05.11.2009
Guillaume Le Donche dégaine ses Young Gunz
Des faux airs de Garth dans Wayne’s World et une solide envie de réussir dans le business du cool en créant Young Gunz, son label électro. A tout juste 22 ans, Guillaume Le Donche a tout du parfait kid. Par « kid », entendez cette génération de jeunes gens âgés de 15 à 25 ans, nés avec une souris d’ordinateur à la main et les dents qui rayent le parquet des pistes de danse. « Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus être cantonnés au rôle de consommateur mais l’élargir à celui d’acteur. Nous sommes une génération qui cherche à s’amuser tout en montant des projets crédibles. »

Stage à 400 €, star en Géorgie
Finie donc la glandouille, les kids passent à l’action faisant trembler sur leur chemin les trentenaires et les baby-boumers. Plutôt que de dépenser sa thune dans les boîtes de nuit, Guillaume Le Donche a décidé d’en faire une affaire. « J’ai commencé à sortir au Queen à 14 ans. Deux jours, plus tard, j’ai fait des pieds et des mains pour que mes parents m’offrent des platines. C’était vraiment un ego trip au début. J’étais fasciné par les DJ qui manipulent une foule en passant la musique des autres. » Après un exil nantais où le blondinet se lance dans l’organisation de soirées, il décroche enfin un booking en or : « Un ami qui faisait ses études en Géorgie m’a vendu comme le nouveau David Guetta pour une fête organisée pour les trois filles d’un haut dignitaire. Je suis arrivé là-bas en star alors que ce n’était que du flan, j’avais à peine 16 ans. J’ai signé des autographes et répondu à des interviews… et me suis définitivement piqué au jeu. »
Bac en poche, Guillaume revient tel Rastignac conquérir Paris. Après un court passage à l’Ecole française des attachés de presse, « car c’est un réservoir à jolies filles », l’apprenti hipster enchaîne les petits boulots et décroche un stage à 400 € par mois pour le label électro Prozak. Une première expérience qu’il continuera de faire prospérer avec La Clique, la bande de branchés du Baron. Il gangrène gentiment le réseau en qualité d’assistant des directeurs artistiques du Showcase puis du Regine’s.
Guillaume se frotte à la crème de la hype de Pedro Winter en passant par les 2 Many DJ’s. L’hiver dernier, notre homme décide de s’associer à Tarik Briziz, photographe et graphiste. Le duo souhaite créer un nouveau label réunissant de jeunes artistes dont la moyenne d’âge dépasse rarement les 20 piges. Ils rassemblent leurs maigres économies, réussissent à se faire prêter 3 000 € par une banque et se lance dans le grand bain en déposant les statuts : « L’avantage quand on est un kid, c’est qu’il existe beaucoup d’aides pour monter sa boîte. L’inconvénient, c’est que tous les gens qui trouvaient normal que tu bosses pour eux en contrepartie d’un faible salaire te disent que tu es trop jeune pour monter ta boîte 0et que tu vas te planter. C’est moyen pour le moral ! »
Faisant fi de ces remarques, l’entrepreneur compte bien faire buzzer ses cinq artistes DJ/producteurs et faire fructifier son business : « La sortie de maxis est surtout destinée à promouvoir ces nouveaux noms. Le nerf de la guerre économique dans le milieu électro maintenant, c’est les prestations en live dans les clubs. » Musicalement innovant et pointu, ce nouveau label a tout pour suivre les traces de ses aînés comme Ed Banger, Kitsuné ou encore Institubes : « C’est une aventure aussi excitante que crevante, mais je n’ai pas le droit à l’erreur. Je dois très rapidement gagner de l’argent pour continuer », conclut le patron.
Cédric Couvez
18:55 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : une, kids, musique, couvez
29.10.2009
Shigeru Myamoto: "Mario, c'est mon double virtuel"
Plus d’un quart de siècle que Mario et ses potos traversent les écrans. Devenu une icône du jeu vidéo, le plombier moustachu en fait même de l’ombre à son créateur, le Japonais Shigeru Miyamoto, 57 ans, producteur et game designer chez Nintendo.

Luigi, Bowser, Wario, Princesse Peach... Vous avez inventé tous les personnages de l’univers Mario ?
Jusqu’à l’apparition de Luigi, c’est moi qui les ai tous inventés. Aujourd’hui, même si ce n’est plus moi qui crée les personnages, je vérifie tout. Cela dit, on n’invente pas des nouveaux personnages pour inventer des nouveaux personnages. Il faut que ce soit pertinent en termes de jouabilité et de plaisir de jeu.
Dans « New Super Mario Bros Wii », on jouera avec Mario, Luigi et les Toads. Pourquoi eux et pas d’autres ?
Je ne voulais pas utiliser Wario et Waluigi. Parce que ce sont pour moi des personnages de jeux distincts. En plus, si on met Wario, on va être obligés de lui faire faire des pets, des choses comme ça. Ensuite, le but, c’était de trouver des personnages qui font la même taille que Mario et peuvent réaliser les mêmes actions que lui.
Les champignons, c’est un objet très symbolique chez Mario. Pourquoi ?
Quand j’ai réalisé le premier « Super Mario », il se déroulait dans un univers de fantaisie. Il nous fallait un objet qui produise des effets spéciaux quand on le mange. Je me suis dit qu’un champignon, c’est très bien.
Vous mangez des champignons ?
Oui, j’aime beaucoup, c’est très bon les champignons.
Le personnage de Mario rappelle l’enfance. Il peut évoquer aussi une certaine nostalgie, non ?
Ce n’est pas quelque chose dont j’ai forcément conscience. Pour moi, Mario, c’est mon double virtuel qui fait tout ce que j’ai toujours voulu faire. Il réalise toujours des actions qu’on peut ressentir avec tout le corps : Mario, il saute, il attrape des objets, il les balance, il écrase des trucs. Il fait toujours des choses qui font appel à des sensations très primaires du corps humain.
La moustache de Mario sera-t-elle un jour blanche ou restera-t-il jeune ?
Il aura toujours entre 24 et 26 ans, même si dernièrement, il a plutôt un design qui ferait penser à quelqu’un de 40 ans.
D’ailleurs, il prend un peu de ventre...
Oui, c’est vrai, mais il ne change pas.
Sonic et Mario étaient rivaux dans les années 1990. Ça vous fait quoi de les voir jouer ensemble ?
Au départ, je ne les imaginais pas trop ensemble parce que Sonic court beaucoup plus vite que Mario. Mais à mon grand étonnement, je suis très content parce que « Mario et Sonic au JO d’hiver » fonctionne bien et que les deux se complètent naturellement.
Vous n’êtes jamais fatigué de Mario ? Ce n’est pas un fardeau ?
Je ne me dis pas : « Il faut faire un nouveau Mario ». Je pars d’une idée de jeu, et quand le concept est bien établi, je me demande quel personnage va en être le héros. Je ne me lasse pas de Mario, puisque je ne travaille pas pour Mario. J’utilise Mario pour illustrer mes jeux d’action.
Vous travaillez sur « Super Mario Galaxy 2 » (Wii), qui sortirait en 2010 ?
C’est sur ce jeu que je suis le plus occupé actuellement. On en est à peine aux réglage des premiers niveaux.
recueilli par Joël Métreau
18:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : métreau, jeux vidéo, une
22.10.2009
Quelques conseils pour épater les galeries
Ce week-end, Paris dégueule littéralement d’art contemporain. La faute à la Fiac. La Foire internationale d’art contemporain attire le gotha des collectionneurs mondiaux alors forcément, toutes les institutions et galeries font portes ouvertes. Et si vous en profitiez pour vous y intéresser? Arrêtez de rechigner, notre ministre de la Culture lui-même l’a admis : «Nous avons tous un véritable défi qui est celui de l’intimidation sociale, que j’ai moi-même éprouvée.» Traduction. Au moment de se frotter à l’art contemporain, le néophyte affiche toujours la même crainte: passer pour un con. Allez, on vous aide.

Ne dites pas : « Moi, l’art contemporain, j’y comprends rien. »
Ce bel alexandrin (avec rime à la césure, joli…) est la réponse à tout des fainéants. Forcez-vous que diable ! Et questionnez le galeriste, il ne demande que ça. A la Fiac, les gros acheteurs sont déjà passés faire leurs emplettes le mercredi. Du coup, les galeristes ont fait leur beurre et sont détendus.
Dites plutôt : « Cette sculpture est faite dans quel matériau ? » Un truc terre à terre, ça passe tout seul. La conversation s’engage sur des bases claires ; après, parfois, ça décolle dans les concepts et ça secoue. Accrochez-vous.
Ne dites pas : « C’est pas mal, mais je ne le mettrai pas dans mon salon. »
Mais bougre de corniaud, évidemment que tu ne vas pas la mettre dans ton salon cette installation vidéo. L’art contemporain n’a que rarement une vocation décorative. Donc, les considérations du genre « ça n’ira pas avec ma moquette », on oublie.
Dites plutôt : « Vous n’auriez pas le même en bleu ? » Oui, parce que, bon, en même temps, on a bien le droit de déconner un peu, on n’est pas à l’armée.
Ne dites pas : « Alors ça, ma fille de 2 ans, elle peut le faire » ou « Ah ben à ce compte-là, moi je casse une chaise et je fais caca dessus et je dis que c’est de l’art… »
Ce genre de réplique, en plus d’être stupide, est méchante. L’artiste est un être humain, il mérite un minimum de respect.
Dites plutôt : « C’est quand même plus simple l’art figuratif. » Eh oui, s’enthousiasmer sur une corbeille de poires en déclarant : « Qu’est-ce que c’est ressemblant ! », c’est plus facile. La Fiac dispose d’un grand espace dévolu à l’art moderne. Rien ne vous empêche de vous exercer sur un Picasso ou un Bacon. Interrogez-vous sur les textures, la composition, le sous-texte symbolique… Ensuite, appliquer la méthode aux œuvres non figuratives. C’est pareil sauf que ça ne « représente » rien.
Ne dites pas : « Vous n’êtes pas trop frappé par la crise ? »
ça part d’un bon sentiment mais à force, ça gonfle tout le monde. En plus, globalement, le monde de l’art commence à sortir la tête de l’eau. Surtout à la Fiac, plus préservée que celle de Londres, car moins versée dans la spéculation.
Dites plutôt : « La petite gravure, là, je vous en donne 20 € si vous me l’emballez. » Le galeriste comprendra tout de suite que vous êtes un guignol et n’essaiera pas de vous refourguer sa came. Vous pourrez alors engager une conversation décomplexée sur le prix et la valeur des œuvres. Partez à la découverte du monde mystérieux de « la cote » des artistes. Tout est là.
Ne dites pas : « Mmmm, c’est conceptuel ça, non ? »
Evidemment c’est conceptuel ducon, c’est de l’art ! Oui, bon là, on s’emporte. Pardon. Alors retour sur le b-a-ba : l’art, c’est du concept. Quand c’est juste joli, c’est de l’artisanat. On ne parle pas broderie, là.
Dites plutôt : Rien, taisez-vous et observez.
En conclusion, et pour paraphraser un groupe de drogués des années 1990 et la publicité d’une chaîne de restaurants qui fait grossir : Venez comme vous êtes ! Sans complexe. Et n’oubliez pas : il n’y a pas de questions bêtes, il n’y a que des questions idiotes.
Benjamin Chapon
19:48 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art, une, chapon
08.10.2009
A Paris, ça défile dans tous les styles
Voilà, c’est fini. Après une semaine de Fashion Week parisienne, les top modèles ont des ampoules aux pieds, les rédactrices mode des cernes sous les yeux et les créateurs jeté leurs dés. Quelles seront les grandes tendances de l’été 2010 ? Focus sur les dix grands défilés qui façonneront le look de la saison.
Chanel champêtre
L’indéboulonnable Karl Lagerfeld s’est fendu d’une collection champêtre. Le grand manitou teuton a transformé la verrière du Grand Palais en grange pour présenter sa collection aussi chic que fleurie. Mais pas de confusion possible, Karlito n’a pas tourné hippe : « Je n’ai rien contre les babas-cool, mais le baba, il retourne chez le pâtissier. Restons cool ! »
Givenchy sobre et chic
Imprimés géométriques noir et blanc et silhouettes marquées au menu de la collection dessinée par le créateur italien Ricardo Tisci. Ovationnée par le public, ce défilé monte sur le podium des présentations de la semaine.
Saint Laurent contrasté
Le styliste Stéfano Pilati n’a pas dérogé à la règle en proposant des coupes austères mais a surpris son monde en proposant une palette de couleurs très estivale. Au premier rang, Prince, Sharon Stone ou encore Kate Moss ont visiblement adoré.
Dior deshabillé
En hommage à Lauren Bacall et au Hollywood des années 1940, John Galliano s’est amusé à déshabiller ses mannequins en présentant une collection très lingerie. La solution vestimentaire parfaite en cas de canicule l’été prochain.
Castelbjac en enfance
Le plus branché des créateurs français s’est une fois de plus fait remarquer avec sa collection « Pirates, perroquets et paradis ». Le créateur offre un remède anti-crise parfait avec sa panoplie d’imprimés colorés dignes de l’Île au trésor.
Gaultier bigarré
Jean Paul a réussi un gros coup en faisant défiler la préretraitée des podiums Naomi Campbell sous les yeux de Janet Jackson. Question chiffon… que du bon ! Au programme de l’été prochain, un vestiaire bigarré puisant son inspiration dans la savane et les rites tribaux.
Vivienne Westwood psyché
Toujours à la pointe de l’avant-garde, la vieille punkette british offre une collection psyché où une Marie-Antoinette trash confondrait le Bal des débutantes avec une rave-party londonienne. Ça décoiffe et ça habille.
Stella McCartney bobo
La fille de l’ex-Beatle revisite les basiques en y apportant toujours plus de confort et de glamour. Les bobos vont une fois de plus adorer les coupes de la végétarienne la plus engagée de la mode. Larges sarouels et amples blouses ont trôné sous les yeux de son papa assis à deux pas de l’actrice Gwyneth Paltrow.
Céline minimaliste
Pour sa première collection, la créatrice britannique Phoebe Philo l’a joue minimaliste. Lignes nettes, couleurs neutres et petites robes en cuir rempliront le dressing des working-girl aussi attentive à leur apparence qu’à leur compte en banque.
Ungaro criard
On conclut par le plantage de la Fashion Week. Il y a trois semaines, le PDG de la maison française créait un énorme buzz en annonçant l’arrivée de la starlette Lindsay Lohan en qualité de conseillère artistique. Manque de bol, la Loana ricaine n’a pas réussi à faire avaler aux critiques ses micro-robes criardes.
Cédric Couvez
18:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : une, mode, couvez
27.08.2009
Les cinq règles pour rouler votre boss à la rentrée
Désolé de vous saper le moral, mais les grasses matinées coquines, la glandouille sur la plage et les apéros à rallonge… c’est fini. Retour à la réalité, l’heure de la rentrée a sonné. Pour ne pas se laisser submerger par le spleen et pleurnicher dans les bras de vos collègues, rien de tel qu’un petit guide de survie pour amorcer un come-back en douceur au bureau. Deux spécialistes de la jungle d’entreprise nous livrent leurs astuces pour supporter son chef après des semaines de farniente et éviter de s’écharper devant la machine à café à peine remis de vos coups de soleil.

Cédric Couvez et Yvon Mézou, nouveau directeur de la rédaction de 20 Minutes.
Les priorités tu géreras
La montagne de courriers, les 9 724 mails et le répondeur vocal saturé comme un solo de Metallica sont souvent les premiers à vous dire bonjour à la rentrée. « Pour ne pas sombrer, il est primordial de vous fixer un objectif de rentrée et de consacrer une petite semaine à trier les urgences ! », avance Jacqueline Renaud, coach d’entreprise depuis dix ans. Oubliez illico les chaînes de mails débiles lancées par vos collègues punis cet été, concentrez-vous sur l’essentiel… ceux de votre chef.
Tes vacances peut-être tu raconteras
Doit-on étaler ses vacances libertines au Cap-d’Agde devant son chef ? « Tout dépend du profil psychologique de votre supérieur. Certains chefs se la jouent copain-copain. Dans ce cas, vous pouvez lui narrer vos aventures estivales, ça renforcera le lien de confiance entre lui et vous. Mais si votre boss est renfermé et distant, ne l’encombrez pas avec vos récits », conseille Alex Mucchielli, ancien universitaire et auteur de Mon chef est un con! aux éditions Maxima. En bref, gardez votre soirée diapos pour vos vrais amis…
Du temps tu prendras
Tous les athlètes vous le diront, inutile de foncer tête baissée lors de la reprise. Pour éviter le claquage à mi-saison, gérez votre effort et n’oubliez pas que la vie de bureau n’est pas un sprint mais une course de fond. « Attaquer la rentrée pied au plancher est une très mauvaise idée. Mieux vaut profiter du recul pris pendant les vacances pour gérer son stress et pauser calmement les choses. Le temps se révèle toujours être un allié dans le milieu professionnel », assure Jacqueline Renaud.
La paix avec ton chef, tu feras
Rien de tel qu’une bonne coupure estivale pour oublier les griefs à l’encontre de son boss. La rentrée est un moment tout choisi pour repartir du bon pied et faire fi des prises de bec passées : « Profitez de la bonne humeur post-vacances et des derniers rayons de soleil pour tenter de moduler stratégiquement la relation que vous entretenez avec votre chef », conseille Alex Mucchielli. Et qui sait, peut être que l’été prochain, c’est avec votre N+1 que vous partagerez votre mojito les pieds dans l’eau.
De substituts jamais tu ne prendras
Se gaver d’anxiolytiques ou d’euphorisants pour supporter le stress de la rentrée n’a jamais rien arrangé, sauf le compte en banque des multinationales pharmaceutiques : « Tous les médecins vous le diront, les médicaments traitent les effets, pas les causes. Mieux vaut faire du sport pour évacuer la pression », recommande la coach. Inutile de vous doper comme un coureur de la Grande Boucle pour atteindre la sérénité bouddhiste privilégiez le vieil adage : « Un esprit sain dans un corps sain ! »
Cédric Couvez
18:05 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : coach, une, rentrée, couvez
09.07.2009
Lake Parade, de Genève : le Freak pas Chic
Plus réputée pour ses banques privées, ses horlogers de luxe et ses exilés fiscaux que ses fêtes dantesques, la cité helvétique pète un câble une fois l’an à l’occasion de la Lake Parade. Samedi dernier, les abords du Lac Léman se sont transformés en dancefloor géant, pour le meilleur et surtou
t pour le pire. Récit d’une journée fort en cacao dans la cité du chocolat...
13h17 Le centre-ville a des allures de Silent Hill. La Tribune de Genève annonce 300 000 personnes... pour l’instant, ils sont trois. La circulation est interrompue sur les grands axes du défilé.
13H32 Les premiers vendeurs à la sauvette s’installent gentiment aux abords du lac Léman. Sur leurs stands, on trouve des boas fluorescents, des drapeaux brésiliens, des bombes pour se teindre la tignasse et des bières bien frâiches.
14h03 Deux heures avant le début de la parade, les différents chars peaufinent leurs montures. Les buvettes mobiles sont sponsorisées par le salon érotique Vénusia. Seule une vilaine averses vient troubler la bonne ambiance générale.
14h46 Les trottoirs longeant le lac sont pris d’assaut par une foule de badauds. La Lake Parade, c’est comme la parade de Disneyland, Mickey en moins.
15h11 Les chars commencent à balancer les watts mais restent gentiment sur place en attendant le coup d’envoi.
15h27 Défilé de looks improbables dans la foule qui afflue en masse autour des camions. Un quadra en string et catogan fait admier ses fesses tatouées. Particularité locale, le jour de la Lake Parade, on se déguise avec ses copains comme le prouve une bande d’aliens argentés à crêtes organge fluo.
16h Les douze chars s’élancent le long du lac. La Lake Parade recycle les clichés des évenements dance des nineties:
les gogos danseuses ont du bide, les Dj’s des disques bourrins et les MC’s la langue trop pendue.
16h02 La preuve avec celui du char Macumba qui arrangue la foule: «C’est la gériartrie ou quoi ici !» N’est pas JoeyStarr qui veut.
16h33 Première bagarre sur le char House Nation. La bande de crétins argentés s’en prend à un indien. Où sont les cowboys de l’espace ?
16h42 La police se fait discrète. Les dealers moins. Beuh et pilulles s’échangent sous le manteau.
17h15 On traverse difficilement le pont du Mont-Blanc. Le staff du Beau Rivage, le palace le plus chic de la ville mate la parade sur le perron.
18h06 Les organisateurs ont réussi leur pari. Il y a bien 300 000 pèlerins en train de s’abrutir sur de la mauvaise techno. Le char hardcore est une publicité vivante pour une marque d’aspirine.
18h29 Les pompiers s’agitent après la découverte du premier coma éthylique.
19h06 «On dirait un lâché de débiles échappé d’un hôpital psychiatrique !» lâche un père de famille un poil furax.
19h24 Une bande de cinq fils à papa jouent les caïds. Bientôt de nouvelles victimes pour les vrais chauds.
19h48 On a atteint le point d’arrivée. Les chars coupent le son mais les fêtards ne veulent pas partir. Résultat, ça se chauffe un peu dans tous les sens et on marche sur des tessons de bouteilles. Pas glam !
19h48 Sièste bien méritée avant de redecoller.
04h11 Carl Cox mixe au ByPass, le club de Genève qui fait bouger les jeunes. Le Dj prend 40 000 euros pour deux heures de set.

18:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : une, genève, couvez
02.07.2009
Sport Chic? Hype, hype, hype...Hourra!
Il est bien loin le temps où sport rimait seulement avec effort ! Depuis que les sneakers foulent autant le bitume que les pistes d’athlétisme, les marques de sports partent tambour battant à la conquête de la rue. Pas question en effet pour les équipementiers historiques de laisser le marché du sportswear à de petites marques aux dents longues. Pour contrer cet inévitable grignotage, les mastodontes de la sape qui puait la sueur il y a encore peu développent des gammes prenium en collaboration avec des artistes, des stylistes ou même des architectes en vogue: « Ce genre de collaboration contre-nature en apparence est tout à fait classique !» assure Guillaume Le Goff, rédacteur en chef de Clark Magazine, une des bibles trimestrielle de la street-culture. « L’association entre des marques d’équipements sportifs traditionnelles et l’avant garde de la création culturelle reprend le schéma des galeries d’art de luxe qui se sont très vite interessées aux premices du graffiti à New-York dans les années 1980.»

Pas de coup de pompe à l’horizon
Un oeil rivé sur des tableaux Excel gavés de pourcentages et un autre sur les tendances urbaines émergeantes, les services marketing des géants que sont Nike, Adidas et Puma ont commencé à developper des baskets en éditions collector avec des acteurs extérieurs au monde sportif: « Le marché des sneakers signées par un acteur de la hype est apparu il y a une dizaine d’année. Avant ça, c’était plutôt des séries endossées par des grands noms du sport comme Michael Jordan ou André Agassi. Mais depuis cinq ans, le phénomène s’est incontestablement acceléré ! » confie Guillaume Salmon, RP pour Colette, le concept store référence dans la capitale. Le shop accueille en moyenne une cinquantaine de produits de ce type toutes marques confondues par an. Et après avoir réussi à toucher le coeur des leaders d’opinions par les pieds, les équipementiers s’attellent à branchiser le haut en s’octroyant les services des stars de la couture. Yogi Yamamoto ou encore Jeremy Scott ont réalisé pour Adidas des collections de vêtements de sport qui siéent autant aux running-men qu’aux fashion victim.
Technique... de commercialisation
L’influence féminine n’est pas étrangère à cette tendance. Stella McCartney, fille de Paul et surtout créatrice de mode reconnue qui a travaillé avec la marque à trois bandes déclarait il y a peu à Vogue US: « Les femmes prennent autant au sérieux leur activité sportive que les vêtements qu’elles portent pour les pratiquer. Pourquoi faudrait-il sacrifier l’un à l’autre?». Si la question mérite d’être posée, la réponse est toute trouvée: « Outre l’aspect communication qui veut qu’une marque redore son blason en s’associant aux trendsetters, commercialement, ça marche ! C’est pourquoi les acteurs du secteur déboursent des sommes folles pour s’attacher les services des rois de la mode. Mais si l’on connaît tout des montants échangés entre les équipementiers et leurs sportifs stars comme Messi ou Henry, il y a comme une omerta concernant la monétisation de ce type de partenariats ! » ajoute Guillaume Le Goff. Quasi impossible donc de savoir combien Sergio Rossi a empoché pour concevoir la nouvelle paire à talons de Puma. Maline comme un singe, la marque féline donne même dans le mescénat pour se faire buzzer en faisant bosser les étudiant de la prestigieuse école de mode britannique, la St Martin’s School. « Le vivier créatif est inépuisable et cette tendance n’est pas prête de s’arrêter. Ca tire évidemment ce secteur vers le haut. » conclut Guillaume Salmon.
Par Cedric Couvez
18:43 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : sport chic, une, couvez
25.06.2009
Dis moi qui tu es, je te dirai où aller
Non, non et non, les festivals ne sont pas reservés qu'aux jeunes chevelus amateurs de bains de boue entre deux bières tièdes! Si tous les goûts sont dans la nature, tous les styles de rassemblements musicaux sont au programme cet été. Mais gare à ne pas vous planter en choisissant votre point de chute sous peine d'attérrissage forcé en eaux troubles.
Pour vous aiguiller dans líoffre pléthorique, voici un petit quizz qui déterminera pour quels types de raouts en plein air vous êtes visiblement faits.
Quel type d'hébergement privilègiez vous ?
- Une bonne tente Quechua équipée d'une moustiquaire et d'un réchaud
- Une charmante chambre d'hôte
- Un hôtel design branché
Votre dress-code type en festival ?
- Chemise + carreaux et jean slim
- Short et torse poilu
- Pantalon à pinces et polo repassé
Une petite soif, vous commandez...
- Un fût de bière cul sec
- Un verre de rosé frappé
- Une coupe de champagne
Et une petite faim, vous vous ruez immédiatement sur ...
Une salade composée bio
Une tartine de foie gras
Un kebab XXL supplément frites
Pour apprécier un concert vous préférez idéalement...
- Etre confortablement assis sur une chaise
- Slammer au premier rang
- Gigotter sur le dancefloor
Votre niveau sonore favori s'approche des ...
- 130 décibels (avion au décollage)
- 110 décibels (boîte de nuit)
- 70 déciblels (grand magasin)
Politiquement, vous êtes plutôt...
- Modem
- PS
- UMP
Dans votre baladeur, vous écoutez plutôt...
- Sonny Rollins
- Klaxons
- Manu Chao
Votre budget festival s'élève à...
- Moins de 100 euros
- Moins de 1 000 euros
- Plus de 10 000 euros

Les réponses du quizz, c'est Wizz...
1) N'y allons pas par quatre chemins boueux, vous êtes dans la branche "roots' des hardcore festivaliers. Votre dada, c'est du gros son, beaucoup de bièe et le camping. Cet été, vous allez slammer aux Solidays (du 26 au 28 juin à Paris), au Décibulles (du 26 au 28 juin Ègalement mais à Neuve-Eglise en Alsace) ou encore aux Vieilles Charues (du 16 au 19 juillet à Carhaix).
2)Toute l'année, vous Ítes un wanabe branché. Votre festival idéal est sexy et surtout très hype. On y va pour écouter en avant première les "next big things" et finir sa nuit avec un sosie de Kate Moss. Nous vous conseillons Calvi On The Rocks (du 3 au 6 juillet) ou encore Biarritz Big Festival (du 15 au 17 juillet).
3) Votre kiff, c'est une ambiance chic et buccolique. Côté musique, vous partagez vos oreilles entre des récitals classique ou des jam de jazz. Voilà les deux plans incontournables de votre saison : Les Flaneries Musicales de Reims (du 18 juin au 22 juillet) et le festival Jazz Juan ( du 11 au 19 juillet à Juan les Pins).
15:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : une, festival, couvez
11.06.2009
Faire la fête au bord du Tage, c’est bon pour les Saints Populaires
On rêvait de citer Pessoa. Finalement, on paraphrasera Clarisse, 23 ans, touriste française de passage à Lisbonne : « Juin, c’est le mois de la fête, dans la capitale de la fête. » C’est moins poétique, mais c’est plus judicieux. Au tournant entre printemps et été, Lisbonne, la turbulente voisine du Tage, se met en effet à pétiller comme du vinho verde. On y chante, on y danse, on y boit... Comme d’hab’ ? Peut-être, mais cette fois l’orgie se fait avec la bénédiction des saints patrons de la ville. Pendant deux grosses semaines, la ville honore ses « Santos populares »
Week-end très saint
Les Festas, ce sont des concerts, des pièces de théâtre, des spectacles en plein air dans toute la ville. Mais ce sont aussi et surtout des défilés à la gloire des canonisés de la région. Si le patron de la capitale est Vincent, le saint des saints pour les Alfacinhas (le surnom des habitants), c’est Antoine de Padoue. D’ailleurs, au pays du fado, on l’appelle Antoine de Lisbonne en hommage à ses origines lisboètes. Ce soir, touristes et autochtones se presseront avenue de la liberté pour admirer un défilé folklorique, qu’on annonce comme chaque année plus beau que le précédent. Et au petit matin, une fois la cohorte de danseurs couchée, l’avenida da liberdade, antre du luxe, ne sera balayée que par le vent du large et par les équipes de nettoyage. Dolce Gabanna, Zegna ou Vuitton garderont leur rideau de fer baissé. « Saint Antoine n’aimerait pas qu’on travaille le 13. C’est le jour de sa fête, assure Antonio Melles, chauffeur de taxi revenu au pays après des années à Paris. Les Lisboètes sont fiers de leur passé. Mais dès que les festas sont terminées, on se remet à rêver du futur », ajoute-t-il, coincé derrière un camion de travaux.
Depuis maintenant près de 15 ans, la ville est en chantier. On commença par préparer l’expo universelle de 1998, puis on se mit à préparer l’avenir. Que ce soit pour réparer la calçada (les trottoirs pavés qui font la réputation de la ville), construire un hôtel grand luxe ou élever un immeuble pour les nombreux nouveaux arrivants, les échafaudages fleurissent dans la ville comme jadis les oeillets
Epouser les traditions
« Avec l’entrée dans l’Europe, notre économie a décollé, commente Joao, au bar du Lux, le club branché de la ville. Demain, d’autres pays avec plus de besoins prendront nos subventions. Alors c’est maintenant qu’il faut faire des efforts. » Au nom de la « politique européenne de cohésion », le Portugal est assuré de recevoir de généreuses aides européennes au moins jusqu’en 2013. L’objectif : faire converger le niveau de vie local avec celui des autres pays européens. Plus d’argent certes, mais pas moins de traditions. Lisbonne n’entend pas perdre ses racines.
Ce n’est pas Joao, qui a choisi le week-end de la Saint Antoine pour se marier cette année, qui nous contredira : « A Lisbonne, c’est LA date pour se marier. Quand j’étais plus jeune, je trouvais que c’était ringard, mais aujourd’hui j’aime bien le symbole. » Sans doute ira-t-il quelques jours plus tard fêter son propre saint, Jean, le 24 juin, dans l’Alfama. C’est l’autre point chaud de ces Festas. « Traditionnellement, c’est à Porto qu’on fait les plus grosses fêtes de la saint-Jean, avoue-t-il. Mais ici, c’est tout le mois de juin qui est consacré aux fêtes patronales, alors ça ne sert à rien d’aller jusqu’à Porto. » Un dicton portugais dit que Porto travaille, Coimbra chante, Braga prie et Lisbonne s’amuse. A vous de voir ce que vous préférez faire ce week-end.
Par Laurent Bainier
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09.04.2009
Des nuits cernées par l'insomnie
Collés à l’oreiller de leurs nuits impossibles, une armée d’ombres grandit. On les appelle, à voix basse, les insomniaques. Et ils sont nombreux. Près de 34 % des Français s’en disent proches, d’après la dernière enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). En réalité, ils sont 10 %, peut-être 15 %, menés par 5 % de vrais durs. Combien seront-ils demain ? Car l’insomnie fascine. La nuit leur appartient! On dit que Napoléon fut l’un des leurs ainsi que Churchill, Duras et de Gaulle. Emile Cioran, un des penseurs du mouvement, affirmera d’ailleurs : «L’insomnie est la seule forme d’héroïsme au lit.» Ben voyons!
Héroïsme ronflant
Un fin veilleur se confesse. L’avocat-écrivain-journaliste-essayiste Emmanuel Pierrat se défend pourtant d’ « en faire partie » : « Mais je ne suis pas insomniaque ! Je ne dors pas mais je n’en souffre pas. » Il se dit membre des « troublés de l’éveil », un groupuscule d’une vingtaine d’élus, repus sans peine après deux heures de sommeil, trop heureux de passer ses nuits à lire et produire, avec orgueil et rigueur.
Pas étonnant que cette voie fasse des émules. Mort aux temps morts ! Voilà qu’on parle de sommeil polyphasique. Lucia Bastenhof, alias Boréale, trentenaire graphiste et dynamique, explique son expérience encore méconnue d’une nuit de 3 h 10 suivie de trois siestes de 20 minutes, à heures fixes, « comme les skippeurs ». « J’ai décidé de pratiquer l’insomnie volontaire et organisée. Cela demande de l’autodiscipline, c’est assez solitaire mais je gagne du temps, je travaille plus, je fais une heure de qi gong [gymnastique respiratoire chinoise] par jour. » Elle ne regrette rien depuis neuf mois qu’elle polyphase.
Mais prenez garde. Les insomniaques sont souvent dans de sales draps. Pour la plupart d’entre eux, « ils en souffrent », affirme le Dr Joël Paquereau, président de l’INSV. « L’insomnie commence avec la plainte », explique-t-il. Si les causes sont parfois organiques, comme lors d’apnées du sommeil (5 % des cas d’insomnie), elles deviennent rapidement des maux chroniques de l’âme. Un « cercle vicieux » où l’angoisse de ne pas dormir s’enchaîne à celle de ne pas être à la hauteur le lendemain.
Réveillez-vous fans du dodo
L’insomnie grandit dans l’anxiété de travailler plus et s’apaise mal d’un comprimé vite avalé. Sans traitement, elle peut être associée à la dépression, au diabète, au surpoids, à des problèmes d’humeur, de mémoire, voire à des accidents cardio-vasculaires sur le long terme. Malheur, les insomniaques sont en manque ! Et pour ceux que les sueurs de l’insomnie tentent encore, le docteur gronde sa sentence : « Le temps de sommeil dont nous avons besoin est incompressible. » Quand on calcule avoir déjà perdu près de 1 h 30 de sommeil sur cinquante ans, le médecin parle de « dette ». On devra bientôt cinq ans de sommeil sur quarante ans de vie professionnelle. Sacré somme. Payable en cash ? Ce sera long… Seuls 3 à 4 % de la population peut enfiler sans dommage le dossard de « petit dormeur » (moins de 6 h 30 par nuit), mais pour 85 % d’entre nous, « c’est entre 6 h 30 et 9 heures » de dodo que tout se joue, avec une moyenne autour de… 8 h 24.
Alors du nerf ! L’institut de la vigilance sonne le tocsin. Même si elle est délicieuse, la déconnexion est has been ! Courage, bande d’animaux diurnes, dormons la nuit. Et si ça ne marche pas, militons pour le droit à la sieste, même au boulot. En dix minutes par jour, elle pourrait résoudre les problèmes de fatigue de 55 % d’entre nous. C’est à se demander qui ça en-nuit.
Marika Mathieu (terrafemina.com)
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