite d’être posée, la réponse est toute trouvée: « Outre l’aspect communication qui veut qu’une marque redore son blason en s’associant aux trendsetters, commercialement, ça marche ! C’est pourquoi les acteurs du secteur déboursent des sommes folles pour s’attacher les services des rois de la mode. Mais si l’on connaît tout des montants échangés entre les équipementiers et leurs sportifs stars comme Messi ou Henry, il y a comme une omerta concernant la monétisation de ce type de partenariats ! » ajoute Guillaume Le Goff. Quasi impossible donc de savoir combien Sergio Rossi a empoché pour concevoir la nouvelle paire à talons de Puma. Maline comme un singe, la marque féline donne même dans le mescénat pour se faire buzzer en faisant bosser les étudiant de la prestigieuse école de mode britannique, la St Martin’s School. « Le vivier créatif est inépuisable et cette tendance n’est pas prête de s’arrêter. Ca tire évidemment ce secteur vers le haut. » conclut Guillaume Salmon.

 

 

Par Cedric Couvez

 
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